MEDEF Actu-Eco de la semaine du 18 au 22 juin 2012

FRANCE

Financement des grandes entreprises en juin 2012 : trésoreries plus tendues et délais de paiement rallongés

Climat des affaires en juin 2012 : nouvelle dégradation

Tensions sur le marché du travail au 1er trimestre 2012 : poursuite de la baisse, mais niveau toujours élevé dans l’industrie

Masse salariale au 1er trimestre 2012 : hausse de +0,7% du salaire moyen par tête, stagnation des effectifs

ZONE EURO

Espagne au printemps 2012 : économie de nouveau en récession, sur fond d’inquiétudes de plus en plus fortes sur la solidité du système bancaire

INTERNATIONAL

Immobilier résidentiel aux Etats-Unis au printemps 2012 : poursuite du redressement

Tendances récentes des marchés

Il ressort de la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 14 juin 2012 auprès des trésoriers des grandes entreprises (500 salariés et plus) que :

  • la trésorerie d’exploitation s’est à nouveau détériorée en mai-juin, le solde d’opinion a retrouvé son niveau du printemps 2008 ;
  • les tensions sur les marges payées sur les crédits bancaires ont cessé de se réduire ;
  • la recherche de financements reste difficile ;
  • les délais de paiement se sont à nouveau rallongés, le solde d’opinion est remonté au niveau de l’été 2008.


Selon l’enquête mensuelle de l’INSEE réalisée en juin 2012 auprès des chefs d’entreprise, le climat des affaires en France a continué de se dégrader. L’indicateur synthétique s’est en effet légèrement contracté, retrouvant son niveau bas de décembre 2009.

Cette nouvelle dégradation du climat des affaires se retrouve dans tous les secteurs à l’exception du commerce de détail qui enregistre une légère amélioration.

  • Industrie : les carnets de commandes se dégradent légèrement et sont jugés peu étoffés, les perspectives générales comme personnelles restent dégradées ;
  • Bâtiment : les entrepreneurs restent pessimistes pour l’activité et l’emploi à venir, les carnets de commandes sont toujours jugés largement inférieurs à la moyenne de longue période, le taux d’utilisation des capacités de production s’est replié ;
  • Services : les entrepreneurs révisent à la baisse leurs perspectives d’activité et restent pessimistes dans leurs anticipations de recrutement pour les tout prochains mois ;
  • Commerce de détail (y compris commerce et réparation automobiles) : les perspectives d’emploi, de ventes et les intentions de commandes restent dégradées.


L’indicateur de tensions sur le marché du travail (offres d’emploi collectées
par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) a enregistré son quatrième trimestre
consécutif de baisse au 1er trimestre 2012
(-3%). Ce repli est la combinaison d’une baisse de -3% des offres d’emploi et de celle, de moindre ampleur, des entrées à Pôle emploi (-1%). Ce ratio est inférieur de 8,6% à son niveau du même trimestre de l’année précédente et de 14,7% à son niveau moyen de longue période.

Cette nouvelle réduction de l’indicateur de tensions se retrouve dans les trois grands domaines professionnels :

  • -2,8% dans le Bâtiment et les Travaux publics (-11,6% sur un an), revenant à son niveau de début 2010. L’indicateur est inférieur de 35,7% à sa moyenne de longue période, en raison essentiellement du niveau élevé des entrées à Pôle emploi dans ce domaine (+1%) ;
  • -2,1% dans le Tertiaire (-7,6% sur un an), indicateur inférieur de 13% à son niveau de longue période.
  • -1,9% dans l’Industrie (-7,7% sur un an), baisse résultant d’une stagnation des entrées à Pôle emploi et d’une baisse des offres d’emploi (-2%) ;
  • Toutefois même s’il se réduit, l’indicateur de  tensions dans l’industrie reste élevé, compte tenu de la baisse de la production depuis plusieurs trimestres. Il est encore proche de son niveau de la fin des années 90, même s’il s’en éloigne.  Ceci atteste de pénuries de main d’œuvre, notamment dans plusieurs secteurs industriels, métallurgie et plasturgie par exemple, mais aussi dans plusieurs métiers de la construction et des services.


Selon les derniers chiffres de l’Acoss, la masse salariale dans secteur concurrentiel s’est accrue de +0,7% au 1er trimestre 2012, comme au 4ème trimestre 2011. Cette hausse résulte exclusivement de celle, du même ordre, du salaire mensuel moyen par tête (SMPT), les effectifs ayant stagné, comme aux deux trimestres précédents.

Sur un an, la masse salariale a progressé de +2,7% au 1er trimestre 2012,
confirmant ainsi le ralentissement entamé au printemps 2011
(+3,9% sur un an au 1er trimestre 2011). Cette hausse recouvre une décélération des effectifs (+0,4% sur un an, +1,1% au 1er trimestre 2011) nettement plus marquée que celle du salaire par tête (+2,2% sur un an, +2,7% au 1er trimestre 2011).

Compte tenu de la hausse de +0,5% de l’indice des prix à la consommation (hors tabac) entre le 4ème trimestre 2011 et le 1er trimestre 2012, le pouvoir d’achat du SMPT s’est accru de +0,2% au 1er trimestre 2012 (stagnation sur un an), après +0,1% au 4ème trimestre.


L’Espagne est de nouveau entrée en récession début 2012, enregistrant une contraction de son PIB pour le deuxième trimestre consécutif (-1,3% l’an au 1er trimestre 2012, après -1,2% l’an au 4ème trimestre 2011). Elle devrait être en récession pour l’ensemble de l’année 2012 (-2% selon les prévisions 2012-2016 de Coe-Rexecode).

L’activité manufacturière et la demande continuent de s’effriter. Les exportations sont à la peine, en raison de la dégradation de l’activité dans les pays de la zone euro, principaux débouchés de l’Espagne. Par ailleurs, le taux de chômage a atteint 24,3% de la population active, niveau historiquement haut.

L’assainissement des finances publiques s’ajoute à l’attentisme des ménages et des entreprises. Selon la Commission européenne, l’Espagne n’atteindrait pas ses objectifs budgétaires (déficit de -3% du PIB en 2013).

Les  inquiétudes sont de plus en plus fortes sur la solidité du système
bancaire du pays.
L’Etat espagnol a déjà été contraint de nationaliser la quatrième banque du pays, Bankia, début mai, et une recapitalisation générale du secteur est en cours.

Face à ces incertitudes, le taux espagnol de rendement des obligations à 10 ans a franchi le seuil critique de 7% au début de la semaine, pour se détendre très légèrement ces derniers jours.


Les mises en chantier de constructions résidentielles aux Etats-Unis se sont
contractées de -4,8% en mai 2012
, après un rebond de +5,4% en avril, pour retomber à 708 000 en rythme annuel (+28,5% sur un an). Malgré cette déconvenue, les permis de construire ont enregistré une hausse de +7,9%, après une baisse de -6% (+25% sur un an), et s’établissent à 780 000 l’an, leur plus haut niveau depuis septembre 2008.
En moyenne mobile sur trois mois (mars-avril-mai), les mises en chantier de logements restent en hausse de +1,1% par rapport aux trois mois précédents (+26,7% sur un an) et les permis de construire augmentent de +8,6% (+26,8% sur un an).

Le redressement de l’immobilier résidentiel américain devrait ainsi se
poursuivre
au vu de l’évolution de plusieurs indicateurs (baisse du prix de l’immobilier, taux hypothécaires au plus bas, etc.). Et en particulier,  l’indicateur de l’opinion des constructeurs dans le marché résidentiel s’est redressé en juin pour le deuxième mois consécutif. Il reste largement inférieur à la moyenne mais est à son plus haut niveau depuis le printemps 2007.

Au total, ce lent redressement de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis va contribuer à soutenir la croissance américaine, tirant derrière lui l’ensemble du secteur de la construction.



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