MEDEF Actu-Eco de la semaine du 25 au 29 juin 2012

FRANCE

1.Prévisions 2012 de l’INSEE: croissance de +0,4%, baisse des marges et du pouvoir d’achat

2.Demandeurs d’emploi en mai 2012 : +33 000 personnes, plus forte hausse depuis octobre 2009

3.Moral des ménages en juin 2012 : stabilité de l’indicateur mais craintes d’une hausse du chômage

4.Crédit Impôt Recherche en 2010 : un dispositif bénéficiant largement aux PME et ETI

ZONE EURO

5.Climat des affaires en Allemagne en juin 2012 : poursuite de la dégradation

INTERNATIONAL

6.Climat des affaires aux Etats-Unis en mai 2012 : nette dégradation des perspectives dans le secteur manufacturier

7.Tendances récentes des marchés

L’INSEE a publié cette semaine les Comptes trimestriels de la Nation pour le premier trimestre 2012 et sa Note de conjoncture de printemps avec pour horizon la fin 2012. Quatre points à souligner :

  • Une activité mondiale ralentie, avec un léger redémarrage au second semestre. En moyenne annuelle, le PIB des pays avancés augmenterait de +1,3% en 2012, pour autant que les tensions financières ne s’accentuent pas dans la zone euro, où l’activité se stabiliserait au second semestre après son recul du printemps. En moyenne annuelle, le PIB de la zone reculerait de -0,3% en 2012.
  • Une croissance française en panne, avec la confirmation d’une stagnation du PIB au premier trimestre 2012 (+0,1% au quatrième trimestre 2011), la faible contribution de la demande intérieure et des stocks étant annulée par la contribution négative du commerce extérieur (accélération des importations, décélération des exportations). L’INSEE retient une nouvelle stagnation au deuxième trimestre suivie d’une modeste réactivation (+0,1% au troisième trimestre, +0,2% au quatrième). Ce profil conduirait à une croissance moyenne de +0,4% en 2012.

Cette perspective très médiocre de la croissance française repose sur trois hypothèses non assurées : un rythme d’exportations (biens et services) trois fois plus soutenu que celui de la demande mondiale adressée à la France (+2,9% contre +0,9%) ; une baisse du taux d’épargne des ménages pour compenser le recul du pouvoir d’achat ; une stabilité de l’investissement des entreprises, en dépit d’une dégradation nouvelle de leurs capacités financières.
 
Des marges des entreprises qui continuent de se dégrader. Au premier trimestre 2012,  le partage de la valeur ajoutée continue d’être  défavorable aux entreprises : baise de la valeur ajoutée (-0,2%), augmentation de la masse salariale versée (+0,7%), recul de l’excédent brut d’exploitation (-1%) et du profit distribuable avant impôt (-1,3%).

En moyenne annuelle, l’INSEE retient une croissance des rémunérations en 2012 double de celle la valeur ajoutée, une nouvelle contraction des marges, mais aussi une augmentation des investissements, d’où la forte chute escomptée du taux d’autofinancement.

Ainsi, le taux de marge des sociétés non financières, se dégraderait jusqu’à l’été, et se redresserait légèrement au quatrième trimestre (accélération de l’activité, repli de l’emploi marchand). En moyenne annuelle, il baisserait de 1,3 point entre 2011 et 2012, du fait notamment du « relatif dynamisme des salaires réels, particulièrement aux deuxième et troisième trimestres » (nouvelle augmentation de 1 point de la part des rémunérations dans la VA).

Une baisse du pouvoir d’achat et du taux d’épargne des ménages.  Au premier trimestre 2012, nouvel effritement du pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) : -0,1%, après -0,2% au quatrième trimestre 2011. L’augmentation nominale de la consommation plus rapide que celle du RDB a été permise par un recul du taux d’épargne, pour le troisième trimestre consécutif.

  • En moyenne annuelle, perspective d’un ralentissement sensible des revenus des ménages en euros courants, et d’une baisse de leur pouvoir d’achat : décélération des revenus d’activité (salariés, entrepreneurs individuels), en liaison avec la dégradation de l’emploi et de l’activité ; alourdissement de la pression fiscale et sociale (désindexation des barèmes de l’IR, renforcement de la taxation sur les plus-values immobilières, alourdissement de la fiscalité sur l’épargne, suppression annoncée de l’exonération des cotisations salariés sur les heures supplémentaires ;  simultanément, maintien du dynamisme des prestations sociales (32% du RDB) en dépit du freinage des prestations maladie et du plafonnement de la revalorisation des allocations familiales (prestations chômage, allocations de rentrée scolaire, prestations sociales d’assistances).
  • Les salaires dans le secteur privé progresseraient en 2012 comme en 2011 en termes nominaux, mais accélèreraient en pouvoir d’achat, compte tenu de la décélération attendue des prix.

  • Le recours à l’épargne permettrait un rythme de la consommation en 2012 analogue à celui de 2011, malgré  le recul du pouvoir d’achat. La baisse du taux d’épargne, commencée au troisième trimestre 2011, se poursuivrait. Il passerait de 16,2% en 2011 à 15,6% en 2012 (de 7,1 à 6,3% pour la seule épargne financière).

Au total, la croissance de +0,4% en 2012 attendue par l’INSEE est inférieure à celle sur laquelle repose le Programme de stabilité de la France 2012-2016 présenté en avril dernier (+0,7%). Elle rendra plus compliquée la réalisation de l’objectif de déficit public de -4,4% du PIB cette année. Ce qui justifie un effort important et crédible de réduction de la dépense publique (Etat, collectivités locales, système de protection sociale).


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans
emploi) pour la France métropolitaine s’est accru de +33 000 personnes en mai
2012
(+1,2%). Il s’agit de la plus forte hausse depuis octobre 2009. Il concerne 2 922 100 personnes, niveau le plus élevé depuis août 1999.

En incluant les personnes ayant une activité réduite, la haussa a été un peu moins forte pour les demandeurs d’emploi des catégories A, B et C (+0,7%, soit +28 600 personnes).

Entre mai 2011 et mai 2012, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a
augmenté de +215 700 personnes
(+8% sur un an). Il s’agit de la plus forte hausse enregistrée depuis mars 2010.

Par tranche d’âge, la catégorie ressortant encore plus fragilisée de cette nouvelle hausse est celle des demandeurs  âgés de 50 ans et plus (+16,1% sur un an, soit +86 500 personnes). La hausse a été beaucoup moins importante pour les deux autres catégories : +6,3% pour les moins de 25 ans, +5,9% pour les 25-49 ans.

Par sexe, la hausse a été un peu plus forte pour les hommes (+8,5%, soit +118 700 personnes) que pour les femmes (+7,4%, soit +97 000 personnes).


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est stabilisé en juin 2012, à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période. Il a ainsi interrompu son redressement entamé en février 2012.

Cette stabilité du moral des ménages, qui contraste avec la détérioration de celui des entreprises, masque néanmoins deux évolutions préoccupantes :

  • un recul de l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle future, restant à un niveau nettement inférieur à la moyenne de longue période ;
  • une forte hausse des anticipations de chômage. Le solde d’opinion est à son plus haut niveau depuis décembre 2011 et supérieur à sa moyenne de longue période. Cette évolution ne fait que refléter la dégradation du marché du travail, notamment la montée du chômage.


Le montant du Crédit Impôt Recherche (CIR), réformé en 2008, s’est élevé à 5,05
milliards d’euros en 2010
(+4% par rapport à 2009) et les dépenses de R&D déclarées ont atteint 18,2 milliards d’euros.

Le nombre de déclarants a continué de croître (+7%), pour atteindre 17 710 entreprises, soit près de 1 200 entreprises supplémentaires. Entre 2007 et 2010, le nombre de déclarants s’est accru de 80%.

En 2010, 12 852 entreprises auront bénéficié du CIR, dont la majorité déclare des dépenses de RD inférieures à 100 millions d’euros, seuil au-delà duquel le taux du CIR est réduit à 5%.

Le CIR est toujours orienté très majoritairement vers les PME et les ETI, qui
bénéficient à hauteur des deux tiers du montant total
. Les grandes entreprises en perçoivent le dernier tiers, alors qu’elles représentent 40% des dépenses de R&D déclarées, c’est-à-dire éligibles au CIR. Elles représentent toutefois 60 % du total des dépenses de R&D du secteur privé.

Deux observations :

  • près de 75% du montant du CIR des nouveaux entrants concerne des petites entreprises indépendantes ;
  • le taux de financement de la dépense de R&D par le CIR est inversement proportionnel à la taille de l’entreprise : 36,8% pour les entreprises de moins de 10 salariés, 32% pour les entreprises de moins de 250 salariés 22,7% pour les entreprises de plus de 5 000 salariés.

Une part croissante des dépenses déclarées et éligibles concerne les coopérations de recherche entre entreprises et laboratoires publics (11 % en 2010 contre 3 % en 2007). C’est la confirmation que le CIR contribue à une plus grande implication de la recherche publique dans la réalisation des objectifs d’innovation des entreprises, ce qui d’ailleurs est conforme à l’une des missions de l’université qui doit concourir à la compétitivité du pays.

A la veille de l’évaluation officielle de l’impact économique du CIR prévue en 2013, ces bons résultats en 2010 pour la troisième année consécutive confirment son
efficacité et plaident pour son maintien en l’état
(champs d’application, assiette, règles d’éligibilité). Et ce d’autant qu’il permet de répondre à deux des principales insuffisances du système français :

  • celle du nombre d’entreprises impliquées dans un effort continu de Recherche et Développement (doublement des déclarants depuis 2007 en dépit de la crise) ;
  • celle des coopérations public-privé (augmentation de 50 % des dépenses des entreprises de coopération avec la recherche publique).

L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne, dans le secteur de
l’industrie et du commerce, a continué de se contracter en juin 2012, pour le
deuxième mois consécutif.
Il s’agit de son plus bas niveau depuis mars 2010, mais il reste encore supérieur à sa moyenne des années 2000-2008.

Cette nouvelle contraction de l’indice du climat des affaires en Allemagne en juin recouvre des évolutions contrastées de ses deux composantes :

  • L’indice de la situation actuelle s’est un peu redressé sans pour autant compenser la forte baisse enregistrée en mai ;
  • L’indice de la situation future s’est de nouveau nettement contracté, atteignant son plus bas niveau depuis octobre 2011. L’indice est désormais inférieur à son niveau moyen de longue période.

Cette dégradation des perspectives à six mois des chefs d’entreprise est la conséquence de leurs inquiétudes grandissantes concernant l’impact, plus que certain, sur l’économie allemande de la crise de la dette et, au-delà, de la récession dans la zone euro.


Selon l’enquête de mai 2012 auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM aux Etats-Unis s’est légèrement contracté dans le secteur manufacturier mais reste au-dessus de la barre des 50, signe que l’activité reste en expansion. Ce léger repli tient essentiellement à la forte baisse des composantes « perspectives de production » et « carnets de commandes à l’exportation ».

En revanche, l’indice ISM des activités non-manufacturières s’est légèrement redressé, après deux mois consécutifs de baisse.
Cette hausse de l’indice recouvre notamment celle de la composante « commandes nouvelles » et une baisse de la composante « emploi », tout en restant dans la zone d’expansion.

Ces deux indicateurs montrent que la reprise américaine se maintient au printemps 2012. Néanmoins, la dégradation des perspectives d’activité à l’exportation dans le secteur manufacturier met en lumière l’impact que la crise de la zone euro et le ralentissement des économies émergentes pourrait avoir sur la solidité de la reprise américaine.



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