MEDEF Actu-Eco de la semaine du 2 au 6 juillet 2012

FRANCE

1.Trésorerie et résultat d’exploitation dans l’industrie au 1er semestre 2012 : dégradation, amélioration prévue d’ici la fin 2012

2.Dépenses de consommation des ménages en mai 2012 : croissance modeste (+0,4%) grâce au rebond des achats de textile-cuir

3.Marché de la construction en mai 2012 : baisse des mises en chantier et tassement des permis de construire en glissement sur douze mois

4.Dette publique à la fin du 1er trimestre 2012 : 89,3% du PIB, probablement plus de 90% à la fin 2012 selon la Cour des Comptes

ZONE EURO

5.Climat de confiance dans la zone euro en juin 2012 : poursuite de la dégradation chez les consommateurs et chez les entrepreneurs

6.Baisse du taux d’appel d’offre de la BCE le 5 juillet 2012 : un petit ballon d’oxygène pour le système bancaire de la zone euro

INTERNATIONAL

7.Climat des affaires aux Etats-Unis en juin 2012 : contraction de l’activité manufacturière pour la première fois depuis trois ans

8.Tendances récentes des marchés

Selon la dernière enquête semestrielle de l’INSEE dans l’industrie (juin 2012), la situation de trésorerie des industriels s’est dégradée au 1er semestre 2012. Le solde d’opinion est désormais nettement inférieur à sa moyenne 2000-2011. Ces difficultés de trésorerie proviennent essentiellement, selon cette enquête, de l’alourdissement des stocks et du rallongement des crédits-clients.
De la même façon, leurs résultats d’exploitation ont baissé, avec également un solde d’opinion en dessous de sa moyenne de longue période. Le volume de leurs ventes s’est dégradé.

Pour le second semestre 2012, les industriels envisagent une amélioration,
modeste, de leur situation financière
. Ils anticipent, en effet, de moindres difficultés de trésorerie, sans que pour autant cette dernière devienne aisée. Les résultats d’exploitation devraient également s’améliorer, avec la perspective d’un rythme de production plus soutenu.
Cette dernière orientation de l’enquête est nettement plus optimiste que celle de l’enquête de juin concernant le climat des affaires dans l’industrie manufacturière, qui ne laisse augurer aucune amélioration des perspectives de production, personnelles et plus encore générales.

Par secteur, la dégradation de la situation de trésorerie et des résultats d’exploitation au 1er semestre 2012 tient, pour une grande part, au secteur des matériels de transport (automobile essentiellement) et, à un moindre degré, au secteur des biens d’équipement. Le redressement au second semestre est également imputable au redressement dans ces mêmes secteurs. La situation serait pratiquement stable dans l’industrie agroalimentaire.


La consommation des ménages en biens a décéléré en mai 2012 (+0,4% en volume, après +0,7% en avril). Cette hausse recouvre une baisse dans l’alimentaire et l’énergie et une hausse dans les produits manufacturés. Cette dernière est principalement imputable au très fort rebond des dépenses de textile-cuir (+11,1%, après -9,9% au mois précédent) et, dans une moindre mesure, à la remontée des achats liés à l’automobile (+1,9%, baisse de -1,8% en avril).

Néanmoins, en moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mars-avril-mai), les achats des ménages ont baissé : -0,8% par rapport aux trois mois précédents. Cette baisse du printemps est imputable au net repli enregistré en mars (-2,6%). Confirmant l’orientation négative de la consommation des ménages depuis le début de l’année 2012, elle se retrouve dans toutes les catégories de biens à l’exception des produits énergétiques (+1,7%) : de -1% pour les achats liés à l’équipement du logement à -4,3% pour les dépenses de textile-cuir.

Sur un an, la consommation des trois derniers mois connus est en recul de -0,3%, dont -1,6% dans l’alimentaire, -2,5% dans l’automobile, -6,2% dans le textile-cuir mais +1,8% dans l’équipement du logement et +4,9% dans l’énergie.

Au total, la consommation des trois derniers mois connus est inférieure de -0,7% à son niveau du 4ème trimestre 2007, et ceci est vrai pour l’automobile, pour le textile-cuir et pour l’énergie. En revanche, elle le dépasse concernant l’alimentaire et l’équipement du logement.


 Le marché de la construction, résidentielle comme non résidentielle, s’est
retourné au début de l’année 2012 et sa dégradation s’est poursuivie en mai.

Dans le secteur du logement, les trois derniers mois connus (mars-avril-mai) se sont fortement contractés par rapport aux trois mois précédents pour les mises en chantier (-30,8%), et, dans une moindre mesure, pour les permis de construire (-11,3%).
Dans la construction non résidentielle, les tendances sont les mêmes : -26,7% pour les mises en chantier et -6,7% pour les permis de construire.

En moyenne mobile sur douze mois, le marché de la construction en mai a continué d’enregistrer une progression mais à un rythme plus ralenti. Entre mai 2011 et mai 2012, dans le secteur du logement, les mises en chantier ont augmenté de +1,4% par rapport aux douze mois précédents et les permis de construire de +10,7%. Dans le secteur non résidentiel, les mises en chantier ont augmenté de +6,2% et les permis de construire ont quasiment stagné (+0,4%).

Ces évolutions en glissement sur douze mois ne doivent pas masquer l’effritement des mises en chantier et le tassement des permis de construire.


L’INSEE vient de publier les derniers chiffres sur la dette des administrations publiques au sens de Maastricht au début de l’année : elle s’est établie à 1 789,4 milliards d’euros à la fin du 1er trimestre 2012, représentant 89,3% du PIB.

Par rapport à la fin du 4ème trimestre 2011, elle s’est alourdie de +72,4 milliards d’euros (+4,2%, soit +3,3 points de PIB). Cette augmentation résulte à hauteur des deux tiers de l’Etat (+46,8 milliards d’euros, soit +3,5%), et d’environ un tiers des administrations de sécurité sociale (+31,4 milliards d’euros, soit +15,3%). En revanche, la dette des administrations locales a baissé (-5,4 milliards d’euros, soit -3,2%).

Par rapport à la fin du 1er trimestre 2011, la dette totale s’est alourdie de quelque +140 milliards d’euros (+8,5%, soit +4,8 points de PIB), dont +95,6 milliards d’euros au titre de l’Etat (+7,5%), +40,9 milliards d’euros au titre de la sécurité sociale (+20,9%), +3,7 milliards d’euros au titre des administrations publiques locales (+2,4%).

Cette dérive continue de la dette publique française devrait se poursuivre. Selon le Programme de stabilité de la France 2012-2016 (avril 2012), la dette publique s’élèverait à 89% du PIB fin 2012. Néanmoins, cette prévision repose, selon la Cour des Comptes (juillet 2012), « sur la réalisation de l’objectif de déficit de -4,4% du PIB, de la prévision de croissance (+0,7%) et de la programmation envisageable fin mai des opérations de soutien aux Etats en difficulté de la zone euro. Comme toutes ces conditions ne seront probablement pas réunies simultanément, la dette risque de dépasser 90% du PIB ». Si cette prévision de la Cour des Comptes se confirme, le montant de la dette augmenterait de 4 points de PIB (86% fin 2011). Elle ne représentait que 64% du PIB fin 2007… D’ores et déjà, le Premier Ministre a annoncé, lors de son discours de politique générale, que la croissance serait de +0,3% en 2012.


Selon la dernière enquête de la Commission européenne, l’indice agrégé de confiance des chefs d’entreprise et des consommateurs dans la zone euro a de nouveau baissé en juin 2012, pour troisième mois consécutif.
Cette baisse se retrouve chez les ménages mais aussi chez les entreprises dans l’industrie et les services. Au contraire, la confiance s’est légèrement redressée dans le commerce de détail et la construction.
En tout état de cause, même si la baisse s’est modérée, l’indice a retrouvé son niveau de fin 2009 et reste inférieur à sa moyenne de longue période.

Cette enquête montre une dégradation de la confiance en France, en Allemagne, en Belgique et, à un moindre degré, aux Pays-Bas. En revanche, l’indice s’est légèrement redressé en Espagne et en Italie, cette dernière ayant enregistré une forte chute de l’indice les mois précédents. En niveau, c’est en Allemagne où l’indice est le plus élevé et en Italie où il est le plus bas. En Italie, le redressement à partir d’un niveau très bas provient d’une légère amélioration du climat chez les entreprises à l’exception des services.


L’impact de la décision de la Banque Centrale Européenne de baisser le 5 juillet son taux d’appel d’offre de 1 à 0,75% doit être apprécié sur plusieurs angles.

La portée économique de cette baisse sera limitée. Elle représente un petit ballon d’oxygène pour les banques dont le  coût de refinancement se réduit d’autant. Mais comme la crise n’est pas qu’économique mais aussi financière, cet assouplissement ne se transmettra pas sur les flux de crédits, d’autant qu’un « choc » de la politique monétaire sur l’économie réelle supposerait une amplitude beaucoup plus forte que ces 25 points de base, ce qui est impossible compte tenu du niveau déjà extrêmement bas de ce taux. Par ailleurs, le taux de l’argent au jour le jour (EONIA) qui, en situation normale, est très proche du  taux d’appel d’offre de la BCE, baisse déjà depuis le début de l’année sous la barre des 0,40%, et se situe actuellement à 0,33%. Sur le marché interbancaire européen, l’euribor à 3 mois s’est détendu graduellement à 0,60%, et reste toujours inférieur au taux de la BCE.

La portée psychologique de cette décision est importante. D’une part, elle est le signe que la priorité de la BCE n’est pas l’inflation, mais le financement de l’activité. D’ailleurs, elle vient de casser pour la première fois le plancher symbolique de 1%, comme le firent il y a plus de trois ans déjà la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre. Il reste que son taux d’appel d’offre reste plus élevé que celui de ces deux banques centrales.

D’autre part, cette baisse peut être interprétée par le marché des changes comme un signal que la BCE ne verrait pas d’inconvénient à une dépréciation de l’euro. Déjà, le taux de l’euro-euro est tombé de 0,75% début avril à 0,41% le 5 juillet dernier, alors que le taux de l’euro-dollar s’est maintenu à 0,51%. Le taux de l’euro euro est ainsi inférieur à ce dernier, pour la première fois depuis l’automne 2007.


Selon l’enquête de juin 2012 auprès des directeurs d’achat,  l’indice synthétique ISM aux Etats-Unis s’est nettement contracté dans le secteur manufacturier. Il enregistre son deuxième mois consécutif de baisse et s’établit désormais à un niveau inférieur à la ligne des 50. C’est la première fois depuis juillet 2009 que l’activité industrielle se contracte.
L’indice concernant les carnets de commandes a nettement diminué et est, là aussi, passé sous la ligne des 50 ; il s’agit de la première contraction des carnets de commandes depuis avril 2009. En revanche, l’indice concernant les perspectives de production et l’emploi s’est réduit mais reste dans la zone d’expansion.

L’indice ISM des activités non-manufacturières s’est également réduit en juin
2012
mais moins fortement et reste dans la zone d’expansion. Cette dégradation tient à la baisse de l’indice concernant les carnets de commandes alors que celui concernant l’emploi est en hausse.

Cet affaiblissement de l’activité aux Etats-Unis à la veille de l’été, que reflètent ces indices, s’explique par le ralentissement de l’économie mondiale (économies émergentes notamment) et par les incertitudes grandissantes sur une zone euro qui s’enfonce dans la récession.


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