MEDEF Actu-Eco de la semaine du 9 au 13 juillet 2012

FRANCE

1.Déficit commercial en mai 2012 : réduction en glissement sur douze mois depuis l’automne 2011

2.Production industrielle en mai 2012 : une forte baisse, un niveau moyen au printemps inférieur de 12,5% au point haut d’avant crise

3.Prix à la consommation en juin 2012 : poursuite de la décélération sur trois mois comme sur un an

INTERNATIONAL

4.Marché de l’emploi aux Etats-Unis au printemps 2012 : trois fois moins de créations d’emploi qu’au 1er trimestre, taux de chômage qui ne baisse plus

5.Cours des produits de base en juillet 2012 : redressement récent plus marqué en euros qu’en dollars

6.Tendances récentes des marchés

Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est réduit de près de 500
millions d’euros en mai 2012
et s’établit à -5,3 milliards d’euros (après -5,8 milliards d’euros en avril). Cette réduction résulte d’une hausse de +1,3% des exportations, grâce à la réalisation de grands contrats (industries navale et ferroviaire, œuvres d’art), et d’une quasi-stagnation des importations (+0,1%).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mars-avril-mai), les exportations ont crû deux fois plus vite que les importations (respectivement +3,2% l’an et +1,6% l’an par rapport aux trois mois précédents). Ce explique une légère réduction du déficit sur la période.

En glissement sur douze mois, le déficit FAB-FAB a continué de se réduire grâce
au dynamisme des exportations
. Néanmoins, il reste en mai 2012 (-66,8 milliards d’euros) supérieur de 3 milliards d’euros à son niveau de mai 2011 (-63,8 milliards d’euros).

En données FAB-CAF (définition permettant d’analyser les échanges en termes sectoriels et géographiques), toujours en glissement sur douze mois,  le déficit est tombé de -80,5 milliards d’euros à -84,3 milliards d’euros.

Cette dégradation recouvre :

  • sur le plan géographique, un alourdissement du déficit de -4,3 milliards d’euros avec les autres pays de la zone euro, et un allègement de 3,9 milliards d’euros de celui avec l’Asie. De la même façon, notre déficit avec l’Amérique, beaucoup moins important, s’est réduit d’un milliard d’euros ;
  • sur le plan sectoriel, un creusement de près de 11 milliards d’euros du déficit de la balance énergétique, partiellement compensé par une réduction de 5 milliards d’euros de notre déficit industriel ainsi qu’une amélioration de l’excédent de la balance agroalimentaire.


L’indice de production dans l’industrie manufacturière s’est contracté de -1% en
volume en mai 2012
(+1,8% en Allemagne), après -0,9% en avril. Ce nouveau repli, en ligne avec la détérioration des enquêtes de conjoncture depuis plusieurs mois, est commun à tous les secteurs, allant de -0,3% dans l’industrie chimique à -4,3% dans la cokéfaction et le raffinage, en passant par -1,7% dans la fabrication d’équipements. Sur un an, la baisse a été de -4,3%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mars-avril-mai), la
production manufacturière a poursuivi son effritement
(-0,2% par rapport aux trois mois précédents, -2,2% sur un an). Cette baisse se retrouve dans la cokéfaction et le raffinage (-7,7%, à cause des arrêts de raffineries pour maintenance) et, à un moindre degré, dans la fabrication d’équipements (-1,2%) et dans l’industrie automobile (-2,4%). En revanche, la production est en hausse notamment dans les industries agricoles et alimentaires (+0,4%) ainsi que dans l’industrie chimique (+1,8%) et dans le textile-habillement-cuir (+0,5%).

La production manufacturière en France des trois derniers mois connus est
inférieure de 12,5% à son niveau du 1er trimestre 2008, dernier point haut avant
la crise.
Cette situation contraste avec celle de l’industrie allemande. Malgré un tassement de la production depuis la fin de l’année 2011, l’indice en Allemagne n’est inférieur que d’à peine 3% au niveau de début 2008.
Plus préoccupant encore, l’activité industrielle en France était au printemps inférieure de -10% à son niveau moyen de 2005, alors que la production Allemande lui était supérieure de +13%.


L’indice des prix à la consommation (données CVS) est resté quasiment stable en
juin 2012
(+0,1%, après -0,1% en mai). La légère hausse des prix des produits manufacturés (+0,1%), des services (+0,2%) et de l’alimentation (+0,5%) a été compensée par la baisse des prix des produits énergétiques (-1,7%).

Sur un an, la hausse des prix à la consommation a été semblable à celle de mai (+2%).

Entre mars et juin 2012, les prix à la consommation se sont légèrement
contractés
(-0,3% l’an, après +2,9% l’an entre décembre 2011 et mars 2012).
Cette nette décélération des prix au printemps recouvre :

  • une contraction des prix des produits énergétiques (-14,7% l’an en juin sur trois mois, après +9,6% l’an en mars) ;
  • une croissance des prix des produits alimentaires identique à celle de mars (+2,7% l’an sur trois mois) ;
  • un renchérissement des prix des services (+1,9% l’an, après +1,5% l’an) et, plus encore, des produits manufacturiers (+1,3% l’an, après +0,1% l’an).

L’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors tarifs publics, énergie et produits frais, a été de +1,5% l’an en juin sur trois mois (+1,5% sur un an).


Les créations d’emploi aux Etats-Unis ont été décevantes en juin 2012 : +80 000 postes, après +77 000 en mai. Le secteur privé a créé 84 000 emplois, chiffre le plus faible depuis août 2011. Dans le même temps, le secteur public a continué de réduire ses effectifs (-4 000 postes), mais nettement moins qu’en mai (-28 000).

Malgré la très légère consolidation des deux derniers mois, le 2ème trimestre
2012 marque un net décrochage par rapport au 1er trimestre avec des créations
d’emploi trois fois moins nombreuses
(+75 000 postes en moyenne mensuelle, après +226 000 postes).

Par ailleurs, le 2ème trimestre 2012 enregistre une évolution inférieure à celle du 2ème trimestre 2011, en raison du pic du mois d’avril.

Ces créations d’emploi au printemps ont été insuffisantes pour permettre une
baisse du taux de chômage
. En juin, il s’est établi à 8,2% de la population active, comme en mai, ce qui représente 12,7 millions de chômeurs.

Ces chiffres du marché de l’emploi américain confirment l’affaiblissement de la croissance aux Etats-Unis, que laissent apparaître les derniers indicateurs conjoncturels (contraction de l’indice ISM manufacturier notamment).


Les cours des produits de base se sont récemment redressés, contre toute attente au vu des derniers indicateurs de conjoncture (indice ISM manufacturier aux Etats-Unis dans la zone de contraction, entrée en récession de la zone euro, ralentissement en Chine, etc.). Ce redressement des cours mondiaux peut être le signe que l’affaiblissement de l’activité mondiale ne s’accentue pas.
De fait, après être retombé à 90 dollars le baril de Brent le 25 juin, le prix du baril de Brent a retrouvé les 100 dollars début juillet (soit 80 euros). Malgré la légère baisse de ces derniers jours, il s’est accru de +9,7% entre le 26 juin et le 11 juillet en dollars. En euros, la hausse a été un peu plus forte (+11,7%), en raison de la déprécation de l’euro (1,23 dollar).

De la même façon, le cours des matières premières hors pétrole et métaux précieux s’est nettement redressé, malgré son tassement en fin de période : +6,2% en dollars et +9,2% en euros entre le 15 juin et le 11 juillet.

Ce rebond du prix des matières premières est principalement le fait de la hausse des prix des produits alimentaires, comme le blé ou le maïs (+16,5% en dollars et +19,7% en euros sur la même période), conséquence notamment de la sécheresse aux Etats-Unis et dans le bassin de la Mer Noire. Si elle devait se poursuivre, son impact sur les prix à la consommation serait particulièrement sensible dans les pays émergents, où la part de l’alimentation est plus élevée que dans les pays industrialisés.
A contrario, les cours des matières industrielles poursuivent leur baisse (-5,1% en dollars, -2,5% en euros). Les cours des métaux communs ont baissé de -7,9% en dollars depuis un mois (-5,3% en euros), mais leur repli s’est interrompu depuis le début du mois de juillet. En revanche, les matières premières agricoles non alimentaires sont quasiment stables (en dollars).



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