MEDEF Actu-Eco de la semaine du 3 au 7 septembre 2012

FRANCE

1. Croissance française au printemps 2012 : stagnation pour le troisième trimestre consécutif

2. Emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au 2ème trimestre 2012 : -11 700 postes (+8 200 hors l’intérim)

3. Commandes en valeur dans l’industrie en juin 2012 : nouveau repli

4. Demandes d’emploi en juillet 2012 : près de 3 millions de chômeurs

5. Prix à la consommation en juillet 2012 : +0,1% sur un mois, +2% sur un an

6. Climat des affaires en août 2012 : dégradation interrompue de l’indicateur, au plus bas depuis septembre 2009

7. Budgets d’investissement dans l’industrie pour 2012 : +5%, mais repli annoncé au second semestre 2012

ZONE EURO

8. Climat des affaires en Allemagne en août 2012 : perspectives au plus bas depuis juin 2009

INTERNATIONAL

9. Croissance américaine au 2ème trimestre 2012 : nouveau ralentissement

10. Tendances récentes des marchés

Selon une première estimation de l’INSEE, le PIB français a stagné au 2ème  trimestre 2012 pour le troisième trimestre consécutif. En réalité, il s’agit d’un très léger tassement (-0,2% l’an, après +0% au 4ème trimestre 2011, +0,1% l’an au 1er trimestre 2012). Sur un an, il aurait augmenté de +0,3%.

Cette stagnation de l’activité au printemps recouvre :

  • une évolution contrastée de la production selon les branches : nouveau recul de la valeur ajoutée manufacturière (-1% après -0,9% au 1er trimestre), faible croissance dans les services (+0,2%, comme au trimestre précédent), redémarrage dans la construction (+0,4%, après -0,1% au 1er trimestre), de caractère « technique » (normalisation de l’activité après un 1er trimestre affecté par de mauvaises conditions climatiques) ;
  • une évolution également contrastée du côté de la demande : baisse de la consommation (-0,2%, après trois trimestres consécutifs de faible progression), redressement des investissements (+0,6% après -0,8%) dans les entreprises comme dans les administrations, lourdeur des exportations de biens et services (+0,2% après +0,1%) qui contraste avec la nette accélération des importations (+1,8%). D’où une contribution négative des échanges extérieurs à la croissance du 2ème trimestre.

Au sein de la zone euro, la France occupe une position intermédiaire. Au 2ème trimestre 2012, le recul du PIB de la zone euro en glissement annuel (-0,4%) recouvre un large spectre (de +2,5% en Estonie à -3,3% au Portugal)* avec une Europe du Nord en croissance, sauf les Pays-Bas et la Belgique, et une Europe du Sud en recul.
 

* Le chiffre du  2ème trimestre  pour la Grèce n’est pas disponible. Glissement annuel du 1er trimestre : -6,5%

Au total, compte tenu de l’acquis de croissance de +0,2% à la fin du premier semestre (croissance que l’on obtiendrait si le PIB demeurait jusqu’à la fin de l’année à son niveau du deuxième trimestre), perspective d’une croissance française à peine positive en 2012. La forte contribution des stocks à celle du 2ème trimestre, selon les premières estimations de l’INSEE, laisse craindre des ajustements importants, qui pèseront sur l’activité du second semestre. Déjà, la Banque de France a annoncé un recul du PIB de -0,1% au troisième trimestre.


Selon une première estimation de l’INSEE, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole ont baissé de -11 700 au 2ème trimestre 2012 (-29 600 sur un an, soit -0,2%). Hors intérim, ils auraient augmenté de +8 200 postes (+26 000 sur un an, +0,2%).

Le fléchissement de l’activité au 2ème trimestre 2012 se retrouve dans les trajectoires sectorielles de l’emploi :

  • contraction des effectifs dans l’industrie au cours des quatre derniers trimestres (-0,7% entre le 2ème trimestre 2011 et le 2ème trimestre 2012) après avoir renoué avec les créations nettes d’emploi au premier semestre  2011 ;
  • même tendance dans la construction (-0,2% sur un an) ;
  • créations nettes d’emploi dans le tertiaire marchand hors intérim (+0,5% sur un an) ;
  • forte baisse des emplois intérimaires (-9,2% sur un an), expression de la forte dégradation de la conjoncture, et indicateur avancé de l’évolution future du marché du travail. Cette mauvaise orientation est corroborée par les dernières enquêtes sur les perspectives de recrutement dans tous les secteurs. 

Cette dégradation de l’emploi n’exclut pas la persistance des pénuries de main d’œuvre, notamment dans certaines activités industrielles où l’indicateur de tension reste proche de celui de la fin des années 90, en dépit d’un niveau et d’un rythme de production nettement moins  élevés.


L’indice de commandes totales en valeur reçues dans l’industrie manufacturière (hors matériel de transport autres qu’automobiles) s’est de nouveau replié en juin 2012 : -0,7%, après -1,9% en mai. Compte tenu de la contraction plus forte des commandes à l’exportation (-2,1% après +2%), ce tassement des commandes totales suggère un certain maintien de la demande intérieure.

Au 2ème trimestre 2012, les commandes globales se sont inscrites en légère hausse mais ont marqué le pas : +0,6% (+3,3% sur un an), contre +2,1% au 1er trimestre (+1,2% sur un an).

Les commandes à l’exportation ayant augmenté de +2,6% (+6,8% sur un an), expliquent l’essentiel de cette hausse des commandes totales entre le 1er et le 2ème trimestre.

Par sous-secteur, les commandes se sont accrues dans l’automobile (+2,4%) et dans les « autres industries » (+1%, dont notamment -0,1% dans la métallurgie, +1,5% dans la chimie, +5,1% dans l’habillement). En revanche, elles se sont réduites de -2,8% dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et autres machines.


Au 2ème trimestre 2012, le taux de chômage au sens du BIT pour la France métropolitaine a enregistré une nouvelle hausse pour atteindre 9,7% de la population active (10,2% en y rajoutant les DOM). Il s’agit de son plus haut niveau depuis le 3ème trimestre 1999.

En juillet 2012, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) pour la France métropolitaine s’est accru pour le 15ème mois consécutif (+41 300 chômeurs, soit +1,4%). Il s’agit de la plus forte hausse depuis plus de trois ans (avril 2009). Le nombre de demandeurs d’emploi  a frôlé ainsi les trois millions de personnes (2 987 100 chômeurs), donc au plus haut depuis juin 1999.

Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) s’est accru de  +234 800 personnes (+8,5%), hausse qui recouvre :

  • un accroissement plus important chez les hommes (+9,7%) que chez les femmes (+7,3%) ;
  • une hausse plus de deux fois supérieure chez les 50 ans et plus (+16,3%) que chez les moins de 25 ans (+7,3%) ou que chez les 25-49 ans (+6,4%).

La mauvaise orientation des perspectives de recrutement dans tous les secteurs laisse envisager une poursuite de l’augmentation du chômage.


L’indice des prix à la consommation (données CVS) a augmenté de +0,1% en juillet 2012, comme cela avait été le cas en juin. Ce chiffre recouvre une hausse de +0,5% des prix énergétiques et de +0,3% des prix des services, une stagnation des prix des produits alimentaires et une contraction des prix des produits manufacturés (-0,8%).

Entre avril et juillet 2012, l’indice des prix s’est légèrement accru (+0,1% l’an, après +1,9% l’an entre janvier et avril 2012). Cette quasi-stagnation recouvre :

  • une contraction des prix des produits énergétiques (-8,7% l’an) et des produits manufacturés (-2,4% l’an) ;
  • une hausse des prix des services (+2,6% l’an) et des produits alimentaires (+2,8% l’an).

Sur un an, la hausse des prix en juillet a été de +2%, comme en mai et en juin.

Pour sa part, l’inflation sous-jacente ressort en hausse de +0,6% l’an en juillet par rapport à avril (+ 1,5% sur un an). 

Ainsi, la relative inertie de l’inflation au ralentissement de l’activité paraît être liée à plusieurs facteurs : dépréciation de l’euro qui atténue l’impact de la baisse des cours mondiaux, ralentissement des gains de productivité dans l’industrie, hausse de certains prix administrés (tabac), hausse des prix des produits frais (conséquence des mauvaises conditions climatiques de l’hiver et du printemps).


Selon les dernières enquêtes de l’INSEE,  le climat des affaires en France a cessé de se dégrader en août 2012. L’indicateur synthétique reste à son plus bas niveau depuis septembre 2009, nettement inférieur à sa moyenne de longue période.

Cette interruption de la dégradation du climat des affaires se retrouve dans l’industrie manufacturière (stabilité des stocks de produits finis, amélioration des perspectives personnelles, dégradation des carnets de commandes globaux mais redressement des carnets étrangers), dans le bâtiment (pas de dégradation de l’opinion sur les carnets de commandes, mais perspectives d’activité toujours pessimistes) et dans le  commerce de détail (stabilisation des ventes prévues et des intentions de commandes). En revanche, le climat des affaires s’est de nouveau dégradé dans les services (anticipations d’activité en baisse).

L’enquête de conjoncture dans les services fait également état d’anticipations d’investissements toujours négatives, même si la dégradation du solde d’opinion s’est interrompue (indicateur au plus bas depuis septembre 2009). Ceci rejoint l’anticipation négative par les industriels de leurs budgets d’investissements au second semestre 2012.


Selon l’enquête trimestrielle INSEE de juillet 2012, les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (25% de l’investissement productif total) ont augmenté de:

  • +12% en 2011 (+11% dans l’enquête d’avril)
  • +5% en 2012 (+6% dans l’enquête d’avril)

Ainsi, l’enquête confirme le  niveau des budgets prévu pour cette année dans l’enquête d’avril : +17% sur 2011-2012.
  
Ce dynamisme de l’investissement industriel en 2012 se retrouve dans tous les
secteurs
, – à l’exception de quelques industries (travail du bois et du papier, chimie, pharmacie)-, avec la confirmation d’une très forte progression dans la construction automobile  (+27%, après -4% en 2011), qui fait suite à une chute de 55% entre 2001 et 2011… 

La hausse de +5% en moyenne annuelle cette année a été largement « acquise » fin 2011-début 2012 :  les industriels anticipent une baisse de leurs investissements au second semestre 2012 (ils sont plus nombreux à envisager une baisse qu’une hausse par rapport au premier semestre 2012).

Ce retournement annoncé par les industriels :

  • est en ligne avec la dégradation des perspectives d’activité (enquêtes INSEE) et avec la poursuite du resserrement de leurs marges et du repli de leurs résultats d’exploitation au 2ème trimestre 2012 (enquête Banque de France) ;
  • suggère un « acquis » très bas en fin d’année, et donc un chiffre 2013 peu favorable ;
  • rejoint la tendance négative des investissements prévue dans les services (indicateur de juillet retombé à son niveau d’octobre 2009).

Si la prévision  est confirmée, le niveau  des investissements industriels en 2012  sera inférieur de 6% à celui de 2008, et de  12% à celui de 2000, expression de la contraction de notre socle industriel depuis 10 ans.


L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne, dans le secteur de
l’industrie et du commerce, a de nouveau baissé en août 2012
. Enregistrant sa quatrième baisse consécutive, il est à son plus bas niveau depuis trente mois (mars 2010).

Cette baisse de l’indice synthétique concerne aussi bien la situation actuelle (indice au plus bas depuis juin 2010) que les perspectives à 6 mois (indice au plus bas depuis juin 2009, et inférieur à sa moyenne des années 2000-2011).

Cette dégradation du climat des affaires, confirmée par l’enquête auprès des directeurs d’achats (indice PMI), témoigne d’une  conjoncture allemande qui continue de faiblir.


Selon une première estimation, la croissance du PIB aux Etats-Unis a de nouveau ralenti au 2ème trimestre 2012 (+0,4%, soit +1,5% l’an, après +2% l’an au 1er trimestre). L’économie américaine est pénalisée notamment par le ralentissement des pays émergents et les incertitudes grandissantes sur une zone euro qui s’enfonce dans la récession.

Ce ralentissement de la croissance au 2ème trimestre 2012 est le résultat de tendances différentes :

  • Décélération de la consommation des ménages (+1,5% l’an après +2,4%), et de leurs investissements dans le logement (+9,7% l’an après +20,5% l’an) ;
  • Nouveau ralentissement des investissements productifs (+5,3% l’an après +7,5% au 1er trimestre et +9,5% au 4ème trimestre 2011), le tassement des investissements en constructions (+0,9% l’an après +12,9% l’an) ne devant pas masquer l’accélération des dépenses en biens d’équipement (+7,2% l’an, après +5,4% l’an) ;
  • Contribution positive des stocks (+0,32 point, après -0,39 point au 1er trimestre 2012) ;
  • Moindre baisse des dépenses publiques (-1,4% l’an après -3% l’an) ;
  • Contribution négative du commerce extérieur, avec une progression en volume des exportations de biens et services (+5,3% l’an au 2ème trimestre 2012) inférieure à celle des importations (+6% l’an).

Les derniers indicateurs conjoncturels disponibles font espérer au moins un maintien du rythme d’activité au 3ème trimestre, sur fond de facteurs structurels de soutien (désendettement des ménages, marges des entreprises à un niveau record). Cette situation de l’économie américaine avec une croissance possible de +2% cette année contraste avec une économie européenne de nouveau en récession.


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