MEDEF Actu-Eco de la semaine du 17 au 21 septembre 2012

FRANCE

1.Financement des grandes entreprises en septembre 2012 : petit mieux des trésoreries et des délais de paiement mais tendance toujours mal orientée

2.Créations d’entreprise en août 2012 : -5,5% (+2,7% hors auto-entrepreneurs)

3.Tensions sur le marché du travail au 2ème trimestre 2012 : nouveau recul dans tous les secteurs

4.Masse salariale au 2ème trimestre 2012 : hausse de +0,6% du salaire moyen par tête, contraction de -0,1% des effectifs

5.Coût horaire de la main d’œuvre au 2ème trimestre 2012 : un coût supérieur de 10% à celui de l’Allemagne, des salaires inférieurs de 7%…

INTERNATIONAL

6.Situation sur les marchés financiers à la rentrée 2012 : une certaine détente face à la crise de la zone euro

7.Tendances récentes des marchés

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 12 septembre 2012 auprès des trésoriers des grandes entreprises (500 salariés et plus) :

  • Légère amélioration de la situation de trésorerie d’exploitation qui ne suffit pas à infléchir la tendance toujours orientée à la baisse. Impact négatif attendu du raffermissement du prix du pétrole sur les trésoreries ;
  • Moindre tension sur les marges payées par les entreprises sur les crédits bancaires, solde d’opinion étant retombé à son niveau d’août 2011, avant l’éclatement de la crise européenne ;
  • Légère détente de la recherche de financements ;
  • Recul des délais de paiement des clients, mais tendance qui reste nettement orientée à la hausse.


En août 2012, les créations d’entreprise se sont contractées de -5,5%, après -6,9% en juillet. Cette baisse résulte de celle des créations d’auto-entreprise (-12,4%, données brutes), en partie compensée par les créations hors auto-entrepreneurs (+2,7%, données CVS).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (juin-juillet-août), les
créations totales ont augmenté de +4,4% par rapport aux trois mêmes mois de
l’année précédente.
Cette hausse est entièrement imputable à celle des créations d’auto-entreprise (+13,1%), les créations hors auto-entrepreneurs se contractant de -4,3%.

Cette augmentation au cours de l’été se retrouve dans tous les secteurs mais
avec des ampleurs différentes
: +0,3% dans le commerce, +3,3% dans les services marchands, +5,2% dans l’industrie, +8,4% dans la construction. A noter l’unique contraction des créations enregistrée dans les activités immobilières (-7,1%). 


L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) a continué de se réduire au 2ème trimestre 2012 (-4,4% par rapport au trimestre précédent, -13,4% par rapport au 2ème trimestre 2011), pour le quatrième trimestre consécutif. Ce nouveau recul résulte de la stagnation des entrées à Pôle emploi et de la diminution de -5% des flux d’offres d’emploi. L’indicateur est inférieur de 18,9% à sa moyenne de longue période et se rapproche de ses points bas de l’hiver 2009.

Cette réduction se retrouve dans tous les secteurs mais a été plus marquée dans le tertiaire (-5% sur un trimestre, -13,6% sur un an, -18,1% par rapport à la moyenne 1998-2011) et dans le bâtiment et les travaux publics (-4,9% sur un trimestre, -16,5% sur un an, -39,4% par rapport à la moyenne de longue période).

En revanche, la baisse a été moins forte dans l’industrie (-1,7% sur un trimestre, -9,1% sur un an). Ceci résulte d’une baisse de -4% des flux d’offres d’emploi et d’un maintien des entrées à Pôle emploi. L’indicateur, supérieur de 3,9% à son niveau moyen de longue période, demeure à un niveau relativement élevé, en dépit d’une activité industrielle qui se contracte. Ceci atteste de pénuries de main d’œuvre persistantes dans certains secteurs.


La masse salariale dans le secteur concurrentiel s’est accrue de +0,5% au 2ème
trimestre 2012
, après +0,7% au 1er trimestre. Cette nouvelle augmentation résulte de la hausse en valeur de +0,6% du salaire moyen par tête, alors que les effectifs se sont contractés de -0,1%.

Entre le 2ème trimestre 2011 et le 2ème trimestre 2012, la masse salariale a
progressé de +2,4%, poursuivant ainsi le ralentissement enregistré depuis le
printemps 2011
(+3,9% sur un an, +2,7% sur un an au 1er trimestre 2012).
 
D’un côté,  le salaire moyen par tête s’est accru de +2,3% (valeur), proche de son rythme moyen enregistré depuis début 2011.

De l’autre, l’emploi salarié du secteur privé a stagné, poursuivant ainsi son ralentissement tendanciel depuis le 3ème trimestre 2011 (+0,8% au 4ème trimestre 2011, +0,4% au 1er trimestre 2012).

Compte tenu de la hausse de +0,1% de l’indice des prix à la consommation (hors tabac) entre le 1er trimestre et le 2ème trimestre 2012 (+1,9% sur un an), le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête s’est accru de +0,5%, après une contraction de -0,2% au 1er trimestre 2012. Sur un an, le pouvoir d’achat du SMPT a augmenté de +0,4%.


Au 2ème trimestre 2012, le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole hors apprentis (secteur privé) en France s’est accru de +0,7% par rapport au 1er trimestre et +2% sur un an, pour atteindre  35,3 euros par salarié. C’est le niveau le plus élevé de la zone euro, Belgique mise à part. Il dépasse de 3,3
euros celui enregistré en Allemagne
, soit un handicap de compétitivité-coût de 10,3%.

Le salaire brut horaire s’est élevé à 23,4 euros. Il était inférieur de 7% au salaire horaire brut versé en Allemagne (25,2 euros), et supérieur de 12% à la moyenne de la zone euro. Ainsi, le salaire brut horaire représentait 67% du coût total en France, contre 80% en Allemagne.

Coût plus élevé en France qu’en Allemagne, salaire brut moins élevé… L’écart vient d’un taux de charges (charges annexes / rémunérations versées) de 50,5% au 2ème trimestre 2012, soit 23 points de plus qu’en Allemagne. C’est le record européen.
Entre 2000 et la moyenne du premier semestre 2012, la dérive du coût horaire
français
par rapport au coût horaire allemand tient pour une bonne part à celle des charges annexes au salaire : + 53% en France, contre +10% en Allemagne…

Au plan sectoriel, le coût horaire dans l’industrie manufacturière s’est accru de +1,3% entre le 1er trimestre et le 2ème trimestre 2012 (+2,2% sur un an), pour atteindre 36,8 euros de l’heure. Il était de 36,2 euros en Allemagne.
Dans la construction, le coût horaire a quasiment stagné (+1,6% sur un an), avec 31,3 euros (5,5 euros de plus qu’en Allemagne). 
Concernant les commerces et services marchands, le coût horaire a augmenté de +0,7% (+2% sur un an) pour atteindre 35 euros (5,7 euros de plus qu’en Allemagne).

Le coût horaire moyen au premier semestre 2012 dépasse de 11% le coût allemand. Cet écart de 11% des coûts entre la France et l’Allemagne tient moins à celui
dans l’industrie qu’à ceux d’autres secteurs
(construction, services marchands) où le coût de l’heure de travail en France dépasse de quelque 20% celui en Allemagne.  Le chiffre global de  +20% dans le tertiaire marchand recouvre des  situations contrastées : +10% dans le commerce et les activités financières, +14% dans l’information et la communication, +27% dans les transports et entreposage, +49% dans les activités de services administratifs et  de soutien, +53% dans l’hébergement et la restauration. 
 

C’est un point essentiel pour la compétitivité de l’industrie elle-même, dès lors qu’avec le développement de l’externalisation de fonctions au sein des entreprises, ces secteurs (notamment les services) constituent une part croissante de ses intrants et obèrent d’autant ses coûts de production.

La compétitivité dépend du niveau des coûts, mais aussi de leur évolution relative : entre 2000 et le 1er semestre 2012, le coût horaire de la main d’œuvre en France est passé de 92,7% à 111% du coût horaire en Allemagne, ce qui correspond à une dérive de +20%, avec des différences sectorielles notables : +12% dans les services et les commerces, +22% dans l’industrie manufacturière et +27% dans la construction. L’essentiel de cette dérive a eu lieu avant 2008.
Depuis 2008, elle a été très limitée (+1,2%, dont +3,2% dans l’industrie et quasi stabilité dans les commerces et services).


Depuis trois semaines, l’orientation plus favorable des marchés suggère une moindre inquiétude des investisseurs devant la crise de la zone euro. Deux évènements majeurs ont joué dans ce sens :

L’annonce par la BCE, le 6 septembre dernier, d’un programme de rachats de dettes des pays les plus fragiles, appelé « Outright Monetary Transactions » (quantité illimitée, échéance allant de 1 à 3 ans). Ainsi, la BCE devient acheteur en dernier ressort des titres émis par les Etats en difficulté.

L’aval de la Cour constitutionnelle allemande, le 12 septembre dernier, pour la ratification du Mécanisme européen de stabilité (MES). L’Allemagne était le dernier pays européen à ne pas l’avoir ratifié.

Sur le marché des obligations d’Etat, les taux de rendement à dix ans se sont nettement détendus dans les pays périphériques. En effet, entre le 28 août et le 20 septembre 2012, le taux espagnol est passé sous les 6%, et le taux italien sous les 5%. Les taux portugais et grec se sont réduits  très graduellement tout en restant élevés.

Sur les marchés d’actions, le redressement amorcé au début de l’été s’est accéléré au cours des quinze premiers jours de septembre. L’Eurostoxx 50, indice synthétique des 50 plus grandes valeurs boursières de la zone euro, s’est accru de +4,5%. La remontée a été nettement plus marquée pour l’indice bancaire européen (Eurostoxx banques) qui a augmenté de +10,9%.  En France, le CAC 40 s’est accru de +2,3%, repassant au-dessus de 3 500 points. Ces trois indices sont à leur plus haut niveau depuis mars 2012.

Sur le marché des changes, l’euro s’est apprécié de +3,2% par rapport au dollar entre le 28 août et le 20 septembre 2012 (1€ = 1,30$). Ce renchérissement provient de la baisse du dollar consécutive à l’annonce par la FED d’assouplir sa politique monétaire (maintien jusqu’à 2015 de son taux d’intervention à 0%), et d’intervenir davantage sur les marchés par des achats d’actifs immobiliers titrisés jusqu’à 40 milliards de dollars par mois.  Néanmoins, la dépréciation du dollar a été plus importante vis-à-vis de l’euro que vis-à-vis d’autres monnaies (yen japonais, won coréen, real brésilien, livre sterling). Cette remontée de l’euro  par rapport au dollar reflète ainsi les incertitudes qui planent sur les perspectives économiques et budgétaires des Etats-Unis, en même temps  qu’un regain de confiance des investisseurs dans la zone euro.

Toutefois, les intentions affichées de la BCE que tout sera fait pour sauver la zone euro, qui a permis cette embellie sur les marchés, ne signifient pas  que les problèmes européens soient résolus. Cette embellie ne saurait différer les exigences pour les Etats  de restaurer leurs comptes publics et leur compétitivité, de mettre en place une véritable gouvernance économique et de concrétiser le projet d’une union bancaire européenne.


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