MEDEF Actu-Eco de la semaine du 24 au 28 septembre 2012

FRANCE

1.Heures supplémentaires au 2ème trimestre 2012 : contraction de -4,3% sur un an

2.Demandes d’emploi en août 2012 : plus de 3 millions de chômeurs

3.Moral des ménages en septembre 2012 : nouvelle dégradation

4.Commandes à l’industrie en juillet 2012 : -1,1% sur un mois (+0,3% à l’exportation)

5.Climat des affaires en septembre 2012 : nouvelle dégradation, indice au plus bas depuis 3 ans

6.Structure des emplois en 2011 : 50% d’ouvriers et employés, 76% dans le tertiaire, 87% des salariés en CDI

ZONE EURO

7.Climat des affaires en Allemagne en septembre 2012 : perspectives à 6 mois au plus bas depuis mai 2009

INTERNATIONAL

8.Tendances récentes des marchés

Au 2ème trimestre 2012, 180 millions d’heures supplémentaires (données brutes) ont donné lieu à exonération au titre de la loi TEPA. Elles sont en hausse de +1,6% par rapport au 1er trimestre 2012 et en baisse de -4,3% par rapport au 2ème trimestre 2011.
Le montant correspondant des exonérations déclarées par les entreprises s’est ainsi élevé à 776 millions d’euros.

Par taille d’entreprise, le nombre d’heures supplémentaires a continué de baisser dans les entreprises de plus de 10 salariés (-5,2% sur un an, 132,8 millions d’heures), mais aussi, pour la première fois depuis début 2008, dans les très petites entreprises (-1,6%, 47,5 millions d’heures).

Par activité, le nombre d’heures supplémentaires a baissé dans tous les grands secteurs : -6,2% sur un an dans l’industrie, tous les sous-secteurs étant concernés à l’exception de l’énergie (-1,9% dans les industries agroalimentaires, -6,4% dans la métallurgie, -13,7% dans la fabrication de matériels de transport, notamment, +1,4% dans la cokéfaction et le raffinage, +5% dans la production et la distribution d’électricité) ; -3,6% sur un an dans la construction ; -3,9% sur un an dans le  tertiaire, première contraction depuis début 2010, qui s’explique par une forte baisse dans l’intérim (-24,9% sur un an).

Par région, toute la France a enregistré une diminution des heures supplémentaires en glissement annuel à l’exception de la Corse (+1,1% sur un an) et de la Guadeloupe (+3,4% sur un an). Les plus fortes baisses ont été observées dans les régions du Nord de la France (de -6,9% dans le Nord Pas de Calais à -11,2% en Champagne-Ardenne) et en Auvergne (-6,1%). Les baisses les moins importantes ont été enregistrées dans le Limousin (-0,7%) et en Ile-de-France (-1,2%).


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans
emploi) pour la France métropolitaine s’est accru en août 2012 pour le 16ème
mois consécutif
(+23 900 chômeurs, soit +0,8%). Le nombre de demandeurs d’emploi dépasse ainsi les 3 millions de personnes, seuil jamais franchi depuis juin 1999 (4 494 600 demandeurs d’emploi en catégorie A, B et C, record depuis 1991, début de la série statistique).

Entre août 2011 et août 2012, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de
+253 900 personnes
(+9,2%). Il s’agit de la plus forte hausse depuis février 2010.

Deux remarques :

  • la hausse a été plus importante chez les hommes (+10,1%) que chez les femmes (+8,3%) ;
  • l’augmentation a été particulièrement marquée chez les plus de 50 ans (+16,9%).


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est de nouveau dégradé en
septembre 2012
. Il s’agit de son troisième mois consécutif de baisse.

Cette dégradation du moral des ménages recouvre :

  • un net recul de l’opinion des ménages sur leur niveau de vie futur, avec un indicateur nettement inférieur à sa moyenne de longue période ;
  • une forte hausse des anticipations de chômage. Le solde d’opinion est à son plus haut niveau depuis juillet 2009 et largement supérieur à sa moyenne de longue période ;
  • un arrêt de la dégradation des perspectives des ménages sur leur situation financière personnelle, à un niveau inférieur à sa moyenne de longue période. Les ménages sont moins nombreux à considérer qu’il est opportun de faire des « achats importants » mais plus nombreux à considérer qu’il est opportun d’épargner ;
  • des anticipations d’inflation en hausse. Le solde d’opinion est au-dessus de sa moyenne de longue période.


L’indice de commandes totales en valeur reçues dans l’industrie manufacturière (hors matériels de transport autres qu’automobiles) s’est de nouveau replié en juillet 2012 : -1,1%, après -1% en juin. Etant donné que les commandes à l’exportation se sont accrues de +0,3%, cette baisse des commandes totales est entièrement imputable à la demande intérieure.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mai-juin-juillet), les
commandes se sont réduites de -1,6% par rapport aux trois mois précédents
(+0,2% sur un an). A l’exportation, elles ont augmenté de +2,2% (+5,7% sur un an). C’est la confirmation que la demande intérieure s’est nettement contractée à la fin du printemps et au début de l’été.

Par sous-secteur, la hausse dans l’automobile (+1,2%) n’a compensé que partiellement les baisses enregistrées dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et autres machines (-1,8%) et dans les « autres industries » (-2,5%, dont notamment -3,4% dans la chimie, -2,7% dans la métallurgie).


Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par l’INSEE,  le climat des affaires en France s’est de nouveau dégradé en septembre 2012, après une stabilisation en août. L’indicateur synthétique est à son plus bas niveau depuis septembre 2009 et nettement inférieur à sa moyenne de longue période.
Ce repli confirme celui de l’indice PMI des directeurs d’achat pour le mois de septembre, désormais très en dessous de la ligne des 50, qui délimite la phase d’expansion et la phase de contraction de l’activité.

Par secteur, cette nouvelle dégradation du climat des affaires à la rentrée recouvre des évolutions diverses :

  • Stabilisation dans l’industrie manufacturière : allègement des stocks de produits finis, quasi-stabilité des perspectives personnelles de production, carnets de commandes globaux toujours peu étoffés ;
  • Baisse dans le Bâtiment : perspectives d’activité toujours négatives, carnets de commandes toujours jugés largement inférieurs à la normale, dégradation des anticipations de recrutement ;
  • Nette contraction dans le commerce de détail et dans le commerce de gros : dégradation des intentions de commandes, peu d’évolution de l’emploi chez les détaillants, contraction attendue des effectifs chez les grossistes ;
  • Redressement dans les services : révision à la hausse des anticipations d’activité, pessimisme persistant pour les anticipations de recrutement, projets d’investissements moins mal orientés.


L’INSEE vient de publier une « photographie du marché du travail en 2011 »*. La population active comptait, en 2011, de 28,4 millions de personnes, dont 25,8
millions de personnes ayant un emploi et 2,6 millions de chômeurs
(au sens du BIT). Le nombre d’actifs s’inscrivait donc en hausse de plus d’un million de personne par rapport à 2005. Cette augmentation est imputable, en termes de tranche d’âge, pour l’essentiel aux 50-64 ans (+970 000), en termes de sexe, aux deux tiers aux femmes.

*INSEE Première n°1415 « Une photographie du marché du travail en 2011 » (septembre 2012) – Les chiffres sont issus de l’enquête Emploi 2011 

Par catégorie socio-professionnelle, 88,4% des personnes en emploi sont des salariés (22,8 millions de personnes), dont notamment 50% d’ouvriers et employés (21% d’ouvriers, 28% d’employés), et près de 16% de cadres. Les femmes représentent 49,6% des salariés (11,3 millions), mais 3/4 des employés et 40% des cadres.

Par secteur d’activité, 76% des personnes en emploi (salariées et non salariées) travaillent dans le secteur tertiaire. Cette part est plus importante chez les femmes (88%) que chez les hommes (65%). Le reste se répartit comme suit : 14% dans l’industrie, 7% dans la construction, 3% dans l’agriculture.

Par nature de contrat de travail, 86,5% des salariés sont en CDI. 13,5% de ces personnes sont en contrats « temporaires » : 2,4% en intérim, 1,6% en apprentissage, 9,5% en CDD. Ces contrats « temporaires » concernent majoritairement les femmes et les jeunes.

Par ailleurs, 1,3 million d’actifs étaient en situation de sous-emploi* en 2011, soit 5,1% des personnes ayant un emploi. Ce sous-emploi, en hausse depuis 2008 sous l’effet de la progression du chômage partiel, a reflué en 2011 pour retrouver un niveau proche d’avant la crise. Il touche particulièrement les femmes, les plus jeunes et les employés non qualifiés.

*Définition du BIT : situation d’une personne ayant un emploi à temps partiel, mais qui souhaite travailler plus d’heures sur une semaine donnée et qui est disponible pour le faire, qu’elle recherche un emploi ou non. Est également incluse dans le sous-emploi la personne ayant involontairement travaillé moins que d’habitude (chômage technique, etc.).


L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne a enregistré, en
septembre 2012, son cinquième mois consécutif de baisse
. Il est à son plus bas niveau depuis février 2010 et inférieur à sa moyenne des années 2000-2011.

Cette nouvelle dégradation du climat des affaires concerne la situation actuelle (indice au plus bas depuis juin 2010) et plus encore les perspectives à 6 mois (indice au plus bas depuis mai 2009, et inférieur à sa moyenne des années 2000-2011).

Elle recouvre un léger redressement dans les services et une poursuite un peu plus modérée de la dégradation dans l’industrie. Ces orientations sectorielles corroborent celles suggérées par les   indices PMI des directeurs d’achat (indice concernant les services repassé au-dessus de la ligne des 50, celui concernant l’industrie toujours dans la zone de contraction de l’activité).



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