MEDEF Actu-Eco de la semaine du 5 au 9 novembre 2012

FRANCE

1.Crédits nouveaux au secteur privé en septembre 2012 : tassement pour les entreprises, contraction pour les ménages

2.Déficit commercial au 3ème trimestre 2012 : -67 milliards d’euros en cumul sur un an, contre -72 milliards d’euros un an plus tôt

3.Investissements dans l’industrie pour 2012 et 2013 : réduction des budgets depuis l’été

ZONE EURO

4.Prévisions de la Commission européenne pour la zone euro : confirmation de la récession en 2012, quasi-stagnation en 2013

INTERNATIONAL

5.Climat des affaires aux Etats-Unis en octobre 2012 : activité toujours bien orientée

6.Marché du travail aux Etats-Unis en octobre 2012 : accélération des créations d’emploi

ANNEXES STATISTIQUES

7.Finances publiques dans la zone euro en 2012 et 2013 (prévisions de la Commission européenne)

8.Taux de chômage dans la zone euro en 2012 et 2013 (prévisions de la Commission européenne)

9.Tendances récentes des marchés

BRÈVE

La Banque de France prévoit une légère baisse du PIB au 4ème trimestre 2012 (-0,1%), après -0,1% au 3ème trimestre, ce qui signifie un second semestre en récession, selon la définition usuelle (deux trimestres consécutifs de recul du PIB).


En cumul sur un an, les crédits nouveaux au secteur privé ont continué de se réduire en septembre 2012, repli entamé au printemps 2011. Ils sont en baisse de -13,6% par rapport à leur niveau de septembre 2011 (-62 milliards d’euros).

Cette contraction concerne les crédits aux ménages et, dans une moindre mesure, les crédits aux sociétés non financières.

Les crédits aux ménages ont en effet chuté de -26,8% par rapport à septembre 2011. Cette baisse est imputable aux crédits à l’habitat (-35,3%). En revanche, les crédits à la consommation ont légèrement progressé (+1,4% sur un an).
Les crédits aux sociétés non financières ont baissé de -2,1% par rapport à septembre 2011. Ce repli s’explique en totalité par la baisse des crédits à plus d’un an, largement destinés à l’investissement (-10,9%), les crédits jusqu’à un an, qui représentent 71% du total, étant en hausse de +2%.

 


En septembre 2012, le déficit commercial FAB-FAB s’est réduit de  -5,26 milliards d’euros à -5,03 milliards d’euros. Cette amélioration relative provient d’une baisse plus importante des importations (-1,9%, baisse imputable à de moindres achats énergétiques et d’automobiles) que des exportations (-1,5%, malgré la poussée des livraisons aéronautiques et spatiales et des ventes de produits pharmaceutiques).

Au 3ème trimestre 2012, les exportations se sont nettement redressées (+2,1% par rapport au 2ème trimestre). Elles ont bénéficié notamment des bonnes performances du secteur aéronautique et spatial et du rebond des ventes de l’industrie automobile. En revanche, les importations se sont contractées (-1%), notamment en raison du recul dans les matériels de transport (haut niveau des importations de bateaux au trimestre précédent). D’où une réduction du déficit.

En cumul sur un an, le déficit FAB-FAB s’est réduit, passant de -71,7 milliards d’euros au 3ème trimestre 2011 à -67,1 milliards d’euros au 3ème trimestre 2012.
En données FAB-CAF, il est passé de -88,4 milliards d’euros à -84,3 milliards d’euros, soit une réduction de 4 milliards d’euros.


Cette légère réduction du déficit commercial entre le 3ème trimestre 2011 et le 3ème trimestre 2012 recouvre :

sur le plan sectoriel : amélioration du solde industriel, passé de -40 milliards d’euros à -28,5 milliards d’euros. Elle s’explique par une progression sensible des exportations (+5,2%) alors que les importations n’ont augmenté « que » de +1,5% ; creusement du déficit énergétique passé de -58,8 milliards d’euros à -67,7 milliards d’euros ; légère hausse de l’excédent agroalimentaire ;

sur le plan géographique : creusement de -37,8 milliards d’euros à -41,6 milliards d’euros du déficit de nos échanges avec nos partenaires européens, imputable à hauteur de 37% à nos échanges avec l’Allemagne ; réduction dans les mêmes proportions du déficit de nos échanges avec l’Asie.


L’INSEE vient de publier l’enquête d’octobre sur les investissements dans l’industrie manufacturière.

Les industriels interrogés annoncent :

  • une forte révision à la baisse de leurs projets pour 2012 (+1%, contre +5% dans l’enquête de juillet) ;
  • une contraction de leurs budgets  pour 2013 (-2%).

La faible augmentation des investissements prévue pour 2012 a été entièrement acquise au premier semestre. Les industriels sont en effet  plus nombreux à envisager une baisse qu’une hausse de leurs investissements au second semestre 2012. Ils sont également  plus nombreux à envisager une baisse qu’une hausse de leurs investissements au
premier semestre 2013
.

S’agissant des facteurs influençant l’investissement,  les perspectives de profit sont les plus déterminantes. Selon l’enquête, les  facteurs financiers (autofinancement, endettement, conditions globales de financement) sont jugés par les industriels comme devant être moins favorables en 2013 qu’en 2012.
Pour mémoire, le taux de marge dans l’industrie manufacturière au 1er semestre 2012 (21,4% de la valeur ajoutée) n’a jamais été aussi bas depuis 1980.

S’agissant des motivations des investissements, 30% sont destinés au renouvellement en 2013 (26% en moyenne 2000-2012), proportion la plus forte depuis 20 ans.


La Commission européenne vient de publier ses dernières prévisions de croissance pour 2012 et 2013 (Autumn Forecast 2012).

Ces prévisions appellent trois remarques :

  • Confirmation de la récession dans la zone euro en 2012 (-0,4%), qui contraste avec la croissance de quelque +2% aux Etats-Unis et au Japon ;
  • Nette révision à la baisse de la prévision de croissance dans la zone euro pour
    2013
    (+0,1%, contre +1% dans les prévisions du printemps). Cette révision à la baisse concerne tous les pays de la zone euro, et notamment la Grèce (-4,2%, contre une stagnation initialement prévu). La zone euro sortirait ainsi tout juste de la récession ;
  • Disparités persistantes entre les Etats membres de la zone euro pour 2013 (récession dans les pays du sud, légère croissance dans les pays du nord). Néanmoins, tous contribueraient à l’amélioration relative de la croissance de la zone euro entre 2012 et 2013, soit par un retour à la croissance (Belgique, Pays-Bas), soit par une récession qui se poursuit mais avec une moindre intensité (Portugal, Italie), soit par une accélération de la croissance (Irlande, Finlande).

Dans une zone euro en stagnation en 2013, le taux de chômage ne pourra
qu’augmenter
(11,8% contre 11,3% en 2012). Cette dégradation concernerait la quasi-totalité des pays, avec des intensités différentes (particulièrement marquée dans les pays du sud).

FOCUS SUR LA FRANCE

Points à souligner :

  • Croissance du PIB atone en 2012 (+0,2%, contre +0,5% dans l’ancienne estimation) ;
  • Prévisions de croissance pour 2013 révisées à la baisse : +0,4% (comme pour le FMI et le Consensus), contre +1,3% dans les prévisions de printemps. Cette prévision est inférieure de moitié à l’hypothèse de croissance retenue pour fonder le Projet de Loi de Finances 2013 (+0,8%).

Cette prévision de la Commission européenne explique un déficit public supérieur à celui retenu dans la prévision officielle (-3,5% du PIB, contre -3%). Cet écart représente, toute chose égale par ailleurs, quelque 10 milliards d’euros. Pour la même raison, la dette publique prévue par la Commission européenne devrait s’alourdir de +2,7 points en 2013, pour atteindre 92,7% du PIB, alors que, selon la prévision officielle, elle augmenterait de +1,4 point à 91,3%.


Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis a progressé en septembre et de nouveau en octobre 2012, après trois mois consécutif légèrement en dessous de la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et de contraction de l’activité). L’indice des commandes totales a nettement progressé pour le deuxième mois consécutif, malgré un léger tassement pour les commandes à l’exportation. Celui des perspectives de production s’est également redressé.

L’indice synthétique ISM des activités non manufacturières a légèrement baissé
en octobre mais reste à un niveau qui témoigne d’une activité toujours en
expansion
. L’indice concernant les carnets de commandes a baissé, tout en restant dans la zone d’expansion.

Ces évolutions laissent envisager un maintien de l’activité au 4ème trimestre 2012 sur sa tendance de l’ordre de +2% l’an, que ne paraît pas devoir compromettre les conséquences de l’ouragan Sandy.


Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole aux Etats-Unis aux
mois d’août et septembre 2012 ont été révisées à la hausse
: de +142 000 à +192 000 en août et de +114 000 à +148 000 en septembre. Elles ont accéléré en octobre 2012 (+171 000, après +148 000 en septembre).

Cette accélération est entièrement imputable au développement de l’emploi dans
le secteur privé
(+184 000 postes, après +128 000), le secteur public ayant réduit ses effectifs (-13 000 postes), après trois mois consécutifs de hausse.

Sur plus longue période, l’emploi salarié aux Etats-Unis reste inférieur de 3% à son niveau moyen de 2007.

Le taux de chômage s’est inscrit en légère hausse en octobre 2012 (7,9% de la population active, après 7,8% en septembre). C’est le plus bas niveau depuis janvier 2009.
Cette hausse représente une augmentation de +170 000 personnes (+1,4%) du nombre de chômeurs, s’élevant désormais à 12,3 millions de personnes.


ANNEXES STATISTIQUES




Télécharger le pdf

Les derniers articles