MEDEF Actu-Eco de la semaine du 12 au 16 novembre 2012

FRANCE

1. Croissance française au 3ème trimestre 2012 : un rebond, pas un changement de tendance

2. Emploi salarié au 3ème trimestre 2012 : -50 400 postes (-17 600 postes hors intérim)

3. Production industrielle en septembre 2012 : net repli sur un mois

4. Prix à la consommation en octobre 2012 : en nette accélération (+2,6% l’an sur trois mois, +1,9% sur un an)

5. Créations d’entreprise en octobre 2012 : +10,6% (+1% hors auto-entrepreneurs)

6. Immatriculations de voitures neuves en octobre 2012 : -2% sur un mois, -2,1% en moyenne mobile sur trois mois

INTERNATIONAL

7. Tendances récentes des marchés

L’INSEE vient de publier sa première estimation du PIB au 3ème trimestre 2012 : +0,2% (+0,9% l’an), après -0,1% au 2ème trimestre (0% dans l’estimation précédente). Cette estimation laisse un acquis de +0,2%  pour 2012.

En glissement sur un an, le PIB du 3ème trimestre aura quasiment stagné (+0,1%), comme au 2ème trimestre. La progression sur un an avait été de +1,5% au 3ème trimestre 2011.

Le rebond du 3ème trimestre résulte  d’une contribution positive de la demande intérieure hors stocks (+0,2%) et du commerce extérieur (+0,3%), et d’une contribution négative des stocks (-0,3%). Les données confirment ce que montraient les indicateurs mensuels, concernant notamment les achats des ménages et les exportations.

  • redressement de la consommation des ménages (+0,3% après -0,2% au 2ème trimestre), grâce aux achats de vêtements et aux dépenses alimentaires, soit un acquis de 0% pour 2012 ; 
  • recul des investissements (-0,2% après +0,5%),  imputables essentiellement aux dépenses d’investissement des entreprises (-0,4%, après +0,6%), notamment en matériels de transport et en information-communication. En même temps, quasi-stagnation des investissements publics (dépenses en travaux publics), et tassement des investissements des ménages (logements).
    Compte tenu des évolutions contrastées des trimestres précédents, l’acquis 2012 des investissements des entreprises serait de -0,1% (+5,1% en 2011) ; 
  • accélération des exportations de biens et services (+0,5% après +0,3%), grâce aux ventes de matériels de transport (aéronautique et spatial notamment). Compte tenu d’une baisse des importations, amélioration du solde des échanges.

En stagnation depuis le printemps 2011, la production totale des branches s’est redressée au 3ème trimestre 2012 (+0,4%) : sursaut de la production manufacturière (+1% après -1% chacun des deux trimestres précédents), grâce au rattrapage dans deux secteurs où la production avait fortement baissé le trimestre précédent (matériels de transport, cokéfaction) ;  accélération dans les services (+0,4% contre +0,1%) ;  ralentissement dans la construction (+0,1% contre +0,5%), recul dans la branche énergie-eau-déchets (-0,4%, après +2,2%).

Bonne nouvelle en soi, cette croissance de 0,2% du PIB durant l’été (estimation provisoire) ne saurait signifier un changement de tendance de la conjoncture, au vu des enquêtes depuis la rentrée : climat des affaires, perspectives de production et d’embauche, carnets de commandes,  tous les indicateurs plaident pour un fléchissement de l’activité au cours des prochains mois.

Cette performance de la France au 3ème trimestre est semblable à celle de
l’Allemagne
, où le PIB s’était déjà accru de +0,3% au 2ème trimestre, contrairement à la France où il avait baissé. En revanche, l’activité s’est contractée en Espagne, en Italie, en Autriche, et de façon plus marquée, au Portugal et aux Pays-Bas.


Selon une première estimation, l’emploi salarié du secteur marchand non agricole s’est fortement contracté au 3ème trimestre 2012 : -50 400 postes, après -22 400 au 2ème trimestre 2012. Il s’agit de la plus forte contraction depuis le 2ème trimestre 2009. L’emploi salarié compte ainsi 16,1 millions de personnes (-63 800 postes sur un an). Il était de 16,4 millions au 1er trimestre 2008.
Hors intérim, les effectifs salariés auraient baissé de -17 600 postes au 3ème trimestre.

Cette contraction des effectifs salariés au 3ème trimestre 2012 se retrouve dans tous les secteurs :

  • réduction des effectifs dans l’industrie pour le 5ème trimestre consécutif (-9 800 postes) ;
  • ralentissement de la baisse des effectifs dans la construction (-3 900 postes) ;
  • baisse des effectifs dans le tertiaire marchand hors intérim (-3 900 postes) après trois trimestres consécutifs de hausse ;
  • nouveau repli des emplois intérimaires (-32 800 postes, soit -6%).

Il est probable que la dégradation se poursuivre au 4ème trimestre au vu des perspectives d’embauches qui sont mal orientées, notamment dans l’industrie et les services.


L’indice de la production industrielle de septembre 2012 a fortement baissé par
rapport à août
(-3,2%), qui était en nette progression (+2,1%). Cette baisse de septembre tient notamment à une chute de l’activité dans les matériels de transport (-16,2% dans la construction automobile) et dans la cokéfaction et le raffinage (-12,1%).

En moyenne,  l’indice du 3ème trimestre 2012 a augmenté de +0,9% par rapport au deuxième trimestre. La progression a été particulièrement marquée dans les secteurs de l’équipement et des biens de consommation durable.

Sur un an, la production du 3ème trimestre a baissé de -1,9% (recul sensible dans les biens intermédiaires, ainsi que dans certains équipements, la construction automobile et le textile-habillement).

Le niveau de la production manufacturière est inférieur de 12% à celui de la moyenne de 2007. A titre indicatif, il l’a retrouvé et même dépassé en Allemagne.


L’indice des prix à la consommation, en données CVS, s’est accru de +0,2% en
octobre 2012
(même hausse en données brutes), après avoir stagné en septembre. Ce chiffre recouvre une hausse des prix des produits énergétiques (+0,3%) et des produits alimentaires (+0,6%, +2,2% pour les seuls produits alimentaires frais), une stagnation des prix des services et une baisse des prix des produits manufacturés (-0,2%).

Sur un an, l’indice des prix a augmenté de +1,9%.

Entre juillet et octobre 2012, les prix ont progressé de +2,6% l’an. Ce rythme marque une forte accélération par rapport aux trois mois précédents : +0,1% l’an entre avril et juillet. Cette évolution recouvre :

  • une forte accélération des prix des produits énergétiques (+19% l’an, après -6,1% l’an entre avril et juillet) ;
  • une accélération plus modérée des prix des produits manufacturés (+1,8% l’an, après -2,7% l’an), et plus encore des prix des produits alimentaires (+4% l’an, après +2,8% l’an) ;
  • une contraction des prix des services (-1,2% l’an, après +2,7% l’an).

Hors tarifs publics, énergie et produits frais, l’inflation sous-jacente a baissé de -0,3% l’an en octobre 2012 sur trois mois (+0,9% sur un an).


Les créations d’entreprise se sont accrues de +10,6% entre septembre et octobre
2012, tirées par les créations d’auto-entreprise
(+17,8%, données brutes). Les créations hors auto-entrepreneurs se sont accrues de +1% (données CVS).

Le nombre total des créations s’est élevé à 51 191, dont 60,8% dépendent du régime des auto-entrepreneurs.

En moyenne sur les trois derniers mois connus (août, septembre, octobre), les
créations d’entreprise ont augmenté de +3% par rapport aux mêmes mois de l’année
précédente
, dont +9,4% pour les créations d’auto-entreprise et -4,2% pour les créations hors auto-entrepreneurs.

Par secteur, les créations se sont réduites dans l’industrie et ont quasiment stagné dans le commerce. En revanche, elles se sont accrues dans la construction et les services.


Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves se sont
contractées de -2% en octobre 2012
, après -2,6% en septembre. Cette contraction provient exclusivement des voitures de marques françaises (-5,3%), celles de marques étrangères s’étant accrues de +1,4%, qui représentent depuis quelques mois plus de 50% des immatriculations totales.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (août, septembre, octobre), les immatriculations ont baissé de -2,1% par rapport aux trois mois précédents (-12,4% sur un an). Ce repli est un peu plus marqué pour les voitures de marques étrangères (-2,3%) que pour les voitures de marques françaises (-1,9%).
Elles restent inférieures de quelque 250 000 (-11,7%) à la moyenne des années 2000-2011.

Ce repli des trois derniers mois, qui se retrouve dans les autres pays de la zone euro, place la France dans une position intermédiaire, entre l’Europe du nord (-0,1% en Allemagne) et l’Europe du sud (-4,6% en Italie, -4,7% en Espagne).



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