MEDEF Actu-Eco de la semaine du 19 au 23 novembre 2012

FRANCE

1.Climat des affaires en novembre 2012 : légère amélioration mais indice nettement inférieur à sa moyenne de longue période

2.Financement des grandes entreprises en novembre 2012 : pas de dégradation des trésoreries, recul des délais de paiement

3.Salaires au 3ème trimestre 2012 : gains de pouvoir d’achat sur un trimestre comme sur un an

4.Sociétés innovantes entre 2008 et 2010 : moins de 3 sur 10 font des innovations technologiques, faute de financements suffisants

ZONE EURO

5.Climat des affaires en Allemagne en novembre 2012 : une remontée surprise des perspectives

INTERNATIONAL

6.Marché de l’immobilier aux Etats-Unis en octobre 2012 : poursuite du redressement des mises en chantier, encore inférieures de 50% à leur moyenne 2000-2008

7.Tendances récentes des marchés

Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par l’INSEE, le climat des affaires en France s’est légèrement amélioré en novembre 2012, tout en restant défavorable. Ce léger mieux fait suite à sept mois consécutifs de repli de l’indice. Il reste à son niveau de l’automne 2009 et inférieur à sa moyenne de longue période.

Ce léger rebond du climat des affaires recouvre des évolutions diverses selon les secteurs :

  • Progression dans le Bâtiment (pessimisme persistant pour l’activité des prochains mois, malgré un léger redressement du solde, carnets de commandes toujours inférieurs à la normale) et, de manière plus marquée, dans l’industrie manufacturière (hausse des carnets de commandes, légère amélioration des perspectives générales et personnelles, qui restent néanmoins très basses, stabilisation des stocks de produits finis à un niveau supérieur à leur moyenne de longue période) ;
  • Stagnation à un niveau bas de l’indice dans le commerce de détail (perspectives de ventes et intentions de commandes toujours mal orientées, malgré un petit redressement du solde) et les services (révision à la baisse des anticipations d’activité, amélioration des projets d’investissements) ;
  • Repli dans le commerce de gros (stabilisation des intentions de commandes à un niveau bas, perspectives générales toujours moroses).

 


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 8 et le 13 novembre 2012 auprès des trésoriers des grandes entreprises (500 salariés et plus) :

  • Pas de dégradation de la situation de trésorerie d’exploitation, qui demeure difficile ;
  • Légère tension sur les marges payées par les entreprises sur les crédits bancaires, après cinq mois consécutifs de baisse du solde d’opinion ;
  • Difficultés persistantes dans la recherche de financement, sans pour autant d’aggravation ;
  • Modeste recul des délais de paiement des clients, dont la tendance reste à un niveau élevé, comparable à celui de 2008, au moment de la crise de Lehman Brothers.


Selon les résultats provisoires publiés par la Dares, les salaires dans les entreprises du secteur marchand non agricole de 10 salariés ou plus se sont accrus en valeur entre le 2ème trimestre et le 3ème trimestre 2012 : +0,4% pour le salaire mensuel de base (SMB), +0,5% pour le salaire horaire de base ouvrier (SHBO).

Etant donné la stagnation l’indice des prix à la consommation hors tabac sur la période (ensemble des ménages, données brutes)*, le pouvoir d’achat salarial s’est accru de respectivement +0,4% et +0,5%.

Sur un an, le salaire mensuel de base a augmenté de +2,2%, et le salaire horaire de base ouvrier de +2,3%. Leur hausse a été plus rapide que l’inflation (+1,8% entre septembre 2011 et septembre 2012). Les gains de pouvoir d’achat salarial sur un an ont donc été de +0,5% pour le SHBO et de +0,4% pour le SMB.

(*) L’indice avec tabac est resté stable au 3ème trimestre 2012 (+1,9% entre
septembre 2011 et septembre 2012).


Selon la dernière enquête sur l’innovation*, 49% des sociétés marchandes interrogées ont innové au cours des trois années 2008-2010. Cette proportion est croissante avec la taille de la société et plus importante chez les sociétés exportatrices (65% des sociétés exportatrices, 42% des autres).

Trois enseignements :

  • 1 – Deux grandes familles d’innovation : les innovations technologiques et non technologiques. Les innovations les plus fréquentes sont celles relatives à l’organisation. 1 société sur 5 fait des innovations de produits, 1 sur 5 des innovations de procédés.
    Il apparaît que seulement 28% des sociétés ont réalisé des innovations technologiques, les entreprises pouvant faire des innovations dans plusieurs domaines.
  • 2 – 12% de l’ensemble des sociétés introduisent un produit nouveau sur le marché, signe que le passage au marché n’est pas acquis. Dans les secteurs où les innovations sont essentielles, cette proportion est de 1 sur 3 dans l’information et la communication, et de moins de 1 sur 5 dans l’industrie manufacturière.

(*) Enquête communautaire sur l’innovation (CIS 2010), réalisée entre juin et décembre 2011, portant sur la période 2008-2010 et couvrant le champ des sociétés actives de 10 salariés ou plus implantées en France (métropole et DOM). Les sociétés interrogées sont des unités légales, à ne pas confondre avec l’entreprise. « L’entreprise est la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes. »

  • 3 – le premier frein à l’innovation technologique est d’ordre financier (manque de moyens financiers, coûts d’investissement élevés et lourds à amortir, dans un contexte de crise rendant plus difficile l’obtention d’un prêt). Le coût est un frein pour 28% des sociétés innovantes, mais pour 42% de celles réalisant des innovations technologiques. Et ceci est particulièrement vrai pour les PME et notamment pour les plus petites d’entre elles (10-49 salariés), parmi lesquelles se trouvent les start-up technologiques.

C’est dire la nécessité de mesures fiscales incitatives pour répondre aux besoins de financement de ces entreprises (Business Angels, fiscalité de l’épargne longue investie dans les entreprises innovantes). Au-delà, le développement de l’innovation dans les PME, et tout autant dans les TPE, suppose, pour elles, des conditions plus faciles d’accès au marché (commandes publiques, achats des grands groupes, et plus généralement mise en place d’un Small Business Act).


L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne s’est inscrit en
hausse en novembre 2012
, après six mois consécutifs de baisse. Il est à un niveau proche de sa moyenne des années 2000-2011.

Ce rebond est surprenant, notamment dans l’industrie, au vu des derniers indicateurs disponibles (commandes à l’industrie).

Cette amélioration du climat des affaires en Allemagne concerne à la fois la situation actuelle et plus encore les perspectives à 6 mois. L’indice relatif à la situation future reste néanmoins très inférieur à sa moyenne de longue période.

Ce léger mieux est confirmé par l’évolution en novembre de l’indice PMI composite des directeurs d’achats. Néanmoins, ce dernier reste inférieur à 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et de contraction de l’activité), signe que l’activité allemande ne devrait pas se redresser au 4ème trimestre 2012.


L’embellie du marché du logement aux Etats-Unis se confirme. Les mises en chantier poursuivent leur remontée : +3,6% en octobre 2012, après +15,1% en septembre (+41,9% sur un an). Par ailleurs, malgré leur repli sur un mois (-2,7% en octobre 2012, après +11,1%), les permis de construire restent en hausse de +29,8% sur un an.

Au cours des trois derniers mois connus (août, septembre, octobre), les mises en chantier de logements ont progressé de +14,6% par rapport aux trois mois précédents (+34,9% sur un an). Les permis de construire ont également augmenté, mais moins fortement (+8,6% sur un trimestre, +32,6% sur un an).

Les mises en chantier sont ainsi ressorties au nombre de 836 000 en rythme
annualisé
. Ce chiffre reste encore inférieur de -49,2% à la moyenne des années 2000-2008 (avant la crise) et d’un peu moins par rapport à la moyenne 2000-2011 (-39,5%), affectée par la chute des années 2008 et 2009.

Cette reprise devrait se poursuivre : les ventes de logements existants ont progressé en octobre 2012 (+1,9% sur un mois, +9,6% sur un an), l’opinion des constructeurs dans le résidentiel est à son plus haut niveau depuis juin 2006, le prix médian a continué de se redresser.



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