Dmitri Medvedev rencontre les entrepreneurs français

A l’initiative de Medef International, un déjeuner de travail, présidé par Jean Burelle, et Jean-Yves Le Gall, président directeur général d’Arianespace et président du Conseil de Chefs d’Entreprises France-Russie de Medef International a réuni mardi 27 novembre au siège du Medef des chefs d’entreprise français et russes autour du Premier ministre russe Dmitri Medvedev, en présence de Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, de Jean—Pierre Chevènement, Représentant spécial de la France en Russie, et d’Alexandre Shokhine, Président du RSPP (Union des Industriels et des Entrepreneurs de Russie). L’occasion de faire le point sur les relations économiques des deux pays et les conditions d’un renforcement des échanges.

Tout en renouvelant sa confiance dans l’eurozone (l’euro constitue 42% des réserves de la BCR), Dmitri Medvedev a rappelé que l’amélioration de l’environnement des affaires reste une des priorités de son gouvernement. Après son adhésion à l’OMC, un processus qui a duré 18 ans, la Russie aspire désormais à adhérer à l’OCDE, une candidature appuyée par la France. Autre souhait des autorités russes, faire de Moscou un centre financier régional, et du rouble – une monnaie de réserve.

Sur le plan des échanges, la coopération franco-russe est très dynamique. Les indicateurs sont bons et indiquent des volumes importantstant pour le commerce (+15% en 2012), que pour les investissements français en Russie (~16 Mds €). Ceux-ci dépassent de loin les investissements russes en France. Jean-Yves Le Gall comme Nicole Bricq ont d’ailleurs appelé à un accroissement des investissements russes dans notre pays, « Une trentaine de projets russes sont sur le point de voir le jour en France dans les années qui viennent, ce qui constitue de grandes avancées, mais nous souhaitons faire encore mieux », a souligné Jean-Yves Le Gall. « Le renforcement des investissements russes est une étape naturelle d’une relation de partenariat équilibrée entre nos deux pays et je l’appelle de mes vœux. Nos entreprises créent de l’emploi en Russie, c’est bien : je souhaite que les entreprises russes puissent créer autant d’emplois en France », a déclaré pour sa part la ministre. « Cela implique que soient identifiés et levés les freins qui bloquent ces investissements ».

La présence française en Russie est très large (500 entreprises) et ne se limite pas à l’énergie. Les secteurs de l’aérospatial, de l’automobile, les transports, les télécoms, les services urbains, l’agroalimentaire, les hautes-technologies accueillent également de plus en plus d’investissements. L’ampleur des échanges avec la Chine et l’Allemagne (respectivement 1er et 2ème fournisseur mondial de la Russie) dépassent largement ceux avec la France. Cette concurrence doit motiver l’ensemble des parties prenantes à accélérer les coopérations. Une trentaine de grands projets impliquant des entreprises françaises sont actuellement en cours comme, pour n’en citer que quelques-uns, l’avion de ligne Sukhoi Superjet 100 ; des lancements de satellites Soyuz/Arianespace ; dans le domaine du tourisme le cluster Causase Nord ou encore dans le domaine des hautes technologies le projet Skolkovo/Sofia Antipolis. D’autres projets devraient voir le jour, notamment en matière d’infrastructures (routes, lignes à grande vitesse…), l’immensité du territoire russe et la vétusté des installations actuelles faisant de ce secteur une des priorités du gouvernement. Autres grands secteurs prometteurs : le domaine de l’énergie, les industries pharmaceutiques et l’automobile. .

Pour Jean-Yves Le Gall, trois axes d’amélioration semblent essentiels pour améliorer les relations bilatérales franco-russes : consolider la confiance qui existe entre nos milieux d’affaires, en développant davantage de partenariats impliquant les acteurs publics et privés ; favoriser le développement de l’innovation, pour conquérir ensemble de nouveaux marchés, en particulier en Asie ; libéraliser le régime des visas pour les hommes d’affaires d’ici 2018 (date de la Coupe du monde de Football).

Comme l’a rappelé Jean Burelle «nous avons, Russes et Français, un destin commun. Il y a deux cents ans, nous nous battions sur les champs de Borodino. Aujourd’hui, cet esprit de conquête doit nous permettre de préparer l’avenir par la coopération et dans un esprit de partenariat. » D’où le lancement, à la fin de ce petit déjeuner de travail du « Conseil de coopération économique France-Russie » entre Medef International et le RSPP.

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