MEDEF Actu-Eco de la semaine du 26 au 30 novembre

FRANCE

1.Moral des ménages en novembre 2012 : stabilisation à un niveau bas

2.Demandes d’emploi en octobre 2012 : +297 700 personnes sur un an, plus forte hausse depuis février 2010

3.Situation économique dans les DOM en 2011 : croissance du PIB allant de +1% en Martinique à +4% en Guyane

INTERNATIONAL

4.Commandes en biens d’investissement aux Etats-Unis en octobre 2012 : +1,7%, plus forte hausse depuis mai

5.Croissance mondiale au 3ème trimestre 2012 : rebond sur un trimestre, ralentissement sur un an

6.Prévisions de croissance de l’OCDE pour 2013 : un peu plus de pessimisme

7.Tendances récentes des marchés

BRÈVE

Révision à la hausse de la croissance du PIB aux Etats-Unis pour le 3ème
trimestre 2012
: +2,7% l’an, contre +2% l’an dans la dernière estimation (+2,5% sur un an, contre +2,3% auparavant) (source : Bureau of Economic Analysis).


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est stabilisé en novembre
2012 à un niveau bas
, après cinq mois consécutifs de baisse. Il demeure à un niveau très inférieur à sa moyenne de longue période.

Dans le détail, le solde d’opinion des ménages concernant leurs anticipations de chômage s’est très légèrement infléchi en novembre. Néanmoins, il demeure nettement supérieur à sa moyenne de longue période, témoignant ainsi d’un pessimisme marqué des ménages concernant l’emploi.
 
S’agissant de la situation financière future des ménages, l’opinion globale s’est stabilisée. Ils sont presque aussi nombreux qu’en octobre à considérer que le moment est opportun pour faire des achats importants. En revanche, ils sont aussi nombreux qu’en 1995 à considérer que le moment est favorable pour épargner.


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine s’est accru pour le 18ème mois consécutif en octobre 2012 : +45 400 chômeurs (+1,5%).

Avec 3 103 300 de personnes, le nombre de demandeurs d’emploi est à son plus haut niveau depuis avril 1998.

En y ajoutant les catégories B et C, c’est-à-dire les personnes ayant une activité réduite, le nombre de demandeurs d’emploi s’est élevé à 4 587 000 personnes en octobre 2012 (+71 500).

Entre octobre 2011 et octobre 2012, le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a augmenté de  +297 700 personnes (+10,6%). Il s’agit de la plus forte hausse depuis février 2010.
Par sexe, le nombre de chômeurs s’est accru plus fortement chez les hommes (+12,3%) que chez les femmes (+8,9%).
Par tranche d’âge, les 50 ans et plus ont été nettement plus touchés que les autres : +17,6%, contre +10,5% pour les moins de 25 ans et +8,4% pour les 25-49 ans.

La croissance du nombre de demandeurs d’emploi en France métropolitaine (+10,6% sur un an) est ainsi plus marquée que celle dans les DOM (+6,1%). Ce chiffre d’ensemble recouvre des réalités contrastées : +2,8% en Martinique, +4,5% en Guadeloupe, +7,4% à la Réunion, +9,8% en Guyane.


La croissance du PIB en 2011 dans les Départements d’Outre – Mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte depuis 2011) a été hétérogène entre les départements. La Guyane est le seul à avoir eu une croissance supérieure à celle de la France Métropolitaine (+1,7%).

Guyane : croissance du PIB de +4% s’expliquant par  l’investissement (+20,9%), dopé par le financement de travaux d’infrastructures, la bonne santé du secteur immobilier et la hausse des dépenses en biens d’équipement, et par l’activité spatiale (forte hausse des exportations en transport spatial, représentant 85% de l’ensemble des exportations) ;

Guadeloupe : croissance du PIB de +1,3%, tirée par l’augmentation des exportations (progression de +5,9% de la dépense touristique) et par la bonne tenue de la consommation des ménages (nette augmentation des revenus salariaux) ;

Réunion : croissance du PIB de +1,2% soutenue par l’investissement (+4,6%), par la consommation (+1,2%) ainsi que par la reprise du tourisme (+14,9% pour les dépenses des touristes) ;

Martinique : croissance du PIB de +1%, grâce à la bonne tenue de l’investissement (+5,2%). A noter la faible progression de la consommation (+0,9%), liée à celle du pouvoir d’achat (forte poussée des prix, progression modérée des revenus salariaux).

Au-delà de l’année 2011, le profil de la croissance a été très différent selon les cas : la Guyane n’a pas enregistré de récession en 2009 ; en revanche, la baisse du PIB en 2009 n’a pas encore été rattrapée en Martinique, en Guadeloupe et à la Réunion.

Les écarts entre les DOM de la progression du PIB par habitant, considéré comme un indicateur de niveau de vie, révèlent des écarts de dynamique démographique, de +0% en Guadeloupe et Martinique à +2,6% en Guyane.


Les commandes nouvelles totales en biens d’investissement manufacturés aux
Etats-Unis
se sont légèrement contractées en octobre 2012 (-0,1%), après le fort rebond de septembre (+24,4%).

Hors matériel militaire et aéronautique, les commandes nouvelles ont augmenté de +1,7% en octobre 2012, après -0,4% en septembre. Cette hausse est la plus forte depuis le mois de mai.
Les commandes restent toutefois inférieures de -8,1% à leur niveau d’octobre 2011.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (août, septembre, octobre), les commandes (hors matériel militaire et aéronautique) se sont contractées de -4,1% par rapport aux trois mois précédents.

Toutes les conditions sont réunies pour un redémarrage des investissements (taux d’intérêts bas, niveau record des profits des entreprises, besoin de renouvellement, etc.). Mais ceci suppose la levée des inquiétudes des entreprises américaines, d’une part, sur les risques que fait peser la zone euro sur l’économie mondiale, et, d’autre part, sur les arbitrages budgétaires qui seront faits en 2013.


Selon une première estimation, la croissance du PIB « mondial » (agrégation du PIB de 53 principaux pays par Coe-Rexecode) s’est accélérée au 3ème trimestre 2012 : +0,6%, soit +2,3% l’an en volume, contre +1,7% l’an au 2ème trimestre. La croissance mondiale instantanée était repassée en dessous de +2% au 2ème trimestre, pour la première fois depuis 2009.

Ce rebond de l’été provient notamment de l’accélération de la croissance aux Etats-Unis (+2% l’an au 3ème trimestre, après +1,3% l’an au 2ème trimestre) et, plus encore, en Chine (+7,7% l’an, après +5,9% l’an). Il a néanmoins été freiné par la contraction de l’activité au Japon et dans la zone euro.

Sur un an, la croissance mondiale a poursuivi son ralentissement entamé au 3ème trimestre 2010, avec un rythme de +2,6%.

La croissance mondiale au 4ème trimestre 2012 est empreinte d’incertitudes, comme l’atteste la lourdeur des cours des produits de base depuis la rentrée.
L’indice PMI composite (manufacturier et services) est resté stable en octobre juste au-dessus de la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et de contraction de l’activité).
Sans doute la croissance chinoise paraît se renforcer et la croissance américaine se maintenir. Mais, dans le même temps, l’activité dans certains pays émergents (Inde, Brésil) paraît s’alourdir, et la Zone euro comme le Japon s’enfoncent dans la récession.


L’OCDE a publié, le 27 novembre, ses Perspectives économiques semestrielles, avec de nouvelles prévisions de croissance pour 2012 et 2013.

Six remarques :

  • des prévisions 2013 globalement plus basses que celles publiées par l’OCDE en mai 2012 et que celles de la Commission européenne, publiées le 7 novembre dernier ;
  • Nouvelle récession dans la zone euro en 2013, seule grande zone où la croissance serait négative, pesant ainsi sur la croissance de l’économie mondiale ;
  • une inquiétude sur la situation à venir qui fait appeler l’OCDE à « laisser jouer les stabilisateurs automatiques » dans les pays de la zone euro (en Allemagne comme en Espagne) mais aussi au Royaume-Uni, si la croissance est inférieure à celle retenue pour les budgets. L’OCDE pose néanmoins une condition, que la démarche soit « annoncée de façon coordonnée » « pour éviter une perte de crédibilité des différents pays prenant des initiatives autonomes ».
  • un appel réitéré à poursuivre les réformes structurelles « dans les pays débiteurs comme dans les pays créanciers » de la zone euro, afin de « stimuler la croissance et rééquilibrer les économies »  et à accorder une « priorité plus grande » au marché unique de l’Union ;
  • s’agissant de la France, l’OCDE souligne:

 

    • l’aggravation attendue du chômage (9,9% en 2012, puis 10,7% en 2013 et 10,9% en 2014) et plus généralement de la « sous-utilisation des ressources » ;

    • la « détermination salutaire » du Gouvernement à redresser les comptes publics, ce qui ne doit pas empêcher que « les stabilisateurs automatiques doivent pouvoir jouer pleinement si la croissance se révèle inférieure à l’hypothèse retenue pour le budget » (ce qui sera le cas pour 2013, avec un Projet de Loi de Finances reposant sur une croissance de +0,8%) ;
    • la nécessité de « contenir les dépenses publiques en 2014 et au-delà » pour « faciliter la baisse des impôts nécessaire au rétablissement de la compétitivité des entreprises » ;
    • la nécessité de mettre en œuvre « toute une série de réformes » de nature à favoriser la croissance (structure fiscale, éducation, marché du travail et des produits) pour stimuler la confiance.
  • s’agissant des Etats-Unis, l’OCDE insiste sur la réduction indispensable du déficit du budget fédéral, processus qui devrait être « progressif », ce qui suppose de modifier « impérativement » la législation en vigueur pour étaler la mise en œuvre des augmentations d’impôts et des réductions de dépenses, et relever le plafond de la dette « de façon ordonnée ».


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