MEDEF Actu-Eco du 17 au 21 décembre 2012

FRANCE

1.Trésorerie des grandes entreprises en décembre 2012 : pas de redressement

2.Créations d’entreprise en novembre 2012 : -12,1% (-0,3% hors auto-entrepreneurs)

3.Masse salariale au 3ème trimestre 2012 : +2,2% sur un an (+2,3% pour le salaire moyen par tête, -0,1% pour les effectifs)

4.Tensions sur le marché du travail au 3ème trimestre 2012 : repli de -6% des offres d’emploi, hausse de +0,7% des entrées à Pôle emploi

ZONE EURO

5.Coût horaire de la main d’œuvre au 3ème trimestre 2012 : stabilité en France, à un niveau le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique

6.Climat des affaires en Allemagne en décembre 2012 : nette amélioration des perspectives

INTERNATIONAL

7.Tendances récentes des marchés

BRÈVE
Le taux horaire du SMIC sera revalorisé de +0,3% au 1er janvier 2013, pour atteindre 9,43 euros, soit 1 430,22 euros par mois sur la base de 35h hebdomadaires. Cette revalorisation intervient après celle de +2% en juillet dernier.


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 6 et le 11 décembre 2012 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points à souligner :

  • Confirmation que la situation de trésorerie d’exploitation ne se dégrade plus depuis l’été, sans pour autant parvenir à se redresser ;
  • Nouvelles tensions sur les marges de crédits bancaires ;
  • Difficultés persistantes dans la recherche de financement ;
  • Interruption de la baisse des délais de paiement clients, qui restent à des niveaux élevés.

Les créations d’entreprise ont chuté de -12,1% en novembre 2012, après la hausse de +10,6% en octobre. Cette évolution est imputable au repli de près de -20% des créations d’auto-entreprise (données brutes), alors que les créations hors auto-entrepreneurs ont à peine baissé (-0,3%, données CVS).

Le nombre total de créations s’est élevé à 44 771 en novembre 2012, dont 55,5% d’auto-entreprises.

Sur un an, les créations d’entreprise des trois derniers mois connus (septembre, octobre, novembre) s’inscrivent en baisse -1,6% par rapport aux trois mêmes mois de l’année précédente.   

Par secteur, cette évolution se retrouve dans l’industrie (-7,5%), le commerce (-2,5%) et les services marchands (-3,1%). En revanche, les créations sont en hausse de +1,4% dans la construction.
   
Par type d’entreprise, cette contraction est entièrement le fait des créations hors auto-entrepreneurs (-7,3% sur un an). Les créations d’auto-entreprises ont progressé de +2,9%.


La masse salariale dans le secteur concurrentiel s’est accrue de +0,4% au 3ème trimestre 2012, après +0,5% au trimestre précédent.
Cette progression résulte exclusivement de celle du salaire moyen par tête (+0,5% en valeur), les effectifs s’étant contractés (-0,1%).
Compte tenu de la stagnation de l’indice des prix à la consommation hors tabac, le pouvoir d’achat de la masse salariale distribuée par les entreprises s’est accru de +0,4% entre le 2ème et le 3ème trimestre 2012 (+0,5% pour le seul salaire moyen par tête).

Sur un an, la masse salariale a augmenté de +2,2%, comme au trimestre précédent.

La croissance du salaire moyen par tête (SMPT) s’est en revanche un peu accélérée : +2,3% au 3ème trimestre 2012, après +2,1% au 2ème. Cette augmentation du SMPT est très contrastée selon les régions, de +1,4% en Franche-Comté à +3,3% en Guadeloupe.
En pouvoir d’achat, compte tenu de la hausse de l’indice des prix de +1,8%, la masse salariale distribuée par les entreprises a augmenté de +0,4%. Le pouvoir d’achat du SMPT a augmenté, quant à lui, de +0,5%.

En effet, au cours de la période, les effectifs se sont contractés de -0,1%, après un an de ralentissement tendanciel. Cette évolution a été très inégale selon les régions, allant de -1,6% en Champagne-Ardenne à +2,6% en Guyane.


L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) a continué de baisser au 3ème trimestre 2012 (-6,7% sur un trimestre, -18,5% sur un an). Il s’agit du cinquième trimestre consécutif de baisse.

Cette évolution résulte d’une baisse des flux d’offres d’emploi de -5,9% et d’une progression de +0,7% des entrées à Pôle emploi.
L’indicateur est inférieur de près de -25% à sa moyenne de longue période. Il ne dépasse que de +3,1% son point bas du 1er trimestre 2009.

Cette baisse de l’indicateur de tensions concerne tous les grands secteurs d’activité :

  • dans le tertiaire, il est en baisse de -4% sur un trimestre et de -17,2% sur un an et se situe à un niveau inférieur de -21,9% à son niveau moyen des années 1998-2011 ;
  • dans la construction, l’indicateur a continué de baisser (-7,7% sur un trimestre, -21,7% sur un an). Il se trouve désormais à un niveau inférieur au point bas de 2009 et de -44,7% à sa moyenne de longue période ;
  • dans l’industrie, l’indicateur s’est réduit de -8,5% sur un trimestre (-17,7% sur un an). Il est désormais inférieur à sa moyenne de longue période (-6%).

Par famille de métiers, les baisses sur un an sont moins marquées que la moyenne pour certains métiers, à partir d’un niveau d’indicateur nettement plus élevé, signe des difficultés persistantes de recrutement. Ceci est vrai dans l’industrie pour les métiers qualifiés comme les techniciens et agents de maîtrise (électricité et électronique, industries mécaniques, maintenance).


Le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole hors apprentis en France est resté stable au 3ème trimestre 2012 à 35,3 euros par salarié (+2% sur un an). C’est le niveau le plus élevé de la zone euro, à l’exception de la Belgique.

Le coût allemand s’est accru de +0,8% sur un trimestre (+4% sur un an), pour atteindre 32,3 euros.
L’écart de compétitivité-coût entre la France et l’Allemagne s’est ainsi légèrement réduit au 3ème trimestre 2012. Il atteint encore 9,2%.

Cette évolution du coût horaire en France résulte d’une hausse de +0,1% du salaire brut horaire à 23,5 euros et d’une baisse de -0,2% des charges annexes au salaire (dont les cotisations sociales constituent la part la plus importante mais non exclusive).
En Allemagne, le salaire brut horaire s’est accru de +0,5% à 25,3 euros et les charges de +2,2%.
Le taux de charges sur salaire en France s’est ainsi élevé à 50,3% au 3ème trimestre 2012, soit 23 points de plus qu’en Allemagne.

Cette stagnation du coût horaire au 3ème trimestre recouvre des évolutions diverses selon les secteurs :

  • repli de -0,7% dans l’industrie manufacturière, à 36,6 euros (+1,5% en Allemagne à 36,9 euros) ;
  • progression de +0,5% dans la construction, s’élevant ainsi à 31,4 euros (+1,5 en Allemagne, à 26,2 euros) ;
  • hausse de +0,2% dans le tertiaire marchand, atteignant 35,1 euros (+0,2% en Allemagne atteignant 29,4 euros).

Sur les 3 premiers trimestres de 2012, la compétitivité-coût de la France s’est améliorée par rapport à l’Allemagne : hausse du coût horaire de +2% par rapport aux 3 premiers trimestres de 2011, +2,8% en Allemagne. En revanche, elle s’est détériorée par rapport à l’Espagne (+1,4%) et l’Italie (+1,7%). Ceci montre que ces deux pays sont en train de restaurer graduellement leur compétitivité-coût, ci qui contribue au redressement de leur balance extérieure.


L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne s’est redressé en décembre 2012, pour le deuxième mois consécutif. Il est ainsi repassé au-dessus de sa moyenne des années 2000-2011.

Cette poursuite du redressement de l’indice résulte de la nette amélioration des perspectives à six mois.

Sans doute les chefs d’entreprise restent pessimistes concernant leur situation actuelle, comme le montre le repli de l’indice.

En revanche, celui concernant les perspectives à 6 mois  a enregistré sa plus forte progression depuis juillet 2010. Cette évolution s’explique notamment par les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière.
L’indice a ainsi retrouvé son niveau de juin dernier, mais reste néanmoins encore inférieur à sa moyenne de longue période.
Cette meilleure orientation des perspectives s’explique notamment par la progression des commandes à l’exportation, celles provenant du marché intérieur se repliant.



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