MEDEF Actu-Eco de la semaine du 31 décembre 2012 au 4 janvier 2013

FRANCE

1.Croissance française au 3ème trimestre 2012 : révision à la baisse (+0,1% sur un trimestre, 0% sur un an)

2.Situation des entreprises au 3ème trimestre 2012 : amélioration des résultats, marge et taux d’autofinancement inférieurs à leur niveau de 2007

3.Dette publique à la fin du 3ème trimestre 2012 : -14,5 milliards d’euros sur un trimestre, +101 milliards depuis le début de l’année

4.Situation des ménages au 3ème trimestre 2012 : stagnation du pouvoir d’achat, repli de l’épargne

5.Dépenses de consommation des ménages en novembre 2012 : -0,3% entre août et novembre en moyenne mobile sur trois mois

6.Demandes d’emploi en novembre 2012 : augmentation ralentie

7.Moral des ménages en décembre 2012 : redressement de l’indice pour la première fois depuis mai, à un niveau toujours très bas

INTERNATIONAL

8.Tendances récentes des marchés

Les comptes nationaux détaillés du 3ème trimestre 2012 révisent à la baisse la croissance du PIB pour l’été 2012 : +0,1% (+0,4% l’an), contre +0,2% dans la première estimation, après -0,1% au 2ème trimestre. Cette révision résulte, selon l’institut, d’une production de transport désormais en recul et d’un investissement et d’une consommation de services moins dynamiques.
Entre le 3ème trimestre 2011 et le 3ème trimestre 2012, le PIB du 3ème trimestre aura stagné.

Cette nouvelle estimation confirme globalement les déterminants de cette croissance : contribution positive de la demande intérieure hors stocks (+0,2 point) et du commerce extérieur (+0,3 point), contribution négative des stocks (-0,4% au lieu de -0,3% dans la 1ère estimation).

Dans le détail :

  • redressement de la consommation des ménages, même s’il est un peu moins marqué que prévu (+0,2% au lieu de +0,3% dans la 1ère estimation, après -0,2% au 2ème trimestre), soit un acquis de -0,1% pour 2012
  • recul des investissements, un peu plus marqué que prévu (-0,3% (contre -0,2% prévu), après +0,4%), imputable essentiellement aux dépenses d’investissement des entreprises (-0,6%), soit un acquis négatif pour les investissements des entreprises de -0,3% en 2012 (+5,1% en 2011).
  • accélération des exportations de biens et services un peu plus marquée que prévu (+0,6% en volume,) qui, combinée à une baisse des importations (-0,5%, après +1,6%), entraîne une amélioration du solde des échanges. 

Au total, cette nouvelle estimation laisse un acquis de croissance de +0,1%  pour 2012, en raison de la langueur des moteurs internes. Pour mémoire, le Gouvernement retient une croissance de +0,3% pour l’année 2012.

En termes de branches, la production totale s’est redressée au 3ème trimestre 2012, mais moins fortement que prévu : +0,3% (contre +0,4% dans la 1ère estimation), après 0% au 2ème trimestre. Cette légère révision à la baisse résulte notamment :

  • d’un sursaut moins fort que prévu de la production manufacturière (+0,8% au lieu de contre +1%, après -1,1%)
  • d’une moindre accélération que prévu dans les services (+0,2% au lieu de +0,4%, après +0,1%).
  • en revanche, confirmation du ralentissement dans la construction (+0,1%, après +0,5%).

Cette modeste croissance de +0,1% du PIB durant l’été après le recul du 2ème trimestre n’annonce pas un changement de tendance de la conjoncture, comme l’attestent le climat dégradé des affaires et les perspectives défavorables dans tous les secteurs en fin d’année.  D’ailleurs, la Banque de France a confirmé, mi-décembre, sa prévision d’une contraction du PIB de de -0,1% au 4ème trimestre 2012.


Selon les comptes nationaux détaillés publier par l’INSEE, la valeur ajoutée des sociétés non financières a augmenté de +0,8% au 3ème trimestre 2012, comme au deuxième. Cette augmentation plus forte que celle cumulée des rémunérations et des  impôts a permis une remontée de la marge brute de +1,4%  (après +1,6% au 2ème trimestre et -0,8% au premier), et une consolidation du taux de marge (28,3% de la valeur ajoutée, après 28,2% au 2ème trimestre). Le Point de conjoncture de l’INSEE d’octobre dernier annonçait une érosion du taux de marge au 3ème trimestre, à 27,9%. 

Ainsi, le taux de marge moyen des trois premiers trimestres 2012 s’établit à 28,2% de la valeur ajoutée, soit 0,3 point de moins que celui de 2011 et 3,6 points de moins que celui de 2007, avant la crise.

Le recul  des rémunérations dans la valeur ajoutée au 3ème trimestre confirme celui enregistré au trimestre précédent. La moyenne des trois premiers trimestres  2012 dépasse encore de 0,2 point de valeur ajoutée celle de 2011, et de 3,5 points celle de 2007. Toujours en 2012, les salaires bruts versés ont représenté  51,4% de la valeur ajoutée, contre 51,2% en 2011 et 48,9% en 2007.

En euros courants, l’EBE moyen des 3 premiers trimestres 2012 n’a guère augmenté par rapport à celui de 2011 (+0,2%). Il reste inférieur  de quelque 5% à son niveau de 2007. Dans le même temps, les rémunérations (chargées) ont augmenté de près de 12%, presque 2 fois plus vite que la valeur ajoutée.

Au 3ème trimestre 2012, le résultat brut d’impôts et d’amortissements* a augmenté de +1,8% en euros courants  (+2% au 2ème trimestre et -1,1% au premier). La moyenne des  trois premiers trimestres sont en progression de +0,7% sur 2011. Il est en recul de -6,5% sur 2007.
Le résultat après impôt (profit distribuable avant amortissement)  s’est également redressé,  à un niveau encore inférieur de -2,7% à celui 2007

Le redressement de l’épargne brute des sociétés (autofinancement) s’est modéré entre le 2ème trimestre (+4,2%) et le 3ème (+2,1%). Sa moyenne des trois premiers trimestres dépasse de +1,8% celle de 2011, mais est encore inférieure de près de -14% à son niveau de 2007.
Leurs investissements ont baissé de -0,4% au 3ème trimestre, de sorte que le taux d’investissement s’est effrité de 20,2 à 20% de la valeur ajoutée.  Sa moyenne des trois premiers trimestres 2012 est en progression de +1,6% sur celle de 2011. Elle dépasse de 7,5% son niveau de 2007,

Le redressement du taux d’autofinancement de 67,2 à 68,8% entre le 2ème et le 3ème trimestre 2012 est le résultat combiné de la remontée de l’épargne brute et de la contraction des des investissements. Son niveau moyen des 3 premiers trimestres 2012 (67%) est du même ordre que celui de 2011, mais inférieur de  17 points  à celui de 2007.

*Autofinancement+ revenus distribués+ impôts directs


La dette publique au sens de Maastricht (brute), détenue à hauteur de 78,1% par l’Etat, s’est établie à 1 818,1 milliards d’euros à la fin du 3ème trimestre 2012, soit 89,9% du PIB.
Pour mémoire, le Projet de loi de programmation des finances publiques 2013-2017 retient une dette publique de 89,9% du PIB fin 2012, puis de 91,3% fin 2013.

Entre le 30 juin et le 30 septembre 2012, la dette se serait réduite de -14,5 milliards d’euros (-0,8%).  Cette réduction est principalement imputable à l’Etat (-13,8 milliards d’euros, soit -1%) en raison de la contraction de la trésorerie (-30,7 milliards d’euros), et, dans une moindre mesure, aux administrations de sécurité sociale (-1,1 milliard d’euros, soit -0,5%). En revanche, la dette des administrations locales a légèrement augmenté (+0,4 milliard d’euros, soit +0,2%).

Entre le 31 décembre 2011 et le 30 septembre 2012, elle s’est alourdie de +101,1 milliards d’euros (+5,9%),  passant de 86% à 89,9% du PIB :

  • endettement de l’Etat : +84,3 milliards d’euros ;
  • endettement des administrations de sécurité sociale : +22,1 milliards ;
  • endettement  des organismes divers d’administration centrale : -0,6 milliard ;
  • endettement des collectivités territoriales : -4,6 milliards.

Entre le 31 décembre 2007 et le 30 septembre 2012, la dette publique s’est alourdie de +607 milliards d’euros, dont 80% imputables à l’Etat  (+487 milliards d’euros), soit une hausse de 50%.

Ainsi, la croissance de la dette publique au cours de la période (+50%) a été plus de 6 fois plus rapide que celle du PIB en valeur (+7,9%), ce qui explique son augmentation de près de 26 points de PIB, de 64,2% à 89,9%.


Les comptes nationaux détaillés que vient de publier l’INSEE mettent en évidence un ralentissement du revenu disponible brut des ménages au 3ème trimestre 2012 (+0,2% en valeur, après +0,5% au 2ème trimestre). Et ceci malgré une légère accélération des revenus salariaux (+0,5%, après +0,4%) et le maintien du rythme des prestations sociales (+0,9% au 2ème et au 3ème trimestre).
Ce ralentissement est imputable à la forte poussée des impôts sur le revenu et le patrimoine (+3,8%, après +0,9%), due aux « mesures de renforcement des recettes fiscales votées pour redresser les finances publiques en 2012 : désindexation du barème de l’impôt sur le revenu, réduction de certaines niches fiscales, instauration d’une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et alourdissement de la fiscalité du capital ».

Compte tenu de la hausse des prix des dépenses de consommation de +0,2%, le pouvoir d’achat du RDB a stagné au 3ème trimestre 2012, après avoir augmenté de +0,3% au 2ème trimestre. Par unité de consommation*, il s’est contracté de -0,2%, annulant ainsi la hausse enregistrée au trimestre précédent (+0,2%).
Cette stagnation du pouvoir d’achat recouvre un gain de +0,8% pour les prestations sociales (comme au 2ème trimestre) et de +0,3% pour la masse des salaires versés (après +0,2%).

*Système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d’unités de consommation (UC). L’échelle actuellement la plus utilisée retient la pondération suivante : 1 UC pour le premier adulte du ménage ; 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ; 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.

Au-delà des aléas trimestriels, le pouvoir d’achat du RDB a stagné entre 2011 et les 3 premiers trimestres de 2012. Cette stagnation fait suite à un ralentissement : +0,5% en 2011, après +0,9% en 2010. Ce ralentissement depuis deux ans est largement imputable à celui des salaires versés : +0,1% sur les 3 premiers trimestres de 2012, après +0,8% en 2011 et +1,2% en 2010. En revanche, les gains de pouvoir d’achat des prestations sociales (1/3 du RDB) ont accéléré (+1,5%, après +1,1% en 2011).

Depuis 2007, les revenus des ménages ont continué de progresser plus vite que la production : le PIB en volume a stagné au niveau qui était le sien en 2007, alors que le RDB en pouvoir d’achat a augmenté de près de +3% au cours de la période.

Compte tenu de la stagnation du pouvoir d’achat, la hausse de la consommation des ménages au 3ème trimestre 2012 a été rendue possible par une baisse de l’épargne, passée de 16,4% du RDB au 2ème trimestre 2012 à 16,2%. Le taux reste néanmoins supérieur à sa moyenne 2000-2011.
Le taux d’épargne financière (41% de l’épargne totale), c’est-à-dire hors logement, est passé de 6,9% à 6,7% au 3ème trimestre 2012.


En novembre 2012, les dépenses de consommation des ménages en biens (représentant environ la moitié de la totalité des dépenses en biens et services) ont augmenté de +0,2% en volume (-0,2% sur un an), après -0,1% en octobre. Cette modeste progression est notamment due à la hausse des dépenses énergétiques (+2,7%), stimulée par des températures inférieures aux normales saisonnières.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (septembre, octobre, novembre), les achats des ménages s’inscrivent en baisse de -0,3% par rapport aux trois mois précédents (-0,2% sur un an). Cette contraction se retrouve dans les achats liés à l’automobile (-1%), les dépenses alimentaires (-0,7%) et dans les dépenses énergétiques (-0,3%). En revanche, ont progressé les achats liés à l’équipement du logement (+0,2%) et ceux de textile-cuir ont progressé (+0,8%).

Cette lourdeur de la consommation ne pourra que peser sur l’évolution du PIB au 4ème trimestre 2012, d’autant que la situation sur le marché du travail continue de se dégrader.


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine s’est de nouveau accru en novembre 2012, à un rythme toutefois plus modéré qu’au cours des deux mois précédents : +29 300 chômeurs (+0,9%), après +45 400 en octobre et +46 900 en septembre.

En hausse pour le 19ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi s’élève ainsi à 3 132 600 personnes, le plus haut niveau depuis janvier 1998.
Le nombre atteint 4 617 400 personnes si l’on y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C).

Entre novembre 2011 et novembre 2012, le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de +304 600 personnes (+10,8%), plus forte hausse depuis janvier 2010.

Par sexe, cette augmentation recouvre : +8,8% pour les femmes (+121 100 personnes), +12,6% pour les hommes (+183 500).

Par tranche d’âge, elle recouvre : +10,2% pour les moins de 25 ans (+45 800 personnes), +8,7% pour les 25-49 ans (+155 900) et +17,5% pour les 50 ans et plus (+102 900, hausse historiquement élevée).


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est redressé en décembre 2012 pour la première fois depuis le mois de mai 2012. Il reste néanmoins très inférieur à sa moyenne des années 2000-2011.

Les ménages sont en effet plus confiants concernant leur situation financière future. Cela n’empêche pas que le nombre de ménages considérant le moment comme opportun pour épargner continue d’augmenter. Sur ce dernier point, le solde d’opinion au plus haut depuis l’été 1995.
En revanche, les ménages sont un peu plus inquiets concernant la situation sur le marché du travail : ils sont plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage. Le solde d’opinion est très nettement supérieur à sa moyenne de longue période.



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