MEDEF Actu-Eco de la semaine du 7 au 11 janvier 2013

FRANCE

1.Production industrielle en novembre 2012 : +0,2% sur un mois, -2,2% en moyenne mobile sur trois mois

2.Marché du logement en novembre 2012 : plongeon des mises en chantier en glissement sur douze mois

3.Commerce extérieur en novembre 2012 : réduction du déficit industriel d’1/3 sur un an (glissement sur douze mois)

4.Immatriculations de voitures neuves en 2012 : au plus bas niveau depuis 1997

5.Prix à la consommation en décembre 2012 : +1,3% sur un an, rythme le plus faible depuis début 2010

INTERNATIONAL

6.Marché du travail aux Etats-Unis en décembre 2012 : nouvelles créations d’emploi, stagnation du taux de chômage

7.Climat des affaires aux Etats-Unis en décembre 2012 : redressement de l’indice dans tous les secteurs

8.Tendances récentes des marchés

BRÈVE
La Banque de France confirme une nouvelle fois sa prévision d’une contraction du PIB de -0,1% au 4ème trimestre 2012.


L’indice de production dans l’industrie manufacturière s’est légèrement redressé en novembre 2012 (+0,2%, après -0,8% en octobre), tiré par la fabrication de matériels de transport (+3,8%, dont +0,3% pour l’automobile* et +7,4% pour les autres matériels de transports**). En revanche, la production s’est contractée dans les industries agroalimentaires (-0,3%), les équipements (-1,3%) et dans la cokéfaction et le raffinage (-3,5%).
Sur un an, l’indice est en repli de -4,6%.

Malgré cette légère hausse, la moyenne mobile des trois derniers mois connus (septembre, octobre, novembre) a poursuivi sa baisse (-2,2% par rapport aux trois mois précédents, -3,6% sur un an).
Ce recul concerne tous les grands sous-secteurs, avec des intensités très variables : de -0,4% dans les industries agroalimentaires à -11% dans la cokéfaction et le raffinage, en passant par -0,9% dans les équipements, -3,4% dans le textile-cuir, -3,8% dans la métallurgie et -5,9% dans les matériels de transport.
A titre de comparaison, la production manufacturière en Allemagne s’est contractée de -3% sur la même période.

Au total, la production manufacturière française des trois derniers mois reste inférieure de -14,3% à son niveau de 2007. En Allemagne, elle est inférieure de -1,9% à son niveau d’avant crise, après l’avoir retrouvé et même dépassé entre l’été 2011 et l’été 2012.

* L’industrie automobile concerne aussi bien les constructeurs de voitures particulières, de véhicules de loisir, de véhicules utilitaires que les équipementiers spécialisés, les carrossiers, les assembleurs ou les prestataires de services d’aménagement de véhicules automobiles.
** La fabrication d’autres matériels de transport comprend notamment la construction de bateaux et de navires, la fabrication de matériel ferroviaire roulant et de locomotives, la construction aéronautique et spatiale et la fabrication d’équipements pour ces matériels.


En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (septembre, octobre, novembre), les mises en chantier de logement ont baissé de -3,2% par rapport aux trois mois précédents (-21,3% par rapport à la même période de l’année précédente). Les permis de construire se sont également réduits (-4,2% sur trois mois, -9,9% sur un an).

En glissement sur douze mois, donnée la plus solide compte tenu de la fragilité des statistiques mensuelles, le plongeon du marché immobilier, entamé au début de l’année 2012, s’est poursuivi en novembre dernier.
   
Les mises en chantier se sont contractées de -10,8% entre novembre 2011 et novembre 2012, soit une baisse de près de -44 000 logements nouveaux. Au nombre de 363 000, toujours en glissement sur douze mois, les mises en chantier retombent progressivement à leur point bas atteint il y a trois ans.
Par ailleurs, les permis de construire font preuve de lourdeur (-1,2% sur la même période).
   
Le marché du logement devrait rester dégradé en 2013 (croissance atone, taux de chômage élevé, attentisme des ménages et des investisseurs, question de la fiscalité, etc.).


Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est de nouveau réduit en novembre 2012 de -4,7 à -4,3 milliards d’euros. Ce modeste repli est le résultat d’une baisse des importations (-3,4%) plus importante que celle des exportations (-2,8%).
En glissement sur douze mois, le déficit commercial s’est réduit de -74,5 milliards d’euros en novembre 2011 à -66,2 milliards d’euros en novembre 2012. Ce redressement résulte d’une progression des exportations (+4,2%) plus de deux fois plus rapide que celle des importations (+1,9%).

En données FAB-CAF, le déficit s’est réduit de 8,7 milliards d’euros entre novembre 2011 et novembre 2012, toujours en glissement sur douze mois.

Cette réduction est, sur le plan sectoriel, entièrement imputable à la balance des échanges dans l’industrie manufacturière. En effet, ce déficit s’est réduit de -14,4 milliards d’euros, soit une baisse d’1/3, qui a plus que compensé l’alourdissement de la facture énergétique.

Sur le plan géographique, ce redressement résulte notamment d’une réduction des déficits de nos échanges avec les pays d’Europe hors UE (-7,5 milliards d’euros) et avec l’Asie (-4,5 milliards d’euros). En revanche, le déficit avec nos partenaires européens a continué de s’alourdir.


Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves ont nettement rebondi en décembre 2012 (+14,5%, après -8,5% en novembre). Ce redressement provient pour l’essentiel des immatriculations de voitures de marques étrangères (+24,8%). Celles de marques françaises ont également progressé mais de façon beaucoup plus limitée (+2,3%).

Au-delà des aléas mensuels, les immatriculations de voitures neuves se sont contractées de -3,5% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2012 (-15,5% sur un an). Cette baisse recouvre une chute de -9,2% pour les immatriculations de voitures françaises et une hausse de +1,8% pour les voitures étrangères.

Pour l’ensemble de l’année 2012, les immatriculations de voitures neuves auront baissé de -13,9% par rapport à 2011, retombant sous la barre des 1,9 millions unités, plus bas niveau depuis 1997. Ceci correspond à une contraction du marché des voitures neuves en France de plus de 300 000 unités.
Cette baisse recouvre une chute de -20,5% des immatriculations de voitures françaises et une baisse, nettement moins marquée, des immatriculations de voitures étrangères (-6,6%).
A titre indicatif, l’évolution du marché français en 2012 a été moins favorable qu’en Espagne (-12,9%) et plus encore qu’en Allemagne (-3,2%) ; en revanche, elle l’a été plus qu’en Italie (-20,1%).


L’indice des prix à la consommation, en données brutes, est en hausse de +0,3% en décembre 2012, après -0,2% en novembre. En données corrigées des variations saisonnières, il a augmenté de +0,1%, annulant la baisse enregistrée au mois précédent (-0,1%).
Cette légère hausse de décembre recouvre un repli de -0,1% des prix des produits énergétiques et des produits manufacturés, une stagnation des prix des produits alimentaires et une hausse de +0,3% des prix des services.

Sur un an, l’indice des prix a poursuivi son ralentissement entamé en septembre dernier (+1,3%, rythme le plus lent depuis février 2010).

Entre septembre et décembre 2012, les prix se sont accrus de +0,6% l’an, après +2% l’an entre juin et septembre. Cette progression correspond à :

  • une contraction de -4,2% l’an des prix des produits énergétiques (+22,3% l’an entre juin et septembre) ;
  • une quasi-stagnation des prix des produits manufacturés (+0,3% l’an, après -0,8% l’an) ;
  • une progression des prix des services (+1,1% l’an, après +0,4% l’an) et, de manière un peu plus marquée, des produits alimentaires (+2,3% l’an, après +1,6% l’an).

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est redressée : +0,7% l’an sur trois mois, après -0,7% l’an entre juin et septembre. Sur un an, elle reste faible : +0,7%, au plus bas depuis début 2011.


Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole ont un peu ralenti en décembre 2012 à +155 000, contre +161 000 postes en novembre. Ce dernier chiffre a été révisé à la hausse puisque l’estimation précédente retenait +146 000 postes. 

Les créations d’emploi dans le secteur privé ont continué de décélérer (+168 000, après +171 000 en novembre et +203 000 en octobre) alors que les effectifs du secteur public ont continué de se réduire (-13 000, après -10 000).

Sur l’ensemble de l’année 2012, le secteur non agricole aura créé 1 835 000 emplois salariés. Néanmoins, le cumul des créations d’emploi enregistrées au cours des trois dernières années (+4,7 millions) ne compense qu’à peine plus de 50% des pertes d’emploi enregistrées en 2008 (-3,6 millions) et 2009 (-5,1 millions).

Le taux de chômage est resté stable en décembre 2012 à 7,8% de la population active, représentant 12,2 millions de personnes. Les créations d’emploi ont en effet été encore insuffisantes pour faire baisser ce taux.

Les créations d’emploi sur un rythme de plus de +1% l’an devraient se poursuivre compte tenu des perspectives de croissance qui peuvent être raisonnablement retenues, sous réserve naturellement d’un dénouement heureux de l’équation budgétaire.
D’ailleurs, à court terme, les indicateurs de confiance sont plutôt bien orientés, notamment concernant l’emploi.


Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis s’est redressé en décembre 2012, après une baisse au mois précédent. Il est repassé au-dessus de la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et de contraction de l’activité), mais reste inférieur à sa moyenne des années 2000-2011. Ce léger rebond provient notamment de la composante « emploi ». L’indice concernant les perspectives de production s’est en revanche replié. Celui des commandes totales est resté stable, alors que l’indice des commandes à l’exportation s’est nettement redressé.

S’agissant des activités non manufacturières, l’indice synthétique ISM s’est de nouveau accru en décembre 2012, grâce notamment, là encore, à l’importante remontée de la composante « emploi ».
L’indice synthétique est supérieur à sa moyenne de longue période.



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