Laurence Parisot au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI

Laurence Parisot, était l’invitée du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche 3 février.   Elle a qualifié la situation économique de préoccupante et appelé une nouvelle fois les parlementaires à transcrire fidèlement l’accord sur l’emploi du 11 janvier dernier.

Invitée du « Grand Jury », Laurence Parisot a qualifié la situation économique de « préoccupante ». « En 2010, a-t-elle rappelé, le Medef a lancé un thème qui est celui de la compétitivité. Pourquoi avons-nous fait cela ? Parce que nous savions que si notre pays n’était pas capable de s’adapter, d’évoluer, de se transformer, des catastrophes sociales (…) étaient malheureusement inévitables ». Mais aujourd’hui, avec « tous les nouveaux dispositifs que nous avons élaborés avec les organisations syndicales dans l’accord conclu le 11 janvier dernier, des situations dramatiques » comme celle par exemple de Goodyear à Amiens, « ne devraient plus voir le jour ». « Partout où on est capable d’agir dans un cadre de dialogue social qui met la flexisécurité au cœur du sujet, partout où on est capable d’agir, on arrive à sauver des entreprises, on arrive à dépasser les moments difficiles et à jeter les bases prometteuses pour l’avenir », a relevé la présidente du Medef.
C’est pourquoi, elle a appelé une nouvelle fois les parlementaires à transcrire fidèlement dans la loi l’accord du 11 janvier. « Cet accord est potentiellement historique, c’est-à-dire qu’il le sera réellement si la majorité, et j’espère au-delà même de la majorité, adopte le texte en l’état ». « Le texte que nous avons signé (…) est un texte parfaitement équilibré. Il apporte des outils nouveaux, absolument indispensables pour les entreprises pour pouvoir s’adapter et il apporte également des dispositions de sécurisation tout à fait rassurantes pour les salariés », a insisté Laurence Parisot. Si donc les parlementaires « ajoutent quelque chose, retirent quelque chose, c’est l’équilibre intrinsèque de l’accord qui est rompu », a-t-elle fait valoir. Si tel était le cas, a-t-elle prévenu, le Medef réagirait : « si jamais quelque chose de significatif se produisait, nous dirions d’une manière très forte, très publique que ce serait un retour en arrière très préjudiciable pour l’économie française ». C’est dans cet esprit que Laurence Parisot rencontre ce matin Michel Sapin.
Interrogée sur l’éventualité d’une loi sur les licenciements boursiers, Laurence Parisot a indiqué qu’elle ne comprenait « même pas l’expression ‘licenciement boursier’. C’est un concept qui n’a pas de sens ». Une entreprise, a-t-elle expliqué, « doit faire des profits. Si elle ne fait plus de profits, elle meurt ». Cela étant, elle ne croit pas que « ce sujet soit à l’ordre du jour ». En revanche, « ce qui est à l’ordre du jour chez certains parlementaires, c’est un projet ou une proposition de loi qui obligerait les entreprises à céder des sites qu’elle souhaite fermer parce que non rentables ». C’est une proposition de loi qui est pour nous inacceptable et même dangereuse », a-t-elle prévenu. « C’est simple. Si vous commencez à porter atteinte à la liberté d’entreprendre, à la liberté des choix de l’entreprise et si vous portez atteinte aux droits de propriété, alors l’économie de marché ne peut plus fonctionner », a fait observer la présidente du Medef.
Autre question d’actualité : l’avenir des retraites complémentaires avec la faillite quasi assurée du régime Agirc-Arrco dans les années qui viennent. « C’est tout à fait préoccupant. Si on laisse les choses aller telles qu’elles sont aujourd’hui, l’Agirc pourrait être en cessation de paiement », a averti la présidente du Medef en n’excluant pas « des mesures transitoires à prendre rapidement dans les semaines qui viennent ». Pour autant, « il n’est pas question que les entreprises acceptent la moindre cotisation de plus », a prévenu Laurence Parisot. Mais « on peut prévoir un redéploiement des cotisations en pensant différemment peut-être la politique familiale ».
Dans le même temps, « il faut travailler sur les deux paramètres, le report de l’âge légal d’une part et l’allongement de la durée de cotisation d’autre part », sachant que « nous gagnons pratiquement deux mois et demi de vie par an ». Ainsi, « il faut penser les choses autrement (…) et peut-être se dire qu’il faudra travailler jusqu’à 66-67 ans à l’horizon 2040 : c’est ce qu’on déjà décidé la plupart de nos partenaires européens », a-t-elle relevé.
Enfin, alors qu’un groupe parlementaire vient de décider de mener une étude sur les technologies alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploitation du gaz de schiste, Laurence Parisot a rappelé que « dans beaucoup de domaines, depuis des décennies, on est en train de faire des fracturations dans le sol français (…) Ainsi, tout le monde, y compris les Verts, défendent le projet de captage de CO2 à Florange. Or, le captage de CO2 suppose de faire des perforations dans le sol et même à travers les nappes phréatiques. Et là personne ne conteste ! » Certes, « nous acceptons le discours des Verts » relatif à la protection de « la biodiversité. D’ailleurs nous sommes en train de nous engager, nous Medef, sur les questions de biodiversité comme peut-être aucun groupe d’entreprises n’est en train de le faire ». Mais en échange, « je dis aux Verts : est-ce que vous voulez qu’il y ait encore une industrie en France ? Est-ce que vous voulez qu’on crée des emplois en France ? Est-ce que vous voulez permettre à la science de nous faire avancer ? La façon dont fait la fracturation hydraulique aujourd’hui aux Etats-Unis n’a rien à voir avec ce qui était fait dans ce même pays il y a cinq ans ! Les choses bougent très vite ! »

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