MEDEF Actu-Eco de la semaine du 14 au 18 janvier 2013

FRANCE
1. Financement des grandes entreprises en janvier 2013 : net réduction des délais de paiement
2. Créations d’entreprise en 2012 : quasi-stagnation pour l’ensemble, recul de -5,9% hors auto-entrepreneurs

EUROPE
3. Entreprises innovantes en France entre 2008 et 2010 : une proportion dans la moyenne de l’Union européenne mais inférieure à celle de l’Europe du nord
4. Croissance allemande en 2012 : en net ralentissement (+0,9%, après +3,1% en 2011)

INTERNATIONAL
5. Prévisions de la Banque mondiale pour 2012 et 2013 : révision en baisse de la croissance du PIB mondial et du commerce international  
6. Tendances récentes des marchés

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 4 et le 10 janvier 2013 auprès des trésoriers des grandes entreprises (500 salariés et plus) :

  • la situation de trésorerie d’exploitation reste à un niveau difficile depuis la mi-2012, sans parvenir à se redresser ;
  • le solde d’opinion sur les marges de crédits bancaires recule, mais reste supérieur à sa moyenne 2005-2011 ;
  • la recherche de financement demeure jugée plutôt difficile, malgré un redressement du solde d’opinion ;
  • les délais de paiement clients se sont fortement réduits, retrouvant leur niveau de l’été 2011, mais cette détente reste à confirmer.


Les créations d’entreprise ont baissé de -15,4% entre novembre et décembre 2012. Ce repli résulte de la chute des créations d’auto-entreprise (-29%, données brutes), alors que les créations hors auto-entrepreneurs ont progressé de +1,5% (données CVS).

Pour l’ensemble de l’année 2012, le total des créations d’entreprise s’est élevé à près de 550 000, en quasi-stagnation par rapport à 2011 (+0,1%).

Par type d’entreprise, les créations d’auto-entreprise, représentant 56% du total, se sont accrues de +5,4%. A contrario, les créations hors auto-entrepreneurs ont continué de baisser : -5,9% entre 2011 et 2012, après -1,3% entre 2010 et 2011. Leur nombre est ainsi inférieur de -26,6% (-87 800 unités) au point haut de 2008, mais dépasse encore de +11,3% (+24 500) le niveau qui prévalait en 2000.
 
Par secteur, la quasi-stagnation des créations d’entreprise en 2012 recouvre :

  • une augmentation dans l’industrie (+0,9%) et dans la construction (+3,1%) ;
  • une réduction dans les services (-0,9%), représentant 49% du total, et dans le commerce (-2,7%).


Selon l’enquête communautaire 2010 sur l’innovation que vient de publier Eurostat*, 52,9% des entreprises de l’industrie et des services dans l’Union européenne ont réalisé des activités innovantes (produits, procédés, organisation, marketing) entre 2008 et 2010.
Cette proportion d’entreprises innovantes recouvre de fortes disparités entre les pays membres, de moins de 30% dans les pays d’Europe de l’est à 79,3% en Allemagne (chiffre le plus élevé). La proportion en France est très légèrement supérieure à la moyenne européenne (53,5%). En Italie, elle est de 56,3%.

Parmi les entreprises ayant innové en termes de produits et de procédés au cours des trois années considérées, plus d’une entreprise sur quatre ont conduit leur innovation dans le cadre d’une coopération avec d’autres entreprises, des universités ou des instituts publics de recherche.

La proportion dépasse 36% en France, la situant ainsi très au-dessus de la moyenne européenne mais aussi de la proportion enregistrée dans ses pays voisins (Allemagne, Espagne, Italie).
 
 
* Septième enquête communautaire sur l’innovation, publiée le 11 janvier 2013. Cette enquête porte sur les entreprises de plus de dix employés des secteurs de l’industrie et des services suivants : industries extractives, industrie manufacturière, électricité, gaz, vapeur et air conditionné, activités d’approvisionnement en eau, assainissement, gestion des déchets et activités d’assainissement, commerce de gros à l’exception des véhicules automobiles et des motocycles, transport et stockage, activités d’édition, télécommunications, programmation informatique, conseil et autres activités connexes, activités de service d’information, activités financières et d’assurances, activités d’architecture et d’ingénierie, essais et analyses techniques. Pour des questions de champ sectoriel couvert, les chiffres publiés en novembre dernier par l’INSEE pour la France diffèrent légèrement.

Autre indication de l’enquête, 43% des entreprises engagées dans une coopération pour innover le font avec un pays d’Europe, dans son acception la plus large, c’est-à-dire avec un Etat membre de l’Union européenne, un pays de l’AELE, un pays candidat ou en voie d’adhésion. Cette proportion s’élève à 45% en France et à 34% en Allemagne.

Cette enquête appelle deux réflexions sur l’innovation en France :

  • la proportion d’entreprises innovantes, dans la moyenne européenne, s’explique par le développement de partenariats. Cette montée en puissance au cours des dernières années a été rendue possible par l’amélioration de l’écosystème (pôles de compétitivité, Crédit Impôt Recherche, Investissements d’avenir, etc.) ;
  • néanmoins, cette proportion d’entreprises innovantes est inférieure à celle des pays qui comptent en ce domaine (pays scandinaves, Allemagne, Irlande), ce qui confirme notamment deux points de fragilités, concernant en particulier les PME et ETI :

    • une appropriation encore insuffisante du numérique;
    • un nombre insuffisant d’entreprises engagées dans le processus d’innovation, notamment de start-up en liaison avec la faiblesse du capital risque en France, relativement à d’autres pays.

En définitive, le renforcement de l’offre française compétitive nécessite une meilleure valorisation des résultats de la recherche, depuis l’amont jusqu’au marché. L’innovation n’étant rien d’autre que l’industrialisation des inventions.


Selon une estimation encore provisoire, la croissance du PIB en Allemagne a continué de ralentir en 2012 : +0,9%, après +3,1% en 2011 et +4% en 2010 (données cjo-cvs)*, reproduisant ainsi le schéma observé en 2006-2007-2008.

Cette modération de la croissance recouvre :

  • un ralentissement de la consommation des ménages ;
  • une nette contraction des investissements, en particulier ceux des entreprises ;
  • une contribution positive du commerce extérieur, principal moteur de la croissance allemande.

Cette croissance moyenne en 2012 ne doit pas masquer un ralentissement depuis le début de l’année (+0,5% au 1er trimestre, +0,3% au 2ème puis +0,2% au 3ème). Compte tenu de ce ralentissement, cette croissance de +0,9% laisse penser que le PIB se serait sensiblement contracté au 4ème trimestre (-0,3 à -0,5%, un premier chiffre officiel devant être publié mi-février). Cette évolution est en ligne avec l’évolution des indicateurs conjoncturels de la fin de l’année (indice IFO du climat des affaires, commandes à l’industrie).

Somme toute, l’économie allemande a fait preuve d’une certaine résistance, au regard des performances attendues en 2012 chez ses partenaires européens (+0,2% en France, -0,2% en Belgique, -0,3% aux Pays-Bas, -1,4% en Espagne, -2,3% en Italie, selon les dernières prévisions de la Commission européenne).

*Selon Destatis, l’institut national de la statistique allemande, la croissance du PIB en 2012 serait de +0,7% en données brutes. 

Pour les prochains mois, le niveau de l’activité allemande devrait se stabiliser, voire s’améliorer légèrement, si l’on en croit le redressement de la composante « perspectives à 6 mois » de l’indice IFO.

Toutefois, l’amélioration du climat conjoncturel qui pourrait intervenir au cours du 2nd semestre 2013 serait trop tardive pour permettre d’engendrer une accélération de la croissance moyenne pour cette année. D’ailleurs, les informations laissent entendre que le gouvernement allemand aurait révisé sa prévision pour cette année de +1% à moins de 0,5%.


La Banque mondiale vient de réviser en baisse ses dernières prévisions de croissance pour 2012 et 2013 par rapport à celles de juin 2012.

Quatre observations :

  • Aucune accélération de la croissance mondiale  en 2013, contrairement à ce qui était envisagé en juin 2012 ;
  • Révision à la baisse de la croissance pour 2013 plus forte pour les pays de la zone OCDE que pour les pays en développement ;
  • Poursuite de la récession dans la zone euro en 2013, au lieu du retour à la croissance encore envisagé en juin 2012 ;
  • Rythme du commerce mondial  nettement moins soutenu que prévu en 2012 et en 2013.


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