MEDEF Actu-Eco de la semaine du 21 au 25 janvier 2013

FRANCE
1.Situation dans l’industrie au quatrième trimestre 2012 : des perspectives toujours mal orientées
2.Situation financière de l’industrie au second semestre 2012 : moindres difficultés de trésorerie, baisse des résultats d’exploitation, dégradation attendue au 1er semestre 2013
3.Situation financière des services en janvier 2013 : difficultés accrues de trésorerie, moindre dégradation des résultats d’exploitation
4.Climat des affaires en janvier 2013: dégradation dans tous les secteurs
5.Déplacements domicile – lieu de travail : moins de 1 sur 7 en transports en commun, plus de 7 sur 10 en voiture

EUROPE
6.Climat des affaires en Allemagne en janvier 2013 : nouvelle amélioration des perspectives

INTERNATIONAL
7.Marché du logement aux Etats-Unis  au dernier trimestre  2012 : accélération des mises en chantier
8.Tendances récentes des marchés

L’INSEE vient de publier l’enquête trimestrielle de conjoncture dans l’industrie manufacturière pour le quatrième trimestre 2012.

Quatre points à souligner :

  • Contraction de la demande adressée aux industriels, et mauvaise orientation des perspectives de la demande globale comme de la demande étrangère (stabilité des soldes d’opinion, en deçà de leur moyenne de longue période) ;
  • Stabilisation du taux d’utilisation des capacités de production par rapport au trimestre précédent à son niveau le plus bas depuis le 3ème trimestre 2010, et inférieur de 6 points à sa moyenne de long terme ;
  • Nouvelle dégradation de la compétitivité des industries françaises sur le marché national et sur les marchés européens, mais stabilisation de   celle sur les marchés  extra-européens;
  • Poursuite attendue de la diminution des effectifs au premier trimestre 2013, mais proche de la moyenne de longue période.


Selon la dernière enquête semestrielle de l’INSEE, la situation de trésorerie est jugée moins difficile par les industriels au second semestre 2012, notamment grâce à des stocks moins pénalisants. En revanche, les dépenses d’équipement, les investissements financiers et les crédits clients et fournisseurs ont pesé sur cette dernière. Le solde d’opinion reste ainsi inférieur à sa moyenne des années 2000-2011.   

Par sous-secteur, cette amélioration provient essentiellement de celle enregistrée dans le matériel de transport.

Parallèlement, les industriels jugent que les résultats d’exploitation sont en légère baisse au second semestre 2012, impactés notamment par le faible volume des ventes et les charges salariales. Le solde d’opinion correspondant est, là encore, inférieur à sa moyenne de longue période.

Pour le premier semestre 2013, les industriels anticipent une dégradation de leur situation financière. Elle concernerait tous les secteurs et de manière particulièrement notable l’automobile. Leurs difficultés de trésorerie devraient s’accroître et leurs résultats d’exploitation devraient baisser, en raison notamment de la baisse du rythme de production et des horaires de travail, ainsi que  de la modération de la hausse des prix de vente.


L’enquête de janvier 2013 sur le climat des affaires dans les services apporte des indications sur l’évolution de la situation financière des entreprises depuis octobre 2012. Elle fait apparaître :

  • un accroissement des difficultés de trésorerie, avec un solde d’opinion en janvier 2013 retombé à son niveau de janvier 2010.
  • une moindre dégradation des résultats d’exploitation sur la période récente. Les chefs d’entreprise interrogés sont moins nombreux à anticiper un recul dans les prochains mois. L’indicateur est néanmoins encore très inférieur à sa moyenne de longue période.

Selon les dernières enquêtes publiées par l’INSEE, le climat des affaires en France reste défavorable en janvier 2013. L’indicateur synthétique a légèrement reculé sur celui de décembre 2012. Il se situe à un niveau voisin de celui du quatrième trimestre 2009, en dessous de sa moyenne de longue période. 

Le climat des affaires  s’est dégradé dans  tous  les secteurs :

  • Nouvelle détérioration dans l ‘industrie : carnets de commandes peu étoffés, perspectives de production mal orientées, déstockage ; activité et perspectives sont jugées en nette dégradation dans la plupart des secteurs (chimie, métallurgie, automobile notamment), à l’exception des industries agroalimentaires et des « autres moyens de transport » (aéronautique).
  • Climat également dégradé dans le Bâtiment : perspectives d’activité très basses, carnets de commandes jugés inférieurs à la normale*, capacités de production sous-utilisées.
  • Mauvaise orientation dans les commerces : repli de l’activité et des intentions de commandes des grossistes, prévisions toujours ternes des détaillants (chute des ventes attendues et des intentions de commandes dans les commerces généralistes).
  • Légère remontée de l’indice synthétique dans les services,  à un niveau toujours défavorable. Aucune amélioration n’est anticipée pour les prochains mois, sauf dans l’information-communication.

* Les carnets de commande de janvier 2013 permettraient d’assurer 7 mois d’emploi à temps plein des effectifs, ce qui est supérieur à son niveau moyen 


L’INSEE vient de publier un focus sur les déplacements domicile-travail en France à partir du recensement de 2009. Trois points méritent d’être soulignés.

Au plan national, parmi les 25,5 millions de Français quittant leur domicile pour aller travailler, 18,6 millions utilisent principalement leur voiture (73%), et 3,8 millions les transports en commun (14,9%).

La voiture est prépondérante en milieu rural (distances, absence de transports en commun) avec 90% des déplacements, contre 68% en milieu urbain, où  près de 19% des personnes vont à leur travail en transport en commun.

L’Ile de France est la seule région où les transports en commun font jeu égal avec la voiture (44%). Si on se limite à Paris et aux trois départements de la petite couronne, 6 déplacements domicile-travail sur 10 se font par métro, bus ou tramway.

En province, 80% des personnes prennent leur voiture pour aller travailler.
Le deuxième mode de déplacement est la marche à pied, juste devant les transports en commun (7,5%). La part de ces derniers, qui  varie entre 4 et 8% dans la plupart des régions, excède 10% en Alsace, Provence-Côte d’azur et Rhône-Alpes. 
Les années 2000 ont été marquées par l’éloignement du lieu de travail : le recensement de 2009 montre que la part de ceux qui doivent quitter leur agglomération (zone urbaine) ou leur canton (zone rurale) voire leur région de résidence pour travailler a augmenté de 9% depuis 1999.

Ces chiffres appellent un commentaire particulier, dès lors que les employeurs financent majoritairement les réseaux de transports en commun, donc les déplacements professionnels (versement transport(*), prise en charge d’une partie du titre de transports des salariés). Aujourd’hui, les employeurs de l’Île-de- France financent  50% des transports en commun de la région(**), davantage que ce que représente le taux d’utilisation de ces transports pour motif professionnel (44%).
 Hors Ile-de-France, le  rapport est de 1 à 6,5 entre le taux d’utilisation des transports en communs pour motif professionnel (7.5%) et la part des employeurs dans le financement des transports en commun (3,1 milliards d’euros, soit 48% au titre du seul versement transport). Ce décalage justifie de repenser le mode de financement  des transports en commun.
 
* Prélèvements sur la masse salariale crée en 1971 en Ile-de-France pour faciliter les trajets domicile-lieu de travail
** 3,2 milliards au titre du versement transport et 750 millions pour le financement des titres de transport (2011)


L’indice synthétique IFO du climat des affaires en Allemagne s’est redressé en janvier 2013 pour le troisième mois consécutif. Il dépasse nettement sa moyenne des années 2000-2011.

L’indice reflétant la  situation courante a légèrement remonté, après un repli en décembre. Celui reflétant les perspectives à 6 mois s’est redressé pour le troisième mois consécutif. Ce sont, les perspectives à l’exportation qui se redressent, en ligne avec l’amélioration de  l’appréciation des industriels sur les commandes étrangères.  

L’amélioration du climat des affaires est imputable à l’ensemble des secteurs, hormis les commerces. Dans l’industrie manufacturière et dans le secteur de la construction, l’optimisme est nettement plus marqué pour l’évolution à six mois que pour la situation courante. Dans les services, la situation courante se détériore
légèrement, mais les perspectives s’améliorent. Les perspectives stagnent dans les commerces de détail et se dégradent dans les commerces de gros.

Cette amélioration du climat des affaires en Allemagne est confirmée par l’enquête PMI auprès des directeurs d’achat en janvier 2013, où l’indice composite est au plus haut depuis janvier 2012.


La reprise  de la construction de logements  aux Etats-Unis a continué de s’accélérer en fin d’année 2012.  Les mises en chantier poursuivent leur remontée : +12,4% en décembre 2012, après le repli de -4,3% en novembre. Elles ont progressé de +36,9% sur un an. Simultanément, les permis de construire ont progressé de +11% sur un mois, et de 28,8% sur un an.

Entre le troisième et le quatrième trimestre, les mises en chantier ont augmenté  de +16,1% (+32,4% sur un an). Les permis de construire ont également augmenté, mais moins fortement (+6,8% sur un trimestre, +28,6% sur un an).

Ainsi, les mises en chantier des trois derniers mois 2012 ont atteint le nombre moyen  de 898 000 en rythme annualisé. Ce chiffre reste encore inférieur de -33% à la moyenne 2000-2012, et de – 50% à la moyenne des années 2000-2006, avant le retournement brutal du marché au  début 2007. 

Cette reprise va se poursuivre : les stocks d’invendus dans l’ancien sont retombés à leur niveau bas de 2000 ; les prix continuent de se redresser ;  l’opinion des constructeurs dans le résidentiel est au plus haut depuis le printemps  2006. Le secteur de la construction va rester porteur de la conjoncture américaine au cours des prochains trimestres.



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