MEDEF Actu-Eco de la semaine du 28 janvier au 1er février 2013

FRANCE
1.Demandes d’emploi en décembre 2012 : +500 000 chômeurs en trois ans
2.Dépenses de consommation des ménages en biens en 2012 : -0,2%, après une stagnation en 2011
3.Moral des ménages en janvier 2013 : indicateur toujours à un niveau bas
4.Eclairage sur les créations d’entreprise en 2012 : recul hors auto-entreprises, montée en puissance des SAS, davantage de femmes créatrices

INTERNATIONAL
5.Croissance du PIB aux Etats-Unis  au 4ème trimestre 2012 : une interruption qui ne remet pas en cause une trajectoire autour de +2% l’an
6.Investissements des entreprises aux Etats-Unis au 4ème trimestre 2012 : un rebond encourageant
7.Perspectives économiques mondiales du FMI pour 2013 : la zone euro de nouveau en récession
8.Tendances récentes des marchés

BRÈVE
Recul de -15% des immatriculations de voitures particulières entre janvier 2012 et janvier 2013, selon le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (-12,9% pour les groupes français, -17,4% pour les groupes étrangers).


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a quasiment stagné entre novembre et décembre 2012 (+300 personnes). Il s’est ainsi établi à 3 132 900 personnes, plus haut niveau depuis janvier 1998.
En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégorie B et C), le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +0,2% (+10 200 personnes), pour atteindre 4 627 600 personnes.

Entre décembre 2011 et décembre 2012, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A a progressé de +284 600 personnes, en nette accélération par rapport aux augmentations enregistrées en 2010 et 2011. La hausse a été de près de 500 000 personnes en trois ans.

Cette hausse de +10% sur un an recouvre :

  • par sexe : +11,7% pour les hommes (1 631 000 personnes), +8,2% pour les femmes (1 501 900 personnes) ;
  • par tranche d’âge : +9,4% pour les moins de 25 ans (493 800 personnes), +7,8% pour les 25-49 ans (1 940 900 personnes), +16,9% pour les 50 ans et plus (698 200 personnes).

En considérant les catégories A, B et C, la progression a été de +374 200 personnes, soit +8,8%.

Le nombre de chômeurs de longue durée (plus d’un an) pour ces trois catégories n’a cessé de croître (+12,5%, soit +202 400 personnes entre fin 2011 et fin 2012). Il a atteint 1 816 300 personnes, un niveau historiquement élevé.


Les dépenses de consommation des ménages en biens (représentant 50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont stagné en décembre 2012, après une augmentation de +0,2% en novembre. Cette stagnation résulte d’une hausse de +4,6% des achats liés à l’automobile (anticipation du renforcement du malus sur les voitures les plus polluantes au 1er janvier 2013) et d’un repli de -2,8% des dépenses énergétiques (températures douces en fin d’année).

Au 4ème trimestre 2012, les achats des ménages ont légèrement reculé par rapport au trimestre précédent (-0,1% après +0,2% au 3ème trimestre). Ils se situent à leur niveau du 4ème trimestre 2007. Cette contraction recouvre :

  • une baisse des achats de produits alimentaires (-1%) et des dépenses en textile-cuir (-0,9%) ;
  • une augmentation des dépenses en produits énergétiques (+0,1%), des achats liés à l’automobile (+0,9%) et des dépenses liées à l’équipement du logement (+1,6%).

Au total, sur l’ensemble de l’année 2012, les dépenses des ménages se sont repliées de -0,2% en moyenne annuelle, après une stagnation en 2011. Ce recul se retrouve dans les dépenses en produits alimentaires (-0,5%), et de façon plus marquée dans les achats liés à l’automobile (-4,4%) et ceux en textile-cuir (-3,3%). En revanche, les dépenses énergétiques ont progressé de +2,5% et celles liées à l’équipement du logement de +1,8%.


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est légèrement effrité en janvier 2013, à un niveau très inférieur à sa moyenne des années 2000-2011.

Les ménages restent pessimistes sur le niveau de vie général en France. Le solde d’opinion relatif au niveau de vie futur s’est réduit, à un niveau très proche des plus bas atteints ces dernières années.
En revanche, ils sont un peu moins nombreux qu’en décembre 2012 à anticiper une hausse du chômage. Toutefois, le solde d’opinion reste très élevé.


Une publication récente de l’INSEE* confirme qu’en 2012, 550 000 entreprises ont été créées en France, autant qu’en 2011 (549 800). Cette  stabilité recouvre :

  • une augmentation de +5% des demandes d’immatriculation d’auto-entreprises (56% du total des créations, 79% des seules créations d’entreprises  individuelles) ;
  • une baisse de -6% des créations hors auto-entreprises (-9% pour les entreprises individuelles, et -4% pour les sociétés).

* INSEE Première n°1433 (Janvier 2013) « En 2012, plus d’immatriculations d’auto-entreprises, moins de créations de sociétés »

Les créations ont été  stables ou en hausse dans la plupart des secteurs, à l’exception des activités immobilières (-11%), financières et d’assurance (-7%). Les créations augmentent le plus fortement dans l’information et la communication (+7%) et dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (+6%). Hors auto-entrepreneurs, les créations sont en baisse dans tous les secteurs, hormis celui « Enseignement, santé humaine et action sociale » (+3%). La diminution est la moins marquée dans les secteurs « Information et communication » (-3%) et « Autres services aux ménages » (-4%) alors que le recul est fort dans l’industrie (-14%), les activités immobilières (-11%) et les activités financières et d’assurance (-10%).

95 % des entreprises créées n’ont aucun salarié, et 88% hors auto-entrepreneurs.  Pour les 12% d’entreprises nouvelles employant des  salariés, le nombre moyen de l’effectif est de 2,9 salariés, dans une fourchette de 1,8 salarié  (activités immobilières) à 4 salariés (industrie).

Parmi les nouvelles sociétés (29% des entreprises créées en 2012), le statut de SAS (sociétés anonymes simplifiées) gagne du terrain : leur part atteint 19% (4% en 2008), alors que celle des SARL, toujours majoritaires, décroît (76%, contre 91% en 2008).
 

Il y a de plus en plus de femmes créatrices d’entreprises : 38% des entreprises individuelles ont été créées par des femmes (34% en 2002). Elles sont majoritaires parmi les créateurs dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (60%) et dans les autres « services aux ménages » (57%). L’industrie est le secteur qui s’est le plus féminisé ces dix dernières années : les femmes y représentent 45% des créations en 2012 contre 28% en 2002. La tendance a été accélérée par l’entrée en vigueur du régime de l’auto-entrepreneur (47% des créateurs qui ont opté pour ce régime dans l’industrie sont des femmes). En revanche, les créateurs hommes sont très présents dans l’information et la communication (83%) et davantage encore dans la construction (97%).

L’âge moyen du créateur d’entreprise est de 38 ans, les auto-entrepreneurs  étant un peu plus représentés que les autres créateurs dans les tranches d’âge extrêmes (moins de 30 ans, 60 ans et plus).


Selon une première estimation, la croissance du PIB aux Etats-Unis a marqué le pas au 4ème trimestre 2012 (-0,1% l’an), pour la première fois depuis le 2ème trimestre 2009.

Ce trou d’air de la fin de l’année 2012 est le résultat de deux facteurs exceptionnels :

  • la contribution négative des stocks ;
  • la nette réduction des dépenses de l’Etat fédéral dans le domaine militaire (-22,2% l’an, après +12,9% au 3ème trimestre) ;

Il résulte également d’une contraction des exportations (-5,7% l’an, après +1,9%), recouvrant -7,9% pour les biens et -0,1% pour les services.

Ces facteurs récessifs ont été quasiment compensés par la vigueur de trois moteurs de la croissance :

  • la bonne tenue de la consommation des ménages (+2,2% l’an, après +1,6%) ;
  • le dynamisme confirmé des investissements dans le logement (+15,3% l’an, après +13,5%) ;
  • le rebond de l’investissement des entreprises (+8,4% l’an, après -1,8%).

Au total, sur l’ensemble de l’année 2012, le PIB américain se serait accru de +2,2%, après +1,8% en 2011.

En définitive, cette panne de croissance de la fin 2012 ne saurait remettre en cause la trajectoire de croissance autour de +2% l’an, au vu de l’orientation positive de plusieurs indicateurs déterminants (enquête auprès des chefs d’entreprise, marché du logement, commandes reçues par les entreprises, etc.), sous réserve d’une politique graduelle de redressement des finances publiques.


Les commandes totales en biens d’investissement manufacturés aux Etats-Unis se sont nettement redressées en décembre 2012 : +14,4%, après un recul de -1,8% en novembre.
Hors matériel militaire et aéronautique, les commandes nouvelles se sont légèrement accrues (+0,2%, après +3% en octobre et en novembre).

Au 4ème trimestre 2012, les commandes (hors matériel militaire et aéronautique) ont bondi de +4,9%, après un repli de -6,6% au 3ème trimestre.

Elles restent néanmoins inférieures de -3,4% à leur niveau de fin 2011 – début 2012.

Ce redémarrage des investissements laisse augurer une orientation favorable des investissements des entreprises au cours des prochains trimestres. Leur situation financière le permet et, surtout, les besoins sont encore importants compte tenu de la faiblesse des investissements au cours des dernières années.


Le FMI vient de publier une actualisation de ses « Perspectives économiques mondiales » pour 2013 et 2014.

Ces prévisions appellent quatre observations sur 2013 :

  • légère révision à la baisse de la croissance mondiale : +3,5% (+3,6% dans la prévision d’octobre 2012), après +3,2% en 2012. Une nouvelle accélération est prévue pour 2014 (+4,1%) ;
  • croissance un peu plus anémique que prévu dans les pays avancés (+1,4%, contre +1,6% dans la prévision d’octobre 2012). Au Japon, la prévision reste inchangée (+1,2%). Elle est légèrement révisée à la baisse aux Etats-Unis (+2%) et au Royaume-Uni (+1%). En revanche, elle est fortement révisée à la baisse pour la zone euro, puisqu’elle retient une récession de -0,2% (+0,1% dans la prévision d’octobre).
  • dans la zone euro, croissance nettement revue à la baisse en Allemagne et en Italie (-0,3 point). La révision est moins marquée en France et en Espagne. Au total, l’Italie et l’Espagne resteront en récession en 2013, la croissance resterait faible en Allemagne et, plus encore, en France*.
  • accélération progressive de la croissance dans les pays émergents : +5,5% en 2013 (-0,1 point), puis +5,9% en 2014, après +5,1% en 2012. A noter : la forte révision à la baisse de la croissance brésilienne en 2013 (-0,4 point à +3,5%), après +1% en 2012.

Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics pour réduire les risques d’une grave crise dans la zone euro et aux Etats-Unis, le FMI alerte sur deux « risques considérables de dégradation », susceptibles de remettre en cause ces prévisions :

  • un « nouveau recul dans la zone euro » ;
  • un « rééquilibrage budgétaire à court terme excessif aux Etats-Unis ».

C’est pourquoi le FMI souligne qu’ « il est urgent pour les pouvoirs publics de faire face à ces risques ».

* Selon le dernier Consensus Forecasts (14 janvier 2013), la croissance du PIB en France serait de +0,1% en 2013, comme en 2012, et de +0,8% en 2014.



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