MEDEF Actu-Eco de la semaine du 4 au 8 février 2013

FRANCE
1.Balance commerciale en 2012 : réduction du déficit de -74 milliards d’euros en 2011 à -67 milliards d’euros, grâce à une amélioration du solde industriel
2.Crédits nouveaux au secteur privé en 2012 : repli de -12% (-23% pour les ménages, -4% pour les entreprises)
3.Investissements dans l’industrie en 2013 : maintien annoncé des budgets, après une progression de +2% en 2012
4.Immatriculations de voitures neuves en janvier 2013 : -12,8% sur un mois, -8,5% en moyenne mobile sur trois mois

INTERNATIONAL
5.Climat des affaires aux Etats-Unis en janvier 2013 : net rebond de l’activité manufacturière
6.Marché du travail aux Etats-Unis en janvier 2013 : ralentissement des créations d’emploi et hausse du chômage
7.Tendances récentes des marchés

BRÈVE

Selon une première estimation, la Banque de France prévoit une croissance du PIB de +0,1% pour le 1er trimestre 2013. Dans sa prévision de décembre dernier, elle annonçait une baisse de -0,1% du PIB au 4ème trimestre 2012.


Les chiffres du commerce extérieur pour l’ensemble de l’année 2012 mettent en évidence un nouveau ralentissement des échanges entre 2011 et 2012. Les exportations ont marqué le pas (+3,2%, après +8,4% en 2011), tirées vers le bas par les contre-performances de l’industrie automobile et des produits agricoles. A noter toutefois le niveau record des livraisons aéronautiques et spatiales. De leur côté, les importations ont nettement ralenti (+1,3%, après +12,3%), en raison du recul des achats automobiles, de produits métallurgiques et de machines et équipements.
La progression plus importante des exportations que des importations a permis une réduction de 6,9 milliards d’euros du déficit commercial FAB-FAB, de -74 milliards d’euros en 2011 (-69,6 milliards d’euros dans l’estimation de février 2012) à -67,2 milliards d’euros en 2012. Les chiffres confirment trois points forts : l’aéronautique, la pharmacie, l’agroalimentaire.

En considérant les échanges FAB-CAF (données permettant une analyse sectorielle et géographique), il en ressort :

Sur le plan sectoriel :

  • une réduction de près moitié du déficit hors énergie, recouvrant :
    • un allègement d’un tiers du déficit des échanges manufacturiers (progression de +3,8% des exportations, contraction de -0,1% des importations). Cette amélioration tient notamment à une réduction du déficit dans le secteur des équipements  et à une hausse de l’excédent dans celui des matériels de transport ;
    • une stabilité de l’excédent agroalimentaire à +11,5 milliards d’euros ;
  • un alourdissement de la facture énergétique de 6,6 milliards d’euros (hausse de +7,5% des importations), non imputable à la hausse du prix du pétrole (111$ le baril de Brent en 2011, 111,7$ en 2012).

 

Sur le plan géographique :

  • un ralentissement de nos échanges avec les pays de l’Europe, au sens large :
    • contraction des exportations vers la zone euro (-0,2%, après+6,9%), freinage des importations (+1,6%, après +8,5%), d’où un creusement du déficit des échanges avec nos partenaires de la zone euro de -4,2 milliards d’euros (50% du déficit total) ;
    • ralentissement des exportations vers l’Europe hors UE (+9,2%, après +14,4%) et contraction des importations (-8,7%, après +22,1%), d’où une réduction de près de moitié du déficit avec les pays d’Europe hors UE (10,5% du déficit total).
  • une réduction du déficit des échanges avec l’Asie (30% du déficit total), grâce au dynamisme des exportations (+13,1%, après +14,2%), alors que les importations ont nettement ralenti (+2%, après +11,1%) et du déficit de nos échanges avec l’Amérique* (5,5% du total), résultat d’une accélération des exportations (+12,5%, après +5,3%) et d’un léger ralentissement des importations (+9,7%, après +11,9%).
  • un excédent avec l’Afrique devenu déficit, en raison d’une stagnation des exportations, après +6% en 2011, d’un ralentissement (+7,4%, après +13,2% en 2011 et +18,1% en 2010) ;
  • un tassement de l’excédent de nos échanges avec le Proche et Moyen-Orient (baisse de près de -6% des exportations comme des importations).

* – Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du sud

Répartition des exportations en 2012


Les crédits nouveaux au secteur privé se sont réduits de -12,2% en 2012 (flux mensuels cumulés sur un an), après avoir quasiment stagné en 2011 (-0,5%). Ceci représente une baisse de -54 milliards d’euros. Ce repli concerne de façon nettement plus marquée les crédits aux ménages que les crédits aux entreprises.

Les crédits aux ménages ont en effet poursuivi leur chute : -23,1% en 2012, après -7,3% en 2011. Ce repli s’explique en totalité par les crédits à l’habitat, en baisse de -31,6%. En revanche, les crédits à la consommation ont progressé de +1,2%.
Dans l’ensemble, les crédits nouveaux aux ménages sont inférieurs de 26,6% à leur niveau de 2007, avant la crise, soit -53,8 milliards d’euros. Elle s’explique à hauteur de 89% par les crédits à l’habitat, et de 11% par les crédits à la consommation.

Les crédits aux sociétés non financières ont également reculé en 2012, mais de façon plus modérée (-3,7%, après +5,5%). Cette évolution se retrouve dans les crédits jusqu’à un an (-1,5%), et, de façon plus marquée, dans les crédits à plus d’un an, c’est-à-dire pour une bonne part ceux relatifs aux investissements (-8,6%).
Globalement, les crédits nouveaux aux sociétés non financières étaient ainsi inférieurs de -20,3% par rapport à ce qu’ils étaient en 2007 (soit -60,9 milliards d’euros). Cette baisse de l’endettement, alors que la situation financière des entreprises reste dégradée, a contribué à la contraction des investissements en 2012.


L’INSEE vient de publier l’enquête de janvier 2013 sur les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (1/4 de l’investissement productif en France). Les industriels interrogés annoncent :

  • une progression de +2% de leurs projets d’investissement pour l’année 2012, en légère révision à la hausse par rapport à l’enquête d’octobre (+1%) ;
  • un maintien de leurs budgets pour 2013, après avoir anticipé une contraction de -2% dans l’enquête d’octobre.

Au total, cette enquête montre que les industriels auraient révisé à la hausse de +3 points leurs budgets d’investissement pour les deux années.
Cette orientation favorable est assez inattendue au regard des indicateurs de conjoncture (commandes et perspectives d’activité) et des informations disponibles sur la situation financière des entreprises (dégradation des perspectives de résultats et de trésorerie dans l’industrie fin 2012, contraction des crédits nouveaux aux entreprises en 2012).

Sectoriellement, ce relèvement des budgets pour 2013 est imputable aux industries agroalimentaires (+6%, contre -3% dans l’enquête d’octobre, après +5% en 2012) et au secteur de l‘équipement (+9%, contre +3% dans l’enquête d’octobre, après -9% en 2012).
En revanche, dans le secteur des matériels de transport, les projets ont été nettement révisés à la baisse, notamment dans l’industrie automobile (-21%, contre -6% dans l’enquête d’octobre, après, il est vrai, +20% en 2012).

La prévision de janvier pour 2013 est toutefois à prendre avec prudence : on observe, au vu des enquêtes précédentes, une correction quasi systématique à la baisse entre l’enquête de janvier de l’année en cours et la réalisation effective (connue que dans l’enquête de juillet de l’année n+1). C’est dire que le maintien annoncé des budgets d’investissement en 2013 est loin d’être acquis…
Même si les prévisions pour 2012 et 2013 étaient confirmées, les budgets d’investissement resteraient inférieurs de 8% à leur niveau de 2007.


Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves se sont contractées de -12,8% en janvier 2013, après +8,8% en décembre 2012. Ce net repli provient exclusivement des voitures de marques étrangères (-24,3%), celles de marques françaises ayant progressé de +3,8%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les immatriculations poursuivent leur repli entamé au cours de l’été 2012 : elles ont baissé de -8,5% par rapport aux trois mois précédents (-15,5% sur un an).

Cette diminution a été nettement plus importante pour les voitures de marques françaises (-15,3%) que pour celles de marques étrangères (-2,1%).

A noter : toujours en moyenne mobile sur trois mois, les immatriculations de voitures de marques françaises ont chuté de plus de 40% entre le début 2011 et le début 2013. Elles représentent désormais 45% des immatriculations totales, contre 55,5% deux ans plus tôt. Elles sont retombées à leur plus bas niveau depuis 1962.

Avec 1,7 million en rythme annualisé, les immatriculations totales s’inscrivent en recul de -18,9% par rapport à la moyenne des années 2000-2011, soit quelque 400 000 unités de moins.

A titre de comparaison, cette réduction du nombre d’immatriculations de voitures neuves de -8,5%, a été nettement plus forte que celle enregistrée en Espagne (-4,7%) et plus encore qu’en Allemagne (-2,9%). En revanche, elle a été moins marquée qu’en Italie (-9,5%).


Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis s’est nettement redressé en janvier 2013. Il repasse ainsi au-dessus de sa moyenne des années 2000-2011.
Cette amélioration est généralisée puisque les principales composantes y contribuent : perspectives de production, carnets de commandes, emploi. En revanche, l’indice concernant les commandes à l’exportation s’est légèrement réduit, tout en restant dans la zone d’expansion.

L’indice synthétique ISM concernant les activités non manufacturières a légèrement baissé au début de l’année 2013, mais reste supérieur à la ligne des 50 et à sa moyenne de longue période. Ceci traduit seulement une légère décélération de l’activité. Cette évolution recouvre un repli de l’indice concernant les carnets de commandes et une hausse de l’indice concernant l’emploi.

Le niveau de ces indices (activités manufacturière et non manufacturière), largement supérieur à la ligne des 50, confirme que la contraction du PIB au 4ème trimestre 2012 n’était que temporaire et indique que la croissance de l’économie américaine est sur une tendance de l’ordre de +2% l’an.

Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole de la fin de l’année 2012 aux Etats-Unis ont été nettement révisées à la hausse, et ceci en dépit d’une légère contraction du PIB au 4ème trimestre (-0,1% en rythme annualisé) : +247 000 postes en novembre, contre +161 000 dans l’estimation précédente, +196 000 en décembre, contre +155 000.
Au mois de janvier 2013, les créations ont quelque peu ralenti (+157 000).
Le secteur privé a créé +166 000 emplois (+202 000 en décembre 2012). En revanche, 9 000 postes ont été détruits dans le secteur public (-6 000 en décembre), conséquence des politiques de redressement budgétaire.

Après avoir stagné en décembre 2012 à 7,8%, le taux de chômage aux Etats-Unis est remonté à 7,9% de la population active en janvier 2013, ce qui représente 12,3 millions de chômeurs (+126 000 personnes).
Les créations d’emploi aux Etats-Unis ne suffisent pas pour permettre une réduction significative du taux de chômage, qui se maintient autour de 7,8-7,9% depuis septembre 2012.



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