MEDEF Actu-Eco de la semaine du 18 au 22 février 2013

FRANCE
1.Climat des affaires en février 2013 : lourdeur persistante
2.Financement des grandes entreprises en février 2013 : amélioration des indicateurs mais situation toujours contraignante
3.Prix à la consommation en janvier 2013 : poursuite du ralentissement (+1,2% sur un an)
4.Salaires de base au 4ème trimestre 2012 : +0,2% sur un trimestre (+0,8% l’an), +2% sur un an
5.Prévisions de la Commission européenne pour 2013 et 2014 – France : croissance en berne pour la deuxième année consécutive en 2013

ZONE EURO
6.Prévisions de la Commission européenne pour 2013 et 2014 – vue d’ensemble : récession dans la zone euro en 2013 pour la deuxième année consécutive

INTERNATIONAL
7.Marché du logement aux Etats-Unis en janvier 2013 : -8,5% sur un mois, +8,9% en moyenne mobile sur trois mois

ANNEXES STATISTIQUES
8.Finances publiques dans la zone euro en 2013 et 2014 (prévisions de la Commission européenne)

9.Tendances récentes des marchés

 


Selon les dernières enquêtes de l’INSEE, le climat des affaires en France reste défavorable en février 2013 : l’indicateur synthétique stagne à son niveau de décembre 2012 et janvier 2013, quasiment au plus bas depuis l’automne 2009.

Cette stagnation de l’indice du climat des affaires recouvre :

  • un redressement de l’indice dans le commerce de détail (moindre pessimisme concernant les prévisions -ventes, intentions de commandes, perspectives générales-, mauvaise orientation des anticipations de recrutement) et, plus encore, dans l’industrie (amélioration des perspectives personnelles, stabilisation des carnets de commandes globaux, grâce au redressement des carnets étrangers);
  • un fléchissement dans le bâtiment (pessimisme persistant des anticipations d’activité et d’emploi, carnets de commandes largement inférieurs à la normale), encore plus marqué dans les services (pessimisme concernant l’activité, l’emploi hors intérim).


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 11 février 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points sont à souligner :

  • La situation de trésorerie d’exploitation reste dégradée, mais la tendance récente s’améliore ;
  • Le solde d’opinion sur les marges de crédits bancaires poursuit son repli, signe que les trésoriers sont de moins en moins nombreux à faire état d’une hausse des marges payées sur leurs crédits bancaires ;
  • La recherche de financement reste difficile, malgré le redressement quasi-continu de l’indicateur depuis un an ;
  • En dépit d’une légère hausse en février, les délais de paiement des clients sont sur une tendance baissière.


L’indice des prix à la consommation, en données brutes, a baissé de -0,5% en janvier 2013, après une hausse de +0,3% en décembre 2012. En données corrigées des variations saisonnières, il a augmenté de +0,1%, comme au mois précédent.

Cette hausse est imputable aux prix des services. En revanche, les prix se sont repliés pour l’ensemble des autres produits (énergie, alimentation, produits manufacturés).

Sur un an, l’indice des prix a poursuivi son ralentissement : +1,2%, rythme le plus lent depuis janvier 2010. Hors tabac, la hausse a été de +1,1%, après +1,2% en décembre 2012.

Entre octobre 2012 et janvier 2013, les prix se sont accrus de +0,3% l’an, après +2,2% l’an entre juillet et octobre 2012. Cette moindre progression recouvre :

  • une contraction des prix des produits alimentaires (-0,9% l’an -dont -7,2% pour les seuls produits frais-, après +4,3% l’an sur les trois mois précédents), des produits manufacturés (-1,7% l’an, après +1,2% l’an) et, plus encore, des prix dans l’énergie (-5,7% l’an, après +17,8% l’an) ;
  • une progression des prix dans les services (+1,4% l’an, après -1% l’an).

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est redressée : +1,1% l’an sur trois mois, après -0,2% l’an entre juillet et octobre. Sur un an, elle reste modérée (+0,8%).


Selon les résultats provisoires de la Dares, les salaires, dans les entreprises de 10 salariés ou plus de l’ensemble de l’économie hors agriculture et emplois publics, ont progressé de +0,2% en valeur au 4ème trimestre 2012, soit +0,8% l’an, qu’il s’agisse du salaire mensuel de base (SMB) ou du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE)*.
Cette hausse est identique à celle de l’indice des prix à la consommation (pour l’ensemble des ménages et hors tabac) au cours du 4ème trimestre 2012. D’où une stagnation du pouvoir d’achat salarial à la fin de l’année 2012.

*L’enquête trimestrielle Acemo permet désormais de calculer le salaire horaire de base pour les ouvriers et les employés (SHBOE), et non plus seulement pour les ouvriers (SHBO).

Entre le 4ème trimestre 2011 et le 4ème trimestre 2012, l’indice du salaire mensuel de base a progressé de +2% en valeur, celui du SHBOE de +2,1%. Cette évolution sur un an, rapprochée de l’évolution trimestrielle, atteste d’un ralentissement salarial en fin d’année. Toutefois, la modération de la hausse des prix (hors tabac, pour l’ensemble des ménages) a permis des gains de pouvoir d’achat en termes de salaires de base de l’ordre de +1% (+0,9% pour le SHBOE, +0,8% pour le SMB).


1- La Commission européenne vient de réviser sensiblement en baisse ses prévisions de croissance pour la France en 2013 : +0,1% au lieu de +0,4% dans sa précédente projection de l’automne 2012. 

La quasi-stagnation de 2013 résulterait de  l’effet combiné de plusieurs facteurs :

  • une panne d’investissement des entreprises (perspectives dégradées, détérioration durable des profits)
  • une consommation encore résistante, soutenue par une baisse de l’épargne, en dépit d’une baisse attendue des revenus réels (montée du chômage) ;
  • des exportations moins dynamique que la demande mondiale, « la détérioration persistante de la compétitivité externe ne devant probablement pas se retourner à court terme ». Reste que la décélération attendue des importations devrait permettre une contribution positive des échanges nets  à la croissance.

Pour 2014, la Commission anticipe une reprise de la croissance  (+1,2%), permise par un « timide rebond de l’exportation » au second semestre 2013, qui lui-même  favoriserait  un « modeste redressement de la confiance des agents économiques », sur fond de « stabilisation du marché du travail ». Ce qui devrait entraîner un rebond des dépenses des ménages, et un « rattrapage » des investissements des entreprises.  En revanche, du fait d’une réaccélération des importations, la contribution nette des échanges extérieurs deviendrait légèrement négative en 2014.

Reste que, selon la Commission,  les aléas  pesant sur ses prévisions 2013-2014 sont doubles : en positif, une reprise plus rapide grâce à un regain de confiance dans la zone euro ; en négatif, un rebond différé  de la demande interne et externe, ainsi qu’une influence plus importante que prévu des pertes de compétitivité sur la croissance.

De fait, la prévision de la Commission pour 2014 (+1,2%) est très en dessus de celle du Consensus de février 2013 (+0,8%).

A supposer même que la prévision de croissance de la Commission se réalise en 2014, le chômage continuerait d’augmenter (taux de chômage de 11%, après 10,7% en 2013 et 10,3% en 2012). 

2-    A la révision en baisse de la croissance, la Commission associe une révision à la hausse du déficit des finances publiques : -3,7% du PIB en 2013 (-3,5% dans la projection de l’automne 2012).

En 2014, elle prévoit une nouvelle « détérioration marginale » du solde, à -3,9% du PIB, à politique inchangée. Cette prévision paraît étonnante dans un contexte de redressement de la croissance. La raison avancée par la Commission serait que le CICE est considéré par elle comme non financé, dès lors que les modalités de son financement n’ont pas été spécifiées. On peut y voir un message pour que la France présente un programme crédible de réduction des dépenses publiques.


Les dernières prévisions de de la Commission européenne, parues le 22 février 2013, confirment la révision à la baisse attendue des perspectives de croissance en Europe.

Quatre observations:

  • La quasi-stagnation de l’Union européenne en 2013 (+0,1%) ne doit pas masquer la nouvelle récession attendue dans la zone euro (-0,3%). Ce recul de l’activité pour la deuxième année consécutive tient à la conjugaison d’évolutions variées, mais  toutes dans le mauvais sens : récession plus grave que celle prévue à l’automne dernier (Italie, Portugal, Grèce), bascule dans la récession (Pays-Bas),  croissance plus lente que prévu (France, Allemagne, Belgique, Finlande…).
  • La stagnation européenne contraste avec une croissance plus allante  aux Etats-Unis (+1,9% contre 2,3% dans la prévision d’automne), mais aussi, à un moindre degré, au Japon  (+1%). 
  • Malgré ces révisions à la baisse, parfois significatives, des croissances en 2013, les prévisions 2014 restent inchangées dans la plupart des cas. Pour l’Union européenne, elles retiennent +1,6%, dont +1,4% pour la zone euro  (+2% en Allemagne, +1,2% en France notamment).
  • Ces anticipations de croissance pour 2014  laissent supposer un rebond important au cours de 2013. De fait, la Commission table sur la demande extérieure pour redémarrer progressivement l’activité européenne au cours de 2013. Par ailleurs, elle s’attend à un redémarrage des investissements et de la consommation  « tard dans l’année », de sorte que la demande intérieure devrait être « le principal moteur du renforcement de la croissance »  en 2014.
    Cet optimisme n’est pas partagé par le Consensus (février 2013) : +1,2% pour l’Union européenne,  +1% pour la zone euro, mais aussi +1,7% pour l’Allemagne et +0,8% pour la France. 

Le redressement du marché de la construction résidentielle aux Etats-Unis a marqué une légère pause en janvier 2013. Les mises en chantier de logements se sont en effet repliées : -8,5%, après +15,7% en décembre 2012. Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +23,6%. En revanche, les permis de construire ont poursuivi leur progression (+1,8% en janvier, après +1% en décembre 2012, +35,2% sur un an).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les mises en chantier ont augmenté de +8,9% par rapport aux trois mois précédents (+27,2% sur un an). Simultanément, les permis de construire ont progressé de +6,8% sur la même période (+30,6% sur un an).

Les mises en chantier sont ainsi ressorties au nombre de 901 333 en rythme annualisé. Ce chiffre est inférieur d’un tiers à son niveau moyen des années 2000-2012 et de quelque -50% à celui des années 2000-2006 (avant le début de la crise immobilière).

Ce redressement devrait se poursuivre au vu de la bonne orientation des autres indicateurs : les stocks de logement à vendre restent bas, les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse et l’opinion des constructeurs dans le résidentiel est à son plus haut niveau depuis avril 2006.
Il faut par ailleurs rappeler que le potentiel de constructions nouvelles est encore important (besoin estimé à 1,5 millions de logements par an), compte tenu de la démographie et des nécessités de renouvellement du parc, notamment.

 


ANNEXES STATISTIQUES

 



Télécharger le pdf

Les derniers articles