MEDEF Actu-Eco de la semaine du 25 février au 1er mars 2013

FRANCE
1.Demandes d’emploi en janvier 2013 : +43 900 sur un mois, +306 500 sur un an (+10,7%)
2.Dépenses de consommation des ménages en janvier 2013 : recul de -0,8% imputable aux achats liés à l’automobile
3.Moral des ménages en février 2013 : stabilité de l’indice global, dégradation concernant les perspectives de chômage et les opportunités d’achats
4.Prix des appartements anciens au 4ème trimestre 2012 : stagnation au niveau national, repli de -1% à Paris et légère augmentation en province
5.Délais de paiement en 2011 : poursuite de la baisse pour les PME et les ETI

ZONE EURO
6.Climat des affaires en Allemagne en février 2013 : l’indice confirme, en l’accentuant, le redressement amorcé en novembre 2012

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a poursuivi sa hausse en janvier 2013 : +43 900 chômeurs (+1,4%). La modification des règles de radiations administratives expliquerait près de la moitié de cette hausse (+21 100 chômeurs).
En hausse pour le 21ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi s’est ainsi élevé à 3 169 300, son plus haut niveau depuis juillet 1997.
Le nombre atteint 4 680 200 en y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C).

Entre janvier 2012 et janvier 2013, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +10,7%, soit +306 500 personnes, plus forte hausse depuis février 2010.

Par sexe, cette hausse a été plus importante chez les hommes (+12,4% sur un an, soit +183 600 personnes) que chez les femmes (+8,9%, soit +122 900).

Par tranche d’âge, c’est le nombre des demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus qui a le plus fortement augmenté  (+16,8%, soit +97 100), rythme près de deux fois supérieur à celui des autres tranches : +9,6% pour les moins de 25 ans (+47 000), +9,1% pour les 25-49 ans (+162 400).


Les dépenses de consommation des ménages en biens (50% de la totalité de la consommation en biens et services) se sont repliées en janvier 2013 (-0,8% en volume), après une hausse de +0,2% en décembre 2012. Cette baisse résulte essentiellement de la chute des achats liés à l’automobile (-11,7%). C’est, en partie, le  contrecoup de la progression de +5,6%  en décembre, « du fait d’achats anticipés de voitures relativement polluantes en prévision du renforcement du malus au 1er janvier 2013 ».

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les achats des ménages ont stagné par rapport aux trois mois précédents, comme sur un an.

Cette stagnation fin 2012-début 2013 recouvre :

  • une contraction des dépenses alimentaires (-0,7%) et, plus encore, des achats liés à l’automobile (-1,9%) ;
  • une progression des dépenses en produits énergétiques (+0,5%), en textile-cuir (+0,3%) et en équipement du logement (+4%).

Il reste que la tendance est négative depuis le début de l’été (-0,6% l’an entre juillet 2012 et janvier 2013, toujours en moyenne mobile sur trois mois).

* Cette évolution est d’autant plus préoccupante que rien ne laisse attendre un quelconque redressement au cours des prochains mois compte tenu de la dégradation du marché du travail et des anticipations des ménages qui n’envisagent aucune réactivation de leurs achats.


L’indicateur synthétique de confiance des ménages est resté stable en février 2012, au niveau des deux mois précédents. Il reste très inférieur à sa moyenne de longue période.

Dans le détail, le moral des ménages est resté quasiment inchangé concernant leur niveau de vie futur et leur situation financière future.
En revanche, ils ont été plus nombreux qu’en janvier dernier à anticiper une hausse du chômage : le solde correspondant est au niveau de celui de l’été 2009, très au-dessus de sa moyenne de longue période.
Autre élément préoccupant, le solde d’opinion correspondant à l’opportunité de faires des « achats importants » continue de baisser, revenant à son niveau de février 2009, et ceci malgré des anticipations d’inflation en baisse.


Selon l’indice Notaires – INSEE, les prix des appartements anciens ont stagné au 4ème trimestre 2012 (données provisoires) pour l’ensemble de la France métropolitaine, après trois trimestres consécutifs de repli.
Ce coup d’arrêt au mouvement de baisse recouvre un net repli des prix à Paris (-1%) et une modeste hausse des prix en province (+0,1%).

Entre fin 2011 et fin 2012, les prix des appartements anciens ont, une nouvelle fois, baissé (-1%), repli qui concerne à la fois Paris (-1%) et la province (-1,7%).

En moyenne annuelle, la progression des prix en 2012 a nettement ralenti par rapport à 2011 (+0,7%, après +8,6%), pour l’ensemble de la France.
A Paris, après avoir enregistré une hausse de près de +20% en 2011, les prix des appartements anciens n’ont progressé « que » de +2,3% en 2012.
En province, les prix se sont légèrement contractés (-0,4%), après avoir augmenté d’environ +4% chacune des deux années 2010 et 2011.

Sur plus longue période, malgré ce tassement, les prix des appartements anciens en France restent, en 2012, supérieurs de +12,5% à leur niveau moyen de 2007 (+37,4% à Paris, +2,4% en province).

Les prix des logements dans l’ancien, comme d’ailleurs dans le neuf, ont tellement augmenté ces dernières années dans les grandes villes, notamment en région parisienne, que beaucoup pensaient que s’était formée une bulle immobilière. Le maintien des prix à un niveau élevé, alors que le nombre des transactions a chuté du fait  de la forte baisse de la demande, atteste que la montée des prix était le reflet non d’une bulle spéculative, mais d’une insuffisance structurelle de l’offre de logements dans les zones tendues.


Selon le Rapport 2012 de l’Observatoire des délais de paiement, les délais de paiement clients des entreprises implantées en France ont poursuivi leur baisse en 2011 (-0,9 jour par rapport à 2010), pour s’établir à 44 jours de chiffre d’affaires. Leurs délais fournisseurs se sont réduits un peu plus fortement (-1,4 jour), pour atteindre 53,3 jours d’achats. Après « une baisse restée limitée en 2011 », « la situation devrait s’aggraver en 2012 » au vu des résultats de différentes enquêtes sur le sujet auprès des entreprises.
Sur plus longue période, les délais clients ont baissé de -10,3 jours de chiffre d’affaires entre 2000 et 2011 et les délais fournisseurs de -13,6 jours d’achats. Dans les deux cas, plus de la moitié de la réduction a été enregistrée au cours de la période 2007-2011 (respectivement -6 jours et -7,2 jours), grâce à la loi LME.

Ces chiffres d’ensemble recouvre des disparités selon :

  • les catégories d’entreprise : la baisse des délais clients entre 2010 et 2011 a profité aux PME et, plus encore, aux ETI. La baisse des délais fournisseurs a également concerné ces deux catégories. En revanche, s’agissant des grandes entreprises, les délais clients et fournisseurs sont restés inchangés entre 2010 et 2011. En niveau, les délais clients sont les plus élevés pour les ETI (52,9 jours) et les plus faibles pour les PME (43,7 jours). En revanche, les délais fournisseurs sont les plus courts pour les PME (53,1 jours) et les plus longs pour les grandes entreprises (65,1 jours).
  • les secteurs d’activité : la baisse enregistrée en 2011 concerne globalement tous les secteurs. Les délais restent néanmoins très hétérogènes, de 26 jours de chiffre d’affaires dans le commerce et les activités immobilières à 77 jours dans l’information et la communication, et de  42,1 jours d’achats dans la cokéfaction et le raffinage à 72,8 dans l’information et la communication. Néanmoins, la disparité sectorielle tend à se réduire.

En 2012, près d’un fournisseur sur deux du secteur public déclare « ressentir un allongement des délais de paiement ». Sans doute, les délais de paiement de l’Etat se sont réduits d’un tiers en 2012, « du fait d’une implémentation réussie d’un progiciel de gestion intégrée ». Le délai global de paiement (DGP)* de l’Etat s’est en effet replié à 23 jours après 36 jours en 2011.
En revanche, souligne le rapport, « des difficultés subsistent dans le secteur public local » (collectivités territoriales, établissements publics locaux), dont le délai est passé de 26,2 jours en 2011 à 27,2 jours en 2012. Les délais sont toujours en hausse dans les collectivités territoriales, mais restent inférieurs aux délais réglementaires (30 jours). Les délais s’allongent également dans les établissements publics de santé, pour atteindre 33 jours dans ceux de petite taille** et 40 jours dans ceux de grande taille (délais réglementaires de 50 jours dans les deux cas).
 

*Le DGP mesure le délai séparant la date de réception de la facture par les services de l’Etat de la date de mise en paiement de la dépense par le comptable. Il englobe donc l’ensemble de la chaîne de la dépense publique (hors paye), des délais d’ordonnancement  aux délais d’intervention des comptables.
**Résultats d’exploitation < 70 millions d’euros (> 70 millions d’euros pour les établissements de grande taille)


L’indice IFO du climat des affaires dans le commerce et l’industrie a progressé en février 2013 pour le quatrième mois consécutif. Il a retrouvé son plus haut niveau depuis avril 2012 et a enregistré sa plus forte hausse depuis juillet 2010.

La composante « situation actuelle » a sensiblement progressé retrouvant son niveau de septembre 2012. Les perspectives à 6 mois  s’améliorent encore plus nettement, l’indice remontant pour le 5ème mois consécutif, à son plus haut niveau depuis juillet 2011.

Cette amélioration est perceptible dans l’ensemble des secteurs :

  • industrie manufacturière : amélioration de la situation courante, et optimisme pour les perspectives à six mois. Les anticipations à l’exportation dépassent  leur moyenne de longue période.
  • commerce de gros : amélioration après la détérioration enregistrée en janvier.
  • commerce de détail : climat inchangé (la situation courante s’améliore très légèrement, les perspectives se dégradent).
  • construction : nette amélioration (redressement des perspectives, au plus haut depuis la réunification).
  • services : progression pour le troisième mois consécutif (amélioration des perspectives, malgré la légère détérioration de la situation courante).


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