MEDEF Actu-Eco de la semaine du 11 au 15 mars 2013

FRANCE
1.Prix à la consommation en février 2013 : 6ème mois consécutif de ralentissement (+1,1% sur un an, +0,5% l’an sur trois mois)
2.Créations d’entreprise en février 2013 : -2,7%, imputable aux créations d’auto-entreprise qui représentent près de 52% du total
3.Production industrielle en janvier 2013 : -1,4% sur un mois, -2,1% sur trois mois
4.Emploi salarié au 4ème trimestre 2012 : réduction de 100 000 postes sur un an, annulant quasiment l’augmentation des deux années précédentes

INTERNATIONAL
5.Marché de l’emploi aux Etats-Unis en février 2013 : 236 000 emplois nouveaux, un taux de chômage au plus bas depuis 4 ans
6.Situation sur les places boursières à la mi-mars 2013 : hausse de +5% de l’indice mondiale depuis début janvier
7.Tendances récentes des marchés

 


BRÈVE

La Banque de France confirme sa prévision d’une croissance du PIB de +0,1% au 1er trimestre 2013.


L’indice des prix à la consommation en données brutes a cru de +0,3% en février 2013 (-0,5% en janvier), notamment imputable à la progression saisonnière du prix de certains services, en lien avec les vacances d’hiver. En données corrigées des variations saisonnières, l’indice a stagné, après une hausse de +0,1% pour chacun des deux mois précédents.
Cette stagnation se retrouve dans le prix des produits alimentaires ainsi que dans les prix des services. Les prix des produits énergétiques ont augmenté de +1%, ceux des produits manufacturés ont baissé de -0,1%.
Sur un an, l’indice des prix a poursuivi son ralentissement
, entamé en septembre 2012 : +1,1%, rythme le plus faible depuis janvier 2010.

Entre novembre 2012 et février 2013, les prix se sont accrus de +0,5% l’an, après +0,3% l’an entre août et  novembre.

Cette hausse recouvre :

  • une progression de +1,1% l’an des prix des services (après -1,7% l’an) et de +3,6% l’an des prix énergétiques (-2,5% l’an) ;
  • un repli de -0,6% l’an des prix des produits alimentaires (après +2,8% l’an) et de -2,7% l’an des prix des produits manufacturés (après +2,1%).

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est accrue de +0,4% l’an sur trois mois, après -0,5%. La hausse a été de +0,6% sur un an.


Les créations d’entreprise se sont repliées de -2,7% en février 2013, après un rebond de +25,1% en janvier. Cette baisse recouvre une contraction de -8,2% des créations d’auto-entreprise (données brutes) et une hausse de +4,2% des créations hors auto-entreprises (données CVS). Ainsi, en février 2013, les premières représentaient 51,8% du total et les secondes 48,2%.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), le nombre de créations d’entreprise s’est réduit de -5% sur un an.

Par type d’entreprise, ce repli s’explique exclusivement par celui des créations d’auto-entreprise (-11,4%), alors que les seules créations hors auto-entrepreneurs se sont accrues (+2,9%).

Par type d’activité, le repli se retrouve dans tous les grands secteurs : -11,3% dans l’industrie, -7,2% dans la construction, -5,3% dans les services marchands, -4,5% dans le commerce. Au sein des services marchands, trois catégories ont toutefois vu leur nombre de créations augmenté : les activités financières et d’assurance (+9,5%), les transports et entreposage (+11,1%) et, dans une moindre mesure, l’hébergement et la restauration (+1,9%).


La production dans l’industrie manufacturière s’est nettement contractée en janvier 2013 : -1,4% en volume, baisse faisant plus qu’annuler la progression de décembre 2012 (+1,3%). Cette chute est notamment imputable aux industries agroalimentaires (-3,8%, après la hausse exceptionnelle de décembre due à une forte augmentation de la production de bière en anticipation de l’augmentation de la taxation de ce produit à compter du 1er janvier 2013), et à l’automobile (-13,5%).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), l’activité manufacturière s’est repliée de -2,1% par rapport aux trois mois précédents. Elle était inférieure de -4,6% à son niveau un an plus tôt.

Cette baisse n’a épargné aucun grand secteur : -1,1% dans les industries agroalimentaires, -1,3% dans la fabrication d’équipements, -4,2% dans la fabrication de matériels de transport (-9,1% pour la seule industrie automobile), -6,4% dans la cokéfaction et le raffinage.

Ainsi, la production manufacturière est inférieure de 18,2% à son point haut du début de l’année 2008. A titre indicatif, en Allemagne, la production est inférieure de 5,5% à son point haut de 2008.

Cette mauvaise orientation de la production industrielle devrait se poursuivre dans les prochains mois, au vu des derniers indicateurs de conjoncture (carnets de commandes notamment).


L’INSEE vient de publier une deuxième estimation de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au 4ème trimestre 2012. Par rapport à la première datant de la mi-février, cette nouvelle estimation fait état d’une réduction des effectifs plus importante qu’initialement annoncé au 3ème trimestre (-46 000 postes, contre -41 700) et plus encore au 4ème (-44 700, contre -28 100).

Cette forte contraction des emplois salariés à la fin de l’année 2012 recouvre :

  • une diminution moins importante que prévu des emplois dans l’industrie (-9 400 contre -13 100) et de ceux dans l’intérim (-9 300 contre -13 800). Ces derniers ont moins contribué à la baisse de l’emploi marchand que lors des trimestres précédents ;
  • une réduction des emplois dans la construction plus importante que prévu (-7 000, contre -4 400) ;
  • une perte de 18 900 postes dans le tertiaire marchand hors intérim (-11 900 dans le commerce et -7 000 dans les services), contre une création de +3 100 postes dans la première estimation.

Au total, l’effectif salarié marchand non agricole se sera contracté de près de 100 000 postes en 2012 (-99 500, contre-66 800 dans la première estimation). Cette baisse annule donc quasiment les hausses enregistrées en 2010 et 2011.


Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole aux Etats-Unis se sont nettement accélérées en février 2013 : +236 000 emplois nouveaux, soit deux fois plus qu’au mois précédent (+119 000).

Le secteur privé a créé 246 000 postes, alors que les effectifs des administrations publiques ont été réduits de -10 000.

A noter : les créations du mois de décembre ont été révisées à la hausse, de +196 000 à +219 000, et celles de janvier à la baisse de +157 000 à +119 000.

Mécaniquement, le taux de chômage s’est réduit de 7,9% de la population active en janvier à 7,7% en février 2013, plus bas niveau depuis décembre 2008. Cette amélioration représente une baisse de 300 000 personnes en un mois, pour atteindre 12 millions de chômeurs. Mais elle reflète en partie le découragement de personnes qui ont renoncé à chercher un emploi et donc sortent de la population active : cette dernière s’est réduite de 130 000 personnes entre janvier et février.
Sur un an, le taux de chômage est passé de 8,3% de la population active en février 2012 à 7,7%, soit -774 000 personnes (-6%).


Les marchés d’actions poursuivent leur embellie au début de l’année 2013, amorcée en novembre 2012, signe que la croissance mondiale se poursuit et que les investisseurs ont confiance dans sa pérennité ainsi que dans la profitabilité des entreprises. Cette embellie confirme également que les craintes concernant l’implosion de la zone euro ont été écartées. L’indice synthétique des 39 principales places mondiales, calculé par Coe-Rexecode, s’est en effet accru de +5,1% entre le 1er janvier et le 14 mars 2013. Il dépasse de 10% sa moyenne de 2011, mais n’a pas encore retrouvé son niveau qui prévalait fin 2007. En revanche, en euros, l’indice a quasiment retrouvé son record d’octobre 2007.

Cette progression se retrouve sur les places des pays émergents (+1,2%), et, de façon plus marquée, sur celles des pays développés (+6,2%). Au sein de ces dernières, cette remontée concerne, avec des degrés divers, aussi bien New York (+9,6% pour le Standard & Poor’s), Tokyo (+19,1% pour le Nikkei), que les grandes places européennes (+4,1% pour l’Eurostoxx 50). En dépit de son redressement, le niveau moyen des 15 premiers jours de mars de l’indice Eurostoxx 50 est inférieur de 38% à celui de 2007. Au contraire, l’indice Standard & Poor’s le dépasse de près de 5%. Cet écart d’évolution des cours d’actions est significatif des différences de dynamique économique de part et d’autre de l’Atlantique.



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