MEDEF Actu-Eco de la semaine du 18 au 22 mars 2013

FRANCE
1.Climat des affaires en mars 2013 : toujours défavorable
2.Financement des grandes entreprises en mars 2013 : situation de trésorerie toujours dégradée
3.Tensions sur le marché du travail au 4ème trimestre 2012 : indicateur proche de son niveau bas

ZONE EURO
4.Coût horaire de la main d’œuvre en 2012 : une augmentation moins forte en France qu’en Allemagne
5.Climat des affaires en Allemagne en mars 2013 : léger recul de l’indicateur

INTERNATIONAL
6.Construction de logements aux Etats-Unis en février 2013 : le redressement se poursuit
7.Tendances récentes des marchés

 


BREVE

L’indice de confiance des directeurs d’achat (PMI) dans la zone euro s’est de nouveau contracté en mars 2013 à 46,5 (le seuil des 50 délimitant la zone d’expansion et celle de contraction de l’activité). Ceci signifie une intensification de la récession.


Le climat des affaires en France reste défavorable : l’indicateur s’est légèrement replié en mars 2013 et est inférieur à sa moyenne de longue période. Il reste dégradé dans tous les secteurs :

  • Repli dans le bâtiment (pessimisme concernant les anticipations d’activité et d’emploi, carnets de commandes largement inférieurs à la normale), le commerce de détail (prévisions d’activité pessimistes – ventes, intentions de commandes, perspectives générales- stabilisation du rythme des créations d’emploi) et les services (baisse des anticipations d’activité, pessimisme persistant dans les anticipations de recrutement) ;
  • Stagnation dans l’industrie (tassement des perspectives personnelles à un niveau proche de leur moyenne de longue période, dégradation des carnets de commandes, baisse des stocks de produits finis) ;
  • Redressement dans le commerce de gros (stabilisation attendue de l’activité dans les prochains mois, sur fond de perspectives générales mal orientées).

 

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 18 mars 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points sont à souligner :

  • La situation de trésorerie d’exploitation reste jugée dégradée, sans mouvement de la tendance ;
  • Le solde d’opinion sur les marges de crédits bancaires poursuit son repli ;
  • La recherche de financement reste difficile ;
  • La tendance baissière des délais de paiement des clients se confirme.

L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) a interrompu sa baisse, entamée au 2ème trimestre 2011. Il a progressé de +1,1% entre le 3ème trimestre et le 4ème trimestre 2012. Il reste cependant inférieur de 14,5% à son niveau qui prévalait un an plus tôt.
Cette progression résulte de celle des flux d’offres d’emploi (+1%), alors que les entrées à Pôle emploi se sont stabilisées.
L’indicateur est inférieur de 24,5% à sa moyenne de longue période. Il ne dépasse que de 4,5% son point bas du 1er trimestre 2009.

Cette remontée de l’indicateur de tensions se retrouve dans le bâtiment et les travaux publics, avec une progression de +2,8% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2012 (-14% sur un an). Il reste inférieur de 43,2% à sa moyenne de longue période.

En revanche, la baisse s’est poursuivie dans l’industrie et le tertiaire, mais à un rythme moins marqué, qu’au trimestre précédent.
Dans le tertiaire, il s’est réduit de -2,1%, après -4% au 3ème trimestre 2012 (-14,5% sur un an). L’indicateur est inférieur de 23,5% à sa moyenne de longue période.

Dans l’industrie, l’indicateur s’est réduit de -1,5%, après -8,5% au 3ème trimestre (-15,8% sur un an). Il s’agit du cinquième trimestre consécutif de baisse. Il est inférieur de 7,5% à sa moyenne de longue période.

Le niveau de l’indicateur dans l’industrie est encore relativement élevé par rapport à celui des autres secteurs, en dépit d’une contraction de l’activité. Ce qui témoigne d’une inadéquation persistante entre l’offre et la demande d’emplois, aussi bien dans des métiers qualifiés que peu ou pas qualifiés, ce qui est notamment le cas dans la mécanique, les industries de process, l’industrie électrique et électronique… 


Eurostat vient de publier les indices trimestriels du coût horaire  de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole pour le 4ème trimestre 2012. Cet indice (base 100 en 2008) permet d’extrapoler le coût horaire 2008 en euros tel qu’il ressort de l’enquête quadriennale de 2008. Il s’est accru en France de +1% par rapport au 3ème trimestre 2012 s’établissant à 35,7 euros de l’heure (+1,7% sur un an). En Allemagne, il a augmenté de +0,7% pour atteindre 32,4 euros (+3,2% sur un an).

A partir de cet indice du 4ème trimestre, Eurostat  a calculé un indice annuel du coût du travail  2012. Ainsi, entre 2011 et 2012, le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole en France a progressé de +2% pour s’établir à 35,3 euros par salarié. C’est le niveau le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique.

En Allemagne, le coût s’est accru de +2,8%, soit nettement plus rapidement que le coût français, pour atteindre 32 euros de l’heure par salarié. L’écart de compétitivité – coût entre la France et l’Allemagne s’est ainsi réduit de 11,3% entre 2011 à 10,3% en 2012.

L’augmentation du coût horaire en France de 2% en 2012 recouvre une hausse de  +2% des salaires et traitements (après +2,9% en 2011) et de +1,9% des charges annexes aux salaires* (+4,3% en 2011). En Allemagne, elle est imputable à la progression du salaire horaire (+3,2%, comme en 2011). La hausse des charges annexes au salaire a ralenti (+1,4% en 2012, après +2,3% en 2011).

*Les charges annexes aux salaires comprennent, selon la définition d’Eurostat, les cotisations patronales de sécurité sociale, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses, telles que les coûts de recrutement et les vêtements de travail, et les taxes sur l’emploi considérées comme coûts de main d’œuvre déduction faite des subventions reçues.

Le taux de charges sur salaire en France s’est ainsi élevé à 50,5% en 2012.  Il est très supérieur à la moyenne de la zone euro (35,9%) et plus encore à celui qui prévaut en Allemagne (27,2%).

La hausse de +2% du coût horaire en France en 2012  recouvre des progressions diverses selon les secteurs :

  • +2,3% dans l’industrie manufacturière pour atteindre 36,7 euros (+2,4% en Allemagne à 36,2 euros) ;
  • +1,8% dans la construction pour s’établir à 31,4 euros (+2,7% en Allemagne à 26 euros) ;
  • +1,9% dans les commerces et services à 35,1 euros (+3,1% en Allemagne à 29,3 euros).

L’écart de coût horaire de 10% entre la France et l’Allemagne en 2012 tient non à l’industrie (niveaux quasiment identiques entre les deux pays), mais aux autres secteurs (construction, services) où le coût de l’heure de travail en France dépasse de plus de 20% celui observé  en Allemagne.
Il faut souligner que ces différentiels, défavorables à la France, notamment dans les services, impactent directement les coûts de production dans l’industrie, dès lors que les entreprises dans ce secteur tendent de plus en plus à externaliser des fonctions tertiaires.


Le climat des affaires en Allemagne a interrompu son amélioration. Contre toute attente, mais conformément à l’évolution de l’indice de confiance des directeurs d’achat (PMI), l’indice IFO s’est en effet replié en mars 2013, après une forte progression en février. Il reste cependant supérieur à sa moyenne de longue période (2000-2012).

Ce léger repli concerne à la fois la composante « situation actuelle » et les perspectives à 6 mois, mais a été plus marqué pour cette dernière. Il reste que dans chacun de ces cas, l’indice est toujours très au-dessus de son niveau moyen des années 2000-2012.
En l’état actuel des informations disponibles, rien n’indique qu’il faille voir dans cette interruption l’amorce d’un retournement du climat des affaires et de la conjoncture allemande.


Le marché de la construction résidentielle aux Etats-Unis a repris sa progression en février 2013. Les mises en chantier ont légèrement progressé (+0,8%), sans pour autant effacer leur chute de janvier dernier (-7,3%). Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +27,7%. Indicateur avancé des mises en chantier, les permis de construire ont augmenté de +4,6%, après -0,6% (+33,8% sur un an).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), les mises en chantier ont augmenté +9,2% (+31,6% sur un an). Parallèlement, les permis de construire ont augmenté de +3,8% (+31,9% sur un an).
Les mises en chantiers sont ainsi au nombre de 936 000 en rythme annualisé. Ce chiffre est inférieur de 30% à la moyenne des années 2000-2012 et de presque la moitié à celle des années 2000-2006.

Le redressement du marché de l’immobilier résidentiel devrait se poursuivre dans les prochains mois au vu des besoins d’investissement existants. Le besoin est en effet estimé à 1,5 million de logements par an compte tenu de la dynamique démographique et du besoin de remplacement du parc. Par ailleurs, les stocks de logements à vendre sont à des niveaux bas. Les ventes de logements anciens sont sur une tendance ascendante. Les prix augmentent.
En revanche, l’indice de confiance des constructeurs dans le secteur résidentiel s’est tassé en mars, ce qui ne saurait signifier en soi un retournement des mises en chantier. Toutefois, si ce tassement devait se confirmer, ce pourrait être le signe que la hausse des prélèvements fiscaux et sociaux, en vigueur depuis le 1er janvier 2013, commencerait à se faire sentir sur les dépenses des ménages. Jusqu’à présent en tout cas, elle n’a pas eu d’effet sur la consommation de janvier et de février dernier.



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