MEDEF Actu-Eco de la semaine du 25 au 29 mars 2013

FRANCE
1.Croissance du PIB en 2012 : stagnation en moyenne annuelle, -0,3% en cours d’année
2.Situation des entreprises en 2012 : nouvelle baisse du taux de marges, et plus encore du taux d’autofinancement
3.Situation des ménages en 2012 : recul de -0,4% du pouvoir d’achat des revenus, baisse  de l’épargne
4.Comptes publics en 2012 : dérapage du déficit (-4,8% du PIB) et de la dette (90,2%) par rapport aux objectifs
5.Demandeurs d’emploi en février 2013 : 3 187 700, soit +311 900 sur un an
6.Moral des ménages en mars 2013 : accentuation des préoccupations concernant les perspectives de niveau de vie et du chômage

INTERNATIONAL
7.Tendances récentes des marchés

 


Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels publiés par l’INSEE mettent en évidence un recul du PIB de -0,3% au 4ème trimestre 2012, après +0,2% au 3ème, et -0,1% chacun des deux trimestres précédents, soit un glissement de -0,3% entre fin 2011 et fin 2011. En moyenne annuelle, le PIB  a stagné en 2012 (+1,7% en 2011). Il est tout juste à son niveau de son niveau de 2007.

En termes de production de branches, les comptes font apparaître une forte contraction dans l’industrie et le BTP fin 2012, et une stagnation dans les services marchands. Sur l’ensemble de l’année 2012, la production manufacturière s’est contractée de -2,3%. En revanche, l’activité a continué de croître dans la construction et les services principalement marchands à un rythme ralenti par rapport à 2011.

En termes de composantes, au-delà des évolutions trimestrielles, il apparaît un caractère assez exceptionnel de l’année 2012, avec une inertie de la demande intérieure, et un soutien de  la demande étrangère.

A noter : la forte contribution des échanges extérieurs à la « croissance » de 2012, plus qu’annihilée par les variations de stocks (déstockage).


Selon les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels, la valeur ajoutée des sociétés non financières a baissé de -0,1% au 4ème trimestre 2012. Compte tenu de l’augmentation des rémunérations et des impôts sur la production, la marge brute des sociétés non financières a chuté de -1,9%, d’où une baisse du taux de marge à 27,7% de la valeur ajoutée, après 28,2% au 3ème trimestre.

En moyenne annuelle, le taux de marge s’établit à 27,9% de la valeur ajoutée en 2012, soit 0,4 point de moins que celui de 2011 et 3,9 points de moins que celui de 2007, avant la crise. C’est le résultat de gains de productivité nuls, alors que les salaires par tête ont progressé.

La remontée des rémunérations dans la valeur ajoutée au 4ème trimestre fait suite à deux trimestres de repli. La moyenne 2012 dépasse encore de 0,4 point de valeur ajoutée celle de 2011, et de 3,6 points celle de 2007. Toujours en 2012, les salaires bruts versés ont représenté  51,4% de la valeur ajoutée, contre 51,2% en 2011 et 48,9% en 2007.

En euros courants, l’EBE moyen 2012 est en recul sur celui de 2011 (-0,9%)  Il reste inférieur de quelque 8% à son niveau de 2007. Dans le même temps, les rémunérations (chargées) ont augmenté de plus  de 11%, soit 2 fois plus vite que la valeur ajoutée.

Dans l’industrie manufacturière, le modeste redressement du taux de marge au 4ème trimestre 2012 n’a pas empêché une nouvelle baisse de ce dernier de 21,6 à 21% de la valeur ajoutée entre 2011 et 2012 (28,4% en 2007). En niveau absolu, les marges des branches manufacturières sont inférieures de -1,8% à leur niveau de 2011 et de -33% à celui de 2007.

Le redressement de l’épargne brute des sociétés (autofinancement) au 2ème et au 3ème trimestre a fait place à un recul de -8,8% au dernier  trimestre  Elle a baissé de -1,3% entre 2011 et 2012, et de -16,8% depuis 2007

Les investissements des sociétés ont baissé de -0,6% au 4ème trimestre, et le taux d’investissement s’est établi à 19,9% de la valeur ajoutée.  En moyenne annuelle, ils ont progressé de +1,4% en 2012, dépassant  de 7,2% leur niveau de 2007.

Chute du taux d’épargne brute et stabilité du taux d’investissement au 4ème trimestre expliquent la forte baisse du taux d’autofinancement de 68,1 à 62,4% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2012.  Son niveau moyen de 2012 (65,1%) est inférieur de 1,8 point à celui de 2011, et de 19 points à celui de 2007.


Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels mettent en évidence une baisse du revenu disponible brut (RDB) des ménages au 4ème trimestre 2012 (-0,5% en valeur), pour la première fois depuis le 1er trimestre 2009
 La progression de la masse salariale (+0,3%) et des prestations sociales (+0,9%) a été plus que compensée par la forte hausse des impôts sur le revenu et le patrimoine (+7%), liée notamment aux mesures votées pour augmenter le rendement de l’impôt sur le revenu en 2012, ainsi qu’à la contribution exceptionnelle des redevables de l’ISF en toute fin d’année.
Compte tenu de la hausse des prix des dépenses de consommation (+0,3%), le pouvoir d’achat du RDB s’est contracté de -0,8% au 4ème trimestre 2012, après avoir stagné au 3ème trimestre.

Sur l’ensemble de l’année 2012, le RDB a progressé de +1,3% en euros courants  (+2,6% en 2011). Les salaires versés se sont accrus de +1,8% et les prestations sociales de +3,7%. Dans le même temps,  les impôts sur le revenu et le patrimoine ont augmenté de +10%

Compte tenu d’une inflation +1,7%, le pouvoir d’achat du RDB a baissé de -0,4%  (+0,5% en 2011 et +0,9% en 2010), première baisse depuis 1984.
 
Par unité de consommation*, le RDB s’est contracté en pouvoir d’achat  de -1% en 2012, après -0,1% en 2011 et +0,2% en 2010

* Système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre d’un ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d’unités de consommation (UC). L’échelle actuellement la plus utilisée retient la pondération suivante : 1 UC pour le premier adulte du ménage ; 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ; 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.

Cette baisse du pouvoir d’achat du RDB recouvre une hausse de +2% du pouvoir d’achat des prestations sociales et de +0,1% du pouvoir d’achat salarial (+0,2% dans les sociétés non financières). Le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête a augmenté davantage  étant donné la contraction des effectifs.

Depuis 2007, les revenus des ménages ont continué de progresser plus vite que la production : le PIB en volume est tout juste à son niveau de 2007, alors que le RDB en pouvoir d’achat le dépasse de 2,6% en 2012 (de 3,2%  pour les salaires versés et de 12,3% pour les  prestations sociales).

La contraction du pouvoir d’achat du RDB en 2012 (-0,4%) a donc été plus importante que celle de la consommation des ménages (-0,1%). Ces derniers ont puisé dans leur épargne pour essayer de la maintenir.

Leur taux d’épargne a de fait  baissé  de 16,2% du RDB en 2011 à 16% en 2012. Plus significatif dans cette perspective, le taux d’épargne financière (42% de l’épargne totale), c’est-à-dire hors logement, est tombé de 7,1% à 6,7%. Il reste que dans les deux cas, le taux d’épargne est supérieur à sa moyenne 2000-2012. Ce qui représente une marge de manœuvre potentielle pour amortir l’impact sur la consommation d’une poursuite éventuelle de la baisse du pouvoir d’achat.


La première évaluation des comptes nationaux des administrations publiques pour l’année 2012, que vient de publier l’INSEE, correspond à celle notifiée à la Commission européenne, et est susceptible de modifications ultérieures. Elle témoigne d’un dérapage des ratios de déficit et de dette par rapport aux objectifs.

En effet, à la fin du quatrième trimestre 2012, le déficit public atteignait -98,2 milliards d’euros, soit -4,8% du PIB, contre -4,5% prévu. Par ailleurs, le déficit 2011 a été légèrement revu à la hausse (5,3% du PIB au lieu de 5,2%).  La diminution du déficit en 2012 tient essentiellement à celle de l’Etat, de -87,7 à -80 milliards d’euros, et des administrations de sécurité sociale (de -14 à -13,1 milliards). Celui des administrations territoriales s’est creusé de -1,5 à -3,1 milliards d’euros. Dépenses et recettes ont augmenté plus vite que le PIB.

Tous les postes de dépenses ont vu leur croissance s’accélérer, à l’exception des investissements qui ont ralenti, et des charges d’intérêt qui ont reculé, en dépit de l’augmentation de la dette,  grâce à la baisse des taux. Les rémunérations ont augmenté de +1,9% (+1% pour celles versées par l’Etat et +3,1% pour celles versées  par les collectivités territoriales), et les prestations sociales  de +3,5% (+3,8% pour les seules  prestations en espèces). 
 
La croissance des  recettes s’est au contraire modérée (+3,9% après +5,7% en 2011, et +4,4% après +5,1% pour les seuls prélèvements obligatoires). Près de la moitié de la hausse des recettes est imputable à celle des impôts sur le revenu et le patrimoine (+8,4%, soit +18,8 milliards d’euros, dont 8,8 milliards au titre de l’IR et  3,1 milliards au titre de la CSG). En revanche, les impôts sur les produits et la production ont ralenti, y compris les recettes de TVA, malgré le relèvement du taux réduit de 5,5% à 7% au 1er janvier 2012. Dans le même temps, les cotisations sociales ont également ralenti, la hausse mécanique liée à la suppression de l’exonération des heures supplémentaires ayant été plus que compensée par la progression plus modérée de l’assiette (baisse de l’emploi, ralentissement du salaire moyen). 

Au total, la dette publique s’est accrue de +116,9 milliards d’euros (dont 104,6 milliards d’euros pour la dette de l’Etat qui atteint désormais 1440 milliards d’euros), pour atteindre 1833,8 milliards d’euros à la fin du quatrième trimestre 20112, soit 90,2% du PIB (85,8% en 2011), contre une prévision de 89,9%.


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a poursuivi sa progression en février 2013, mais de façon moins marquée qu’au mois précédent : +18 400 (+0,6%), après +43 900 en janvier (augmentation imputable pour moitié à la modification des règles de radiations administratives). En hausse pour le 22ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi s’est ainsi élevé à 3 187 700, plus haut niveau depuis juin 1997 (pic historique à 3 195 500 en janvier 1997).
Le nombre atteint 4 706 700 (+26 500) en y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C).

Entre février 2012 et février 2013, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +10,8%, soit +311 900 personnes, plus forte hausse depuis janvier 2010.

Par sexe, cette hausse a été plus marquée chez les hommes (+12%, soit +178 500) que chez les femmes (+9,6% soit +133 400). Le nombre de demandeurs de sexe masculin a ainsi atteint un niveau historiquement élevé (1 666 100).

Par tranche d’âge, la hausse a été de +10% chez les moins de 25 ans (+49 500 personnes), de +9,2% chez les 25-49 ans (+165 600), et de +16,6% chez les 50 ans et plus (+96 800). Le nombre de demandeurs d’emploi de cette dernière catégorie va de record en record (679 700).

Par région (données brutes), cette hausse recouvre des disparités allant de +8,8% en Basse-Normandie  à +15,1% en Franche-Comté (+7,2% dans les Départements d’Outre-Mer). A noter : 9 des 22 régions françaises enregistrent un nombre de demandeurs d’emploi historiquement élevé (Alsace, Aquitaine, Bretagne, Centre, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Limousin, Lorraine, Midi-Pyrénées).


L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est légèrement dégradé en mars 2013, retrouvant son niveau de novembre 2012. Il reste très inférieur à sa moyenne de longue période.

Dans le détail, les ménages sont de plus en plus pessimistes concernant leur niveau de vie futur. En effet, le solde d’opinion correspondant est à un niveau historiquement bas (début de la série en 1972). En particulier, leur opinion sur leur situation financière future s’est repliée.
Par ailleurs, ils sont plus nombreux qu’en février à anticiper une augmentation du chômage. Le solde d’opinion se rapproche de son point haut de mai 2009.



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