MEDEF Actu-Eco de la semaine du 1er au 5 avril 2013

FRANCE
1.Immatriculations de voitures neuves au 1er trimestre 2013 : -6,9% (-14,2% pour les marques étrangères, +2% pour les marques françaises)
2.Dépenses de consommation des ménages en février en 2013 : -0,2%, après -0,9% en janvier
3.Crédits nouveaux au secteur privé en février 2013 : -11,5% en cumul sur un an (-19,2% pour les ménages et -5,8% pour les entreprises)

EUROPE
4.Chômage dans la zone euro en février 2013 : 19,1 millions demandeurs d’emploi, un record historique
5.Dépendance en Europe en 2012 : taux le plus élevé en France, résultat combiné du vieillissement de la population et d’une natalité plus forte

INTERNATIONAL
6.Climat des affaires aux Etats-Unis en mars 2013 : interruption du redressement
7.Tendances récentes des marchés

 


Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves (données CVS-CJO) se sont contractées de -4,4% en mars 2013, après +7,4% en février et -12,7% en janvier. Ce repli est entièrement imputable aux immatriculations de voitures de marques étrangères (-14%), celles de marques françaises s’étant accrues de +6,2%.
Entre mars 2012 et mars 2013, l’ensemble des immatriculations en France s’est replié de -13,4% (soit -21 244), pour atteindre 1 653 858 (rythme annualisé), niveau inférieur de -21% à la moyenne des années 2000-2012.

Lors du 1er trimestre 2013, les immatriculations de voitures neuves ont poursuivi leur repli (-6,9% par rapport au 4ème trimestre 2012, -12% par rapport au 1er trimestre 2012), entamé au 3ème trimestre 2012.
Là encore, le recul est imputable aux immatriculations des voitures de marques étrangères, en baisse de -14,2%, alors que celles de marques françaises ont progressé de +2% sur la période. Ce redressement est-il un rebond temporaire ou le signe d’un changement de tendance durable ? Il est évidemment trop tôt pour se prononcer sur la signification de ce rebond.
Globalement, dans la zone euro, la situation du marché automobile continue de se dégrader
. En particulier, les immatriculations se sont contractées de -4,9% en Allemagne entre le 4ème trimestre 2012 et le 1er trimestre 2013 (-12,2% sur un an) et de -5,1% en Italie (-13,5% sur un an).
En revanche, il faut souligner le net rebond des immatriculations en Espagne  entre fin 2012 et début 2013 (+14,7%), sans doute imputable au plan d’aide au secteur automobile mis en place au début du 4ème trimestre 2012. Elles restent en baisse de -10,5% sur un an.


Les dépenses de consommation des ménages en biens (50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont de nouveau reculé en février 2013 : -0,2% en volume, après -0,9% en janvier. Cette baisse est essentiellement imputable à la chute des achats de textile-cuir (-6,1%, après +3,5%).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), les achats des ménages se sont repliés de -0,4% par rapport aux trois mois précédents (-1% sur un an).
Ce recul de fin 2012-début 2013 se retrouve dans toutes les catégories de biens à l’exception des dépenses en équipement du logement qui ont progressé de +1,8% sur la période.
Les autres catégories se sont repliées, avec des ampleurs diverses : -0,3% pour les dépenses en produits énergétiques, -0,4% pour les dépenses alimentaires, -0,8% pour les achats en textile-cuir, -2,4% pour ceux liés à l’automobile.

La consommation devrait rester sur une tendance baissière au cours des prochains mois, au regard de l’évolution du pouvoir d’achat et du chômage.
Ces perspectives semblent être confirmées par la dernière enquête auprès des ménages, ces derniers déclarant le moment non opportun pour faire des achats importants.


Les crédits nouveaux au secteur privé ont poursuivi, en février 2013, leur repli entamé au printemps 2011. En cumul sur un an, ils sont en baisse de -11,5% par rapport à février 2012 (-49,7 milliards d’euros). Cette nouvelle contraction concerne les ménages, plus encore que les entreprises.

Les crédits aux ménages se sont en effet contractés de -19,2% entre février 2012 et février 2013. Cette baisse est entièrement imputable aux crédits à l’habitat, en baisse de -26,6% sur la période. Et ceci malgré des taux d’intérêt à des niveaux bas (3,34% en février 2013). Pour leur part, les crédits à la consommation ont progressé de +0,9% sur un an.

Les crédits aux sociétés non financières ont également reculé, mais de façon plus modérée (-5,8%). Ce repli recouvre une baisse de -2,4% des crédits jusqu’à un an (et de -13,7% des crédits à plus d’un an (c’est-à-dire pour une bonne part ceux destinés à financer les investissements).
Dans les deux cas, cette contraction ne paraît pas trouver son explication dans les conditions d’octroi de crédits par les établissements bancaires, au vu des dernières enquêtes de la Banque de France. Elle ne paraît pas non plus pouvoir s’expliquer par le coût de l’argent. De fait, les taux d’intérêt ont baissé de façon quasi-continue depuis un an pour s’établir à des niveaux particulièrement bas (respectivement 1,85% et 3,22% en février 2013, après 2,62% et 4,03% en février 2012).


Le taux de chômage harmonisé* dans la zone euro est resté stable entre janvier et février 2013, à 12% de la population active.
Le nombre de chômeurs est désormais de 19,071 millions de personnes, un record historique (+33 000 par rapport à janvier).

* Eurostat calcule des taux de chômage harmonisés pour les Etats membres de la zone euro. Ces taux sont basés sur les définitions recommandées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Le calcul est basé sur une source harmonisée, l’enquête communautaire sur les forces de travail. Ils peuvent différer, et de façon parfois non négligeable, des statistiques nationales.

Ce taux de chômage ne doit pas masquer une grande disparité entre les Etats membres.

Les taux les plus faibles ont été enregistrés dans les pays du Nord de la zone euro : 4,8% en Autriche, 5,4% en Allemagne, 6,2% aux Pays-Bas.
Les taux les plus élevés se trouvent dans les pays du Sud de la zone : 17,5% au Portugal, 26,3% en Espagne, 26,4% en Grèce (décembre 2012).
La France se situe dans une position intermédiaire, avec un taux de chômage à 10,8% de la population active, taux un peu inférieur à la moyenne de la zone euro.

Entre février 2012 et février 2013, le taux de chômage dans la zone euro s’est accru de +1,1 point, ce qui correspond à 1,775 million de chômeurs supplémentaires. Les plus fortes hausses ont été enregistrées au Portugal (+2,7 points) et en Espagne (+2,4 points). Il a progressé de +0,8 point en France.
A l’opposé, le taux de chômage s’est réduit en Allemagne (-0,2 point) et en Irlande (-0,9 point).


La population de l’Union européenne croît et vieillit de façon continue entre 1992 et 2012. Elle a augmenté de +6,5% pour atteindre 503,7 millions d’habitants. La progression a été de +9,1% dans la zone euro (332,9 millions d’habitants), avec des rythmes très variables selon les pays, de +1,95% en Allemagne à +29,2% en Irlande et +34,7% au Luxembourg, en passant par +7,1% en Italie, +11,5% en France et +18,4% en Espagne. Signe du  vieillissement de l’Europe, la part des 65 ans et plus dans la population totale  est passée de 14,1 à 17,8% (de 14,5 à 18,7% dans la zone euro). C’est en Allemagne que la proportion est devenue la plus forte (de 15 à 20,6%), et en Irlande qu’elle est la plus faible (de 11,4 à 11,9%).  La France se situe un peu en dessous de la moyenne européenne (de 14,2 à 17,1%).

La structure par âge de la population peut être analysée à l’aide du taux de dépendance, défini comme le niveau de soutien de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) aux générations dépendantes (jeunes de moins de 15 ans, personnes âgées de 65 ans et plus).

Le taux de dépendance des personnes âgées s’est accrue de +26,6% dans l’Union européenne passant de  21,1% à 26,7%, et de +32% dans la zone euro (de 21,4 à 284%). Le ratio  s’est accru de +23% en France et en Espagne, et de plus de 40% en Allemagne, en Italie, au Portugal ou en Grèce.

En 2012, le taux de dépendance des personnes âgées variait de 18% en Irlande à 31,5% en Italie, celui de la France étant dans la moyenne européenne (26,6%). 

Le taux de dépendance des jeunes de moins de 15 ans a baissé dans la quasi-totalité des pays depuis 20 ans. Il s’échelonnait en 2012 de 20% en Allemagne à 32,5% en Irlande, la moyenne de l’Union européenne étant de 23,4%. Il est de 29% en France, conséquence de sa dynamique démographique (taux de fécondité le plus élevé en Europe après l’Irlande).

Finalement, le taux global de dépendance, somme des deux précédents, a légèrement augmenté depuis 20 ans pour l’ensemble de l’Union européenne, de 49,6 à 50,2% (+1,2%), soit 2 personnes en âge de travailler pour chaque personne à charge. La dispersion est également large d’un pays à l’autre, de 40% en Slovaquie ou en Pologne à 51% en Allemagne et 55,5% en France. C’est le taux le plus élevé en Europe, effet combiné d’une forte natalité relativement à celle des autres pays, et du vieillissement de la population.

Ainsi, en France, il y a 180 personnes en âge de travailler pour 100 personnes à charge (196 en Allemagne, 199 pour la moyenne de l’Union européenne, 210 en Autriche, 246 en Pologne par exemple). Or le taux d’emploi y est parmi les plus faibles. C’est dire l’urgence de redresser le taux d’emploi dans le secteur marchand si l’on veut pour le moins maintenir le niveau de vie des Français dans un contexte durable d’assainissement des finances publiques et sociales.


Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis s’est replié en mars 2013, interrompant le redressement entamé en décembre 2012. Cette rechute de l’indice traduit non pas un recul de l’activité manufacturière mais une moindre progression de cette dernière, l’indice restant au-dessus de la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et la zone de contraction de l’activité).
Le retournement de cet indice synthétique est imputable à celui des perspectives de production et à celui des carnets de commandes. En revanche, la composante « emploi » de l’indice synthétique a continué de progresser.

L’indice synthétique ISM concernant les activités non manufacturières s’est lui aussi replié, tout en restant à un niveau supérieur à sa moyenne de longue période (2000-2012). Cette évolution s’explique notamment par celle de la composante « emploi » et par celle de la composante « carnets de commandes ».

Cette orientation décevante du climat des affaires en mars 2013 ne saurait signifier à court terme un retournement de la conjoncture américaine, au vu de l’orientation d’autres indicateurs (consommation, immobilier, emploi dans le secteur privé). Il reste que l’annonce de coupes budgétaires, suite à l’absence d’accord entre les républicains et les démocrates sur le moyen de redresser les finances publiques, peut commencer à se traduire par des anticipations plus prudentes des entreprises.



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