MEDEF Actu-Eco de la semaine du 15 au 19 avril 2013

FRANCE
1.Financement des grandes entreprises en avril 2013 : pas d’amélioration de la trésorerie d’exploitation
2.Créations d’entreprise en mars 2013 : -3,7% sur un an (+7,4% hors auto-entrepreneurs)
3.Taux de survie  des entreprises 5 ans après leur création : 50% pour celles créées en 2006, contre 54% pour celles créées en 2002,
4.Programme de stabilité de la France 2013-2017 : un scénario de redressement des finances publiques bâti sur des hypothèses de croissance qui demeurent irréalistes

INTERNATIONAL
5.Perspectives économiques mondiales du FMI pour 2013 : révision à la baisse
6.Marché du logement aux Etats-Unis en mars 2013 : net rebond des mises en chantier à 1 036 000 en rythme annualisé
7.Tendances récentes des marchés

 


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 4 et le 10 avril 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points sont à souligner :

  • La situation de trésorerie d’exploitation reste jugée dégradée ;
  • Le solde d’opinion sur les marges de crédits bancaires remonte très légèrement, à un niveau proche de la moyenne de moyen terme ;
  • La recherche de financement a tendance à s’améliorer tout en restant difficile ;
  • L’indicateur des délais de paiement clients se redresse très légèrement.  


Les créations d’entreprise se sont accrues de +3,1% en mars 2013, hausse faisant plus que compenser le repli de -2,7% en février. Cette augmentation résulte exclusivement de celle des créations d’auto-entreprise (+6,6%, données brutes), les créations hors auto-entrepreneurs s’étant légèrement contractées (-0,7%, données CVS).

Au 1er trimestre 2013, le nombre de créations d’entreprise reste néanmoins en retrait de -3,7% par rapport à son niveau du 1er trimestre 2012.

Par type d’entreprise, cette baisse s’explique essentiellement par celle des créations d’auto-entreprises (-11,6% sur un an), qui représentent 53,4% de l’ensemble des créations. En revanche, les créations hors auto-entrepreneurs ont progressé de +7,4%.

Par type d’activité, le repli se retrouve dans tous les grands secteurs : -6,3% dans la construction, -4,6% dans l’industrie et dans les services marchands, -3,5% dans le commerce. Au sein des services marchands, qui représentent 48,8% de l’ensemble des créations, trois secteurs ont enregistré une augmentation des créations d’entreprise : l’hébergement et la restauration (+1,9%), les transports et l’entreposage (+12,3%), les activités financières et d’assurance (+15,6%).


Selon une récente publication de l’INSEE (INSEE Première n° 1441 – avril 2013), parmi les 286 000 entreprises créées en 2006, 50% étaient encore actives en 2011. Parmi celles créées en 2002, 54% étaient encore actives cinq ans plus tard.
Environ 10% des entreprises créées en 2006 ont disparu chaque année, avec des caps plus difficiles lors de la 2ème (2008) et de la 3ème année (2009). La crise économique de 2008 a en effet accentué les difficultés des nouvelles entreprises, et donc les défaillances.

Ce taux de pérennité à cinq ans recouvre de fortes disparités sectorielles. Les entreprises créées dans la construction et le commerce sont les moins pérennes (respectivement 47% et 45%). Les entreprises qui résistent le mieux sont celles créées dans les transports et l’entreposage (61%) ainsi que dans les services aux entreprises (58%).
A titre indicatif, le taux de pérennité s’est réduit entre la génération 2002 et la génération 2006 dans tous les secteurs à l’exception de l’industrie, où il a stagné, et de l’hébergement – restauration, où il s’est accru.

Outre le secteur d’activité, l’enquête de l’INSEE souligne trois autres facteurs qui favorisent  la réussite d’un projet :

  • Le statut juridique de l’entreprise : toutes choses égales par ailleurs (même secteur, même profil du créateur…), une société a 1,5 fois plus de chances d’être encore active au bout de cinq ans qu’une entreprise individuelle;
  • Le montant du capital investi à la création (locaux, achats de matériels, brevets, trésorerie initiale): le taux de survie après 5 ans est de 44% pour les entreprises créées avec moins de 4000 euros, de 60% pour celles créé es avec au moins 40 000 euros, et de 66% pour celles crées avec 160 00 euros ou plus;
  • Le niveau et la filière de formation du créateur : les chances de survie de l’entreprise est d’autant plus grande que le créateur est diplômé, et diplômé d’une filière technique (toutes choses égales par ailleurs, une entreprise créée par un diplômé de troisième cycle a 2 fois plus de chances de survivre après 5 ans que celle d’un non diplômé, celle d’un bachelier technique ou professionnel 1,3 fois plus de chances que celle d’un bachelier généraliste). 

Le Gouvernement vient de publier le « Programme de stabilité de la France 2013-2017 » (avril 2013), qui présente la trajectoire budgétaire de la France jusqu’à 2017, et qu’il va transmettre à la Commission européenne, le 30 avril prochain.

1-Cadrage macroéconomique retenu par le Gouvernement

Trajectoire des finances publiques retenue:

  • Le retour du déficit public sous la barre des 3% du PIB est reporté à 2014 (-2,9%),  après -3,7% en 2013 et -4,8% en 2012. Il devrait atteindre -0,7% du PIB en 2017 ;
  • Le solde structurel (corrigé des effets de la conjoncture), que surveille désormais la Commission européenne, ne deviendrait excédentaire qu’à partir de  2016;
  • La dette publique continuerait dès lors de croître jusqu’au record de 94,3% du PIB en 2014, pour diminuer ensuite jusqu’à 88,2% du PIB en 2017 ;
  • Le taux de prélèvements obligatoires s’alourdira jusqu’en 2014 où il atteindra 46,5% du PIB, pour se stabiliser en 2015 et 2016 et refluer en 2017 à son niveau de 2013 (46,3%).
  • La dépense publique atteindra son point haut en 2013 (56,9% du PIB), pour ensuite  diminuer.

Cette trajectoire repose sur des hypothèses de croissance  2013-2014  révisées à la baisse par rapport au précédent programme publié en décembre 2012 : +0,1% en 2013 et +1,2% en 2014, après 0% en 2012. En revanche, elle maintient celles des années 2015-2017 (+2%).

La projection de croissance retenue par le Gouvernement repose sur l’hypothèses d’impulsions fortes des principales composantes de la demande, qui toutes vont se raffermir en 2014 et monter fortement en puissance en 2015-2017, sur fond d’amélioration de l’emploi et du pouvoir d’achat salarial.

2- Des perspectives de croissance qui demeurent irréalistes

Le scénario macroéconomique présenté suppose une conjonction des hypothèses les plus favorables sur chacune des composantes de la demande
– consommation des ménages, investissements des entreprises, exportations – que rien ne permet d’envisager pour 2013-2014, ni même pour 2015-2017. Et ce pour les mêmes raisons que celles nous avions avancées à propos du précédent Programme de stabilité.

dans l’avis qu’il vient de publier sur ces prévisions* ,  Le Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP) considère d’ailleurs   qu’« un léger recul du PIB en 2013 et une croissance sensiblement inférieure à 1,2% en 2014 ne peuvent être exclus »**.

* – Avis HCPF 2013-01 relatif aux prévisions macroéconomiques associées au projet de programme de stabilité pour les années 12013 à 2017 (15 avril 2013)
** – C’est la dernière prévision du FMI pour la France (-0,1% en 2013 et +0,9% en 2014). Le Consensus retient -0,1% pour 2013 et -0,7% pour 2014 (avril 2013)

Pour 2013 et 2014, il a en effet  identifié trois  types d’aléas susceptibles de différer la reprise :

  • Un environnement international moins porteur que prévu, notamment au sein de la zone euro ;  (déséquilibres persistants entre les économies de la zone euro, ajustements budgétaires, perspectives économiques des pays du sud de l’Europe….) ;
  • Un redressement de la compétitivité des entreprises françaises  plus lent que prévu (restauration de la compétitivité-prix dans les pays du sud de l’Europe, évolution du change de l’euro ) ;
  • Une demande intérieure plus terne  que prévu (en raison notamment d’une possible augmentation de l’épargne face aux inquiétudes sur les perspectives du marché du travail, les nouvelles hausses des prélèvements obligatoires, les salaires).

* Pour les années  2015-2017,  le Haut Conseil émet autant de réserves sur la croissance moyenne prévue de 2%, qui repose sur l’hypothèse d’un redressement de la croissance potentielle à 1,5%, après cinq années de baisse (accélération du progrès technique, stabilisation du nombre des heures travaillées, progression de l’accumulation du capital productif). Ces réserves sont de plusieurs natures :

  • les difficultés d’estimation de la croissance potentielle ;
  • les risques d’une baisse de cette dernière (faiblesse des investissements et persistance du chômage au-delà de 2014 : impact variable des mesures de consolidation budgétaire selon leur nature et leurs modalités ; effet macroéconomique incertains du CICE qui « gagneraient à être davantage documentés »);
  • optimisme excessif de l’hypothèse du dépassement de la croissance potentielle dès 2015, avec la prévision d’une moyenne de 2% en 2015-2017 (persistance de nos handicaps de compétitivité, baisse incertaine du taux d’épargne des ménages, accélération hypothétique  du salaire par tête compte tenu du (niveau élevé du chômage).

Au total, pour le HCFP, « la prévision d’une croissance effective de 2% par an dès l’année 2015 est incertaine ». Elle paraît même improbable, sauf retournement significatif et durable des anticipations et accélération des progrès techniques permettant des gains importants et rapides de productivité. A défaut, la croissance peut dépasser son potentiel (1 à 1,5%) quelques trimestres au cours de la période, certainement pas trois années durant.


Le Fond Monétaire International (FMI) vient de publier ses nouvelles « perspectives économiques mondiales » pour 2013 et 2014.

1-Une révision à la baisse de la croissance en 2013

Cette nouvelle prévision du FMI confirme le passage d’une reprise à deux vitesses (pays émergents / pays développés) à une reprise à trois vitesses

  • une croissance vigoureuse des pays émergents;
  • une croissance modérée aux Etats-Unis et au Japon ;
  • une stagnation de l’Union européenne (une nouvelle récession dans la zone euro). 

La croissance mondiale est une nouvelle fois légèrement révisée à la baisse pour 2013 : +3,3%  (+3,5% dans la prévision de janvier 2013, après +3,2% en 2012) et le commerce mondial s’accélèrera en 2013, à un rythme un peu moins soutenu que celui envisagé en début d’année (+3,6%, après +2,5% en 2012).

La croissance dans les pays émergents, plus modérée que celle prévue en début d’année,  restera vigoureuse. La croissance chinoise atteindrait 8%, contre +8,1% dans la prévision de janvier  (7,8% en 2012).

Dans les pays développés, la croissance sera un peu plus anémique que prévu (+1,2% contre +1,3% dans la prévision de janvier), sauf au Japon. 

  • La croissance japonaise en 2013 (+1,6%, contre +1,2% dans la prévision de janvier) fait suite à une quasi-stagnation en 2012 (+0,2%). Elle sera stimulée par la nouvelle politique du gouvernement (assouplissement quantitatif « agressif », objectif d’inflation positive, relance budgétaire, réformes structurelles) ;
  • Aux Etats-Unis, la croissance se maintiendra  autour de +2%, grâce au soutien de la demande privée, au rétablissement du marché du crédit et du logement, et ce malgré un ajustement budgétaire plus marqué que prévu ;
  • La nouvelle récession dans la zone euro en 2013 sera plus marquée que prévu (-0,3%, contre -0,1% en janvier). Elle tient aux faiblesses  des pays « périphériques » (PIIGS), mais aussi du « cœur de la zone », sous l’effet combiné des ajustements budgétaires, des problèmes de compétitivité et de  la fragilité des bilans.
    • Les pays de la périphérie, devraient enregistrer une nouvelle contraction de leur activité en 2013, notamment l’Espagne et l’Italie (respectivement -1,5% et -1,6%). Si la plupart deviennent plus compétitifs (« dévaluation interne » avec la baisse des coûts salariaux), la demande externe n’est pas suffisamment vigoureuse pour compenser l’atonie de la demande interne.
    • La croissance allemande devrait décélérer en 2013 (+0,6%, après +0,9% en 2012), et l’activité française se contracter (-0,1%, contre +0,3% dans la prévision précédente, après 0% en 2012), « à cause de l’assainissement budgétaire, de mauvais résultats à l’exportation et d’un manque de confiance ».

Au total, selon le FMI, « les chaînes de réaction négatives entre les banques fragiles, les pays fragiles et l’activité languissante continuent de se renforcer mutuellement » au détriment d’une reprise au sein de la zone euro.

2- Six orientations pour réactiver la croissance dans la zone euro

Même si les « risques de crise grave » ont diminué grâce aux mesures « décisives » prises après la rentrée 2012 (programme OMT, achèvement du MES, accord sur le  Mécanisme de surveillance unique), le FMI pointe celui d’une « nouvelle dégradation en cas de stagnation ou de réapparition des tensions si les responsables relâchent l’effort ou si les évènements de Chypre provoquent une fragmentation durable des marchés financiers ».

D’où l’insistance, pour limiter les risques d’une nouvelle détérioration de la situation et renforcer les chances d’une amélioration de « stopper la baisse de la demande et progresser dans la voie de l’union bancaire et de l’intégration budgétaire ». Ce qui veut dire :

  • Pour raffermir la demande privée, « laisser jouer les stabilisateurs automatiques » dans « les pays qui en ont les moyens », et « même aller plus loin » dans « les pays qui disposent de l’espace budgétaire nécessaire ».
  • « Continuer d’assainir les bilans et poursuivre les réformes structurelles », c’est-à-dire, « pour les pays du Sud,  renforcer la compétitivité dans le secteur des biens échangeables surtout en réformant leur marché du travail », et «dans les pays du Nord, dynamiser le secteur des services »
  • Maintenir un « rythme d’assainissement budgétaire qui doit rester crédible, avec des objectifs fixés en termes structurels plutôt qu’en termes nominaux »
  • « Assouplir davantage la politique monétaire », compte tenu du ralentissement prévu de l’inflation dans la zone euro, en deçà de l’objectif de moyen terme de la BCE
  • Se doter de l’arsenal législatif et réglementaire pour « une mise en œuvre rapide et efficace » du MES
  • « Assurer un soutien budgétaire commun à l’union bancaire ».

Le marché de la construction résidentielle aux Etats-Unis a poursuivi son embellie en mars 2013. Les mises en chantier de logements neufs ont dépassé la barre du million, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2008. Elles ont progressé de +7% sur un mois et de +46,7% sur un an.

En revanche, les perspectives du marché se sont quelque peu assombries. D’une part,  les permis de construire se sont repliés de -3,9%, annulant la hausse enregistrée en février (+3,9%). Ils sont en progression de +17,3% sur un an.

D’autre part,  l’indice de confiance des constructeurs dans le secteur résidentiel a de nouveau reculé en avril. Il s’agit du troisième mois consécutif de baisse.

Toutefois, en moyenne sur le 1er trimestre 2013, les mises en chantier ont augmenté de +7,2% par rapport au trimestre précédent (+35,5% sur un an). De leur côté, les permis de construire se sont également inscrits en hausse (+2,5% sur un trimestre, +27,1% sur un an).
Les mises en chantier sont désormais au nombre de 969 000 en rythme annualisé. Ils sont encore  inférieures de -27,4% à leur moyenne des années 2000-2012 et de -46,1% à leur moyenne 2000-2006.



Télécharger le pdf

Les derniers articles