MEDEF Actu-Eco de la semaine du 29 avril au 3 mai 2013

FRANCE
1.Demandes d’emploi en mars 2013 : hausse de +332 300 sur un an (+11,5%), pour atteindre 3 224 600 personnes
2.Dépenses de consommation des ménages : recul au 1er trimestre 2013 malgré le rebond de mars
3.Moral des ménages en avril 2013 : un pessimisme accru concernant le niveau de vie en France

ZONE EURO
4.Energies renouvelables en Europe : des disparités qui reflètent  les  différences de mix énergétiques et de ressources naturelles

INTERNATIONAL
5.Croissance aux Etats-Unis au 1er trimestre 2013 : un rebond à +0,6%, largement imputable à la consommation des ménages
6.Tendances récentes des marchés

 


BREVE

La Banque Centrale Européenne a baissé le 2 mai 2013 son taux directeur de 0,75% à 0,50%, niveau historiquement bas. Pour mémoire, le taux directeur de la Réserve Fédérale américaine est autour de 0,125%.


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a poursuivi son ascension en mars 2013 : +1,2%, soit +36 900 personnes. En hausse pour le 23ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi a atteint un record historique : 3 224 600, dépassant son point haut de 1997.
En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est de 4 741 100.

Ainsi, le taux de chômage au sens du BIT devrait s’élever à 10,4% de la population active au 1er trimestre 2013 pour la France métropolitaine selon la dernière Note de conjoncture de l’INSEE (mars 2013), après 10,2% au 4ème trimestre 2012. Il se rapproche ainsi  de son record de 1997 (10,8%) sans pour autant l’atteindre, compte tenu de l’augmentation de la population active au cours de la période.

Entre mars 2012 et mars 2013, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +11,5% (+332 300 personnes). Il s’agit de sa plus forte hausse depuis début 2010.
Par sexe, la hausse a été une nouvelle fois plus marquée chez les hommes (+12,9% sur un an, soit +192 800 personnes) que chez les femmes (+10%, soit +139 500).
Par tranche d’âge, la progression a été de l’ordre de 10% pour les demandeurs d’emploi de moins de 50 ans : +10,9% pour les moins de 25 ans (+53 800), +9,9% pour les 25-49 ans (+178 300). En revanche, le nombre des chômeurs de 50 ans et plus a progressé de +17% sur un an (+100 200).


Les dépenses de consommation des ménages en biens (50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont, contre toute attente, progressé en mars 2013 : +1,3% en volume, après une baisse de -0,2% en février. Ce rebond est principalement imputable à celui des achats alimentaires (+2,6%) et au dynamisme de la consommation en énergie (+2,8%).

Néanmoins, sur l’ensemble du 1er trimestre 2013, les achats des ménages ont reculé de -0,4% par rapport au trimestre précédent (-0,7% sur un an), après -0,1% au dernier trimestre de 2012.

Ce recul au début de l’année 2013 recouvre des évolutions diverses selon les catégories de biens :

  • une progression des achats de produits alimentaires (+0,9%), et plus encore, des dépenses énergétiques (+1,7%, en raison des températures inférieures aux normales saisonnières) ;
  • une contraction des achats liés à l’équipement du logement (-0,7%), des dépenses en textile-cuir (-1,7%, le mauvais temps dissuadant les achats de vêtements printemps-été) ainsi que de celles liées à l’automobile (-6,8%, en raison de la chute de -11% en janvier).

La forte dégradation des indicateurs sur l’activité prévue et les intentions de commandes dans les commerces de détail (généralistes et spécialisés) en avril dernier fait craindre un nouvel affaiblissement des achats  au printemps. 


L’indicateur synthétique de confiance des ménages est resté stable en avril 2013, à un niveau nettement plus bas que celui d’avril 2012 et très inférieur à sa moyenne de longue période.

Dans le détail, les ménages sont encore plus pessimistes qu’au mois précédent sur leur situation financière future et plus largement sur le niveau de vie futur en France. En effet, le solde d’opinion sur ce dernier point a continué de reculer à un niveau historiquement bas.
Par ailleurs, les ménages sont légèrement moins nombreux qu’en mars à anticiper une augmentation du chômage. Néanmoins, le solde reste plus élevé qu’il y a un an, et très largement au-dessus de sa moyenne de longue période.


Eurostat vient de publier un état comparé de la part de l’énergie d’origine renouvelable* dans la consommation finale d’énergie au sein de l’Union européenne en 2011. Cette publication met en évidence trois points.

  • La proportion d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique est très variable selon les pays, de 0,4% à Malte à 47% en Suède, la moyenne de l’Union à 27 étant de 13%. Globalement, c’est dans les pays scandinaves et les pays baltes qu’elle est la plus élevée, ainsi qu’en Autriche (31%). Cette disparité s’explique par la spécificité des mix nationaux, ainsi que par la diversité des ressources naturelles. La faiblesse relative de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en France (11,5%), tient notamment à l’importance de son parc nucléaire, non émetteur de CO2.
  • Entre 2004** et 2011, la contribution des énergies renouvelables a augmenté de 65% pour la moyenne européenne, avec des rythmes très variables d’un pays à l’autre (de +0,9% en Lettonie à +145,5% au Royaume-Uni en passant par +26,5% en France et +156% en Allemagne), à partir de niveaux évidemment différents.

 
*- Energie solaire, thermique et photovoltaïque, énergie hydraulique (y compris celle provenant des marées, des vagues et des océans), énergie éolienne, énergie géothermique et biomasse
**- Première année où les proportions sont calculées de manière harmonisée

  • Le Paquet climat-énergie adopté en 2008 fixe un objectif de 20% de l’énergie consommée dans l’Union européenne issue d’énergies renouvelables à l’horizon 2020.  Ce chiffre global recouvre des objectifs également très variables, de 10% à Malte à 49% en Suède. L’objectif de 23% pour la France est plus ambitieux que la moyenne européenne et que celui des pays voisins.

La France  était en 2011 à mi-parcours de son objectif. Parmi les Etats qui la précèdent (performances de 67 à 95% de l’objectif), figurent la quasi-totalité de ceux entrés dans l’Union le plus récemment (Europe centrale et orientale), partis de mix les plus carbonés, et contraints de substituer massivement et rapidement des énergies renouvelables aux énergies fossiles.

La France ne manque pas d’atouts dans ce domaine des énergies renouvelables. En termes de ressources (façade maritime, premier massif forestier exploitable d’Europe hors Scandinavie, hydraulique, etc.). Mais aussi en termes de savoir-faire, avec des acteurs de premier rang européen ou mondial (R&D, technologies, ingénierie, maîtrise d’ouvrage), notamment dans l’exploitation de la biomasse, la cogénération, l’éolien, l’hydraulique (petit, moyen et grand). Aussi, l’objectif européen 2020 constitue-t-il un potentiel important de demande pour les entreprises françaises, tant sur le marché intérieur qu’à l’exportation.


Selon une première estimation, la croissance du PIB aux Etats-Unis a rebondi au 1er trimestre 2013 (+0,6%, soit +2,5% l’an), après avoir marqué le pas à la fin de l’année 2012 (+0,4% l’an). Sur un an, le PIB américain a progressé de +1,8%.

Du côté des ménages, la consommation en biens et services n’a jamais autant progressé depuis le 4ème trimestre 2010 : +3,2% en rythme annualisé. A elle seule, elle a réalisé 2,2 points de croissance, et ceci malgré le relèvement des impôts et des cotisations sociales. En raison d’une baisse de leur revenu disponible brut*, les ménages ont soutenu leur consommation en puisant massivement dans leur épargne (taux d’épargne qui a chuté de 4,7% du revenu disponible brut à 2,6% au 1er trimestre 2013). Par ailleurs, l’investissement résidentiel est resté vigoureux malgré un ralentissement (+12,6% l’an, après +17,6% l’an au 4ème trimestre 2012).

* – Revenu total (capital, travail, etc.) après impôts et cotisations sociales 

Du côté des entreprises, la progression des investissements a été limitée à +2,1% l’an, après une augmentation de +13,2% fin 2012. Autre point : l’accélération de la formation des stocks (contribution positive à la croissance).

Concernant les échanges extérieurs, la progression des importations en biens et services (+5,4%) a été plus importante que celle des exportations (+2,9%), d’où une contribution négative à la croissance, de -0,5 point.

Enfin, les dépenses publiques se sont de nouveau contractées. En particulier, celles de l’Etat fédéral ont fortement baissé dans le domaine militaire (-11,5%, après -22,1% le trimestre précédent).
Cette baisse a permis une réduction sensible du déficit public américain, qui serait passé de -8,5% du PIB au 4ème trimestre 2012 à -6,7% au 1er trimestre 2013.

La croissance américaine se poursuit à un rythme modéré, malgré le soutien de la politique monétaire de la Fed. En effet, la réduction du déficit, qui va se poursuivre, continuera de peser sur l’activité, et la consommation risque d’être moins dynamique, la baisse du taux d’épargne enregistrée en début d’année n’étant pas extrapolable.

Les principaux moteurs de la conjoncture américaine seront la construction de logements (rattrapage de l’insuffisance de construction de logements cumulée au cours des dernières années, effet de richesse des ménages) et les investissements des entreprises (besoin de redressement avec un parc qui vieillit, taux de marge toujours élevé malgré un tassement au début de l’année).



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