MEDEF Actu-Eco de la semaine du 13 au 17 mai 2013

FRANCE
1.Croissance du PIB au 1er trimestre 2013 : baisse de -0,2% comme au 4ème trimestre 2012
2.Déficit commercial au 1er trimestre 2013 : -65,6 milliards d’euros en cumul sur un an, contre -72,5 milliards d’euros un an plus tôt
3.Emploi salarié au 1er trimestre 2013 : -20 300 postes sur un trimestre, -133 800 sur un an
4.Production industrielle en mars 2013 : un repli de -1% sur un mois, -4,9% sur un an
5.Prix à la consommation en avril 2013 : -0,4% l’an sur trois mois, +0,7% sur un an
6.Budgets d’investissement dans l’industrie en 2013 : révision à la baisse de 4 points, après une révision à la hausse de 5 points pour 2012, entre l’enquête de janvier et celle d’avril 2013

INTERNATIONAL
7.Climat des affaires aux Etats-Unis en avril 2013 : repli de l’indice dans tous les secteurs
8.Tendances récentes des marchés

 


BRÈVE

Première estimation de la Banque de France pour la croissance de la France au 2ème trimestre 2013 : +0,1%.


Selon la première estimation de l’INSEE, la croissance du PIB a été négative au 1er trimestre 2013 : -0,2% en volume (-0,7% en rythme annualisé), après -0,2% au 4ème trimestre 2012 (-0,3% dans l’estimation précédente). La France est donc entrée en récession  au début de l’année 2013 (deux trimestres consécutifs de contraction du PIB).

Le PIB est inférieur de -0,4% à son niveau du 1er trimestre 2012, chiffre qui confirme l’épuisement de la croissance entamé au début de l’année 2011.

Cette baisse du PIB au 1er trimestre 2013 résulte d’une contribution négative de la demande intérieure hors stocks (-0,1 point) et du commerce extérieur (-0,2 point), alors que la contribution des stocks a été positive (+0,1 point).

Elle recouvre :

En termes sectoriels :

  • un repli de -0,3%  de la production manufacturière après -2,2% au 4ème trimestre 2012 ;
  • une baisse de -0,8% de l’activité dans la construction, après -0,9% fin 2012 ;
  • une stagnation dans les services marchands. 

En termes de composantes :

  • une atonie de la consommation des ménages (-0,1%, après une stagnation au 4ème trimestre 2012)
  • un recul des investissements pour le 5ème trimestre consécutif (-0,9%), repli qui concerne à la fois les investissements publics (-0,7%), le logement (-1,3%) et les investissements des entreprises (-0,8%) ;
  • un nouveau recul des exportations de biens et services (-0,5% début 2013) et une interruption de la baisse des importations (+0,1%)

Après une stagnation sur l’ensemble de l’année 2012, l’acquis de croissance pour 2013 est de -0,3%, c’est-à-dire que si la croissance des trois derniers trimestres de 2013 est nulle, l’activité économique de la France se contracterait de -0,3% entre 2012 et 2013.

Les indicateurs et les enquêtes de conjoncture laissent mal augurer de l’évolution économique au printemps et à l’été. Pour sa part, la Banque de France retient une croissance de +0,1% au 2ème trimestre. En tout cas, il faudrait un rebond significatif au second semestre, que rien ne laisse envisager, pour que se concrétise la prévision du Gouvernement d’une croissance de +0,1% en 2013.

La baisse du PIB de -0,2% en  France au premier trimestre 2013  est semblable à celle de l’ensemble de la zone euro avec des évolutions contrastées, de -0,5% en Italie à +0,1% en Allemagne et en Belgique. 


En mars 2013, le déficit commercial FAB-FAB s’est réduit de -5,6 milliards d’euros à -4,7 milliards d’euros. Cette amélioration relative provient d’une progression des exportations (+1,4%), après deux mois de repli, grâce à la réalisation de grands contrats de matériels de transport (livraison d’un paquebot, livraisons record d’airbus). De leur côté, les importations ont continué de se replier (-1,1%).

Néanmoins, sur l’ensemble du 1er trimestre 2013, le déficit commercial a continué de s’accroître, de -15,4 milliards d’euros à -15,9 milliards d’euros. Ce creusement du déficit commercial est imputable à une accentuation du repli des exportations (-2,3%), du fait principalement des livraisons aéronautiques et spatiales et de la chimie. Les importations se sont également de nouveau repliées mais de façon moins marquée (-1,6%). Cette contraction concerne essentiellement la chimie, l’habillement et la pharmacie.

En cumul sur un an, le déficit FAB-FAB s’est réduit, passant de -72,5 milliards au 1er trimestre 2012 à -65,6 milliards d’euros au 1er trimestre 2013.
En données FAB-CAF, il est passé de -89,3 à -82,7 milliards d’euros, soit une réduction de 6,6 milliards d’euros.

Sur le plan sectoriel, la facture énergétique a continué de s’alourdir, avec le déficit passant de -65 à -68,4 milliards d’euros. En revanche, point positif : le déficit manufacturier a poursuivi sa réduction, de -35,2 à -26,6 milliards d’euros, conséquence du tassement de la demande intérieure.

Sur le plan géographique, le déficit de nos échanges avec la zone euro a continué de se creuser, de -39,5 à -42,1 milliards d’euros, représentant la moitié du déficit total. Cette évolution s’explique largement par la mauvaise conjoncture dans la zone euro. 43% de ce déficit est imputable à nos échanges avec l’Allemagne. A l’opposé, le déficit de nos échanges avec l’Europe hors UE et celui avec l’Asie ont continué de se réduire : respectivement de -14,5 à -10,1 milliards d’euros et de -28,9 à -23,5 milliards d’euros.


Selon une première estimation, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole ont poursuivi leur repli au 1er trimestre 2013, même s’il a été moins marqué qu’aux trimestres précédents : -20 300 postes (-0,1%), après -44 700 au 4ème trimestre 2012 (-0,3%). Il s’agit du 4ème trimestre consécutif de contraction de l’emploi salarié. Ce dernier compte désormais 15 940 000 personnes, étant ainsi retombé à son niveau de fin 2009 – début 2010.
Hors intérim, la baisse des effectifs a été plus importante : -31 700 postes, après -35 400 fin 2012.

Cette nouvelles contraction des effectifs au début de l’année 2013 se retrouve dans tous les secteurs, à l’exception de l’intérim (+11 400 postes, alors qu’il était en baisse depuis la mi-2011) :

  • ralentissement des pertes d’emploi dans la construction (-4 800 postes, après -7 000) ;
  • accélération de la baisse dans l’industrie (-13 400, après -9 400) ;
  • poursuite du repli dans le tertiaire marchand (-13 500, après -18 900), pour le troisième trimestre consécutif.

Sur un an, les effectifs salariés se sont contractés de -133 800 postes (-0,8%), avec, en particulier, une baisse de -8,2% de l’emploi intérimaire.


La production dans l’industrie manufacturière s’est contractée de -1% en mars 2013 (-4,9% sur un an), faisant plus qu’annuler la progression enregistrée en février (+0,8% en volume). Cette diminution se retrouve dans tous les grands secteurs, à l’exception de la fabrication de machines et d’équipements qui a enregistré une hausse de +0,5%.

L’activité manufacturière s’est repliée au 1er trimestre 2013 de -0,9% par rapport au trimestre précédent (-4,2% sur un an).

Cette baisse affecte la plupart des secteurs : -0,7% dans la fabrication d’équipements, -2,1% dans les industries agroalimentaires, -2,4% dans la fabrication de matériels de transport (-4% dans l’automobile). En revanche, la production dans la cokéfaction et le raffinage a nettement progressé (+7,9%), grâce au redémarrage d’une raffinerie.

Poursuivant ainsi la tendance baissière à l’œuvre depuis début 2011, la production dans l’industrie manufacturière est inférieure de 18,6% à son point haut d’avril 2008 (moyenne mobile sur trois mois). A titre indicatif, celle en Allemagne est inférieure de 5% à son point haut de 2008.


L’indice des prix à la consommation en données brutes s’est replié de -0,1% en avril 2013, après +0,8% en mars.
En données corrigées des variations saisonnières, la baisse de l’indice a été plus marquée (-0,3%, après +0,3%). Cette baisse recouvre un léger repli des prix des produits manufacturés (-0,1%) et des services (-0,1%), une nette contraction des prix des produits énergétiques (-1,4%), et une augmentation des prix des produits alimentaires (+0,3%).

Sur un an, l’indice a poursuivi son ralentissement : +0,7%, rythme le plus faible depuis novembre 2009.

Les prix ont baissé de -0,4% l’an en avril 2013 par rapport au mois de janvier, après +0,3% entre octobre et janvier. Cette baisse recouvre :

  • un net repli des prix des produits énergétiques (-5,8% l’an, après -4,1%) ;
  • une légère progression des prix des produits manufacturés (+0,6% l’an, après -1,5%) et des services (+0,3% l’an, après +1,3%) ;
  • une hausse plus marquée des prix des produits alimentaires (+1,2% l’an, après -0,9%).

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) est devenue négative en fin de période :-0,3% l’an sur trois mois, après +1,1%. Sur un an, la hausse a été de +0,4%.


L’INSEE vient de publier l’enquête d’avril 2013 sur les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (1/4 de l’investissement productif en France). Il ressort de cette enquête, par rapport à celle de janvier 2013 :

  • une révision à la hausse des dépenses d’investissement en 2012 (+7%, contre +2% dans l’enquête précédente) ;
  • une révision à la baisse des budgets d’investissement prévus pour 2013 (-4%, contre 0% dans l’enquête précédente).

C’est dire que la progression cumulée des budgets d’investissement pour les deux années 2012 et 2013 serait supérieure d’un point à celle de l’enquête de janvier.

Sectoriellement, cette révision à la baisse des investissements pour 2013 se retrouve dans tous les secteurs, à l’exception de l’automobile (recul de -20% dans l’enquête d’avril, du même ordre que dans l’enquête de janvier, après, il est vrai, +22% en 2012). Elle a été particulièrement marquée dans les industries agroalimentaires (+2%, contre +6% dans l’enquête de janvier, après +8% en 2012) et dans le secteur des équipements (+3%, contre +9% initialement prévu, après -5% en 2012).

Les motivations des investissements en 2013 resteraient similaires à celles de 2012 : 30% sont destinés au renouvellement des équipements (niveau supérieur à la moyenne des vingt dernières années), 24% à la modernisation ou à la rationalisation, 21% à des projets liés à la sécurité, l’environnement et aux conditions de travail. En revanche, la part des investissements consacrés à l’extension des capacités (13%) et à l’introduction de nouveaux produits (12%) est inférieure à la moyenne 1991-2012.
Par ailleurs, 2/3 des industriels prévoient pour 2013 des déclassements d’équipements, contre 77% en moyenne sur 1991-2012. C’est un autre signe que, compte tenu notamment de leurs difficultés de financement, les industriels ne procèdent à des renouvellements qu’en cas de réelle nécessité.


Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM aux Etats-Unis s’est de nouveau replié en avril 2013, aussi bien dans le secteur manufacturier que dans le secteur non manufacturier. Les indices restent supérieurs à la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion de l’activité de la zone de contraction de l’activité). L’indice du climat des affaires dans le secteur manufacturier est même inférieur à sa moyenne de longue période (2000-2012).

Dans le détail, le repli de l’indice dans le secteur manufacturier est imputable à celui de la composante « emploi ». En revanche, les carnets de commandes et les perspectives de production sont bien orientés.

Dans le secteur non manufacturier, ce repli de l’indice synthétique s’explique par ses composantes “carnets de commandes” et “emploi”.

Ce repli de l’indice du climat des affaires peut trouver son explication dans la réduction automatique des dépenses publiques, notamment dans le domaine de la défense, dans l’ajustement des stocks, après un rebond au début de l’année, ainsi que dans l’alourdissement de la pression fiscale, sur fond de lourdeur de l’investissement des entreprises.
Ceci suggère que la croissance du PIB aux Etats-Unis devrait ralentir au 2ème trimestre 2013, après un rebond modeste au 1er trimestre (+0,6%).



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