Laurence Parisot sur BFM TV : gaz de schiste : « nous nous empêchons de considérer une ressource qui pourrait tout changer sur la situation économique de notre pays. »

Invitée à débattre mercredi matin avec la ministre de l’Environnement Delphine Batho à propos des gaz de schiste, Laurence Parisot a plaidé sur BFM TV pour un assouplissement de la loi afin de permettre la recherche. « Il faut au moins que nous soyons en mesure d’évaluer les ressources dont nous disposons en gaz et huile de schiste, connaître les caractéristiques des gisements, et connaître leur compétitivité : est-ce que ce serait rentable ou pas de les exploiter ? »

Pour Laurence Parisot, « il faut tout faire pour éviter de transformer ce débat si important en un débat qui serait politique ! «  Bien sûr ! Il faut évidemment permettre la recherche. Il faut au moins que nous soyons en mesure d’évaluer les ressources dont nous disposons en gaz et huile de schiste, connaître les caractéristiques des gisements, et ce qui veut dire aussi connaître leur compétitivité : est-ce que ce serait rentable ou pas de les exploiter ?  (…) nous nous empêchons de considérer une ressource qui pourrait tout changer sur la situation économique de notre pays.»

Concernant les craintes autour de la fracturation hydraulique notamment, Laurence Parisot a rappelé que dans les années 50 un débat analogue se faisait autour du gaz de Lacq qui pourtant a été un atout économique considérable pendant les 30 glorieuses : « Les Américains eux-mêmes disaient aux ingénieurs Français : vous n’y arriverez jamais, ce gaz est trop toxique et c’est dangereux et il faut savoir – et ça c’est un point clé – que le gaz de Lacq est largement à l’origine des 30 Glorieuses. Alors est-ce qu‘on veut, oui ou non, baisser les coûts de production dans notre pays, réindustrialiser, se donner les moyens de recréer la croissance et donc de faire baisser le chômage ? »

Pour Laurence Parisot, entre gaz de schiste et croissance verte, le problème ne se pose pas en terme de choix et on peut très bien opter à la fois pour le gaz de schiste et pour les énergies renouvelables, l’important est d’assurer l’indépendance énergétique de la France.  «  La question de l’exploration, avant même l’exploitation du gaz de schiste, c’est une question qui correspond à se demander est-ce qu’on veut ou pas continuer avec le progrès dans notre pays, est-ce qu’on a confiance en la science ou pas. C’est le premier sujet. Le deuxième sujet c’est, dans l’évolution du mix énergétique, dans la lutte contre le réchauffement climatique, nous sommes tout à fait d’accord pour donner une part beaucoup plus grande aux énergies renouvelables, simplement, on ne peut pas, compte tenu de l’état des finances publiques, continuer à subventionner ces énergies renouvelables comme nous le faisons, et en plus vous savez très bien qu’elles ont une limite, c’est qu’elles sont instables. Donc ce que je propose, très clairement, c’est au contraire qu’il y ait une espèce de partenariat entre l’exploitation du gaz de schiste et le développement des énergies renouvelables. L’un permettra le financement de l’autre, d’une part, et les gaz de schiste, également, permettront la stabilité de l’énergie renouvelable, ce qui n’existe pas si vous êtes dans le pur éolien ou le pur solaire. »

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