MEDEF Actu-Eco de la semaine du 20 au 24 mai 2013

FRANCE
1.Climat des affaires en mai 2013 : toujours défavorable dans tous les secteurs
2.Financement des grandes entreprises en mai 2013 : desserrement des marges bancaires, réduction des délais de paiement
3.Créations d’entreprise en avril 2013 : -2,5% en moyenne mobile sur trois mois (+8,9% hors auto-entrepreneurs)

INTERNATIONAL
4.Marché du logement aux Etats-Unis en avril 2013 : chute des mises en chantier, mais net rebond des permis de construire
5.Change du yen au printemps 2013 : une chute qui bouleverse la grille des changes mondiale
6.Tendances récentes des marchés*

 


BRÈVE
Le CAC 40 est repassé au-dessus des 4 000 points le vendredi 17 mai, pour la première fois depuis début juillet 2011 (+11% en un mois).


Le climat des affaires en France est resté morose en mai 2013. L’indicateur s’est stabilisé au niveau de l’été 2009, soit nettement en dessous de sa moyenne de longue période.

Ce niveau bas de l’indicateur de climat des affaires se retrouve dans tous les secteurs, mais les évolutions ont été contrastées.

Dans l’industrie manufacturière, le climat des affaires s’est amélioré, tout en restant défavorable (stabilité des perspectives personnelles de production, hausse des carnets de commandes globaux mais détérioration des carnets étrangers).

L’indicateur est resté stable dans les services (moindre pessimisme concernant les anticipations d’activité, pessimisme persistant concernant les anticipations de recrutement) et dans le commerce de détail (prévisions d’emploi comme d’activité toujours ternes -intentions de commandes, ventes prévues-).

En revanche, l’indicateur s’est réduit dans le bâtiment (pessimisme persistant concernant l’activité des prochains mois, carnets de commandes toujours jugés largement inférieurs à la normale, perspectives de recrutement mal orientées) et dans le commerce de gros (stabilisation à un niveau bas des intentions de commandes, baisse de l’emploi dans les mois à venir).


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 6 et le 15 mai 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus) :

  • la situation de trésorerie d’exploitation reste jugée difficile ;
  • le solde d’opinion sur les marges de crédits bancaires s’est nettement replié, retombant sous son niveau de moyen terme (2005-2012), ce qui pourrait indiquer un mouvement de desserrement des marges sur les crédits ;
  • l’indicateur concernant la recherche de financement tend à se redresser, cette dernière reste encore difficile ;
  • le solde des délais de paiement des clients s’est significativement replié, se situant à un niveau proche de sa moyenne 2005-2012.

Les créations d’entreprise se sont contractées de -2% en avril 2013, après +2,9% en mars. Cette baisse se retrouve dans les créations d’auto-entreprise (-2,6%, en données brutes) et, de façon moins marquée, dans les créations hors auto-entrepreneurs (-1,2%, en données corrigées des variations saisonnières).
Ainsi, plus de 46 000 entreprises auront été créées en avril, dont 53% d’auto-entreprises.

En moyenne sur les trois derniers mois connus (février-mars-avril 2013), le nombre de créations d’entreprise s’est inscrit en retrait de -2,5% par rapport aux trois mêmes mois de l’année précédente.

Par type d’entreprise, cette réduction est exclusivement imputable aux créations d’auto-entreprise, en baisse de -10,8% sur la période considérée. En revanche, les créations hors auto-entrepreneurs ont progressé de +8,9% en un an.

Par type d’activité, le repli se retrouve dans tous les grands secteurs. Ceux qui ont le plus contribué à cette baisse sont les services aux ménages (-9,7%), la construction (-5,4%) et le soutien aux entreprises (-3,2%).


En avril 2013, les mises en chantier de logements neufs aux Etats-Unis ont fortement chuté (-16,5% par rapport au mois précédent, après +5,4% en mars), retombant ainsi sous la barre du million. Sur un an, elles s’inscrivent néanmoins en hausse de +13,1%.

En revanche, les perspectives du marché de la construction résidentielle sont bien orientées.
Tout d’abord, le nombre des permis de construire s’est accrus de +14,3% en avril, après une baisse de -6,5% en mars. Ils ont ainsi dépassé le million, niveau jamais atteint depuis juin 2008. Sur un an, ils ont progressé de +35,8%.

Par ailleurs, l’indice de confiance des constructeurs dans le secteur résidentiel s’est redressé en mai.

Le marché de la construction de logements reste ainsi un facteur d’optimisme pour la croissance américaine des prochains mois.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (février-mars-avril 2013), les mises en chantier ont progressé de +4,4% par rapport aux trois mois précédents (+30,8% sur un an), même si elles restent inférieures de -29% à leur niveau moyen des années 2000-2012.

De plus, les permis de construire ont augmenté de +2,4% au cours de la période considérée (+25,8% sur un an).


Sur le marché des changes, le yen poursuit sa chute. Son taux de change effectif nominal par rapport à l’ensemble des monnaies a baissé de -23,7% entre mi-septembre 2012 et mi-mai 2013. Le mouvement s’est amplifié depuis le changement de gouvernement en décembre 2012 et l’annonce du programme de politique économique, appelé « Abenomics », du nom du nouveau Premier Ministre, Shinzo Abe. Ce programme comporte trois volets : un plan de relance, une politique d’assouplissement monétaire et des réformes structurelles pour soutenir la compétitivité de l’économie nationale.

Cette chute de la monnaie nippone a été de quelque -24% par rapport au dollar et par rapport à l’euro sur la période considérée. C’est dire que les prix en euros des produits fabriqués au Japon ont baissé de près d’un quart depuis septembre 2012. Cette chute constitue donc un choc de compétitivité violent pour les entreprises européennes, notamment dans le secteur des biens d’équipements (automobile).

De la même façon, cette baisse du yen affecte tout autant les autres économies de la région asiatique, dont le Japon est l’un de leurs principaux partenaires commerciaux. Le yen s’est en effet déprécié de quelque -25% par rapport à leur monnaie.

L’impact sur ces pays dépend de leur position par rapport à l’économie japonaise. Pour certains, comme pour la Corée du sud, dont les produits exportés sont en concurrence avec les produits japonais, cet impact peut être négatif.
En revanche, les pays, dont les produits sont complémentaires à ceux du Japon (Thaïlande, par exemple), pourraient bénéficier du regain de dynamisme de ce dernier sur les marchés extérieurs, dû à la dépréciation du yen.
Ce bouleversement des rapports de change conduit certaines autorités monétaires en Asie à intervenir sur les marchés jusqu’à abaisser leurs taux directeurs.



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