MEDEF Actu-Eco de la semaine du 17 au 21 juin 2013

FRANCE
1.Financement des grandes entreprises en juin 2013 : net desserrement des marges de crédits bancaires
2.Créations d’entreprise en mai 2013 : nouveau recul imputable aux auto-entrepreneurs
3.Tensions sur le marché du travail au 1er trimestre 2013 : indicateur désormais inférieur à son point bas du 1er trimestre 2009

ZONE EURO
4.Coût horaire de la main d’œuvre au 1er trimestre 2013 : -2% en France, compte tenu de la prise en compte du CICE ; +1,2% en Allemagne

INTERNATIONAL
5.Construction de logements aux Etats-Unis en mai 2013 : un marché qui reste dynamique
6.Tendances récentes des marchés

 


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 11 juin 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus),

  • la situation de trésorerie d’exploitation est jugée un peu moins difficile, mais la tendance atteste d’une situation toujours dégradée ;
  • le solde d’opinion sur les marges de crédits bancaires s’est nettement replié ;
  • la recherche de financement reste difficile ;
  • l’indicateur des délais de paiement des clients remonte légèrement, mais la tendance reste baissière.

Les créations d’entreprise se sont de nouveau contractées en mai 2013 : -2,1%, après -2,2% en avril. Cette baisse est exclusivement le fait des créations d’auto-entreprise (-8,5% en données brutes). Les créations hors auto-entrepreneurs ont progressé de +5,1% (données cvs). Une création sur deux est une demande de création d’auto-entreprise.

En moyenne sur les trois derniers mois connus (mars, avril, mai 2013), l’ensemble des créations d’entreprise s’est réduit de -1,8% par rapport aux trois mêmes mois de l’année précédente.

Cette baisse s’observe dans tous les grands secteurs, de -1,3% sur un an dans l’industrie et le commerce à -3,5% dans la construction en passant par -3,1% dans les services marchands. Toutefois, de fortes disparités apparaissent au sein de ces derniers, représentant 48% du total des créations d’entreprise : -9% dans les activités immobilières, -8,3% dans les services aux ménages (10,3% de l’ensemble des créations d’entreprise), -2,6% dans le soutien aux entreprises (20,2% du total), +9,6% dans le transport et l’entreposage, +11,3% dans les activités financières et d’assurance, etc.

Elle est entièrement imputable aux créations d’auto-entreprise (-10,8% sur un an), les créations hors auto-entrepreneurs s’étant accrues de +10,3% sur la période considérée. 


L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est de nouveau inscrit en baisse au 1er trimestre 2013 : -5,5%, après -0,3% au 4ème trimestre 2012. Cette évolution recouvre un repli de -6,8% des offres d’emploi et de -1,5% des entrées.
L’indicateur global est en retrait de -16,8% par rapport à son niveau qui prévalait un an plus tôt. Il est désormais inférieur à son point bas du 1er trimestre 2009, et de -28,4% à sa moyenne de longue période (1998-2012), ce qui reflète la situation dégradée du marché du travail.

Cette baisse de l’indicateur de tensions se retrouve dans tous les secteurs, mais avec diverses intensités.

Dans le tertiaire, il s’est réduit de -2,2%, après -4,2% au 4ème trimestre 2012 (-15,1% sur un an). Il s’agit du septième trimestre consécutif de baisse. L’indicateur est inférieur de -25,8% à sa moyenne des années 1998-2012.
La baisse du début 2013 a été la plus importante dans les domaines de la « communication, information, art et spectacle » et de la « banque et assurances ».

Dans l’industrie, l’indicateur s’est réduit de -4,7%, après -1,5% au 4ème trimestre (-16,4% sur un an). Il s’agit du sixième trimestre consécutif de baisse. Il est inférieur de -11,7% à sa moyenne de longue période.
Le repli de l’indicateur concerne plusieurs secteurs industriels, comme « l’électricité et l’électronique », « la maintenance », « la mécanique et le travail des métaux ». Dans le même temps, les tensions sont en légère hausse pour certains profils de poste, comme les « ingénieurs et cadres de l’industrie ».

Dans le bâtiment et les travaux publics, il a diminué de -11,1%, après s’être maintenu fin 2012 (-23,8% sur un an). Il reste inférieur de 49,5% à sa moyenne de longue période.
Cette baisse de l’indicateur se retrouve dans toutes les familles professionnelles, elle est particulièrement marquée pour les conducteurs d’engins (-21%).


Selon l’INSEE, le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole s’est contracté de -1,9% entre le 4ème trimestre 2012 et le 1er trimestre 2013. Il explique ce repli par la prise en compte du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE, entré en vigueur le 1er janvier 2013) « dans le calcul de l’indice du coût du travail au titre de subvention au bénéfice de l’employeur »*. Hors effet du CICE, le coût du travail aurait très légèrement baissé par rapport au trimestre précédent (-0,3%).

*INSEE – Informations rapides n°136 – 13 juin 2013

Selon les statistiques d’Eurostat, permettant de comparer les évolutions dans les autres pays et d’estimer le coût horaire en euros, les évolutions sont très légèrement différentes de celles de l’INSEE pour la France, sans doute pour des raisons d’arrondis. Ainsi, selon Eurostat, le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole hors apprentis en France s’est réduit de -2% au 1er trimestre 2013 à 35 euros de l’heure par salarié. Il reste le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique.

En Allemagne, le coût horaire du travail s’est accru de +1,2%, pour atteindre 32,7 euros. L’écart de compétitivité-coût entre la France et l’Allemagne s’est ainsi réduit au début de l’année 2013 : 6,9%, contre 10,3% au 4ème trimestre 2012. En faisant abstraction du CICE, cet écart se serait quand même réduit.

Dans le détail, la baisse du coût horaire en France au 1er trimestre 2013 recouvre une stabilité des salaires et traitements versés et une nette baisse des charges annexes au salaire* (-5,9%). En Allemagne, au contraire, la progression du coût de la main d’œuvre résulte d’une faible progression des salaires (+0,5%) et d’une forte hausse des charges sur salaire (+3,9%). Cette hausse des charges annexes ne traduit pas une augmentation des cotisations employeurs mais reflète une hausse des arrêts maladie, imputés par Destatis (l’institut allemand de la statistique) aux charges et non aux salaires.

*Les charges annexes aux salaires comprennent, selon la définition d’Eurostat, les cotisations patronales de sécurité sociale, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses, telles que les coûts de recrutement et les vêtements de travail, et les taxes sur l’emploi considérées comme coûts de main d’œuvre déduction faite des subventions reçues.

Le taux de charges sur salaire s’est ainsi nettement réduit en France, de 50,9% fin 2012 à 47,9% début 2013 mais reste très supérieur à la moyenne de la zone euro (35,9%) et à celui de l’Allemagne (27,9%).

La baisse de -2% du coût horaire en France se retrouve dans tous les secteurs :

  • -2% dans l’industrie manufacturière à 36,6 euros (+1,5% en Allemagne pour atteindre 37,2 euros de l’heure par salarié) ;
  • -2% dans les services marchands à 34,7 euros (+0,9% en Allemagne pour s’établir à 29,9 euros) ;
  • -2,9% dans la construction à 31,1 euros (+1,8% en Allemagne à 26,8 euros).

Ainsi, ces évolutions relatives entre la France et l’Allemagne ont permis de réduire l’écart de compétitivité-coût. Il faut souligner que le coût industriel français serait devenu inférieur au coût allemand. C’est sans doute une bonne nouvelle pour l’industrie, mais les écarts dans les autres secteurs affectent directement les coûts de production de l’industrie, dès lors qu’elle externalise de plus en plus de fonctions tertiaires.


Les mises en chantier de logements neufs aux Etats-Unis ont repris leur mouvement ascendant : elles ont progressé de +6,8% en mai 2013, après un net repli en avril (-14,8%). Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +28,6%.
En revanche, les permis de construire se sont repliés de -3,1% en mai, après +12,9% au mois précédent. Sur un an, ils ont progressé de +20,8%.

Malgré cette progression au mois de mai dernier, en moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mars, avril, mai 2013), les mises en chantier s’inscrivent en baisse de -2,6% par rapport aux trois mois précédents, et retombent au nombre de 925 000 en rythme annualisé. Elles restent en progression de +27,8% sur un an mais sont inférieures de 30,7% à leur moyenne des années 2000-2012.
A contrario, les permis de construire ont progressé de +2,1% sur les trois derniers mois (+22,6% sur un an).

Pour les prochains mois, le marché de la construction résidentielle devrait conserver une tendance de fond vigoureuse, au regard des derniers indicateurs disponibles. En particulier, l’indice de confiance des constructeurs dans le secteur résidentiel s’est nettement redressé en juin 2013, repassant au-dessus de la barre des 50, pour la première fois depuis avril 2006.



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