Laurence Parisot sur Europe 1 « Le Medef a entretenu, enrichi et permis un dialogue social inédit »

Invitée du Grand rendez-vous Europe 1 dimanche 30 juin, Laurence Parisot a rappelé que dès 2007, les chefs d’entreprise ont été les seuls à tirer la sonnette d’alarme face à la crise qui s’annonçait. Elle est également revenu sur ses huit années à la tête du Medef, rappelant qu’au cours de au cours de ces 8 années, « le Medef a entretenu, enrichi et permis un dialogue social inédit. Nous avons fait plus de 50 accords avec les organisations syndicales, dont une dizaine sont historiques ». Laurence Parisot a également appelé le gouvernement à « adopter la politique économique, et notamment la politique fiscale, qui vont aider les chefs d’entreprises à développer leurs projets ». Enfin elle a affirmé que « le grand défi des deux prochaines années, cela va être de renouveler le projet et l’ambition européenne. »

« Nous avons été bien souvent les seuls à dire la réalité de la situation économique, l’évolution du monde, la nécessité absolue de tenir sérieusement en compte de l’émergence de ces nouveaux géants que sont la Chine, l’Inde, le Brésil. Et d’autre part nous avons alerté quand la crise est arrivée (…) dès 2007 je disais que la situation financière des Etats-Unis pouvait provoquer un séisme sur le monde entier, et nous avons dit, plus fort que n’importe qui d’autre, à quel point la dette minait notre pays » a rappelé Laurence Parisot au micro de Jean-Pierre Elkabbach. « J’ai été la première à dire qu’il fallait réformer notre système de retraite et accepter de travailler plus longtemps » a-t-elle ajouté, confirmant que selon elle le rôle du Medef est un rôle « d’’alerte et de propositions de réformes ». « Je pars avec une immense fierté, nous avons fait un très grand travail. Le Medef a, au cours de ces 8 années, entretenu, enrichi et permis un dialogue social inédit. Nous avons fait plus de 50 accords avec les organisations syndicales au cours de ces 8 années, dont, une petite dizaine qui sont historiques. » Admettant qu’il allait être « très difficile » d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année, Laurence Parisot a appelé à « se mobiliser collectivement » et demandé au gouvernement « d’adopter la politique économique, et notamment la politique fiscale, qui vont aider les chefs d’entreprises à développer leurs projets, à les mettre en œuvre et donc à embaucher. » Interrogée sur la situation économique actuelle, Laurence Parisot a déclaré « elle est très grave, et elle ne cesse de s’aggraver. La situation est très préoccupante pour notre pays en particulier, mais elle l’est également pour l’Europe, d’une manière générale, et c’est évidemment non seulement une crise économique, mais c’est une mutation considérable. Mais a-t-elle prévenu « il ne faut surtout pas laisser de place aux discours qui disent, finalement ‘du passé faisons table rase’», pour reprendre une expression bien connue, il ne faut pas laisser la place à certaines façons de penser qui estiment qu’il vaut mieux tout foutre en l’air. (…) Il faut au contraire qu’on attaque les choses avec détermination, mais ce sont les solutions modérées qu’il faut mettre en œuvre. » Sur les retraites, Laurence Parisot a appelé une nouvelle fois à « penser autrement notre système de retraite » (…) car si on continue comme ça, tous ceux qui ont moins de 35 ans aujourd’hui verront leur retraite à un niveau 20 à 30 % inférieur à ceux qui sont actuellement en retraite. (…) Ce qu’il faut, c’est accepter de travailler plus longtemps. » Sur l’espionnage de l’Union européenne par les Etats-Unis, Laurence Parisot a déclaré « c’est très grave et j’attends de l’Union européenne une réaction forte, sans pour autant évidemment casser toutes les relations, y compris la préparation de la négociation à un nouveau traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis. Il faut préserver ces liens et favoriser les échanges. (…) Il faut demander des explications, il faut avoir de la force sur le plan politique mais surtout il faut que l’Europe se demande comment elle peut être plus forte et plus indépendante sur quelques domaines clé. (…) Le grand défi des deux prochaines années, cela va être de renouveler le projet et l’ambition européenne. » Enfin, à la question sur son avenir après le Medef, Laurence Parisot a répondu vouloir « rester présente dans le débat public, notamment sur tout ce qui est à la frontière de l’économique et du politique et dans une perspective européenne, voilà. A partir de là, il y a beaucoup de possibles et j’essaierai de m’investir au service de tous. »

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