MEDEF Actu-Eco de la semaine du 24 au 28 juin 2013

FRANCE
1.Croissance du PIB au 1er trimestre 2013 : entrée en récession et acquis de croissance pour 2013 de -0,3%
2.Situation des entreprises au 1er trimestre 2013 : un léger mieux, mais  taux de marge et taux d’autofinancement inférieurs à ceux de 2012, et nouvelle baisse des investissements
3.Situation des ménages au 1er trimestre 2013 : redressement du pouvoir d’achat et du taux d’épargne, sur fond d’effritement de la consommation
4.Climat des affaires en juin 2013 : léger redressement de l’indicateur, sauf dans le bâtiment
5.Demandes d’emploi en mai 2013 : interruption circonstancielle de la progression
6.Moral des ménages en juin 2013 : niveau historiquement bas

ZONE EURO
7.Climat des affaires en Allemagne en juin 2013 : raffermissement des perspectives à 6 mois

INTERNATIONAL
8.Tendances récentes des marchés

 


La nouvelle estimation de l’INSEE des comptes nationaux trimestriels confirme la contraction du PIB au 1er trimestre 2013 : -0,2% en volume (-0,6% en rythme annualisé), après -0,2% au 4ème trimestre 2012. La France est donc entrée en récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB).

Elle recouvre de faibles révisions de certaines composantes qui, globalement, se compensent :

  • effritement de la consommation des ménages (-0,1%) ;
  • recul des investissements (-1%), aussi bien dans le  logement (-1,4%), les entreprises (-1%) que dans les administrations publiques (-0,7%) ;
  • hausse des importations de biens et services (+0,2%) et repli des exportations (-0,4%).

Cette baisse de -0,2% du PIB au 1er trimestre 2013 résulte donc :

  • d’une contribution négative de la demande intérieure hors stocks (-0,2 point) et des échanges extérieurs (-0,2 point) ;
  • d’une contribution positive des stocks (+0,2 point).

Elle laisse un acquis de croissance de -0,3% pour 2013, c’est-à-dire que si la croissance des trois derniers trimestres de 2013 est nulle, le PIB se contracterait de -0,3% entre 2012 et 2013.
Une progression de +0,3% chaque trimestre serait donc nécessaire d’ici la fin de l’année pour que l’objectif gouvernemental d’une croissance de +0,1% soit atteint. Ce qui paraît très hypothétique au vu des indicateurs les plus récents et des dernières enquêtes de conjoncture.


La valeur ajoutée des sociétés non financières a augmenté de +0,4% au 1er trimestre 2013, (-0,1% au dernier trimestre 2012), grâce à la baisse du coût des consommations intermédiaires*

*La comptabilité nationale définit la valeur ajoutée comme  la différence entre la « production » (approche des chiffres d’affaires) et les consommations intermédiaires (matières premières, mais aussi services externalisés etc…)

Le redressement de la marge brute (+0,7%, après -1,7% au 4ème trimestre 2012) est l’effet combiné :

  • de la décélération des rémunérations (+0,2%, après +0,3%), du fait exclusivement de la baisse des cotisations sociales, alors que la masse des salaires versés s’est accélérée (+0,4%, après +0,1%), sous l’impulsion à la fois d’une moindre contraction de l’emploi (-0,1% après -0,3%), et d’une amélioration du salaire moyen par tête (+0,5% après +0,4%) ;
  • de la décélération des impôts sur la production (+0,7%, après +3,4% au dernier trimestre 2012 qui avait vu la hausse du taux de forfait social).

Le redressement du 1er trimestre 2013 a permis une consolidation du taux de marge : 28,1% (28% au 4ème trimestre 2012), taux inférieur de -0,3 point à la moyenne de 2012, et de -3,6 points à celui de 2007.

La part des rémunérations dans la valeur ajoutée s’est à peine réduite : avec 67,8%, elle dépasse de 0,1 point de valeur ajoutée celle de 2012, et de 3,2 points celle de 2007. Au 1er trimestre 2013, les salaires bruts versés ont représenté  51,2% de la valeur ajoutée, contre 51,1% en 2011 et 48,9% en 2007.
En euros courants, l’EBE des sociétés au 1er trimestre 2013 reste inférieur de quelque 11% à son niveau du 1er trimestre 2008. Dans le même temps, les rémunérations ont augmenté de +8%, presque 4 fois plus vite que la valeur ajoutée.

L’épargne brute des sociétés (autofinancement) s’est redressée au 1er trimestre 2013 (+4,5%, après -7,7% au trimestre précédent). Elle est inférieure de -3,6% à son niveau du début 2012 et de -16%  à celui du 1er trimestre 2008

Les investissements des sociétés ont baissé de -0,4% au 1er trimestre 2013, poursuivant le mouvement commencé au 1er trimestre 2012, de sorte que le taux d’investissement a continué de s’effriter de 19,2 à 19% de la valeur ajoutée. Il est inférieur de 0,7 point à celui de 2007.

Au total, remontée de l’épargne brute et contraction des investissements dans la valeur ajoutée expliquent le redressement du taux d’autofinancement de 62,4 à 65,6% entre le 4ème trimestre 2012 et le 1er trimestre 2013 .
Ce taux d’autofinancement est inférieur de 0,4 point à celui de 2012 et de  plus de 18 points à celui de 2007.

Dans l’industrie manufacturière, les données de branches font apparaître une amélioration des marges au 1er trimestre 2013 de +5,5% (après -3,7% au trimestre précédent). Elles auront augmenté de +7,5% sur un an.

Reste que leur niveau est inférieur de -26% à celui du 1er trimestre 2008. La désindustrialisation n’explique pas tout : le taux de marge, remonté à 21,6% (20,6% en 2012), est inférieur de près de 7 points de valeur ajoutée à celui de 2007 (28,4%).


Les résultats détaillés des comptes nationaux, que vient de publier l’INSEE, mettent en évidence un redressement du revenu disponible brut (RDB) des ménages au 1er trimestre 2013 (+1,3% en valeur, après -0,7% au 4ème trimestre 2012).

Cette amélioration est imputable à la baisse sensible des impôts sur le revenu et le patrimoine (-4,9%), « contrecoup d’un second semestre 2012 très dynamique » (+4,1% au 3ème trimestre 2012, puis +7,4% au 4ème).

La masse salariale (secteurs public et privé) a légèrement progressé (+0,4%, après +0,2% fin 2012), et les prestations sociales continuent de décélérer (+0,7%, après +0,8%), tandis que l’EBE des entrepreneurs individuels restent en quasi-stagnation.

Compte tenu de la hausse modérée des prix des dépenses de consommation (+0,3%, après +0,2%), le pouvoir d’achat du RDB s’est redressé au 1er trimestre 2013 (+1%, après -0,9% fin 2012). Par unité de consommation*, il a progressé de +0,8% (-1% au trimestre précédent).

*Système de pondération tenant compte de la composition du ménage (nombre de personnes, âge)

Cette hausse recouvre une progression plus forte du pouvoir d’achat des  prestations sociales (+0,4%) que de celui de la masse des salaires versés (+0,1%).

Panne de la consommation et redressement du pouvoir d’achat expliquent la nette progression du taux d’épargne des ménages au 1er trimestre 2013,  de 15,1% à 16% du RDB, et de 5,7% à 6,8% pour le taux d’épargne financière (42,5% de l’épargne totale).


Le climat des affaires en France est un peu moins dégradé en juin 2013. L’indicateur synthétique s’est en effet légèrement redressé, pour le deuxième mois consécutif, mais reste néanmoins en dessous de son niveau du début de l’année et de sa moyenne de longue période.

Les indicateurs sectoriels restent également à des niveaux bas, malgré des évolutions diverses :

  • Hausse dans l’industrie manufacturière (légère amélioration des perspectives personnelles et générales, mais carnets de commandes, globaux et étrangers toujours moins garnis que la normale) et dans le commerce de détail (prévisions moins pessimistes -perspectives générales, ventes prévues, intentions de commandes-, mais emploi toujours terne) ;
  • Stabilité dans les services (anticipations d’activité toujours pessimistes, peu de créations d’emploi prévues, solde relatif aux perspectives générales inférieur à la moyenne de longue période) ;
  • Repli dans le bâtiment, où l’indicateur est à son plus bas depuis décembre 2009 (pessimisme concernant l’activité des prochains mois, emploi toujours mal orienté, carnets de commandes toujours jugés largement inférieurs à la normale, capacités de production toujours sous-utilisées).


La progression du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a marqué une pause en mai 2013 : +100, après +39 800 en mai dernier. Cette pause reflète en réalité plus une réduction des inscrits que l’amorce d’une inversion de tendance, au vu de l’évolution de la conjoncture et des perspectives d’embauche.
Il enregistre néanmoins un nouveau record historique, comptant désormais 3 264 500 personnes. En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi s’est replié de -3 600 personnes (-0,1%), première baisse depuis octobre 2010, revenant à 4 795 600.

Entre mai 2012 et mai 2013, le nombre de demandeurs d’emploi est en hausse de +11,5% (+336 900 personnes). Cette hausse recouvre :

  • Par sexe : une progression plus importante chez les hommes (+12,8%, soit +193 200 personnes) que chez les femmes (+10,2%, soit +143 700) ;
  • Par tranche d’âge : un accroissement d’environ +10% chez les moins de 25 ans (+53 700) et chez les 25-49 ans (+182 900) et de +16,7% chez les 50 ans et plus (+100 300).

Le nombre de demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C a progressé de +10%, soit +435 900 personnes. Point préoccupant, au sein de cette catégorie, le nombre de chômeurs de longue durée (plus d’un an) a enregistré un nouveau record : 1 930 200 personnes (+15% sur un an). Il représente désormais 40,2% des demandeurs d’emploi, soit une hausse de +10 points par rapport au début 2009.

Au-delà du nombre de demandeurs d’emploi, doit être prise en compte l’ancienneté moyenne des demandeurs inscrits à Pôle emploi : elle est désormais de cinq trimestres et demi (catégories A, B, C), seuil critique à partir duquel, selon le Conseil d’Orientation de l’Emploi, se réduisent considérablement les chances d’une réinsertion professionnelle.


La confiance des ménages s’est de nouveau dégradée en juin 2013 : l’indicateur s’est légèrement réduit et atteint désormais un point historiquement bas.

L’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France s’est de nouveau dégradée en juin 2013, le solde d’opinion n’a jamais été aussi bas. Ils considèrent que le moment est plus opportun pour épargner (ce qui est confirmé par la remontée du taux d’épargne au 1er trimestre 2013).
Par ailleurs, les ménages sont encore plus nombreux qu’en mai à anticiper une hausse du chômage. Le solde d’opinion correspondant se situe à son plus haut niveau depuis juin 2009.


Le climat des affaires en Allemagne s’est légèrement amélioré en juin 2013. L’indice IFO des secteurs de l’industrie manufacturière, de la construction et du commerce a progressé pour le 2ème mois consécutif.

Cette modeste amélioration du climat des affaires à la fin du printemps recouvre :

  • une baisse de l’indice concernant la situation actuelle ;
  • une progression de l’indice concernant les perspectives à six mois.

Il reste que, dans les deux cas, l’indice est supérieur à son niveau moyen des années 2000-2012.

Cette évolution de l’indice IFO confirme que l’économie allemande se redresse lentement, après un coup de froid fin 2012 et un début d’année 2013 morose.

Selon les prévisions de l’INSEE (Note de conjoncture de juin 2013), le PIB allemand devrait en effet progresser de +0,6% au 2ème trimestre 2013, après une modeste hausse de +0,1% au 1er trimestre (-0,7% au 4ème trimestre 2012).



Télécharger le pdf

Les derniers articles