MEDEF Actu-Eco de la semaine du 8 au 12 juillet 2013

FRANCE
1.Déficit commercial en mai 2013 : creusement de 1,5 milliard d’euros, imputable au repli de -4,3% des exportations
2.Production industrielle en mai 2013 : recul de -1,1% sur un mois, mais léger raffermissement en moyenne mobile sur trois mois
3.Crédits nouveaux au secteur privé en mai 2013 : -5,1% en cumul sur un an (-1,7% pour les ménages, -7,3% pour les entreprises)
4.Prix à la consommation en juin 2013 : +0,2% sur un mois, +0,9% sur un an
5.Revenus des investissements directs à l’étranger : une part croissante dans les profits des groupes du CAC 40

INTERNATIONAL
6.Marché de l’emploi aux Etats-Unis en juin 2013 : +195 000 créations d’emploi, comme au mois précédent, et stabilité du chômage
7.Perspectives économiques mondiales du FMI pour 2013 et 2014 : une « crise de croissance » qui explique la révision à la baisse des prévisions
8.Tendances récentes des marchés

 


BRÈVE

La Banque de France vient de réviser à la hausse sa prévision de croissance pour le 2ème trimestre 2013 (+0,2%, contre +0,1% dans sa précédente prévision). Ce chiffre correspond à la prévision de l’INSEE, dans sa Note de conjoncture de juin 2013.

 


Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est creusé de 1,5 milliards d’euros en mai 2013, pour atteindre -6 milliards d’euros, pour la première fois depuis un an. Cette évolution est imputable aux exportations, les importations ayant quasiment stagné (-0,2%). Les exportations ont en effet baissé (-4,3%, après, il est vrai, +4,1% en avril dernier), en raison du reflux des livraisons de matériels de transport et du repli des ventes d’équipements électroniques et électriques.

Au-delà des aléas mensuels, le déficit commercial, en glissement sur douze mois, est passé de -70,3 milliards d’euros en mai 2012 à -63,6 milliards d’euros en mai 2013. Les exportations s’élèvent à 442 milliards d’euros et les importations à 506 milliards d’euros.

En données FAB-CAF (permettant une analyse sectorielle ou géographique), le déficit extérieur s’est réduit de 6,9 milliards d’euros pour s’établir à 80,5 milliards d’euros en mai 2013 (toujours en glissement sur douze mois).

Cette évolution recouvre :

  • Par secteur : une réduction de 8,9 milliards du déficit industriel (-24,1 milliards d’euros) et un nouveau creusement du déficit énergétique, qui représente 85% du déficit total (-68,7 milliards d’euros) ;
  • Par zone géographique : une diminution des déficits de nos échanges avec l’Asie (-23,5 milliards d’euros), avec l’Europe hors UE et avec l’Amérique, et un léger accroissement du déficit de nos échanges avec la zone euro, représentant 51% du déficit total (-41,1 milliards d’euros).

La production dans l’industrie manufacturière s’est repliée de -1,1% (volume) en mai 2013, après un rebond de +2,6% en avril dernier. Cette baisse recouvre une stagnation dans les industries agroalimentaires et un repli dans les autres grands secteurs.
Sur un an, la production manufacturière s’inscrit en baisse de -0,8%.
A titre de comparaison, la production manufacturière en Allemagne s’est contractée de -0,7% (-0,5% sur un an).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mars, avril, mai 2013), l’activité manufacturière enregistre une progression de +0,6% par rapport aux trois mois précédents (-1,9% sur un an). En Allemagne, elle s’est accrue de +2,2%.
La production manufacturière en France reste inférieure de 17,4% à son point haut de début 2008, alors que la production allemande lui est en retrait de -3,4%.

Dans le détail, cette augmentation de +0,6% recouvre des évolutions contrastées :

  • un repli de -1,1% de la production dans les industries agroalimentaires ;
  • une stagnation dans la fabrication d’autres produits industriels, avec -1,2% dans le bois, papier et imprimerie, -0,9% dans la chimie, +0,1% dans la métallurgie ;
  • une progression de +0,8% dans la fabrication d’équipements, de +5% dans celle de matériels de transport (+6,3% pour la seule industrie automobile), et +8,1% dans la cokéfaction et le raffinage.

Les crédits nouveaux au secteur privé se sont légèrement redressés depuis le mois de mars dernier, pour atteindre 390 milliards d’euros en cumul sur un an. Mais, ils restent en mai 2013 inférieurs de -5,1% à leur niveau de mai 2012.

Ce redressement est totalement imputable à celui des crédits aux ménages. Ces derniers sont néanmoins toujours inférieurs à leur niveau qui prévalait un an plus tôt (-1,7% entre mai 2012 et mai 2013, toujours en cumul sur un an). Cette baisse sur un an tient entièrement aux crédits à l’habitat, en baisse de -2,4%, alors que les crédits à la consommation ont stagné sur la période considérée.

En revanche, les crédits aux sociétés non financières ont continué de se replier : -7,3% en cumul sur douze mois, entre mai 2012 et mai 2013, après -6,3% en avril et -5% en mars. Ce nouveau recul se retrouve pour les crédits à moins d’un an (-5,9%) et, de façon beaucoup plus marquée, pour les crédits à plus d’un an (-10,9%), c’est-à-dire pour une bonne part ceux destinés à financer les investissements.

Ce repli des crédits nouveaux tiendrait plutôt à une moindre demande de crédit de la part des entreprises qu’à un fléchissement de l’offre. C’est en tous cas  ce que suggère la nouvelle enquête trimestrielle de la Banque de France auprès des PME et ETI de l’industrie et des services sur la période allant du 2ème trimestre 2012 au 1er trimestre 2013. Au 1er trimestre 2013, l’indicateur s’est stabilisé pour les PME mais a continué de baisser pour les ETI.


L’indice des prix à la consommation a progressé de +0,2% en juin 2013, en données brutes comme en données corrigées des variations saisonnières (+0,1% en mai). Cette progression se retrouve dans tous les postes à l’exception des prix des produits manufacturés (-0,1%).
Sur un an, la hausse des prix a été de +0,9%, en légère accélération par rapport aux deux mois précédents, avec des évolutions contrastées : +1,8% pour les produits alimentaires (+7,3% pour les produits frais), -0,4% pour les produits manufacturés (-3,3% pour les produits de santé), +1% pour les services (-5,8% pour les transports et communications, +1,7% pour les loyers),  +1,7% pour l’énergie (-0,9% pour les produits pétroliers).

Cette modeste accélération sur un an ne doit pas masquer le net ralentissement des prix entre le 1er et le 2ème trimestre (+0,2% l’an entre mars et juin 2013, après +1,1% entre décembre 2012 et mars 2013).

Ce ralentissement recouvre :

  • une forte accentuation à la baisse des prix des produits énergétiques (-5,9% l’an, après -1%) ;
  • un recul des prix des produits manufacturés identique à celui du 1er trimestre (-0,7% l’an) ;
  • une légère accélération des prix des servies (+1,2% l’an, après +1%) ;
  • une forte poussée des prix des produits alimentaires (+3,6% l’an, après +0,1%).

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) est devenue négative : -0,3% l’an sur trois mois, après +1,5%. Sur un an, elle est très modérée (+0,3%).


La Banque de France vient de publier une étude* présentant une évaluation de la contribution des revenus des investissements directs à l’étranger aux profits des groupes du « CAC 40 élargi »** au cours de la période 2005-2011.

*« Les profits des groupes du CAC 40 : quelle contribution des revenus d’investissements directs à l’étranger ? Une évaluation sur la période 2005-2011 »,  Bulletin de la Banque de France, n° 192, 2ème trimestre 2013.
**Le « CAC 40 élargi » correspond aux trente‑cinq groupes résidents constituant le CAC 40 au 31 décembre 2012, auxquels ont été ajoutés les huit groupes résidents sortis de l’indice, mais qui sont entrés, à un moment ou à un autre, dans sa composition depuis le 1er janvier 2005.

Investissements directs français à l’étranger du CAC 40 : 75% du total des stocks et 82% des revenus des ID français

Fin  2011, les stocks des ID en capitaux propres des groupes du CAC 40 (hors immobilier) se montaient, en valeur comptable, à 622 milliards d’euros, comme en 2010, mais en nette progression depuis 2005. Ils représentaient, en 2011, 75% du total des stocks d’IDE français.

Les revenus des ID des groupes du CAC 40, très fluctuants d’une année à l’autre, se sont établis à 44 milliards d’euros fin 2011. Ils représentaient 82% du total des revenus des ID, davantage que le poids du CAC 40 dans les stocks d’ID. C’est le signe d’une rentabilité plus forte des ID des groupes du CAC 40 que celle des autres entreprises (implantation sur les marchés lointains, diversification des risques, capacité d’imposer leurs prix aux concurrents et aux clients). 
Sur ces 44 milliards d’euros, 23% ont été perçus par 3 groupes du secteur pétrole-gaz-matériaux de base, 19% par 7 groupes du secteur de biens de consommation, 17% par 6 groupes du secteur financier, mais seulement 12% par 12 groupes industriels et technologiques et 9% par les 9 groupes des services aux consommateurs et des télécommunications…

Résultats nets des groupes  du CAC 40 : 60% réalisés à l’étranger

Les résultats réalisés à l’étranger par les groupes du CAC 40 ont atteint environ 60% de leurs « résultats nets courants consolidés », contre un peu plus de 50% en 2005-2007 (augmentation des investissements à l’étranger, différentiel de conjoncture et de compétitivité entre la France et le reste du monde, probable recherche d’optimisation fiscale).
Signe de leur internationalisation croissante, davantage de groupes réalisent l’essentiel de leurs profits à l’étranger : entre le début et la fin de la période, le nombre de groupes « mondiaux » (plus de 75% des profits réalisés à l’étranger) est passé de 10 à 12, et celui des groupes « fortement internationalisés » (50 à 75% des profits réalisés à l’étranger) est passé de 6 à 11.


Le secteur non agricole aux Etats-Unis a créé en juin 2013 plus d’emplois salariés que prévu : +195 000, comme au mois précédent. Cette progression résulte exclusivement des créations d’emploi dans le secteur privé (+202 000), le secteur public ayant de nouveau réduit ses effectifs (-7 000).

A noter : les créations d’emploi ont été révisées à la hausse pour le mois d’avril (de +149 000 à +199 000) et le mois de mai (de +175 000 à +195 000), soit +70 000 emplois de plus sur les deux mois.

Entre juin 2012 et juin 2013, le secteur non agricole américain aura créé 2,3 millions d’emplois (+1,7%).

Sur l’ensemble du premier semestre 2013, 201 800 emplois auront été créés en moyenne par mois, contre +182 800 par mois en moyenne pour l’ensemble de l’année 2012.

Le taux de chômage est resté stable au mois de juin 2013 à 7,6% de la population active. C’est l’un de ses plus bas niveaux depuis décembre 2008.


Le FMI vient de publier une actualisation de ses Perspectives économiques mondiales pour 2013 et 2014. Elle met en évidence une révision à la baisse de la croissance mondiale par rapport à la prévision d’avril 2013 : +3,1% au lieu de +3,3%  en 2013 et +3,8%, au lieu de +4% en 2014. La croissance plus modérée qu’attendu pour 2013 tient notamment à deux facteurs : une demande intérieure plus faible et une croissance plus lente dans plusieurs grands pays émergents et une « récession plus prolongée dans la zone euro ». D’où une perspective moins soutenue du commerce mondial en 2013 (+3,1% au lieu de+3,6% dans la projection d’avril).

Ces nouvelles prévisions appellent plusieurs remarques :

  • croissance plus modérée que prévu dans les pays émergents : +5% en 2013 (-0,3 point), puis +5,4% en 2014 (-0,3 point). Les perspectives sont moins favorables dans toutes les régions. 
  • croissance un peu plus anémique que prévu dans les pays avancés en 2013 (+1,2%, contre +1,3%) et 2014 (+2,1, contre +2,3%).
    • Japon : révision à la hausse de la croissance pour 2013 (+2%) grâce « aux effets des récentes mesures de soutien sur la confiance et la demande privée » mais croissance pour 2014 moins forte que prévu, en raison de « l’affaiblissement de la conjoncture mondiale ».
    • Etats-Unis : légère révision à la baisse pour 2013 (+1,7%) et 2014, avec l’hypothèse que « la procédure de réduction automatique des dépenses reste en place jusqu’en 2014, plus longtemps qu’initialement prévu ».
    • zone euro : récession plus forte en 2013 et croissance plus modérée que prévu en 2014, « en partie à cause des retards attendus dans l’exécution de la politique économique dans des domaines importants, mais aussi à cause d’effets de base du redressement retardé en 2013 ».

 

  • dans la zone euro, révision à la baisse des prévisions 2013 de -0,3 point en Allemagne (+0,3%) et en Italie (-1,8%). En France, la récession sera un peu plus marquée que prévu en 2013 (-0,2% au lieu de -0,1%).

Selon le FMI, ces perspectives mondiales « restent exposées à des risques de dégradation », surtout si l’augmentation récente de la volatilité sur les marchés financiers et la hausse concomitante des rendements ne s’inversent pas:

  • dans les pays avancés, si « les risques imminents » ont diminué, « des mesures supplémentaires seront nécessaires pour les enrayer » : relever le plafond de la dette aux Etats-Unis, continuer de prendre les mesures nécessaires dans la zone euro pour atténuer et inverser la fragmentation financière ;
  • dans les pays émergents, les risques  d’un ralentissement plus prolongé de la croissance ont augmenté (contraintes de capacité intérieure, décélération du crédit, faiblesse de la conjoncture extérieure).

Pour assurer « une croissance vigoureuse », conclut le FMI, les dirigeants de tous les pays doivent « redoubler d’efforts » : 

  • dans les pays avancés, il préconise un « dosage macroéconomique qui soutienne la croissance à court terme » mais qui soit  « ancré par des plans crédibles visant à assurer la viabilité de la dette publique à moyen terme ». Dans la zone euro, il souligne une fois encore la nécessité  de la mise en place d’une « véritable union bancaire », d’un soutien à la demande ;
  • dans les pays émergents, il faudra procéder à un arbitrage entre des mesures macroéconomiques visant à soutenir une faible activité et des mesures visant à contenir les sorties de capitaux.
  • Au-delà, le FMI appelle à des réformes structurelles dans « tous les principaux pays » pour « rehausser la croissance de l’économie mondiale et favoriser son rééquilibrage » :
    • dans les pays en excédent, augmenter durablement la consommation (Chine) et l’investissement (Allemagne) ;
    • dans les pays en déficit, améliore la compétitivité.


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