Pierre Gattaz sur RMC et BFMTV : « Retraites : la situation du pays nécessite des mesures fortes »

Pierre Gattaz était l’invité de Jean-Jacques Bourdin mercredi 10 juillet à 8h35, sur RMC et BFMTV. L’occasion pour le nouveau Président du Medef d’expliquer sa position sur la future réforme des retraites. Pour Pierre Gattaz une chose est sûre : « impossible d’augmenter encore les cotisations sociales des entreprises ». Il appelle donc « à une réforme structurelle, mais dans le calme et la sérénité ». Quant au chômage, pour Pierre Gattaz c’est un problème qui ne peut être réglé que par l’entreprise. « Si nous libérons les énergies. Le coût du travail baissera, les charges baisseront et je peux vous assurer que le chômage peut baisser en dessous de sept pourcents à l’horizon 2020 .

« Nous sommes inondés de taxes, de charges et de cotisations sociales. Nous avons déjà cinquante milliards de trop sur le coût du travail et cinquante milliards de trop en impôts par rapport à la moyenne européenne. Il est impossible d’imaginer qu’on puisse encore augmenter les cotisations sociales des entreprises » a déclaré Pierre Gattaz rappelant que le problème des retraites est un problème mathématique « Nous gagnons un trimestre de durée de vie par année. Nous avions quatre actifs pour un retraité en 1960 ; nous sommes descendus à deux actifs pour un retraité en ce moment et nous allons vers 1.5 point. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que pour le même nombre d’actifs, vous avez de plus en plus de retraités et qu’il faut financer (…) si nous ne faisons rien, nous allons avoir vingt milliards de déficit par an à combler»

« Il faut une réforme structurelle mais dans le calme et la sérénité » a poursuivi le président du Medef qui dit non à toute augmentation de cotisation et non à la désindexation des pensions, mais qui dit oui à l’augmentation de la durée de cotisation et au recul de l’âge de départ à la retraite. «  Nous proposons au niveau du MEDEF de passer de quarante-et-un à quarante-trois à l’horizon 2020 – c’est important d’exprimer les horizons – et aussi de passer l’âge légal de départ à la retraite de soixante-deux à soixante-trois à l’horizon 2020, puis de soixante-cinq ans à l’horizon 2040. Je rappelle que l’ensemble des pays européens – Allemagne, Angleterre, Espagne, Pays-Bas – sont déjà à soixante-cinq et parfois soixante-sept ans. »

« Il faut être courageux, a-t-il précisé,  car la situation du pays avec les déficits que nous avons et mille chômeurs de plus par jour  nécessite des mesures fortes. »

Sur les dépenses publiques, Pierre Gattaz estime que « nous avons depuis vingt ans laissé dériver l’État et les dépenses publiques et (…) qu’ Il y a trop de fonctionnaires en France. Nous avons cinquante-sept pourcents du PIB qui sont des dépenses publiques. En l’Allemagne, ils sont à quarante-cinq pourcents. C’est cela le problème numéro un. »  (…)  « Le Canada par exemple, la Suède, ont fait des réductions de dépenses publiques drastiques. Il faut rentrer dans cette réflexion-là. »  d’où la demande du Medef d’une baisse d’impôts et de charges de 100 milliards d’euros sur 5 ans.

Pour Pierre Gattaz, « si nous libérons les énergies, si nous faisons confiance aux entreprises, aux PME, aux TPE créatives, les chefs d’entreprise ne demandent qu’à embaucher en France. Le problème de la France, l’emploi, le chômage peut être réglé par l’entreprise. Il n’y a que l’entreprise, les entrepreneurs et leurs équipes qui peuvent gérer cela.  (…) si on nous donne de l’oxygène sur les marges, vous verrez fleurir de la créativité, des PME, des TPE qui vont finir par embaucher, qui vont être compétitives. Le coût du travail baissera, les charges baisseront et je peux vous assurer que le chômage peut baisser en dessous de sept pourcents à l’horizon 2020. Nous pouvons en faire le pari et c’est mon pacte de confiance avec le président de la République ».

Evoquant ensuite le dialogue social, Pierre Gattaz a rappelé que pour lui  « c’est une priorité. Une priorité d’organisation, d’excellence pour avancer. Le dialogue social doit se faire avant tout avec les salariés et avec leurs représentants. Aujourd’hui, les partenaires sociaux nous travaillons sur la croissance, sur la compétitivité et nous avons des réflexions communes où nous sortons des rapports tout à fait intéressants qui vont justement dans le sens de l’économique et de la compétitivité, car je crois qu’il faut avoir une vision et parler non pas de dialogue social uniquement. Il faut parler de dialogue économique et social. » 

Commentant les 12 milliards d’euros consacrés aux investissements d’avenir annoncés par le Premier ministre, Pierre Gattaz considère que c’est bien mais insuffisant «  C’est largement insuffisant, mais c’est déjà une bonne façon de dire on s’occupe, on s’intéresse à l’avenir. La France a été gérée, depuis 30 ans, comme un bouchon sur l’océan, nous flottons, il n’y a plus de cap, donc j’apprécie cette réflexion. Par contre, laissons aux entreprises, et à leurs équipes, le soin de définir les filières d’avenir, car c’est elles qui savent les technologies, les marchés de demain. »

 

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