24 propositions du MEDEF pour un équilibre durable du système de retraite

Agir résolument pour une réforme structurelle de long terme qui respecte l’équité intergénérationnelle

La pérennité de notre système de retraite par répartition est un enjeu majeur pour notre société. Il importe aujourd’hui que nos concitoyens, et notamment les salariés, aient confiance dans le système actuel et futur. Cela passe par la garantie de sa soutenabilité financière. Il est par ailleurs impératif que la compétitivité de notre économie soit favorisée. Ce sont, pour le MEDEF, les objectifs essentiels de la réforme à venir. La situation financière de notre système de retraite est plus qu’alarmante : le déficit est aujourd’hui de 15 milliards d’euros (tous régimes confondus) et a été évalué par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) entre 20 et 22 milliards d’euros en 2020. A cette date, si rien n’est fait, le déficit cumulé de ces régimes atteindra 200 milliards d’euros. Le contexte démographique (on comptait 4 actifs pour 1 retraité en 1960, 1,7 aujourd’hui, et on en comptera 1,4 en 2040) et l’allongement de la durée de la vie (nous gagnons en moyenne un trimestre de vie supplémentaire chaque année) font que la situation ne s’améliorera pas sans une réforme profonde. Le contexte économique de notre pays et la situation des finances publiques rendent par ailleurs impérative une action rapide et résolue. Il ne serait en effet pas acceptable d’envisager des hypothèses de retour à l’équilibre au-delà de 7 ans : toute prévision économique devient alors sujette à caution et le contexte démographique alourdit mécaniquement la charge des retraites chaque année. La situation économique dégradée des entreprises françaises rend impossible toute solution visant à augmenter les charges qu’elles payent à moins de choisir délibérément d’augmenter le chômage à terme. Rappelons que les entreprises françaises ont un taux de marge de 28 % contre 40 % pour la moyenne européenne : une augmentation de 0,1 % des cotisations sociales des entreprises représente 2 000 à 6 000 postes détruits à court terme (2015) et 6 à 12 000 postes à long terme (5-10 ans). Il est donc indispensable, pour notre avenir et pour redonner confiance notamment aux salariés, que la réforme annoncée permette d’équilibrer notre régime de manière structurelle, lisible et transparente. Fort de ces constats, le MEDEF formule 24 propositions concrètes et pragmatiques permettant de régler de manière structurelle pour le long terme la question des retraites. Trois aspects majeurs sont notamment à retenir : – Seul un relèvement de l’âge légal de la retraite couplé à un allongement de la durée de cotisation est susceptible de rétablir durablement l’équilibre du système de retraite en respectant une solidarité intergénérationnelle. D’après les estimations du MEDEF, à horizon 2020, une durée de cotisation portée à 43 annuités et un relèvement de l’âge légal à 63 ans seraient un premier pas susceptible d’engager un redressement de la situation. Il est à noter que, même dans ce cas de figure, la France resterait en deçà de l’âge légal effectif dans les autres pays européens (65 ans, voire 67 ans déjà programmés dans plusieurs pays). A défaut d’agir sur l’âge légal, il conviendra que la durée de cotisation augmente très rapidement pour rétablir un équilibre financier, soit 44 annuités en 2020. – Un rapprochement des différents régimes de retraite doit être engagé sans tarder. L’équité entre les différentes situations doit permettre de rééquilibrer certaines situations aberrantes. La juxtaposition de régimes nombreux, et encore pour une part cloisonnés, nuit à l’efficacité globale: on compte ainsi aujourd’hui 35 régimes de retraite obligatoire par répartition. – Enfin, il convient de développer la retraite par capitalisation de manière complémentaire au «système cœur» par répartition. En effet, même si toutes les mesures qui s’imposent sont prises pour la pérennité des régimes obligatoires par répartition, il reste que leur équilibre financier dépend pour partie de la croissance. Dans le même temps, le taux de remplacement est plus bas chez les cadres que chez les non cadres. Encourager un complément de retraite par capitalisation, notamment chez les jeunes cadres, permettrait donc de leur assurer un meilleur taux de remplacement et donnerait une souplesse supplémentaire pour équilibrer le régime général. Pour Pierre Gattaz, Président du MEDEF : « Aujourd’hui, les Français sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants. L’incertitude qui pèse sur le système de retraite actuel participe à cette inquiétude. Il est de notre devoir et de celui du gouvernement de tenir un discours de vérité et de proposer des réformes courageuses et ambitieuses qui redonnent confiance à nos concitoyens. C’est le sens des propositions du MEDEF ».

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