La pénibilité du travail doit être traitée par la prévention et non par la retraite

Le Medef souhaite une réforme ambitieuse et pérenne du système de retraite français. Il a ainsi rendu publiques 24 propositions le 25 juillet dernier.

Les entreprises estiment qu’en matière de pénibilité la prévention et l’amélioration continue des conditions de travail doivent constituer la priorité. Traiter cet enjeu pour les salariés lors du départ à la retraite ne peut constituer une réponse satisfaisante. La pénibilité doit se régler par la prévention et non par les pensions de retraite.

L’engagement des entreprises en faveur de la prévention doit permettre aux salariés d’avancer en âge au travail dans de bonnes conditions. L’ensemble des acteurs doivent être mobilisés – assurance-maladie et branche AT-MP (accidents du travail-maladies professionnelles), médecine du travail, agence pour l’amélioration des conditions de travail… – pour accompagner les PME et les salariés les plus fragiles.

Il existe d’ailleurs plusieurs aménagements – carrières longues, amiante, invalidité – qui permettent à 25 % d’une classe d’âge de partir chaque année plus tôt à la retraite.

De plus, la loi de 2010 a créé plusieurs dispositifs en matière de pénibilité :

  • obligation d’un accord d’entreprise ou d’un plan d’action relatif à la prévention assortie d’une pénalité de 1 % de la masse salariale,
  • accords de branches ou d’entreprises pour alléger ou compenser la charge des salariés occupés à des travaux pénibles,
  • mise en place d’une fiche individuelle de suivi des salariés exposés à un ou plusieurs risques,
  • abaissement de l’âge de départ à la retraite en cas d’incapacité reconnue suite à une exposition à des facteurs de pénibilité.

Le gouvernement envisage néanmoins d’intégrer dans la réforme des retraites un nouveau dispositif, via la création d’un « compte pénibilité », et de nouvelles hausses de cotisations sociales afin de financer un système de bonification pour les carrières pénibles.

Ce dispositif, qui demande à être examiné de près, est extrêmement dangereux. Son impact n’a pas été véritablement évalué. Il conduirait à augmenter le coût du travail et donc à augmenter le chômage : le Medef rappelle qu’une augmentation de 0,1 % des cotisations sociales des entreprises représente 2 000 à 6 000 postes détruits à court terme (2015) et 6 000 à 12 000 postes à long terme (5-10 ans). Ce volet « pénibilité » viendrait également alourdir à nouveau les contraintes administratives, pourtant déjà considérables, qui pèsent sur les dirigeants des petites entreprises dans ce domaine.

Pour Jean-François Pilliard, vice-président du Medef en charge du pôle social, « la pénibilité doit être traitée par la prévention. Dans ce sens le Medef incite les entreprises à poursuivre et à développer les actions engagées. En aucun cas il ne pourra être accepté des charges nouvelles qui, loin de régler la question de fond, contribuent à augmenter le chômage ».

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