MEDEF Actu-Eco de la semaine du 2 au 6 septembre 2013

FRANCE
1.Croissance du PIB français au 2ème trimestre 2013 : +0,5%, et +0,3% sur un an
2.Emploi salarié marchand non agricole au 2ème trimestre 2013 : -27 800, et -118 300 sur un an
3.Demandeurs d’emploi en juillet  2013 : +6 300 et +298 000 sur un an
4.Climat des affaires en août 2013 : redressement dans tous les secteurs, mais niveau toujours bas
5.Budgets d’investissement dans l’industrie en 2013 : -6% par rapport à 2012, -11% par rapport à 2007

EUROPE
6.Croissance dans la zone euro au 2ème trimestre 2013 : +0,3%,  PIB inférieur de 2%  à son niveau d’avant crise
7.Climat des affaires en Allemagne en août 2013 : une nouvelle amélioration

INTERNATIONAL
8.Prévision  de l’OCDE pour 2013 : retour de l’Europe à  la croissance
9.Tendances récentes des marchés

 


Selon la première estimation de l’INSEE, le PIB a rebondi de +0,5% au 2ème trimestre 2013 (+1,9% l’an), après deux trimestres consécutifs de baisse (-0,2% au 4ème trimestre 2012 et au 1er trimestre 2013).
Il s’agit de sa plus forte hausse depuis le 1er trimestre 2011. Sur un an, le PIB aurait progressé de +0,3% l’an. Reste qu’il n’a pas encore retrouvé son niveau du 1er trimestre 2008, avant le début de la récession.

Ce rebond recouvre :
 
En termes sectoriels :

  • une progression de +2%  de la production manufacturière (+0,2% au 1er trimestre 2013), notamment grâce aux matériels de transport (+8,2%, après -1% au premier trimestre) ;
  • une reprise de la production de services marchands (+0,7%), après une stagnation au 1er trimestre 2013 ;
  • une nouvelle baisse de -0,7% de l’activité dans la construction.

En termes de composantes :

Ce rebond a été permis, en dépit d’une contribution nulle du commerce extérieur, grâce à l’accélération de la consommation des ménages (+0,4%, après -0,1% au 1er trimestre 2013) tirée pour l’essentiel par sa composante énergétique et la hausse des stocks (+0,2%, après +0,1% au premier trimestre).  En revanche, la contribution de l’investissement a  été négative (investissements productifs, et le logement. C’est dire que cette croissance du printemps 2013 ne repose pas sur un socle solide.

L’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année est de +0,1%. L’année 2013 devrait ainsi rester une année de quasi-stagnation. Une véritable reprise supposer un redémarrage effectif et significatif des investissements, qui n’est pas encore au rendez-vous.

Compte tenu du décrochage de la production depuis cinq ans, retrouver la tendance moyenne qui prévalait avant le début de la crise (+1,6% l’an), supposerait une croissance entre +0,5 et +1% durant plusieurs trimestres (+2,5-3% l’an). En tout état de cause, la croissance annuelle doit dépasser +1,5% pour que le taux de chômage commence véritablement à diminuer.

Les derniers indicateurs de conjoncture laissent présager une orientation un peu plus favorable de l’activité depuis le début de l’été. C’est ce que suggère d’ailleurs la dernière prévision de l’OCDE qui retient une croissance moyenne de +0,4% au 3ème et au 4ème trimestre de cette année et une prévision moyenne de +0,3% entre 2012 et 2013.  Cette prévision de l’OCDE suppose, pour se réaliser, une accélération des exportations (sans accélération des importations) et une reprise des investissements,


Selon une première estimation, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole ont baissé pour le cinquième trimestre consécutif au 2ème trimestre 2013 : -27 800 postes (-0,2%), après -8 300 au 1er trimestre 2013 (-0,1%).  Ils représentent  désormais 15 932 600 personnes, plus bas niveau depuis le 3ème trimestre 2009. Hors intérim, la baisse des effectifs a été un peu moins marquée : -24 100 postes, après -21 700 début 2013.

Cette baisse des effectifs au printemps 2013 se retrouve dans tous les secteurs :

  • poursuite des pertes d’emploi dans la construction (-7 100 postes au 2ème trimestre 2013, après -7 300 au 1er trimestre 2013) ;
  • accélération de la baisse dans l’industrie (-12 900, après -11 800) ;
  • poursuite du repli dans les services et commerce (-4 200, après -2 400) ;
  • recul des emplois intérimaires (-3 700), après un redressement début 2013 (+13 400).

Sur un an, les effectifs salariés ont baissé de -118 300 (-0,7%) et de -90 700 hors intérim (-0,6%).

Au 2ème trimestre 2013, les effectifs  salariés du secteur marchand non agricole sont inférieurs de -502 000 (-3%) à leur niveau  du 1er trimestre 2008, à la veille de la récession. Sur la même période, ils ont baissé de -376 000 dans l’industrie (-10%), de -91 500 dans la construction (-6%), de -155 000 dans l’intérim (-23%), et au contraire augmenté de +121 000 dans les services et le commerce hors intérim. 


Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine s’est à nouveau accru au mois de juillet 2013 (+6300, soit +0,2%, après +0,5% au mois de juin).

Un nouveau record historique de demandeurs d’emploi est ainsi atteint (3 285 700 personnes). En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C), le nombre total de demandeurs d’emploi s’est accru de +52 200 personnes (+1,1%), à 4 851 900.

Entre juillet 2012 et juillet 2013, le nombre de demandeurs d’emploi est en hausse de +10% (+297 900 personnes). Cette hausse recouvre :

  • par sexe : une progression plus importante chez les hommes (+10,8% sur un an, soit +167 600 personnes) que chez les femmes (+9,1%, soit +130 300) ;
  • par tranche d’âge : un accroissement de +6,9% chez les moins de 25 ans (+35 700) et de +9,1% chez les 25-49 ans (+168 700). Les 50 ans et plus sont toujours les plus touchés (+15,1%, soit +93 500) ;
  • par région : l’augmentation du nombre de demandeur d’emploi (catégorie A) n’a épargné aucune région de la France métropolitaine (+9,9%). La progression est allée de  +7,6 % en Bourgogne à +16% en Corse, en passant par +9,8% en Ile de France, +9,6% en Rhône-Alpes, +9,5% en Provence-Alpes-Côte d’Azur, +11,8% en Languedoc Roussillon…

La hausse est de +6,3% dans les départements d’Outre-Mer : +3,6% en Guadeloupe, +12% en Guyane, +3,4% en Martinique et +7,8% en Réunion.

Toujours sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi pour les catégories A, B et C a progressé de +9%, soit +400 900 personnes. Au sein de cette population, le nombre de chômeurs de longue durée (plus d’un an) a enregistré un nouveau record : 1 989 800 personnes (+16,4% sur un an), soit 41% des demandeurs d’emploi (38,4% en juillet 2012). Ils se répartissent ainsi : 8% de moins de 25 ans, 62% de 25-49 ans et 30% de 50 ans et plus.

Sur ces 1 989 800 demandeurs, 50% sont inscrits à Pôle emploi depuis 2 ans ou plus : 432 800 avec une ancienneté de 2 à 3 ans et 557 500 avec une ancienneté de 3 ans ou plus (+18,9% sur un an).

Selon la Dares, la durée moyenne du chômage est désormais de 5,5 trimestres (catégories A, B, C), contre 5,2 trimestres en juillet 2012. C’est le seuil critique à partir duquel, selon le Conseil d’Orientation de l’Emploi, se réduisent considérablement les chances d’une réinsertion professionnelle.

L’Insee a publié cette semaine le taux de chômage du 2ème trimestre 2013 au sens du BIT. Il s’est élevé à +10,5% (10,4% au 1er trimestre 2013 et 9,8 % un an plus tôt).

Cette hausse de +0,7 point recouvre une différence marquée entre celle du chômage des jeunes (+1,5 point) pour atteindre 24,6% et celle du  taux de chômage des autres catégories(+0,6 point pour les 24-49 ans, et +0,7% pour les 50 ans et plus et +0,7 point, soit un taux de chômage respectivement  de 9,6% et 7,5%.


L’indicateur synthétique du climat des affaires a poursuivi en août son redressement amorcé en mai, mais demeure très inférieur à sa moyenne 2007-2012.

C’est le cas dans tous les secteurs, à des degrés divers et des niveaux toujours bas :

  • industrie manufacturière : poursuite du redressement, à un niveau médiocre : perspectives qui s’améliorent dans les industries agroalimentaires, moindre pessimisme dans le secteur de l’équipement ;
  • Bâtiment : stabilisation de l’indicateur à son plus bas niveau depuis décembre 2009 ;
  • redressement dans les services (transport de marchandise,  services aux entreprises, mauvaises orientations dans l’hébergement-restauration et l’information-communication)  et plus encore le commerce de détail (amélioration des intentions de commandes).


Selon l’enquête de juillet 2013 de l’Insee sur les investissements dans l’industrie manufacturière (1/4 de l’investissement en France), les budgets  baisseraient de -6% en 2013 après +5% en 2012.

Cette enquête fait ainsi apparaître :

  • une révision à la baisse de la hausse des dépenses d’investissement en 2012 (+7% dans l’enquête d’avril). Elle a été particulièrement marquée dans le secteur des biens d’équipement (-1% au lieu de +3%) ;
  • une accentuation de la baisse attendue  en  2013 (-4% dans l’enquête précédente).

C’est dire qu’en cumul, les budgets d’investissement dans l’industrie baisseraient de -1% sur les deux années. Si ces chiffres se confirment, l’investissement industriel sera ainsi inférieur de -11% à son niveau de 2007, avant la crise.

Cette baisse des budgets d’investissement en 2013 concerne tous les secteurs (notamment -25% dans l’automobile, après +22% en 2012),  à l’exception dans les  industries agroalimentaires (stabilité, après +8% en 2012).
Par ailleurs, l’enquête suggère que l’investissement industriel  pourrait se stabiliser au second semestre : le nombre d’industriels anticipant une hausse de leurs investissements est quasiment le même que celui des industriels anticipant une baisse.


Selon « l’estimation rapide » d’Eurostat pour le deuxième trimestre 2013, le PIB a progressé de +0,3% dans la zone euro et +0,4% dans l’ensemble de l’Union européenne. Il avait reculé de -0,3% et -0,1% respectivement au premier trimestre 2013.

Entre le premier et le deuxième trimestre 2013, on distingue trois tendances, selon les pays :

  • accélération de la croissance en Allemagne (+0,7%), en Autriche (+0,2%) et en Finlande (+0,7%) ;
  • retour de la croissance en France (+0,5%), en Belgique (+0,1%) et en Portugal (+1,1%) ;
  • atténuation de la récession en Espagne (-0,1%), en Italie (-0,2%) et aux Pays-Bas (-0,2%).

Il reste que sur un an, seules l’Autriche, la France et l’Allemagne enregistrent une évolution positive de leur PIB.
* Ce rebond du 2ème trimestre est loin de compenser les reculs antérieurs : le PIB de la zone euro reste inférieur de 2,2%  à son niveau du 1er trimestre 2008.

Cette situation contraste avec celle des Etats-Unis, où le PIB du 2ème trimestre 2013 a dépassé de 5,3% celui du 1er trimestre 2008.
Au sein même de la zone euro, le PIB de seulement trois pays dépasse le niveau du début 2008 : l’Allemagne (+2,3%), l’Autriche (+1,1%) et la Belgique (+0,5%). En France, le PIB  lui est encore légèrement inférieur (-0,3%).


Le climat des affaires en Allemagne s’est significativement amélioré en août 2013. L’indice IFO a atteint son niveau le plus haut depuis avril 2012.

L’amélioration a été particulièrement  sensible dans l’industrie.

Dans le commerce de gros, la situation s’est également améliorée grâce aux commandes reçues et aux perspectives d’exportation très positives, alors que dans le  commerce de détail la progression de l’indice a décéléré, pour le 2ème mois consécutif.

Dans les services, malgré le léger recul de l’Indice, les perspectives restent très optimistes.

En revanche, dans le secteur de la construction l’indice baisse pour le 2ème mois consécutif, et les perspectives demeurent pessimistes.

Cette amélioration globale du climat des affaires au mois d’août recouvre une progression de l’indice concernant la situation actuelle plus marquée que celle concernant les perspectives à six mois.

Dans les deux cas, l’indice est supérieur à son niveau moyen.

L’augmentation de l’indice IFO est confirmée par celle des autres indicateurs de climat (enquêtes PMI auprès des directeurs d‘achat), nettement au-dessus de la barre des 50 qui marque le passage d’une phase de contraction à une phase d’expansion de l’activité.


L’OCDE vient de publier une nouvelle « évaluation économique intermédiaire » de la croissance dans les grands pays d’ici la fin de l’année.

Il en ressort pour le second semestre 2013 :

  • Une croissance de +2,5% l’an 2013 aux Etats-Unis et +2,6% au Japon ;
  • Une accélération de la croissance en Europe, sous l’impulsion notamment  de l’Allemagne (+2,4% l’an), de la France (+1,5% l’an), et du Royaume-Uni (+3,5% l’an) et de la  forte atténuation de la récession en Italie (-0,3% l’an) ;
  • Une ré-accélération de la croissance en Chine (+8% l’an au dernier trimestre).

Reste que, compte tenu des mauvais résultats de la fin 2012-début 2013, la croissance moyenne de l’année 2013 sera inférieure à celle de 2012 aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, ainsi qu’en Allemagne. En revanche, 2013 serait meilleur que 2012 en France, en Italie et au Royaume-Uni. 

L’OCDE souligne toutefois qu’ «une reprise soutenue n’est pas encore fermement établie» dans le monde, en raison de plusieurs « risques » :

  • ralentissement dans la plupart des pays émergents, notamment les BRIC (à l’exception de la Chine) ; 
  • vulnérabilité persistante de la zone euro aux risques financiers, bancaires et budgétaires (dettes souveraines) ;
  • montée du chômage ;
    • faiblesse des investissements dans les économies avancées depuis le début de la crise.

D’où les recommandations suivantes :

  • nécessité de politiques structurelles pour soutenir  l’activité et l’emploi (baisser la pression fiscale-notamment les charges sur le travail-, réduire les déficits externes et internes) ;
  • dans la zone euro, maintenir la politique monétaire en vigueur et  adopter des mesures supplémentaires pour inciter les banques à distribuer davantage de crédits.


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