MEDEF Actu-Eco de la semaine du 9 au 13 septembre 2013

FRANCE
1.Défaillances d’entreprise en juin 2013 : 61 758 (+4,7% sur un an)
2.Crédits nouveaux au secteur privé en juin 2013 : -2,9% en cumul sur un an (+3,2% pour les ménages, -6,9% pour les entreprises)
3.Crédits aux entreprises en août 2013 : conditions d’octroi inchangées, baisse de la demande
4.Balance commerciale en juillet 2013 : -5,1 milliards d’euros, et -61,8 milliards d’euros en glissement sur un an
5.Production industrielle en juillet 2013 : -0,7%, et -1,1% sur un an en moyenne mobile sur 3 mois
6.Moral des ménages en août 2013 : nouvelle amélioration de l’indicateur à un niveau toujours bas
7.Prix à la consommation en août 2013 : +0,5% sur un mois, et +0,9% sur un an

INTERNATIONAL
8.Marché de l’emploi aux Etats-Unis en août 2013 : +169 000 créations d’emploi, taux de chômage de 7,3%
9.Tendances récentes des marchés

 


Selon la Banque de France (septembre 2013), les défaillances d’entreprise (redressement ou liquidation judiciaire) ont bondi de +4,7% en juin sur douze mois, pour atteindre 61 758. Ces derniers chiffres font apparaître des évolutions contrastées selon les secteurs d’activité et la taille des entreprises.

Par secteur : les plus fortes hausses de défaillances entre juin 2012 et juin 2013 ont été observées dans les activités immobilières, l’hébergement et la restauration, et à un moindre degré dans  le soutien aux entreprises, la construction  et le commerce. En revanche, le nombre des  défaillances a baissé dans les activités financières et d’assurance, l’information et communication.

Par taille d’entreprise : la hausse des défaillances sur un an est imputable exclusivement aux TPE (+4,8%). Celles  des PME, des ETI et des grandes entreprises ont reculé.

Si la tendance se prolongeait au cours des prochains mois, le nombre de défaillances d’entreprises pourrait retrouver, voire dépasser le record de 2009.
Selon Standard & Poors, la France serait avec les Pays-Bas le pays en Europe où le risque de défaut des entreprises a le plus
progressé au deuxième trimestre 2013.


Selon les derniers statistiques de la Banque de France, les crédits nouveaux au secteur privé (entreprises et ménages) ont poursuivi en juin 2013 leur redressement amorcé en mars dernier, pour atteindre 393 milliards d’euros en cumul sur un an. Cependant, ils restent inférieurs de -2,9% à leur niveau de juin 2012 et -24,7% au point haut atteint en avril 2008 (513,4 milliards d’euros).

Ce redressement est totalement imputable à celui des crédits aux ménages qui a atteint un niveau supérieur à celui qui prévalait un an plutôt (+3,2% entre juin 2012 et juin 2013, toujours en cumul sur un an). Cette progression sur un an tient entièrement aux crédits à l’habitat, en forte progression (+5,3%), alors que les crédits à la consommation ont baissé sur la même période.

En revanche, les crédits aux sociétés non financières ont continué de se replier : -6,9% en cumul sur un an, entre juin 2012 et juin 2013 (-7,3% en mai), point le plus bas depuis avril 2005 (230,2 milliards d’euros). Ce nouveau recul est imputable aux crédits à moins d’un an (-5,6%) et, de façon beaucoup plus marquée, aux crédits à plus d’un an (-10,2%), c’est-à-dire pour une bonne part à ceux destinés à financer les investissements.


Selon la dernière enquête mensuelle de la Banque de France, réalisée auprès des établissements de crédit, les conditions d’octroi de crédits aux entreprises sont restées inchangées en août 2013 par rapport à  juillet. Ceci est vrai aussi bien pour les crédits aux PME que ceux pour les grandes entreprises.

Au-delà de la conjoncture instantanée, l’accès aux crédits des entreprises ne parait pas se heurter à des conditions particulières depuis plusieurs trimestres. Ceci naturellement à l’exception du second semestre 2011 qui a vu un brutal resserrement des conditions de crédit. Ce dernier est à relier aux difficultés rencontrées par les banques pour se financer sur le marché, dans le  contexte de crise des dettes souveraines en Europe et de financement interbancaire particulièrement tendu.

Selon cette même enquête, les marges appliquées aux crédits des entreprises présentant un risque moyen ont parfois été réduites, alors que celles relatives aux profils plus risqués sont restées inchangées.

Par ailleurs, les établissements de crédit font état d’une baisse de la demande de crédits (PME et grandes entreprises) après  le rebond enregistré en juillet dernier.  Cette baisse à rapprocher de celle des investissements qui auraient stagné au 2ème trimestre 2013, après cinq trimestres consécutifs de recul.

L’enquête suggère aussi que si la demande de crédits baisse depuis un an, cette baisse est aujourd’hui moins forte qu’au début de l’année.


Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est creusé en juillet 2013, de -0,6 milliard d’euros, pour atteindre -5,1 milliards d’euros.
Cette dégradation tient à une progression moindre des exportations que des importations.  Elles restent en deçà de leur niveau d’avril dernier, alors favorisées par des ventes exceptionnelles des industries aéronautiques, spatiales et navales. En revanche, le rebond des importations, après leur recul de mai, s’explique par la forte poussée des achats de produits énergétiques, mais aussi de la hausse des importations de l’industrie spatiale.

En glissement sur douze mois, le déficit commercial s’est réduit de -7,5 milliards d’euros, passant de -69,3 milliards d’euros en juillet 2012 à -61,8 milliards d’euros en juillet 2013. Cette réduction du déficit tient à un repli des importations (-1,2%), alors que les exportations n’ont que très modestement progressé (+0,3%).

En données FAB-CAF (définition permettant d’analyser les échanges en termes sectoriels et géographiques), le déficit commercial, toujours en glissement sur douze mois, s’est réduit de -7,4 milliards d’euros, passant de -86,4 à -79,5 milliards d’euros entre juillet 2012 et juillet 2013.

Par secteur, cette amélioration de la balance commerciale est entièrement imputable à celle du solde des échanges de produits manufacturés de -30,8 à -22,9 milliards d’euros, grâce à la baisse de -7,4% des importations (augmentation des exportations de +0,6%). C’est dire que cette amélioration tient non à un regain de compétitivité, mais à la faiblesse de la demande intérieure. L’amélioration a été notable dans les biens d’équipement, les produits pharmaceutiques, et à un moindre degré dans la chimie, les secteurs du bois, du papier et du carton. En revanche, le solde s’est dégradé dans les matériels de transport, mais aussi le textile-habillement et les produits métalliques.
Dans le même temps, l’excédent agroalimentaire s’est un peu accru (+0,8 milliard), et le déficit énergétique s’est creusé  de 1 milliard d’euros.

Par zone géographique, la réduction du déficit recouvre (en glissement sur 12 mois) :

  • un repli de -0,5 milliard d’euros du déficit avec la zone euro, à -40,6 milliards d’euros;
  • une réduction du déficit avec l’Europe hors UE (de -12 à -10,5 milliards d’euros) et avec l’Asie (de -27,6 milliards à -22,1 milliards d’euros). Ce dernier représente 54% du déficit avec la zone euro (67% un an plus tôt et 84% deux ans plus tôt) ;
  • le passage d’un excédent avec l’Afrique (+1 milliard d’euros) à un déficit (-0,8 milliard d’euros) ;
  • une amélioration du solde avec l’Amérique (de -3,8 à -2,6 milliards entre juillet 2012 et juillet 2013), ainsi qu’avec le Proche et Moyen –Orient (de +2,5 milliards à +2,9 milliards d’euros).


La production dans l’industrie manufacturière a baissé, de -0,7% en juillet 2013 après -0,4% en juin. Cette baisse est concentrée sur deux secteurs : la cokéfaction et le raffinage (-6%) et la fabrication de matériels de transport (-6,7%, dont -11,2% dans la construction automobile).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (mai, juin, juillet), l’activité manufacturière s’est repliée de -0,7% par rapport aux trois mois précédents (-1,1% sur un an). A titre indicatif, la production industrielle a également baissé en Allemagne, de -0,1% sur les trois derniers mois (-1,5% sur un an).

Ainsi, la production manufacturière en France est encore inférieure de -18% à son point haut de février 2008. En Allemagne elle n’est inférieure que de -4,6% par rapport à son point haut de mars 2008.

Le recul de la production industrielle des 3 derniers mois connus recouvre des évolutions sectorielles contrastées :

  • repli de dans la cokéfaction et raffinage (-4,2%), et dans les industries agroalimentaires (-0,4%);
  • progression dans la fabrication de matériels de transport (+1,4%, malgré le recul de -1,8% dans l’automobile), et dans les équipements (+0,7%) ;
  • baisse dans les autres industries, (dont -1,9% dans le bois, papier et imprimerie, -1,1% dans la pharmacie, -0,2 dans la métallurgie, stagnation dans  la chimie).

La confiance des ménages s’est redressée en août 2013, pour le deuxième mois consécutif : l’indicateur qui la synthétise gagne +2 points, après +3 points en juillet.

L’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France s’est améliorée en août 2013, comme en juillet.  Le solde d’opinion reste en dessous de sa moyenne 2007-2012.

S’agissant de leur situation financière personnelle, les ménages sont un peu moins pessimistes. Ils sont toutefois moins nombreux qu’en juillet à déclarer « opportun de faire des achats importants ». Là encore, le solde d’opinion est inférieur à sa moyenne 2007-2012.

Dans le même temps, la proportion des ménages considérant qu’il est « opportun d’épargner » recule.

La proportion des ménages anticipant une augmentation du chômage a continué de reculer en août. Le solde d’opinion correspondant est redescendu à son niveau de juillet 2012.  Il demeure toutefois nettement supérieur à sa moyenne 2007-2012, ce qui confirme la préoccupation persistante des ménages sur l’emploi.


L’indice des prix à la consommation s’est accru de +0,5% en août 2013, en données brutes, après -0,3% en juillet.

Cette forte hausse est notamment imputable à celles, saisonnières, des prix dans l’habillement avec la fin des soldes, et dans le tourisme avec les vacances d’été.
Elle est aussi alimentée par la hausse des prix de l’énergie et du tabac (au 15 juillet).
A noter, le seul poste en baisse au mois d’août : les prix de produits frais, du fait du recul saisonnier.

En données corrigées des variations saisonnières, l’indice a progressé au même rythme qu’en juin et juillet (+0,2%). Sur un an, la hausse a été de +0,9%, en légère recul par rapport à juillet (+1%), avec des évolutions contrastées : +1,8% pour les produits alimentaires (+7,6% pour les produits frais), +1,1% pour les services (-4,6% pour les transports et communications, +1,8% pour les loyers),  -0,3% pour l’énergie (-4,3% pour les produits pétroliers).

Entre mai et août 2013, la hausse des prix s’est nettement accélérée (+2,3% l’an, contre +0,3% l’an entre février et mai).

Cette brutale accélération s’explique par le renchérissement des produits énergétiques (+10,9% l’an) et à un moindre degré des  prix produits alimentaires (+3,6% l’an après +0,1% l’an), largement imputable aux prix des produits frais (+27,2% l’an, après -4,6% l’an).  Les prix des services ont augmenté de +2,9% l’an.

En revanche, les prix des produits manufacturés ont baissé de -2,5% l’an sur trois mois, après +1,5%  en mai (-3,7% l’an pour l’habillement et les chaussures et -1,9% pour les produits de santé). Les prix des voitures neuves ont augmenté de +4,5%.

Cette poussée des prix au début  de l’été  explique que l’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais), nulle au mois d’août, a été de +1 ,2% l’an sur trois mois (+0,6% sur 12 mois).


En août 2013, le secteur non agricole aux Etats-Unis a créé 169 000 emplois salariés, chiffre inférieur à ce qui était attendu.
Il est d’autant plus décevant que les créations d’emploi en juin et juillet ont été révisées à la baisse (+104 000 et +172 000 respectivement, contre +162 000 et +188 000).

Les créations d’emploi en août résultent pour une grande part de celles dans le secteur privé (+152 000). Le secteur public a renforcé ses effectifs (+17 000), après trois mois consécutifs de baisse.

Entre août 2012 et août 2013, le secteur non agricole américain aura créé 2,3 millions d’emplois (+2%). Au cours des huit premiers mois de l’année, 180 250 emplois auront été créés en moyenne par mois, un peu moins qu’en 2012 (+182 750 par mois en moyenne).

Le taux de chômage est passé de 7,4% de la population active au mois de juillet 2013 à 7,3% en août. C’est son plus bas niveau depuis décembre 2008. Cependant, la durée moyenne du chômage continue de s’allonger : 37 semaines au mois d’août après 36,6 en juillet et 39,5 en moyenne en 2012 (17,8 semaines en 2008).
Il faut également souligner que la population active continue à baisser (63,2 % des personnes en âge de travailler en août, après 63,4 % le mois précédent, et 64% en 2012) pour atteindre son plus bas niveau depuis 35 ans. Cette baisse contribue évidemment à réduire le taux de chômage.



Télécharger le pdf

Les derniers articles