MEDEF Actu-Eco de la semaine 16 au 20 septembre 2013

FRANCE
1.Financement des grandes entreprises en septembre 2013 : trésorerie encore tendue, réduction des délais de paiement, marges bancaires en hausse
2.Créations d’entreprise en août 2013 : -11,4%, et -23,9% pour les auto-entreprises
3.Coût du travail au 2ème trimestre  2013 : hausse du salaire horaire moyen de +1% (+2,2% sur un an), coût horaire supérieur de 8,3% au coût allemand
4.Tensions sur le marché du travail au 2ème trimestre 2013 : indicateur inférieur à celui  du 1er trimestre

INTERNATIONAL
5.Marché du logement aux Etats-Unis en août 2013 : hausse de +0,9% des mises en chantier, baisse de -3,8% des permis de construire
6.Tendances récentes des marchés

 


BRÈVE

La Banque centrale américaine (Fed) vient de décider de maintenir inchangée sa politique monétaire non-conventionnelle de monétisation de la dette « QE3 ». C’est une bonne nouvelle pour les marchés mais en même temps l’attestation d’un certain doute des autorités américaines sur la solidité de la croissance aux Etats-Unis. La Fed s’inquiète en effet du « peu de dynamisme de l’emploi et du resserrement des conditions financières. »


Selon l’enquête AFTE et Coe-Rexecode, réalisée début septembre, l’opinion des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés ou plus) sur la situation de trésorerie d’exploitation reste négative malgré son amélioration par rapport au mois d’août dernier.

L’enquête relève également que les délais de paiement des clients se seraient détendus en août pour le deuxième mois consécutif. Au-delà des fluctuations au mois le mois, la tendance reste nettement à la détente. L’Indicateur restant au-dessus de sa moyenne 2005-2012.

Par ailleurs, l’enquête met en évidence une remontée des marges payées par les entreprises sur leurs crédits bancaires, pour le troisième mois consécutif. Il montre également que les recherches de financement restent difficiles : l’indicateur ne s’est pas amélioré depuis avril.
En revanche, l’écart entre le taux d’intérêt moyen appliqué aux nouveaux crédits bancaires et le taux moyen à trois mois pratiqué par les banques pour se prêter de l’argent (Euribor) a baissé légèrement au mois d’août.


Les créations d’entreprise (données CVS, CJO) ont continué de baisser en  août pour le cinquième mois consécutif : -11,4% (après -1,5% en juillet) avec 38 251 créations (357 175 en cumul sur les huit premiers mois 2013).
Cette baisse, nettement plus marquée que lors des mois précédents, est due principalement à celle des créations d’auto-entreprise (-23,9% pour le mois d’août, après -2,2% en juillet).
Les créations hors auto-entrepreneurs ont progressé de +0,8% en août, après avoir baissé de -0,8% le mois précédent.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (juin, juillet, août 2013), les créations d’entreprise ont baissé de -5,5% sur un an, soit un recul de -2 432. Sont concernés principalement : les secteurs de la construction, les services aux ménages, l’activité immobilière et le soutien aux entreprises. Par type d’entreprise, ce repli est imputable aux auto-entrepreneurs (-16,7%). Les créations hors auto-entrepreneurs ont, au contraire, augmenté de +7,7%.


L’Insee vient de publier l’indice horaire du coût du travail pour le 2ème trimestre 2013. Il fait apparaitre une accélération de la hausse du salaire horaire moyen (+1% après +0,1% au 1er trimestre). Sur un an, la hausse aura été de +2,2%. Cette accélération salariale au deuxième trimestre concerne l’industrie (+1,1%, +2,5% sur un an) et le tertiaire (+1%, +2,1% sur un an). Dans la construction, le salaire horaire s’est légèrement redressé, +0,3% après un léger recul au 1er trimestre (-0,3%).
L’indice du coût horaire total du travail (salaire et charges comprises) aura augmenté de +1,1% (après -1,9% au 1er trimestre, du fait de la prise en compte par l’Insee du Crédit d’impôt compétitivité emploi dans le calcul de l’indice.

Simultanément, Eurostat vient de publier les indices trimestriels du coût horaire  de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole au 2ème trimestre 2013 pour l’ensemble des pays européens. Cet indice (base 100 en 2008) permet d’extrapoler le coût horaire 2008 en euros tel qu’il ressort de l’enquête quadriennale de 2008, la dernière disponible.
En France, le coût du travail, qui s’est accru de +1,2% (l’écart avec le +1,1% de l’Insee tient à un arrondi) au 2ème trimestre (+0,5% sur un an), s’est établi à 35,4 euros de l’heure. En Allemagne, il a progressé de +0,1% (+1,7% sur un an) pour atteindre 32,7 euros.

Ainsi, malgré le CICE, le coût horaire du travail en France dépasse de 8,3% le coût allemand. Il reste le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique.

Au 2ème trimestre 2013, le taux de charges sur salaire* en France s’est maintenu à 49,4%. Il est très supérieur à la moyenne de la zone euro (35,7%) et plus encore à celui qui prévaut en Allemagne (27,5%).

*Les charges annexes aux salaires comprennent, selon la définition d’Eurostat, les cotisations patronales de sécurité sociale, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses, telles que les coûts de recrutement et les vêtements de travail, et les taxes sur l’emploi considérées comme coûts de main d’œuvre déduction faite des subventions reçues.

La hausse de +1,2% du coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole recouvre des progressions diverses selon les secteurs :

  • +1,3% dans l’industrie manufacturière pour atteindre 37,1 euros (+0,5% en Allemagne, 37,2 euros) ;
  • +0,4% dans la construction pour s’établir à 31,2 euros (+0,5% en Allemagne, 25,9 euros) ;
  • +1,1% dans les commerces et services à 35,1 euros (-0,3% en Allemagne, 39,9 euros).

L’écart de coût horaire de 8,3% entre la France et l’Allemagne tient non à l’industrie (niveaux quasiment identiques entre les deux pays), mais aux autres secteurs (construction, services), où l’heure de travail en France dépasse celle observée  en Allemagne : +20,4% dans la construction, et +17,5% dans les services.
Il faut souligner que ces différentiels, défavorables à la France, notamment dans les services, impactent les coûts de production des entreprises industrielles, dès lors qu’elles tendent de plus en plus à externaliser des fonctions tertiaires.

Sur plus longue période, entre 2000 et le 2ème  trimestre 2013, le coût du travail dans le secteur marchand non agricole en France s’est accru de +45% en euros courants, contre seulement +24% en Allemagne. Il est ainsi passé de 24,4 euros à 35,4 euros au 2ème trimestre 2013 (respectivement de 26,3 à 32,7 euros en Allemagne). Cette dérive des coûts français par rapport aux coûts allemands représente une perte de compétitivité-coût de 15,6% sur la période.
Toutefois, les évolutions relatives du coût horaire de la main d’œuvre en France et en Allemagne ces toutes dernières années montrent que le processus de divergence à l’œuvre depuis 2000 s’est interrompu.


L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est de nouveau inscrit en baisse au 2ème trimestre 2013 : -3,9%, après -6% au 1er trimestre 2013. Cette évolution résulte d’un repli de -3% des offres d’emploi et d’une augmentation de +1,3% des entrées, qui sont remontées au même niveau que le 4ème trimestre 2012.
L’indicateur global est en retrait de -16,5% par rapport à son niveau du 2ème trimestre 2012. Il est inférieur de -5,7% à son point bas du 1er trimestre 2009, et de -31% à sa moyenne de longue période (1998-2012). Ce niveau confirme la situation toujours très dégradée du marché du travail.

Cette baisse de l’indicateur de tensions se retrouve dans tous les secteurs, mais avec des intensités diverses.

  • Dans l’industrie, l’indicateur a baissé de -6,8%, après -5,1% au 1er trimestre (-21,7% sur un an). Il s’agit du septième trimestre consécutif de baisse. Il est inférieur de -19% à sa moyenne de longue période.

    Ce repli concerne notamment les « industries de process » (-18%), « l’électricité et l’électronique » (-13%), les « matériaux souples, bois, industrie graphique » (-11%), et, dans une moindre mesure, la « maintenance » (-4%) et la « mécanique et travail des métaux » (-2%).

    Parmi les familles professionnelles de l’industrie, les tensions progressent uniquement pour les « ouvriers qualifiés travaillant par enlèvement de métal », les « ouvriers qualifiés de la mécanique » (+4%) et les « ouvriers non qualifiés de la réparation automobile » (+2%). D’autres familles connaissent, au contraire, une baisse importante des tensions : c’est le cas par exemple des « ouvriers qualifiés du textile et du cuir » (-18%).

  • Dans le bâtiment et les travaux publics, l’indicateur de tensions s’est légèrement redressé (+0,9%) au 2ème trimestre mais reste inférieur de -15% à son niveau d’il y a un an, et de -49% à sa moyenne de longue période.

    Ce redressement de l’indicateur au 2ème trimestre concerne la moitié des familles professionnelles. Elle est particulièrement marquée pour les « conducteurs d’engins » (+25%) et les « cadres du bâtiment et des travaux publics » (+13%). En revanche, les tensions diminuent pour les « ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment » (-4%).

  • Dans le tertiaire, l’indicateur a baissé de -3,7%, après -4% au 1er trimestre 2012 (-15% sur un an). Pour le huitième trimestre consécutif il est inférieur de -29,5% à sa moyenne des années 1998-2012.

    La baisse a été la plus importante dans les domaines des « études et recherche », « transport, logistique » et « tourisme, hôtellerie, restauration, alimentation ». A contrario, les niveaux de tensions sont en hausse dans la « communication, information, art et spectacle » (+10%), la « banque et assurance » (+4%).


Les derniers chiffres concernant le marché résidentiel aux Etats-Unis sont en nette amélioration depuis deux mois. Les mises en chantier de logements ont augmenté de +0,9% en août 2013 (+5,7% en juillet) pour atteindre 891 000 unités. Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +19%.
Par ailleurs, les permis de construire ont baissé de -3,8% à 918 000 au mois d’août (après +3,9%, 954 000). Sur un an, ils ont augmenté de +11% (+13% en juillet, +17% en juin).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (juin-juillet-août 2013), les mises en chantier ont baissé de -6% par rapport aux trois mois précédents (+16,1% sur un an). En revanche, la baisse des permis de construire sur la même période était moins prononcé (-3%, +14% sur un an), elles restent inférieur de -35% à leur niveau moyen des années 2000-2012.

Les perspectives demeurent fondamentalement bien orientées, au vu de l’indicateur NAHB (National Association of Home Builders) qui se situe à un niveau relativement élevé. Les prix des logements continuent d’augmenter. Le le déficit de logements neufs continue de croître, le nombre de mise en chantier de logements (proche des 900 000 l’an), reste en dessous du niveau jugé « normal » (environ 1,5 million) compte tenu de l’évolution démographique et des besoins de renouvellement du parc.



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