Pierre Gattaz sur BFM TV : « On ne fait pas baisser le chômage sans croissance et sans les entreprises »

Invité  le 27 septembre de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV et RMC, Pierre Gattaz a affirmé ne pas croire à la baisse du chômage dans la durée « tant que nous n’aurons pas réglé le problème de compétitivité de notre pays et des entreprises ». Pour lui la seule solution durable  est de « jouer la carte de l’entreprise, de nos équipes et de nos salariés ». Le Président du Medef s’est également déclaré insatisfait du budget 2014 et appelle une fois encore le gouvernement à « avoir le courage de baisser les dépenses publiques. » Enfin, Pierre Gattaz considère « qu’il faut modifier la loi sur le travail du dimanche. »<

« Tant mieux si nous avons réduit un peu le chômage à fin août, » a déclaré le président du Medef ajoutant «  je n’y crois pas dans la durée car nous avons une croissance extrêmement faible en France, et tant que nous n’aurons pas réglé le problème de compétitivité de notre pays et des entreprises, le chômage malheureusement ne se réduira pas durablement. » (…) « Un vrai emploi c’est un emploi qui est payé par les marchés, les clients et qui est créé par une entreprise » a ajouté Pierre Gattaz.

Pierre Gattaz en est convaincu « Les entreprises françaises sont absolument extraordinaires ,la France est un pays magnifique, magnifique et nous avons tout pour réussir. » Mais, déplore-t-il,  « nous n’avons pas fait le pari de l’économie… le pari de la conquête du monde, et nous sommes recroquevillés sur nous-mêmes. »

Interrogé sur le dialogue social, le président du Medef assure « qu’ on ne fait que ça dans nos entreprises (…) une entreprise c’est une équipe, mais [le dialogue social] on souhaite toujours institutionnaliser, le formaliser, le packager. Et le pire qui puisse nous arriver, c’est de rajouter 100, 200 ou 300 pages de Code du travail, c’est ce qu’on a fait depuis 30 ans.

Quant au moral des chefs d’entreprise, Pierre Gattaz  considère que non seulement  il « ne remonte pas, mais se dégrade (…) le marché français n’est pas reparti, le marché européen est en crise et en effet, c’est très difficile pour les sociétés françaises, sur le terreau France à aller prendre les poches de croissance. »

Le budget 2014 ne satisfait pas Pierre Gattaz pour deux raisons «  D’abord on nous a rajouté 2,5 milliards de prélèvements obligatoires, alors que les entreprises sont asphyxiées par une fiscalité et des charges beaucoup trop élevées. (…) Deuxième point, on vient de nous inventer un nouvel impôt, l’impôt sur l’excédent brut d’exploitation qui est dévastateur car il va pousser les gens à moins investir en France. » (…) « je trouve que c’est insupportable qu’on taxe encore plus les ménages, les salariés et les entreprises, c’est un combat commun. Ce qu’il faut faire, c’est réduire les dépenses publiques, il faut avoir le courage d’y aller. »

Revenant sur le coût du travail, le Président du Medef a réaffirmé  que  « c’ est un vrai problème et il faut le traiter une bonne fois pour toute. »  C’est pourquoi le Medef propose « un transfert de 34 milliards de charge qui pourraient être compensés par 2 points de TVA et 1 point de CSG. »

Le Président du Medef s’est par ailleurs dit « estomaqué » par les décisions de justice aujourd’hui en cours sur le travail du dimanche. Pour lui « c’est une double peine ». « Première peine, on pénalise le client. Deuxième peine, on pénalise les salariés qui veulent travailler et on pénalise l’entreprise. (…) Donc moins de chiffre d’affaires, moins d’investissements, moins d’emplois. » C’est pourquoi le Medef demande « une modification de la loi. »

Enfin Pierre Gattaz s’est dit être «  un fanatique de l’employabilité de nos salariés dans l’adaptation permanente que le monde nous impose et que les technologies nous imposent. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’un salarié dans sa vie, il va peut-être connaître 3, 4, 5, 6 entreprises. Et notre responsabilité de patron, c’est de former tout le temps les salariés. »

>> Revoir l’émission

Les derniers articles