MEDEF Actu-Eco de la semaine du 14 au 18 octobre 2013

FRANCE
1.Créations d’entreprise en septembre 2013 : +4,6%, dont +56,7% pour les auto-entreprises et -25,9% pour les créations hors auto-entrepreneurs
2.Crédits aux entreprises en août 2013 : conditions d’octroi inchangées, baisse de la demande
3.Financement des grandes entreprises en septembre 2013 : trésorerie dégradée, réduction des délais de paiement, marges bancaires en baisse
4.Prix à la consommation en septembre 2013 : +0,1% sur un mois, +0,9% sur un an
5.Prélèvements obligatoires sur les entreprises en 2012 : niveau record en Europe avec 26,5% de la valeur ajoutée

INTERNATIONAL
6.Croissance chinoise au 3ème trimestre 2013 : +9,5% l’an, +7,8% sur quatre trimestres
7.Tendances récentes des marchés

 


BREVE

Allemagne : prévision de croissance des cinq grands instituts de conjoncture allemands révisée à la baisse de +0,8% à +0,4% en 2013.


Les créations d’entreprise (données CVS, CJO) ont augmenté en septembre : +4,6% (après -1,4% en août) avec 46 028 créations (357 175 en cumul sur les neuf premiers mois 2013).

Cette hausse, la plus marquée depuis novembre 2011, est due principalement à celle des créations d’auto-entreprise (+56,7% pour le mois de septembre, après -23,9% en août).

Les créations hors auto-entrepreneurs (44,7% du total) ont reculé de -25,9% en septembre, après avoir progressé de +19,3% le mois précédent.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (juillet, août, septembre 2013), les créations d’entreprise ont quasiment stagné par rapport aux trois mois précédents. Sur un an, elles ont reculé de  -3,7%, soit une baisse de -1 719 créations. Cette baisse était notable pour les secteurs de la construction, le soutien aux entreprises, les services aux ménages et le transport et entreposage.

Par type d’entreprise, ce repli est imputable aux auto-entrepreneurs (-1,2%). Les créations hors auto-entrepreneurs ont, au contraire, augmenté de +4%.

A l’inverse, les créations ont augmenté dans l’industrie manufacturière et l’hébergement et restauration.


Selon la dernière enquête mensuelle de la Banque de France réalisée auprès des établissements de crédit, les conditions d’octroi de crédits aux entreprises sont restées inchangées entre août et septembre 2013. Ceci est vrai aussi bien pour les crédits aux PME que pour ceux aux grandes entreprises.
Ainsi, depuis le printemps 2012, l’accès aux crédits des entreprises ne témoigne d’aucun durcissement particulier.

Selon cette même enquête, les marges appliquées aux crédits des entreprises présentant un risque moyen, comme celles aux profils plus risqués, ont légèrement baissé.

Par ailleurs, près d’un quart des banques de l’échantillon font état d’une baisse de la demande de crédits des entreprises. Ces baisses touchent davantage les PME que les grandes entreprises. 

Cette tendance de la demande de crédits est en ligne avec ce que l’on sait sur les évolutions attendues des investissements.

Il semble toutefois que les conditions de financement restent difficiles pour les PME. C’est en tout cas ce qui ressort du dernier baromètre de KPMG et de la CGPME sur le financement et l’accès au crédit des PME en septembre 2013. Ce dernier indique que :

  • 37% des dirigeants se restreignent dans leurs investissements et leurs demandes aux banques en raison des difficultés d’accès au crédit ;
  • 76% d’entre eux font état d’au moins une mesure de durcissement par les banques, proportion comparable à celle enregistrée en juin 2010 : un financement avec des frais élevés ou des montants plus faibles que souhaités pour 50% d’entre eux ; des demandes de garanties supplémentaires de la part de leur banquier pour 42 % ; allongement dans les délais de financement par les banques après acceptation du dossier pour 25%.

Selon l’enquête AFTE / Coe-Rexecode, réalisée début octobre, l’opinion des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés ou plus) sur la situation de trésorerie d’exploitation reste négative. Elle s’est dégradée par rapport au mois de septembre.

L’enquête relève également que les délais de paiement des clients se seraient légèrement décontractés en octobre pour le troisième mois consécutif. Au-delà des fluctuations au mois le mois, la tendance reste nettement à la détente, l’indicateur se rapproche de sa moyenne 2005-2012.

Par ailleurs, l’enquête met en évidence une légère baisse des marges payées par les entreprises sur leurs crédits bancaires. Elle montre également que les recherches de financement sont un peu moins difficiles que les trois mois précédents.
En revanche, l’écart entre le taux d’intérêt moyen appliqué aux nouveaux crédits bancaires et le taux moyen à trois mois pratiqué par les banques pour se prêter de l’argent (Euribor) s’est un peu tendu en septembre.

Au-delà des seules grandes entreprises, les dernières enquêtes de conjoncture de la Banque de France montrent que les opinions sur la situation des trésoreries restent à des niveaux bas dans l’industrie et dans les services. Illustration supplémentaire que des difficultés de  trésorerie persistent, le nombre de demandes de délais à l’ACOSS pour le versement des cotisations URSSAF, s’il se réduit légèrement depuis la fin du printemps, reste proche du maximum atteint au printemps 2009. Il est 2,2 fois plus élevé que son niveau moyen des années 2004-2007.


L’indice des prix à la consommation s’est replié de -0,2% en septembre 2013, en données brutes, après +0,5% en août, laissant inchangée l’évolution des prix en glissement annuel à +0,9%.

Cette baisse est notamment imputable à celles, saisonnières, des prix de certains services touristiques en lien avec la fin de la période estivale et, dans une moindre mesure, du recul des prix de l’alimentation, en particulier des produits frais.

Cette baisse en partie annulée par le rebond, aussi saisonnier, des prix de certains produits manufacturés en lien avec la fin des soldes d’été, et par la nouvelle hausse des prix de l’énergie consécutive à celle du pétrole.

En données corrigées des variations saisonnières, l’indice a progressé de +0,1% (après +0,2% en août). Sur un an, la hausse a été de +0,9%, avec des évolutions contrastées : +1% pour les produits manufacturés (+1% pour l’habillement et chaussures, -3,1% pour les produits de santé), +1% pour les produits alimentaires (+2,5% pour les produits frais), +1,5% pour les services (-1,3% pour les transports et télécommunications, +1,7% pour les loyers),  +0,8% pour l’énergie (-2,5% pour les produits pétroliers).

En moyenne mobile sur trois mois, les prix ont décéléré, passant de +3,2% à +1,6% l’an, entre août et septembre 2013.

Cette hausse résulte du renchérissement des produits énergétiques (+12,9% l’an, après -4,1%) et à un moindre degré des services (+2,2%, après +1,2%) et des  prix des produits alimentaires (+0,7% l’an après +0,3% l’an), largement imputable aux « produits hors frais ». Les produits frais ont en effet baissé (-9,7% l’an, après +27,5% l’an). 

Les prix des produits manufacturés ont baissé de -1,4% l’an sur trois mois, après -0,8%  en juin (+0,2% l’an pour l’habillement et les chaussures et -1,8% pour les produits de santé). Les prix des voitures neuves ont baissé de -0,4%.

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, prix volatils, énergie et produits frais, et effets de la fiscalité), entre août et septembre, a été de +1 % l’an sur trois mois et de +0,6% sur 12 mois.


Selon les derniers chiffres d’Eurostat, le taux des prélèvements obligatoires sur les entreprises (sociétés financières et non financières) en France représentait 26,5% de la valeur ajoutée en 2012. C’est le niveau le plus élevé de l’Union européenne.

Entre 2011 et 2012, il s’est alourdi de +0,4 point de valeur ajoutée (+0,5 point en Allemagne). L’écart entre la France et l’Allemagne représente 10,5 points de valeur ajoutée en 2012, soit 116,4 milliards d’euros.

L’écart de taux de prélèvements avec l’Allemagne est imputable à hauteur de 56% aux cotisations sociales employeur et de 44% aux impôts et taxes :

  • le taux de cotisations sociales en France est passé de 16,5% à 16,7% des salaires et traitements bruts entre 2011 et 2012. Il dépasse de quelques 6 points de valeur ajoutée celui de l’Allemagne ;
  • la pression fiscale (impôts directs et indirects) s’est alourdie de 9,6% en 2011 à 9,8% en 2012, il dépasse de 4,6 points de valeur ajoutée celle de l’Allemagne. Cet écart  tient exclusivement à la fiscalité sur les facteurs de production (5,7 points de valeur ajoutée, contre 0,6 point en Allemagne en 2012). En effet, la fiscalité directe (impôt sur les bénéfices et le revenu) pèse un peu moins lourd en France (4,4% de la valeur ajoutée) qu’en Allemagne (4,6% de la valeur ajoutée). Ces chiffres confirment bien que le système d’imposition en France pénalise doublement les entreprises, et  par son niveau et par sa structure.

Avec le même taux de prélèvements obligatoires  qu’en Allemagne, les sociétés françaises paieraient 178 milliards d’euros en impôts et cotisations sociales, au lieu de 294 milliards. Ce handicap de 116 milliards  représente 36% de leur excédent brut d’exploitation.

Au total, avec 14,5% du PIB en 2012, les entreprises contribuent en France à hauteur de 32,2% des prélèvements obligatoires du pays, contre 25% en  Allemagne.


La croissance du PIB chinois a continué d’accélérer avec +9,5% l’an au troisième trimestre, après +6,9% au deuxième et 6,2% au premier.

Sur un an, elle aurait été de +7,8% au troisième trimestre, après +7,5% au deuxième. C’est le sixième trimestre consécutif que la croissance chinoise se situe ainsi sous le seuil des 8%.

S’agissant de la seule production industrielle (+10,2%), l’activité a été soutenue par le « mini-stimulus » budgétaire qui a donné lieu à une accélération des investissements en infrastructures (ferroviaires principalement), à un soutien au logement, et à une réduction de la pression fiscale sur les petites entreprises.

Malgré ce renforcement de l’activité  au troisième trimestre, la décélération de la croissance chinoise, en cours depuis début 2010, devait se poursuivre. D’ailleurs, le Bureau national des statistiques note que des signes de ralentissement de la croissance (exportations et crédits) ont été constatés en septembre, dans un contexte international et national qui demeure incertains.

Selon les autorités chinoises elles-mêmes, les réformes conduites actuellement en Chine risquent de peser sur l’activité. La politique économique engagée par le gouvernement, qui vise à rééquilibrer le modèle de croissance pour qu’elle repose davantage sur la demande des ménages et moins sur l’investissement et l’exportation, ne pourra qu’affecter la progression future du PIB.

Au total, l’objectif officiel de +7,5% de croissance en 2013 sera certainement atteint. Ce sera la performance la plus faible depuis 1990.Tout laisse penser qu’elle ralentira en 2014.



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