MEDEF Actu-Eco de la semaine du 11 au 15 novembre

FRANCE
1.Production manufacturière en septembre 2013 : -0,7%, et -2% sur un an au 3ème trimestre
2.Balance commerciale en septembre 2013 : -5,8 milliards d’euros, et -61,6 milliards en glissement sur un an
3.Défaillances d’entreprises en août 2013 : 62 206 (+4,2% sur un an)
4.Croissance du PIB au 3ème trimestre 2013 : -0,1%,  et +0,2% sur un an
5.Emploi dans le secteur privé au 3ème trimestre 2013 : -17 000, et -107 700 sur un an
6.Créations d’entreprise en octobre 2013 : 45 700 soit -0,7%, dont -25,3% pour les créations hors auto-entrepreneurs
7.Prix à la consommation en octobre 2013 : -0,1% sur un mois, +0,6% sur un an

ZONE EURO
8.Croissance du PIB au 3ème trimestre 2013: +0,1%  et -0,4% sur un an

INTERNATIONAL
9.Marché du travail aux Etats-Unis en octobre 2013 : 204 000 créations d’emploi, taux de chômage de 7,3%
10.Tendances récentes des marchés

 


En septembre 2013, la production dans l’industrie manufacturière a reculé, de -0,7%, après +0,9% en août. Hormis la fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (+2,8%), ce repli concerne l’ensemble des secteurs, et tout particulièrement l’industrie agricole et alimentaire, la cokéfaction et raffinage, la fabrication de matériels de transport (notamment la construction automobile).

Sur le troisième trimestre 2013, l’activité manufacturière s’est repliée de -1,1% par rapport au deuxième (-2% sur un an). A titre indicatif, la production industrielle a progressé en Allemagne de +0,3% au troisième trimestre (+0,2% sur un an).

Ainsi, la production manufacturière en France est encore inférieure de -17,1% à son point haut de février 2008. En Allemagne elle n’est inférieure que de -3% par rapport à son point haut de mars 2008.

Le recul de la production industrielle entre le deuxième et le troisième trimestre touche tous les secteurs, à des degrés divers :

  • baisse notamment dans la cokéfaction et raffinage (-10,6%), la fabrication de matériels de transport (-2%, dont -4,7% dans l’automobile), et dans la fabrication des équipements (-0,9%);
  • légère baisse dans les « autres industries » (-0,8%), (dont -2,6% dans le textile, habillement, cuir et chaussures, -1,3% dans le bois, papier et imprimerie, dans le caoutchouc, dans la métallurgie, dans la pharmacie, et la chimie) ;

Pour les tout prochains mois, les perspectives personnelles des industriels se redressent à partir d’un niveau très bas Toutefois la compétitivité des entreprises reste dégradée sur le marché national et européen, même si l’indicateur se redresse légèrement. En revanche, elle continue de s’affaiblir sur le marché extra-européen.


Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est creusé en septembre 2013, de -0,7 milliard d’euros, pour atteindre -5,8 milliards.

Cette évolution est imputable au rebond qu’ont connu les importations au mois de septembre (42,5 milliards d’euros après 41 milliards en août), suite au redressement des approvisionnements énergétiques  et à la nette hausse des importations de produits manufacturés : équipements électroniques et électriques, machines industrielles, habillement, produits de l’industrie automobile, produits chimiques… Les importations de produits agricoles ont en partie effacé leur contraction d’août.

De leur côté, les exportations n’ont que légèrement progressé (36,7 milliards d’euros après 36 milliards en août), notamment pour la pharmacie, les équipements industriels, après un mois d’août médiocre, et celles de matériel électrique, de métaux et de matériel de guerre.

En glissement sur douze mois, le déficit commercial s’est réduit de -6,8 milliards d’euros, passant de -68,4 milliards d’euros à -61,6 milliards entre septembre 2012 et septembre 2013. Cette réduction du déficit tient à un repli plus prononcé des importations (-2%), que des exportations (-0,8%).

En données FAB-CAF (définition permettant d’analyser les échanges en termes sectoriels et géographiques), le déficit commercial, toujours en glissement sur douze mois, s’est réduit de -6,5 milliards d’euros, passant de -85,6 milliards  à -79 entre septembre 2012 et septembre 2013.

Par secteur, cette amélioration de la balance commerciale est entièrement imputable à celle du solde des échanges de produits manufacturés passé de -28,6 à -23,7 milliards d’euros, grâce à la baisse de -2,3% des importations (-1% pour les exportations). C’est dire que cette amélioration tient non à un regain de compétitivité des exportations, mais à la faiblesse de la demande intérieure et au manque de dynamisme de l’activité productive dans l’industrie. L’amélioration du solde a été notable dans les matériels de transport, la chimie, les produits pharmaceutiques, et à un moindre degré les biens d’équipement, les secteurs du bois, du papier et du carton, et le caoutchouc. En revanche, le déficit a continué de se creuser pour le le textile-habillement et les produits métalliques.
Dans le même temps, l’excédent agroalimentaire s’est un peu accru (+0,45 milliard), et le déficit énergétique a reculé de -1,4 milliards d’euros.

Par zone géographique, la réduction du déficit recouvre (toujours en glissement sur 12 mois) :

  • un repli de -2 milliards d’euros du déficit avec la zone euro (-40 milliards d’euros) ;
  • une réduction du déficit avec l’Europe hors UE (de -11 à -10 milliards d’euros) et avec l’Asie (de -25,9 à -22,8 milliards d’euros). Ce dernier représente 57% du déficit avec la zone euro (62% un an plutôt) ;
  • un déficit avec l’Afrique, toujours modeste mais qui se creuse (-1,4 milliard d’euros, contre un excédent de  +0,8 milliard un an auparavant) ;
  • réduction du déficit avec l’Amérique (de -4,1 à -2,2 milliards entre septembre 2012 et septembre 2013). L’excédent avec le Proche et Moyen–Orient s’est légèrement amélioré (de +2,3 à +2,5 milliards d’euros).

Selon la Banque de France, les défaillances d’entreprise (redressement ou liquidation judiciaire) ont bondi de +4,2% en août sur douze mois, pour atteindre 62 206. Ces derniers chiffres font apparaître des évolutions contrastées selon les secteurs d’activité et la taille des entreprises.

Par secteur : entre août 2012 et août 2013, les augmentations ont été plus fortes dans des activités de service (activités immobilières, hébergement et  restauration, soutien aux entreprises, service aux ménages, l’industrie, le commerce et la construction, et à un moindre degré dans  l’agriculture. En revanche, le nombre des  défaillances a baissé dans le secteur des activités financières et d’assurance, des transports et entreposage et, marginalement, le secteur de l’information et communication.

Par taille d’entreprise : la hausse des défaillances sur un an est imputable exclusivement aux TPE (+4,3%). Celles  des PME, des ETI et des grandes entreprises ont reculé.

On note que la tendance n’est toujours pas inversée, et selon l’assureur de Crédit en France Coface, à défaut d’une reprise solide, l’horizon ne s’éclaircira pas en 2014, et il tablerait sur 61.500 défaillances d’entreprises à la fin 2013.
D’après les chiffres de la Coface, l’année 2012 a déjà été lourde en conséquences : le nombre de défaillances avait été stable (+1,1% à 60.461 cas), mais l’impact social avait été particulièrement lourd avec 200 911 suppressions d’emplois. Ce chiffre, en hausse de +8,5% était proche du plus haut atteint en 2009 (218 858).


Selon la première estimation de l’INSEE, le PIB a reculé de -0,1% au 3ème trimestre 2013 (-0,6% l’an), après le rebond du deuxième trimestre (+0,5%). Le contrecoup attendu a donc bien eu lieu, mais il est un peu plus marqué que prévu. En effet, dans son Point de conjoncture d’octobre, l’INSEE tablait sur une stabilité du PIB au troisième trimestre.

Sur un an, le PIB aurait progressé de +0,2%. Reste qu’il n’a pas encore retrouvé son niveau du 1er trimestre 2008, avant le début de la récession.

Le repli du troisième trimestre recouvre :

En termes de production sectorielle :

  • une baisse de -1%  dans l’industrie manufacturière (+2% au 2ème trimestre 2013) : l’activité  recule dans toutes les grandes branches, à l’exception des matériels de transport, où l’activité a néanmoins très fortement décéléré (+0,4%, après +8,1% au deuxième trimestre) ;
  • un léger recul dans les services marchands (-0,1%, après -0,7% au deuxième trimestre), en particulier les services aux entreprises (-0,5%, après +1,4%) ;
  • une nouvelle contraction de -0,5% dans la construction.

En termes de composantes :

  • une décélération de la consommation des ménages (+0,2%, après +0,4% au 2ème trimestre 2013), notamment les dépenses d’énergie et celles liées à l’automobile ;
  • un nouveau repli des exportations alors que les importations ont continué de progresser, d’où la contribution négative du commerce extérieur au troisième trimestre (-0,7%, après 0% au deuxième trimestre) ;
  • une nouvelle baisse de l’investissement (entreprises, ménages et administrations). S’agissant des seuls investissements productifs, la baisse a été de -0,6% à un niveau désormais inférieur de 12% à celui du point haut du premier trimestre 2008 ;
  • une contribution positive des stocks pour le troisième trimestre consécutif (+0,5%), très largement concentrée dans la construction automobile.

Avec un acquis de croissance de +0,1%, 2013 sera ainsi une nouvelle année de stagnation.

Pour le quatrième trimestre, la note de l’INSEE retient une croissance de +0,4%. Un rebond pourrait effectivement se produire, l’anticipation de hausse de la TVA au 1er janvier 2014 pouvant soutenir temporairement la consommation à la fin de l’année.


Selon une première estimation, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole ont baissé au 3ème trimestre 2013 pour la cinquième fois consécutif :    -17 000 postes (- 0,2%), après -8 300 au 1er trimestre 2013 (-0,1%).  Hors intérim, la baisse a été plus marquée : -21 800 postes, après -30 400 au 2ème trimestre.

Seules les activités tertiaires (services, commerces, intérim) ont enregistré une légère augmentation de leurs effectifs durant l’été.

Avec 15 911 700 salariés au 3ème trimestre 2013, les effectifs dans le secteur marchand sont inférieurs de -521 600 à leur point haut du 1er trimestre 2008 (-3,2%).  La baisse a été de -22,5% dans l’intérim, -10,9% dans l’industrie,  -6,9% dans la construction. En revanche, l’emploi salarié dépasse de 1,2% son niveau du 1er trimestre 2008 dans les commerces et les services (hors intérim).

Au vu des enquêtes de conjoncture, la poursuite de la baisse des effectifs dans le secteur marchand reste le plus probable à court terme, mais à un rythme plus modéré. Ce qui ne  laisse aucune perspective de retournement rapide du taux de  chômage, qui ne pourrait venir que des dispositifs d’emplois aidés en faveur de l’emploi salarié non marchand.


Les créations d’entreprise (données CVS, CJO) se sont repliées en octobre : -0,7% (après +4,7% en août) avec 45 676 créations (404 957 en cumul sur les dix premiers mois 2013).

Cette baisse est due principalement à celle des créations hors auto-entrepreneurs (-25,3% pour le mois d’octobre, après +19,1% en septembre).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (août, septembre, octobre 2013), les créations d’entreprise ont légèrement progressé (+0,7%) par rapport aux trois mois précédents. Toutefois, sur un an, elles ont reculé de  -2,6%, (-1 202). Cette baisse était notable pour les secteurs de la construction, les services aux ménages, les activités immobilières, l’information et communication…

Par type d’entreprise, ce repli est imputable aux auto-entrepreneurs  (-10,7%). Les créations hors auto-entrepreneurs ont, au contraire, augmenté de +7,7%.

A l’inverse, les créations ont augmenté dans l’industrie manufacturière ainsi que dans plusieurs activités de services (transports-entreposage, hébergement-restauration, activités financières-assurances).


L’indice des prix à la consommation s’est replié de -0,1% en octobre 2013, en données brutes, après -0,2% en septembre. Sur un an, les prix à la consommation ralentissent nettement, leur hausse passant de +0,9% en août et septembre 2013 à +0,6% en octobre, son rythme le plus bas depuis novembre 2009.

Cette baisse entre septembre et octobre est notamment imputable à celle des prix de l’énergie, en particulier des produits pétroliers, et dans une moindre mesure à celle des prix des produits alimentaires. En revanche, les prix des services ont sensiblement augmenté tandis que ceux des produits manufacturés sont restés globalement stables.

En données corrigées des variations saisonnières, l’indice a reculé de -0,2% (après +0,1% en septembre). Sur un an, la hausse a été de +0,6%, avec des évolutions contrastées : -0,4% pour les produits manufacturés (+0,7% pour l’habillement et chaussures, +0,7% pour les produits de santé), +0,2% pour les produits alimentaires (+1,5% pour les produits frais), +1,5% pour les services (-0,6% pour les transports et télécommunications, +1,7% pour les loyers),  +0,7% pour l’énergie (-4,1% pour les produits pétroliers).

Entre juillet et octobre, la hausse des prix s’est fortement ralentie (+0,2% l’an, après +2,2% l’an au cours des trois mois précédents).
Ce ralentissement a été permis par la hausse très modéré des prix des produits énergétiques (+0,1% l’an, après 1%), des services (+1% l’an après +2%) des produits alimentaires (+0,4%, après +0,6%), alors que les produits manufacturés ont baissé (-0,1% l’an, après -1,3%). 

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, prix volatils, énergie et produits frais, et effets de la fiscalité), entre septembre et octobre, a été de +0,1 % l’an sur trois mois et de +0,7% sur 12 mois.


Les premières estimations d’Eurostat font état d’une croissance de +0,1% dans la zone euro et de +0,2% dans l’Union européenne au 3ème trimestre 2013. 

Il ressort de ce tableau un double contraste:

  • entre le recul du PIB en  France (comme d’ailleurs en Italie) et sa croissance dans la majorité des autres pays européens, dont l’Allemagne (+0,3%), l’Espagne (+0,1%) et le Royaume-Uni (+0,8%) ;
  • entre la vigueur de la croissance américaine et la lourdeur de la croissance européenne.

En octobre 2013, le secteur non agricole aux Etats-Unis a créé 204 000 emplois salariés,  en nette progression par rapport au mois de septembre (163 000).

Ces 204 000 emplois crées en octobre se répartissent entre +212 000 dans le secteur privé et -8 000 dans le secteur public.

Entre octobre 2012 et octobre 2013, 2,5 millions d’emplois salariés non-agricoles nets ont été ainsi créés (+2,35 millions dans le secteur privé et -26 000 dans le secteur public).

Le rythme des créations d’emplois s’est ralenti aux Etats-Unis depuis le début de l’année (+155 250 emplois en moyenne par mois) par rapport à celui enregistré en 2012(+182 750 en moyenne par mois).

Ce dynamisme des créations d’emploi n’a toutefois pas empêché la progression du taux de chômage aux Etats-Unis, d’après le « Bureau of labor statistics », qui voit là une probable conséquence du « shutdown ». De fait, le taux de chômage est passé de 7,2% de la population active en septembre 2013 (son plus bas niveau depuis décembre 2008) à 7,3% en octobre. Par ailleurs, la durée moyenne du chômage reste très élevée : 36 semaines (37 en septembre), c’est-à-dire deux fois celle enregistrée en 2008 (17,8 semaines).



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