MEDEF Actu-Eco de la semaine du 10 au 14 mars 2014

<p>FRANCE <br />1.Production industrielle en janvier 2014 : +0,7% sur un mois, +0,4% en moyenne mobile sur trois mois<br />2.Balance commerciale en janvier 2014 : -62,5 milliards d’euros en glissement sur douze mois <br />3.Emploi salarié au 4ème trimestre 2013 : confirmation des créations d’emploi, pour la première fois depuis le 2ème trimestre 2012<br /><br />EUROPE<br />4.PIB par habitant dans l’Union européenne en 2011 : une seule région française dans le top 20 des régions les plus aisées, cinq en Allemagne<br /><br />INTERNATIONAL <br />5.Transition énergétique : la penser en France et en Europe dans un contexte de compétition mondiale<br />6.Marché de l’emploi aux Etats-Unis en février 2014 : accélération des créations d’emploi (+175 000 postes) <br />7.Tendances récentes des marchés</p><p></p>

 


La production dans l’industrie manufacturière a progressé de +0,7% en volume en janvier 2014, après avoir stagné en décembre. Cette augmentation recouvre un repli dans la fabrication d’équipements (-2,7%) et une hausse dans les industries agroalimentaires (+1,8%), dans la fabrication de matériels de transport (+4,7%) et, de manière plus marquée, dans la cokéfaction et le raffinage (+12,6%), « du fait d’un retour à la normale de l’activité après les mouvements sociaux de décembre », selon l’INSEE.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2013, janvier 2014), l’activité manufacturière a légèrement augmenté (+0,4% par rapport aux trois mois précédents, +1,1% sur un an).

Cette progression se retrouve dans tous les grands secteurs, à l’exception de la fabrication de matériels de transport (-0,4%, malgré la hausse de +2,3% dans l’automobile). La production s’est en effet accrue de +0,2% dans les industries agroalimentaires, de +0,4% dans les « autres produits industriels » (de -0,8% dans la métallurgie à +3,4% dans la chimie), de +0,6% dans les équipements et de +5,3% dans la cokéfaction et le raffinage.

Au total, la production manufacturière reste inférieure de -16,6% à son point haut du printemps 2008. A titre de comparaison, la production en Allemagne a quasiment retrouvé son point haut de début 2008 (-0,6%).


Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est creusé de 0,5 milliard d’euros en janvier 2014, passant de -5,2 milliards d’euros en décembre 2013 à -5,7 milliards. Cette dégradation de la balance commerciale résulte de la baisse des exportations (-1,8%), imputable aux biens manufacturés, aux ventes d’œuvres d’art et de matériel de guerre. Les importations ont, quant à elles, baissé de -0,3%, le reflux des achats de véhicules ayant plus compensé des approvisionnements plus soutenus en pétrole raffiné et en produits chimiques.

En glissement sur douze mois, le déficit commercial est passé de -67 milliards d’euros en janvier 2013 à -62,5 milliards d’euros en janvier 2014.

En données FAB-CAF (permettant une analyse sectorielle ou géographique), le déficit commercial s’est réduit de 3,6 milliards d’euros, pour s’établir -80,5 milliards d’euros en janvier 2014.

Cette évolution recouvre :

  • par secteur : une réduction de 3,8 milliards d’euros du déficit énergétique, une quasi-stagnation du déficit industriel, un repli de 0,6 milliard d’euros de l’excédent agroalimentaire ;
  • par zone géographique : un repli d’un peu plus d’un milliard d’euro du déficit de nos échanges avec la zone euro et de celui avec l’Asie, une réduction de 2,3 milliards d’euros du déficit avec l’Amérique, une réduction d’un milliard d’euros de l’excédent des échanges avec le Proche et Moyen Orient.


L’INSEE vient de publier une deuxième estimation de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au 4ème trimestre 2013. Cette nouvelle estimation fait état d’une réduction des effectifs moins importante qu’annoncé au 3ème trimestre (-9 600 postes, contre -15 600) et d’un accroissement un peu plus fort que prévu au 4ème trimestre (+15 100 postes, contre +14 700).

Cette progression des emplois salariés à la fin de l’année 2013, en baisse depuis le 2ème trimestre 2012, recouvre :

  • une diminution moins importante que dans la première estimation des emplois dans l’industrie (-9 700, contre -14,800) ;
  • une progression un peu plus marquée dans l’intérim (+24 100, contre +23 800) mais plus faible dans le tertiaire marchand hors intérim (+8 500, contre +10 800) ;
  • une perte d’emplois dans la construction plus importante (-7 700, contre -5 200).

Au total, l’effectif salarié marchand non agricoles se sera de nouveau réduit en 2013 (-62 200 postes, après -105 900 en 2012). Par rapport au point haut de 2008, il se sera contracté de 540 400 postes.


Eurostat vient de publier le PIB par habitant des 272 régions de l’Union européenne. Ainsi, en standards de pouvoir d’achat, la région où le niveau de vie est le plus faible est en Bulgarie (représentant 29% de la moyenne de l’Union européenne à 28), celle où le niveau de vie est le plus élevé se situe au Royaume-Uni (321% de la moyenne).

A noter que le niveau du PIB par habitant peut être fortement influencé par les flux de « navetteurs » (actifs en emploi ou étudiants qui se déplacent d’un point à  un autre pour aller travailler ou étudier).

Plusieurs points à souligner :

  • 1 seule région française (Ile-de-France) figure dans le top 20 des régions où le PIB par habitant est le plus élevé, contre 5 régions allemandes ;
  • 41 régions ont un PIB par habitant supérieur à 125% de la moyenne de l’Union européenne : 11 en Allemagne, 5 aux Pays-Bas et en Autriche, 3 en Belgique, en Italie et au Royaume-Uni, 2 en Espagne et en Finlande, 1 en République tchèque, au Danemark, en Irlande, en France, en Slovaquie, en Suède et au Luxembourg ;
  • 4 régions françaises ont un PIB par habitant supérieur à la moyenne de l’Union européenne à 28 (Ile-de-France, Alsace, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur) ;
  • 75 régions ont un PIB par habitant inférieur à 75% de la moyenne européenne (dont les 2/3 en Europe de l’Est) : 15 en Pologne, 9 en Grèce, 7 en République tchèque et en Roumanie, 6 en Hongrie, 5 en Bulgarie et en Italie, 4 au Portugal et au Royaume-Uni, 3 en Slovaquie, 2 en Espagne, en France (Guyane, Réunion) et en Croatie, 1 en Slovénie, Estonie, Lettonie et Lituanie.


Le paysage énergétique mondial a connu plusieurs révolutions ces  dernières années, avec notamment : l’exploitation effective de ressources non-conventionnelles aux Etats-Unis et envisagée dans certains pays européens ; la remise en cause du nucléaire au Japon après la catastrophe de Fukushima ; la transition énergétique  en Allemagne.

Aux Etats-Unis, le développement de la production de gaz de schiste a conduit, en un temps très court, à une diminution brutale du coût de l’énergie : le prix du gaz naturel a été divisé par 5 entre le printemps 2008 et le printemps 2012. Cette évolution est à l’origine d’une véritable  révolution industrielle, d’un choc de compétitivité et d’une  dynamique de relocalisation d’emplois dans ce pays.

Récemment, le prix du gaz naturel aux Etats-Unis a eu tendance à croître, passant de 3,43 dollars par millions de British Thermal Units en août 2013 à 4,64 dollars en février 2014. En Europe, le prix se maintient au-dessus de 11 dollars depuis l’été 2013 (11,30 dollars en février 2014).

Malgré ces évolutions récentes, le prix du gaz en Europe est près de 2,5 fois plus élevé qu’aux Etats-Unis. L’Europe, et la France, sont ainsi confrontées à un défi majeur en matière de compétitivité sur le plan énergétique.

L’Union Européenne a récemment amorcé une prise de conscience du problème de son décrochage compétitif dans le contexte énergétique mondial (projet de Paquet énergie-climat 2030, étude sur les prix de l’énergie, conclusions du Conseil européen…).

Il est urgent de passer à l’action avec des mesures concrètes : développer les énergies renouvelables en tenant compte des contraintes économiques et de coût pour les consommateurs (entreprises, ménages), associer l’objectif CO2 à 2030 à un objectif de compétitivité et de croissance, prendre des mesures pour éviter les délocalisations d’industries européennes sous « contrainte carbone ».
L’Union européenne doit faire de la conférence climatique de 2015 à Paris une occasion de partager l’ambition climatique avec les autres grandes puissances économiques (Etats-Unis, Chine, Russie, Inde).

En France, la loi de transition énergétique en préparation doit intégrer cet impératif de compétitivité. Nos choix énergétiques doivent être pensés en fonction des nouvelles donnes du marché mondial et des opportunités technologiques, ce qui passe par le développement de filières françaises compétitives.


Les créations d’emploi dans le secteur non agricole aux Etats-Unis se sont accélérées en février 2014 par rapport aux deux mois précédents (révisés à la hausse) : +175 000 emplois, après +129 000 en janvier et +84 000 en décembre 2013. Mais elles restent faibles au regard de celles des trois mois précédents : +129 000 postes en moyenne sur les trois derniers mois, contre +225 000 sur les trois mois précédents.
Ces créations d’emploi en février 2014 recouvrent une hausse de +162 000 postes dans le secteur privé, après +145 000 en janvier, et de +13 000 dans le secteur public, après il est vrai une baisse de -16 000.

Entre février 2013 et février 2014, il y aura eu 2,16 millions d’emploi créés dans le secteur non agricole américain (+1,6%).

Le taux de chômage est remonté à 6,7% de la population active en février 2014, après 6,6% en janvier. Ceci est imputable à la hausse de +223 000 du nombre de chômeurs, qui s’est élevé 10 459 000. Le taux d’activité est resté stable à 63%.



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