MEDEF Actu-Eco de la semaine du 24 au 28 mars 2014

<p>FRANCE <br />1.Climat des affaires en mars 2014 : lourdeur persistante, avec un indicateur qui peine à se redresser<br />2.Moral des ménages en mars 2014 : réelle amélioration, avec un indicateur au plus haut depuis juillet 2012 <br />3.Demandes d’emploi en février 2014 : net rebond (+31 500 sur un mois, +149 800 sur un an)<br />4.Tensions sur le marché du travail au 4ème trimestre 2013 : léger redressement de l’indicateur (augmentation des offres d’emploi et repli des entrées à Pôle emploi)<br />5.Salaires au 4ème trimestre 2013 : +1,6% sur un an en valeur, +1% en volume<br /><br />EUROPE<br />6.Climat des affaires en Allemagne en mars 2014 : dégradation des perspectives à six mois<br /><br />INTERNATIONAL <br />7.Tendances récentes des marchés</p><p></p>

Selon les dernières enquêtes publiées par l’INSEE, l’indicateur du climat des affaires en France pour les principaux secteurs d’activité s’est très légèrement amélioré en mars 2014, mais peine à se redresser franchement. L’indicateur reste sous sa moyenne des années 2000-2013. Sectoriellement, ce léger mieux a concerné tous les secteurs à l’exception de l’industrie.

Dans l’industrie manufacturière, en effet, l’indicateur reste inchangé, à son niveau moyen de longue période. Les perspectives personnelles de production restent bien orientées ; en revanche, les perspectives générales se sont dégradées. Les carnets de commandes globaux ont quasiment stagné alors que les carnets étrangers ont progressé.

Dans l’industrie du Bâtiment, l’indicateur s’est légèrement redressé tout en demeurant sous sa moyenne de longue période. Les entrepreneurs sont un peu moins nombreux qu’en février à prévoir une baisse de leur activité et de leurs effectifs pour les trois prochains mois. Néanmoins, les carnets de commandes sont toujours jugés largement inférieurs à la normale et les capacités de production sont toujours sous-utilisées.

Dans les services, l’indicateur s’est également légèrement redressé, mais reste, là encore, inférieur à sa moyenne 2000-2013. Les anticipations d’activité et d’investissements restent pessimistes. L’emploi hors intérim est mal orienté, même s’il y a un léger mieux.

Dans le commerce, l’amélioration du climat des affaires a été un peu plus marquée. Dans le commerce de détail, si les perspectives générales et les ventes prévues restent pessimistes, les intentions de commandes se sont légèrement redressées, tout comme les prévisions d’emploi. Dans le commerce de gros, les intentions de commandes, globales comme étrangères, ont reculé, alors que les perspectives générales se sont légèrement redressées. Les perspectives d’emploi sont quasiment inchangées.

La confiance des ménages s’est améliorée en mars 2014. L’indicateur synthétique s’est accru de +3 points, après, il est vrai, une baisse en février. Il retrouve ainsi son niveau de juillet 2012, mais reste inférieur à sa moyenne des années 2000-2013.

Ce redressement de l’indicateur s’explique notamment par :

  • une amélioration attendue par les ménages de leur situation financière personnelle. Ils sont un peu plus nombreux qu’en février à considérer le moment opportun pour faire « des achats importants » et un peu moins nombreux à considérer qu’il est opportun d’épargner. Par ailleurs, ils s’attendent à une forte progression de leur capacité d’épargne.
  • de moindres craintes concernant le chômage. Toutefois, le solde d’opinions reste nettement supérieur à sa moyenne de longue période.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a nettement progressé en février 2014 : +31 500 chômeurs (+0,9%), après +8 900 en janvier dernier. Il enregistre ainsi un nouveau record : 3 347 700 personnes. Cette hausse se retrouve chez les hommes comme chez les femmes ainsi que chez les plus de 25 ans. Chez les moins de 25 ans, la hausse a été de +0,3%, après une stagnation en janvier.
En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C), la progression du nombre de demandeurs d’emploi a été quatre fois moins importante : + 7 900 personnes (+0,2%), pour atteindre 4 937 800.

Entre février 2013 et février 2014, le nombre de demandeurs d’emploi s’est alourdi de +149 800 personnes (+4,7%). Cette évolution recouvre : une progression plus marquée chez les hommes que chez les femmes ; une hausse trois fois plus importante chez les 50 ans et plus que chez les 25-49 ans, et un repli chez les moins de 25 ans ; un accroissement dans toutes les régions, à l’exception de la Bourgogne (stagnation), de +0,1% à la Réunion à +12,6% en Guyane.

Concernant les catégories A, B, C, l’ancienneté moyenne des inscriptions à Pôle emploi s’est encore accrue, à 517 jours, niveau historiquement élevé.
En février, le chômage de longue durée (supérieur à un an) s’est encore accru de +12 800 personnes (+13 500 pour les inscrits depuis plus de deux ans).

L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) s’est redressé au 4ème trimestre 2013 (+4,3%), après une quasi-stagnation au 3ème trimestre 2013 (+0,2%). Cette évolution recouvre une progression de +3% des offres d’emploi et un repli de -2% des entrées à Pôle emploi.
L’indicateur global est inférieur de -4,1% à son niveau qui prévalait un an plus tôt et de -2,4% à son point bas du 1er trimestre 2009. Il est inférieur de -28,4% à son niveau moyen de longue période (1998-2012).

Par secteur, ce redressement se retrouve dans l’industrie et dans le tertiaire. En revanche, l’indicateur s’est replié dans le BTP.

Dans l’industrie, l’indicateur a progressé de +5,6% au 4ème trimestre 2013 (-6,6% sur un an), après huit trimestres consécutifs de baisse. Il se situe très au-dessus de son point bas de 2009 mais reste inférieur de -15% à sa moyenne de longue période. Cette évolution résulte d’une hausse de +3% des offres d’emploi et d’une baisse de -3% des entrées à Pôle emploi. Elle se retrouve dans cinq des six « domaines industriels », retenus par la Dares, dont en particulier la maintenance et les industries de process. L’indicateur a stagné pour les ingénieurs et cadres de l’industrie.

Dans le tertiaire, l’indicateur s’est accru de +2,5% au 4ème trimestre 2013, après +1% au trimestre précédent (-3% sur un an). Il est inférieur de -26,6% à sa moyenne des années 1999-2012. Il se situe depuis le 4ème trimestre 2012 sous son point bas de début 2009.

Dans le BTP, l’indicateur s’est replié de -2% à la fin de l’année 2013 (-12,4% sur un an), imputable à une baisse des offres (-3%) plus marquée que celle des entrées (-1%). Il est inférieur de -50,2% à sa moyenne 1998-2012.

Selon les résultats définitifs de la Dares, les salaires, dans les entreprises du secteur marchand non agricole de 10 salariés ou plus, se sont accrus de +0,2% en valeur au 4ème trimestre 2013, comme au trimestre précédent, qu’il s’agisse du salaire mensuel de base (SMB) ou du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE). Ils ont évolué au même rythme dans les secteurs de l’industrie, de la construction et du tertiaire.

Cette hausse des salaires a été similaire à celle de l’indice des prix à la consommation (pour l’ensemble des ménages et hors tabac). Le pouvoir d’achat salarial a donc stagné à la fin de l’année 2013.

Sur un an, les salaires ont progressé de +1,6% en valeur, alors que l’indice des prix à la consommation a augmenté de +0,6%. Ainsi, le pouvoir d’achat salarial dans le secteur marchand non agricole s’est accru de +1% entre fin 2012 et fin 2013.
Plus précisément, dans l’industrie et la construction, SMB et SHBOE ont progressé de +1,7%, soit une hausse de +1,1% en pouvoir d’achat. Dans le tertiaire, leur progression a été un peu moins marquée (+1,5% en valeur), soit une hausse de +0,9% en pouvoir d’achat.

Le climat des affaires en Allemagne a cessé de s’améliorer en mars 2014. L’indice synthétique IFO dans l’industrie, le commerce et la construction s’est replié, après quatre mois consécutifs de hausse, tout en restant à un niveau élevé.
Selon l’Institut IFO, le ralentissement des économies émergentes ainsi que les évènements en Crimée ont impacté la confiance des entreprises allemandes.

Dans le détail, ce repli de l’indicateur global est entièrement imputable à celui de l’indicateur relatif aux perspectives à 6 mois, même s’il reste supérieur à son niveau moyen des années 2000-2013.
En revanche, l’indicateur concernant la situation actuelle a continué de progresser, pour atteindre son plus haut niveau depuis avril 2012.
Par ailleurs, ce repli de l’indice synthétique a concerné tous les secteurs à l’exception du commerce de détail.

Au total, les résultats de cette enquête confirment la consolidation de la croissance allemande au 1er trimestre 2014, qui pourrait s’accélérer au printemps.

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