MEDEF Actu-Eco de la semaine du 31 mars au 4 avril 2014

<p>FRANCE <br />1.Croissance du PIB en 2013 : +0,3%, tirée par la consommation et les stocks ; recul accentué des investissements<br />2.Situation des entreprises en 2013 : nouvelle baisse du taux de marge et des investissements<br />3.Situation des ménages en 2013 : gain de pouvoir d’achat global, remontée du taux d’épargne financière<br />4.Comptes publics en 2012 : nouveau dérapage du déficit et de l’endettement par rapport aux objectifs<br />5.Consommation des ménages en biens en février 2014 : +0,1% sur un mois, -0,3% en moyenne mobile sur trois mois<br /><br />INTERNATIONAL<br />6.Climat des affaires aux Etats-Unis en mars 2014 : redressement dans l’ensemble des secteurs<br />7.Tendances récentes des marchés</p><p></p>

Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels, publiés par l’INSEE, confirment la croissance de +0,3% du PIB au 4ème trimestre 2013, après un repli de -0,1% au 3ème trimestre (au lieu d’une stagnation dans les premiers résultats), soit un glissement  de +0,8% entre fin 2012 et fin 2013.

En moyenne annuelle, le PIB aura progressé de +0,3% en 2013, après une stagnation en 2012. Il dépasse ainsi de +0,7% son niveau de 2007, avant la crise.

En termes de production de branches, les comptes font apparaître une stagnation de la production manufacturière fin 2013 et une progression dans la construction et les services principalement marchands.
Sur l’ensemble de l’année 2013 :

  • contraction dans la construction (-2,2%) ;
  • mais quasi-stagnation  dans l’industrie manufacturière (+0,1%) ;
  • progression dans les services principalement marchands (+0,9%).

En termes de composantes, les chiffres du 4ème trimestre 2013 font apparaître :

  • une accélération de la consommation des ménages (biens et services) ;
  • une croissance des investissements pour la première fois depuis fin 2011, qui  concerne les investissements productifs et les investissements publics, mais non les investissements en logement toujours en baisse ;
  • une progression des échanges extérieurs, avec une contribution positive du solde extérieur à la croissance.

Sur l’ensemble de l’année 2013 :

  • croissance de la consommation des ménages,  après un  repli en 2012 ;
  • contraction plus forte qu’en 2012 des investissements des entreprises et des ménages ;
  • fort ralentissement des exportations, importations de nouveau en croissance (recul en 2012).

Au total, contribution positive à la croissance des stocks et de la demande intérieure, contribution nulle des échanges extérieurs.

 1- Profit distribuable après impôt : épargne brute (autofinancement) + revenus distribués versés – revenus distribués reçus

La valeur ajoutée des sociétés non financières a augmenté de +0,6% au 4ème trimestre 2013 (+1,4% sur un an). La hausse des rémunérations s’est modérée (décélération des cotisations, alors que les salaires versés ont augmenté de +0,6%).  L’EBE des sociétés non financières a progressé de +1,3%, d’où un léger redressement de leur taux de marge à 28% de la valeur ajoutée.

En moyenne annuelle, le taux de marge s’établit à 28,1% de la valeur ajoutée en 2013, soit 0,2 point de moins qu’en 2012 et  3,7 points de moins qu’en 2007, avant la crise. Malgré la stabilisation de la part des rémunérations dans la valeur ajoutée en 2013, le taux de marge a baissé en raison de l’alourdissement des impôts sur la production (nets de subventions).

Entre 2012 et 2013, l’EBE s’est à peine redressé en euros courants (+0,2%), alors que les rémunérations ont augmenté comme la valeur ajoutée (+1%). Il reste inférieur de quelque 6% à son niveau de 2007. Dans le même temps, les rémunérations ont augmenté de près de 12% au cours de la période, presque 2 fois plus vite que la valeur ajoutée (+6,4%).

Le redressement de l’épargne brute des sociétés (autofinancement) au 4ème  trimestre 2013 (+7,3%) l’a ramenée à son niveau du deuxième trimestre. En moyenne annuelle, elle a continué de baisser entre 2012 et 2013 (-1,1%), tombant de 12,8 à 12,5% de la valeur ajoutée. Simultanément, les investissements des sociétés ont augmenté de +1% au 4ème trimestre et  le  taux d’investissement s’est établi à 19% de la valeur ajoutée.  En moyenne annuelle, ils ont baissé de -1,3% en 2013, dépassant  de 2% leur niveau de 2007.

Au total, le redressement de 4 points du taux d’autofinancement au 4ème trimestre explique le modeste redressement entre 2012 (65,9%) et 2013 (66,1%). Il  reste inférieur de  18 points  à celui de 2007.

Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels mettent en évidence une nouvelle baisse en valeur du revenu disponible brut (RDB) des ménages au 4ème trimestre 2013 : -0,1%, comme au trimestre précédent.

L’accélération de la masse salariale (+0,5%, après +0,2%) et celle des prestations sociales (+0,9%, après +0,7%) ont été plus que compensées par la hausse des cotisations sociales à la charge des ménages (+1,1%, après +0,7%) et des impôts sur le revenu et le patrimoine (+5,2%, après +2,4%). Cet accroissement des impôts est imputable « aux mesures décidées dans la loi de finances pour 2013 : non-indexation du barème de l’impôt sur le revenu, création d’une tranche à 45% et baisse du plafond du quotient familial ».

Compte tenu de la hausse des prix des dépenses de consommation (+0,1%), le pouvoir d’achat du RDB s’est contracté de -0,2% au 4ème trimestre 2013, comme au trimestre précédent. Les ménages ont ainsi puisé dans leur épargne, au vu du dynamisme de leur consommation (+0,4%) : elle est passée de 15,7% à 15,2% du RDB au 4ème trimestre 2013.

Entre 2012 et 2013, le RDB a progressé de +0,9% en euros courants, comme en 2012. Les salaires versés ont augmenté de +1,3% et les prestations sociales de +3%. Dans le même temps, la progression des impôts et celle des cotisations sociales ont été plus marquées, respectivement +4,1% et +4,6%. 

En raison de la désinflation (+0,6% en 2013, après +1,9% en 2012), le pouvoir d’achat du RDB a légèrement progressé en 2013 (+0,3%, après -0,9% en 2012). Par unité de consommation*, le pouvoir d’achat s’est, en revanche, contracté de -0,3%, après -1,5% en 2012.

* Système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre d’un ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de composition différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d’unités de consommation (UC). L’échelle actuellement la plus utilisée retient la pondération suivante : 1 UC pour le premier adulte du ménage ; 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ; 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.

Depuis 2007, les revenus des ménages ont progressé plus rapidement que la production : le PIB en volume de 2013 dépasse à peine son niveau d’avant crise (+0,7%), alors que le RDB en pouvoir d’achat le dépasse de +2,4%.

Au total, la progression du pouvoir d’achat du RDB en 2013 a été identique à celle de la consommation des ménages. Ceci explique donc la stagnation du taux d’épargne des ménages à 15,6% du RDB en 2013, proche de son niveau moyen de longue période. En revanche, le taux d’épargne financière (42% de l’épargne totale), c’est-à-dire hors logement, s’est accru, passant de 6,2% en 2012 à 6,6% du RDB en 2013.

La première évaluation des comptes nationaux des administrations publiques pour l’année 2013 correspond à celle notifiée à la Commission européenne et est susceptible de modifications ultérieures. Elle témoigne d’un dérapage des ratios de déficit et de dette par rapport aux objectifs.

En effet, à la fin du 4ème trimestre 2013, le déficit public atteignait -87,6 milliards d’euros, soit -4,3% du PIB, au-delà de l’objectif de -4,1%, après -4,9% en 2012 (déficit révisé en hausse de 0,1 point par rapport à la précédente estimation).

En masse, le déficit se serait réduit de quelque 11 milliards d’euros, résultat d’une augmentation des dépenses de 24 milliards d’euros, et des recettes de 35 milliards d’euros (dont 30 milliards au titre des PO stricto sensu).

Dépenses et recettes ont augmenté plus vite que le PIB en valeur (+1,4%):

  • croissance des dépenses de +2%, dont +3% pour les prestations sociales (46,1% du total, contre 45,6% en 2012), +1,9% pour les dépenses de fonctionnement (33,9% du total), et +1,7% pour les seules rémunérations, dont la moitié de la hausse est imputable à celles des collectivités locales (en partie liée au relèvement des  cotisations employeurs): +3,2%, contre +2,2% pour les rémunérations des administrations de sécurité sociale (relèvement du taux de cotisations employeurs des hôpitaux) et +0,5% pour celles de l’Etat.
    En revanche, forte baisse des charges d’intérêt (-9%), en dépit de l’augmentation de la dette,  grâce à la baisse des taux.
  • croissance des  recettes de +3,3%, après +3,9% en 2012. Près de 40% de la hausse des recettes est imputable à celle des impôts sur le revenu et le patrimoine (+5,4%, soit +13,1 milliards d’euros, dont 7,7 milliards au titre de l’IR et  2,1 milliards au titre de la CSG). Les impôts sur les produits et la production ont accéléré (+2,8%), mais pas les recettes de TVA (+1,4%).
    Dans le même temps, les cotisations sociales ont également accéléré  (+3,1% après +2,8% en 2012) du fait des cotisations des non-salariés (+6,3%) comme des salariés (+5%, en liaison avec la fin de l’exonération des heures supplémentaires en septembre 2012), contre une hausse de +2,1% pour les cotisations employeurs.  

La dette publique a également dépassé la prévision officielle : 93,5% du PIB (contre 93,4%), après 90,6% en 2012, soit +84,3 milliards d’euros (dont 78,9 milliards d’euros pour la dette de l’Etat), pour atteindre 1925,3 milliards d’euros à la fin 2013.

1 – Organismes auxquels l’État a donné une compétence fonctionnelle spécialisée au niveau national et qui ont une activité principalement non marchande (CNRS, CEA,  Météo France,  Fonds national d’aide au logement,  Inserm…)

Les dépenses de consommation des ménages en biens (représentant 50% de la totalité de la consommation en biens et services) sont restées quasiment stables en février 2014 (+0,1% en volume), après un recul de -2,1% en janvier.

La progression des achats d’automobiles (+5,1%), après -7,6% en janvier en raison du renforcement du malus écologique au 1er janvier 2014, a globalement été annulée par le repli des dépenses dans les autres principales catégories de biens : textile-cuir (-0,3%), énergie (-0,6%), alimentation (-0,7%), équipement du logement (-0,8%).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2013, janvier, février 2014), les achats des ménages se sont réduits de -0,3%, après +0,2% au cours des trois mois précédents (+0,3% sur un an).

Cette légère baisse recouvre des disparités selon les catégories de biens :

  • repli des dépenses alimentaires (-0,4%) et énergétiques (-2,7%) ;
  • hausse des achats liés à l’automobile (+0,3%), au textile-cuir (+1,1%) et à l’équipement du logement (+2,2%).

Au total, malgré une amélioration du moral des ménages en mars, la poursuite de la dégradation de l’emploi ne pourra que peser sur la consommation des mois à venir.

Selon la dernière enquête réalisée auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis s’est légèrement redressé en mars 2014.

Cette modeste amélioration du climat des affaires dans l’industrie recouvre un net rebond de l’indicateur relatif à la production, après un important repli en février. Il est ainsi nettement repassé au-dessus de la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et la zone de contraction de l’activité).
Par ailleurs, la progression des carnets de commandes, notamment à l’exportation, permet d’être optimiste pour les mois à venir.
En revanche, la composante « emploi » s’est repliée, tout en restant supérieure à sa moyenne des années 2000-2013.

Parallèlement, l’indice ISM concernant les activités non manufacturières s’est redressé en mars 2014, après avoir nettement baissé en février. Il reste cependant légèrement inférieur à sa moyenne de longue période. Cette évolution est imputable à :

  • la progression de la composante « carnets de commandes » (globaux comme étrangers). A noter toutefois que la composante « carnets de commandes étrangers » reste sous la ligne des 50 ;
  • et plus encore, à celle de la composante « emploi », repassée au-dessus de la ligne des 50.

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