Economies sur le système de santé : une copie à revoir

La ministre de la Santé vient d’annoncer des mesures visant à économiser 10 milliards d’euros sur le système de santé. Pour le MEDEF, la pérennité de ces économies n’est pas assurée puisqu’elles n’engagent pas de réformes structurelles de l’organisation du système de santé, de sa gouvernance et de son financement.

Ce qui est annoncé par le gouvernement est un effort d’une moindre progression de la dépense puisque l’ONDAM (Objectif national de dépense d’assurance maladie) continue de croître de l’ordre de +2,4% pour 2014 et par la suite de +2% entre 2015 et 2017, alors qu’il faut faire certainement un effort plus important pour assainir nos comptes publics, que seules les réformes vont permettre.

Il y a une urgence à réformer notre système de santé, l’adapter, pour améliorer son efficience au bénéfice des Français. Le MEDEF a chiffré le potentiel d’économies liées à ces réformes entre 15 et 20 milliards par an à horizon 2017 dans sa contribution « Avec les entreprises, assurer l’avenir du système de santé en conjuguant efficience, innovation et responsabilité », rendue publique le 9 avril 2014 à l’occasion de la 1re rencontre des entreprises de santé.

Par ailleurs, si la maîtrise des dépenses est un impératif, l’effort exigé doit être rééquilibré – pour qu’il soit équitablement réparti – entre le secteur privé et l’hôpital public. Or en faisant porter l’essentiel de l’effort sur les entreprises de santé, notamment du médicament, le gouvernement fragilise à nouveau une industrie d’excellence de notre pays, innovante, fortement exportatrice et confrontée à des défis majeurs dans les années qui viennent. Ainsi, les entreprises du médicament devront participer pour plus de la moitié aux économies attendues au cours des trois ans à venir, alors qu’elles ne représentent que 15 % des coûts de l’assurance maladie. Ces allègements de coûts se traduisent par une ponction de 5 milliards sur des entreprises qui génèrent des progrès thérapeutiques majeurs.

Pour Pierre Gattaz, président du MEDEF« Le manque de concertation sur ces mesures, alors que le MEDEF vient de rendre publiques des propositions consensuelles et innovantes pour économiser 20 milliards d’euros, tout en préservant les points forts des entreprises de santé et la qualité de notre système de soins, est un mauvais signal envoyé aux entreprises. Les réformes indispensables de notre système de soins doivent associer tous les acteurs et s’engager sans tarder. Pénaliser à nouveau fortement les entreprises du médicament, c’est affaiblir un des points forts industriels de notre pays. C’est par ailleurs contraire à l’esprit du pacte de responsabilité promu par le gouvernement. Ces annonces en affaiblissent la crédibilité. »

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