MEDEF Actu-Eco de la semiane du 12 au 16 mai 2014

<p>FRANCE <br />1. Croissance du PIB au 1er trimestre 2014 : stagnation, avec une contribution négative de la demande intérieure hors stocks et du commerce extérieur<br />2. Emploi salarié au 1er trimestre 2014 : -23 600 postes sur un trimestre, stabilité hors intérim<br />3. Production industrielle en mars 2014 : -0,7% sur un mois, +0,7% au 1er trimestre<br />4. Budgets d’investissements dans l’industrie en 2014 : +4%, après -7% en 2013<br />5.Prévisions de la Commission européenne pour 2014 et 2015 – France : accélération graduelle de la croissance ; déficit public toujours supérieur à 3% du PIB en 2015<br /><br />EUROPE<br />6. Prévisions de la Commission européenne pour 2014 et 2015 – zone euro : redémarrage général de la croissance <br /><br />ANNEXES STATISTIQUES<br />7.Finances publiques dans la zone euro pour 2014 et 2015 (prévisions de la Commission européenne)<br />8.Tendances récentes des marchés</p><p></p>

 


BRÈVE
La Banque de France prévoit une croissance du PIB de +0,2% au 2ème trimestre 2014 (première estimation).


L’INSEE vient de publier sa première estimation des comptes du 1er trimestre 2014, avec révision des trimestres précédents comme à l’accoutumée, mais amplifiée cette fois-ci par le passage des comptes nationaux à une nouvelle base (« base 2010 ») « conduisant à modifier les niveaux des principaux agrégats des comptes annuels et trimestriels, sur longue période ».

Selon cette première estimation, le PIB aura stagné au 1er trimestre 2014, après une croissance révisée à la baisse au 4ème trimestre 2013 (+0,2% au lieu de +0,3% dans la précédente estimation). Il a progressé de +0,8% entre le début 2013 et le début 2014.

Cette stagnation du PIB au 1er trimestre 2014 correspond à :

En termes sectoriels :

  • un recul de -1,5% de l’activité dans la construction, pour le troisième trimestre consécutif ;
  • un redressement de +1% de la production manufacturière, après une stagnation fin 2013, imputable notamment à la cokéfaction et au raffinage (+8,5%, après -8,2%) ;
  • une progression toujours modérée dans les services principalement marchands (+0,3%, après +0,4%).

En termes de composantes :

  • baisse de la consommation : -0,5% (+0,2% fin 2013), résultant du retournement dans nombre des composantes (alimentaire, énergie, automobile) et de la lourdeur en d’autres (services) ;
  • accentuation du repli des investissements, en baisse pour le troisième trimestre consécutif : -0,9% (-0,1% fin 2013), dont -0,5% pour les investissements des entreprises, -2,6% pour les investissements des ménages (logements), et -0,2% pour les investissements des administrations ;
  • ralentissement des exportations : +0,3% (+1,6% fin 2013), découlant principalement du recul de celles de matériels de transport (-1%) ; avec simultanément une accélération des importations (+1% après +0,5%), notable dans les biens et les services. D’où une contribution négative du commerce extérieur à la croissance ;
  • reconstitution des stocks : +0,6% (après -0,3% fin 2013), largement imputable à la reconstitution des stocks de produits pétroliers raffinés.

Cette stagnation du PIB français au 1er trimestre 2014 est une performance inférieure à celle de l’ensemble de la zone euro qui a enregistré une croissance de +0,2%. Ce chiffre recouvre des évolutions contrastées, de -1,4% aux Pays-Bas à +0,8% en Allemagne, croissance identique à celle enregistrée au Royaume-Uni.


Selon une première estimation, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole se sont repliés au 1er trimestre 2014 : -23 600 postes (-0,1%), après une progression de +15 100 (+0,1%) au 4ème trimestre 2013.
Comptant 15 871 300 personnes, ils ont atteint leur plus bas niveau depuis le 1er trimestre 2005.

Ce repli au début de l’année 2014, cohérent avec une croissance du PIB nulle, est imputable aux effectifs intérimaires, en baisse de -24 800 personnes. Hors intérim, l’effectif salarié s’est en effet stabilisé (+1 200 postes).
Dans l’industrie et la construction, les effectifs ont continué de se replier, pour respectivement le 12ème et le 8ème trimestre consécutif. En revanche, dans les services marchands et le commerce, ils se sont de nouveau accrus.

Entre le 1er trimestre 2013 et le 1er trimestre 2014, l’ensemble des effectifs du secteur marchand non agricole se sont contractés de -57 200 postes (-0,4%). Cette forte contraction recouvre une quasi-stagnation des effectifs intérimaires, de forts replis dans la construction et, plus encore, dans l’industrie et une progression dans le tertiaire marchand hors intérim.


En mars 2014, la production dans l’industrie manufacturière a reculé de -0,7%, après cinq mois consécutifs de hausse. Le recul a été également de -0,7% pour la seule industrie manufacturière (+0,3% en février).

Il se retrouve dans les industries agroalimentaires (-1,1%) et, de façon moins marquée, dans la fabrication de matériels de transport (-0,4%). En revanche, la production a stagné dans la cokéfaction et le raffinage et a progressé de +0,1% dans la fabrication d’équipements.

Au premier trimestre 2014, au-delà des aléas mensuels, la production s’est repliée de -0,3% par rapport au trimestre précédent pour l’ensemble de l’industrie, à cause de la forte baisse dans le secteur de l’énergie (-4,2%).

En revanche, la production manufacturière a progressé de +0,7%, avec des évolutions contrastées : +2,4% dans la chimie, +1,2% dans les IAA, +0,7% dans les matériels de transport, -1,2% dans mes biens d’équipement, -3,5% dans le textile-habillement et cuir.

Sur un an, la production manufacturière du 1er trimestre a progressé  de +1,8%, (+7,8% dans les matériels de transport, -5,2% dans la cokéfaction et le raffinage).

Au 1er trimestre 2014, elle a tout juste retrouvé son niveau de 2010, encore inférieur de 16% à son point haut du début 2008.


L’enquête d’avril de l’INSEE sur les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (25% de l’investissement productif en France) :

  • confirme une baisse de -7% des dépenses d’investissement en 2013 ;
  • annonce une progression de +4% en 2014 (contre une prévision de +3% dans l’enquête précédente de janvier).

De façon plus précise, les industriels sont plus nombreux à anticiper une hausse qu’une baisse de leurs investissements au second semestre 2014.

Sectoriellement, ce léger relèvement des budgets pour 2014 se retrouve dans les principaux secteurs – industries agro-alimentaires (+9%, contre +7% dans l’enquête de janvier), secteur des équipements (+8%, contre +7%), « autres industries » (+3%, contre +2%), matériels de transport (-3%, contre -4%) – à l’exception de l’automobile (-3%, contre -2%).

Même si la prévision 2014 est confirmée, les budgets d’investissement resteraient inférieurs de 8% à leur niveau de 2007, avant le début de la crise.


La Commission européenne vient de publier ses dernières prévisions de croissance française pour les années 2014 et 2015 : la prévision pour 2014 reste inchangée à +1%, celle pour 2015 a été légèrement révisée à la baisse (+1,5% contre +1,7% en février 2014).

Cette accélération graduelle de la croissance en 2014 puis en 2015 résulte, selon la Commission européenne, de l’effet combiné de plusieurs facteurs :

  • une modeste accélération de la consommation privée, grâce notamment à une meilleure orientation de l’emploi, à une faible inflation et des salaires relativement dynamiques ;
  • un rebond des investissements des entreprises en 2014, qui devrait se confirmer en 2015, dans un contexte de conditions favorables d’octroi de crédits et de taux d’intérêt bas. Selon la Commission européenne, « le CICE et les allègements des cotisations sociales employeurs, prévue dans le Pacte de responsabilité, devraient améliorer les marges des entreprises et donc leur capacité d’investissement » ;
  • une accélération des exportations en 2014 et 2015, grâce au rebond de la demande mondiale. Mais les importations devraient avoir un rythme de croissance également plus soutenu, ce qui entraînerait une contribution légèrement négative du commerce extérieur à la croissance.

Par ailleurs, le taux de chômage devrait continuer de croître en 2014 à 10,4% de la population active, pour se replier légèrement en 2015 (10,2%), grâce, toujours selon la Commission européenne, à la réforme du marché du travail en 2013 (ANI du 11 janvier 2013) et à la réduction du coût du travail résultant du CICE et du Pacte de responsabilité. 

S’agissant des finances publiques*, cette modeste reprise de la croissance en 2014 et 2015 devrait s’accompagner d’une réduction du déficit public, grâce notamment aux économies annoncées par le nouveau gouvernement (plan de réductions de la dépense publique de 50 milliards d’euros en particulier).

La Commission européenne a par ailleurs légèrement révisé ses prévisions de déficit : -3,9% du PIB en 2014 contre -4% dans les prévisions de février 2014, et -3,4% en 2015, contre -3,9%.

Il apparaît donc que la France ne tiendra pas son engagement de ramener son déficit à 3% du PIB en 2015. Pour mémoire, la Trajectoire des finances publiques dans le Programme de stabilité 2014-2017 retient un déficit de -3,8% en 2014 et de -3% en 2015, avec une croissance du PIB de respectivement +1% et +1,7% (un peu plus optimiste que celle de la Commission européenne).

En revanche, la dette publique devrait continuer de croître de 93,5% du PIB en 2013 à 95,6% en 2014 et 96,6% en 2015. A noter toutefois, ces chiffres sont légèrement inférieurs à ceux annoncés en février 2014 (96,1% en 2014 et 97,3% en 2015).

*Voir le point sur les finances publiques dans la zone euro pour 2014 et 2015


Les prévisions du printemps 2014 de la Commission européenne confirment, pour la zone euro, prise dans son ensemble, les observations portant sur les prévisions de février 2014 :

  • accélération de la croissance, tirée par la demande intérieure : la croissance du PIB devrait atteindre +1,2% en 2014 et +1,7% en 2015 (après -0,4% en 2013), rythme moitié moins important que celui enregistré aux Etats-Unis, mais proche de la croissance japonaise ;
  • inflexion du chômage : le taux de chômage, révisé à la baisse, devrait passer de 11,8% en 2014 (12% dans la prévision de février) à 11,4% en 2015 (11,7%). Aux Etats-Unis, le taux de chômage passerait sous la barre des 6% en 2015, et au Japon, il s’établirait à 3,8% en 2014 et 2015 ;
  • réduction des déficits publics : le déficit public des pays de la zone euro, considérés globalement, devrait passer sous la barre des 3% dès 2014 (-2,5% du PIB en 2014, -2,3% en 2015), bien meilleure performance qu’aux Etats-Unis (-5,4% et -4,7%) et, plus encore, qu’au Japon (-7,4% et -6,2%).

Ces chiffres d’ensemble recouvrent toutefois des disparités importantes entre les pays membres :

  • en termes de croissance du PIB : croissance soutenue en Allemagne et en Irlande, affermissement de la reprise en Espagne et en Grèce, modeste accélération en France, au Portugal, aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche et en Italie ;
  • en termes de chômage : baisse du taux de chômage dans tous les pays de la zone euro, à l’exception notable de l’Allemagne, où le taux reste stable à un niveau inférieur de plus de moitié à la moyenne européenne (5,1%). A l’opposé, en Espagne et en Grèce, où les taux sont les plus élevés, ils devraient se réduire de respectivement -2 et -1,5 point entre 2014 et 2015 à 24% de la population active ;
  • en termes de finances publiques : cinq pays de la zone euro auraient, en 2015, un déficit public encore supérieur à -3% du PIB, dont l’Irlande, l’Espagne et la France… En revanche, les finances publiques allemandes sont équilibrées. Sept pays auraient en 2015 une dette publique supérieure à 100% du PIB (Belgique, Irlande, Grèce, Espagne, Italie, Chypre, Portugal), certains d’entre eux amorçant une baisse en 2014 (Irlande, Portugal) ou 2015 (Grèce, Italie). Il n’y a qu’en France, en Espagne et en Finlande que, selon les prévisions de la Commission européenne, la dette continuerait de s’alourdir en 2014 et 2015.


L’INSEE a publié le 15 mai 2014 les comptes nationaux pour 2013 pour la France. Cette publication a été l’occasion d’une révision importante du mode de calcul d’un certain nombre d’agrégats, en particulier celui du PIB, dont le niveau a été relevé. Il en résulte mécaniquement une baisse des ratios de finances publiques. Ainsi, en 2013, la dette publique représentait 91,8% du PIB, le déficit public -4,2%, la dépense publique 57,2%, les recettes 52,9% et les PO 44,7%. Ces modifications s’inscrivent dans un changement du Système Européen des Comptes que vont mettre en œuvre l’ensemble des pays de l’Union européenne. En attendant que les chiffres des autres pays soient disponibles, les comparaisons ne peuvent s’établir qu’à partir des chiffres issus de l’ancien mode de calcul.



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