Medef Actu-Eco de la semaine du 19 au 23 mai 2014

<p>FRANCE <br />1. Réforme et résultats des comptes nationaux 2013 : croissance à la peine (+0,3%), nouvelle dégradation de la situation des entreprises<br />2.Financement des ETI et des grandes entreprises en mai 2014 : amplification de la détente des délais de paiement<br />3. Climat des affaires en mai 2014 : dégradation dans l’industrie et les services, stagnation dans le commerce, toujours défavorable dans le Bâtiment<br />4. Prix à la consommation en avril 2014 : -0,2% sur un mois, +0,7% sur un an<br />5. Créations d’entreprise en avril 2014 : +2,1% sur un an en moyenne sur trois mois (+3,8% hors auto-entrepreneurs)<br />6. Déficit commercial au 1er trimestre 2014 : réduction de -4,4 milliards d’euros en cumul sur un an, pour atteindre -60,3 milliards d’euros<br /><br />INTERNATIONAL<br />7. Tendances récentes des marchés</p><p></p>

 


RÉFORMES DES COMPTES NATIONAUX

L’établissement des Comptes nationaux pour 2013, publiés le 15 mai dernier, a été l’occasion d’importants changements de méthodologie en France (base 2010), pour mettre en œuvre la nouvelle version du Système européen de comptes qui introduit d’importantes innovations  conceptuelles. Elles portent en particulier sur le périmètre des actifs et de l’investissement, désormais étendu aux dépenses et aux résultats de la R&D, aux bases de données, jusque-là comptabilisés comme des consommations intermédiaires. C’est la principale raison de la forte révision à la hausse du niveau de la valeur ajoutée des entreprises et de celui du PIB  dans les nouveaux comptes.

Les  conséquences « mécaniques » de ces révisions sont de plusieurs natures :

  • modification à la hausse des ratios particulièrement suivis sur la situation des entreprises : taux de marge de 29,7%  de la valeur ajoutée en 2013 (au lieu de 28,1% selon les comptes trimestriels dans l’ancienne base) et taux d’autofinancement de 75,5% (au lieu de 66,1%) ;
  • modification  à la baisse de ratios de finances publiques : taux de PO de 44,7% du PIB en 2013 (au lieu de 46%)  et taux d’endettement de 91,8% du PIB (au lieu de 93,4%) ;
  • modification à la hausse du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée totale (13,8% en 2013, au lieu de 12,5%).


PRINCIPAUX RÉSULTATS DES COMPTES NATIONAUX 2013

Activité : croissance de +0,3%, baisse des investissements privés

En valeur, le PIB 2013 est désormais estimé à 2 114 milliards d’euros (soit 21,1 milliards d’euros le point de PIB).

En volume, le PIB a progressé de +0,3%, 2013, comme en 2012, performance médiocre recouvrant :

  • un modeste redressement de la  consommation des ménages (+0,2%) après son recul historique de 2012 (hausse des dépenses de services et d’énergie, baisse de celles en biens manufacturés) ;
  • une baisse des investissements privés (-0,9% pour les entreprises, -3,1% pour les ménages), et décélération des investissements publics ;
  • une contribution positive des échanges extérieurs à l’activité : accélération des exportations  (services, aéronautique), avec une progression plus vive que celle des importations qui se redressent (biens d’équipement, matériels de transport, services).

Sociétés non financières : baisse du taux de marge et du taux d’autofinancement en 2013

  • l’EBE a baissé pour la 2ème année consécutive en valeur (-2,6% après -0,4% en 2012), d’où un nouveau recul du taux de marge à 29,7%, niveau le plus bas depuis 1985 (28,4%).  C’est la conséquence à la fois d’une progression  des rémunérations plus rapide que celle de la valeur ajoutée et de l’alourdissement des impôts sur la production (relèvement en août 2012 du forfait social à 20% jouant pleinement pour la première fois en année pleine en 2013). 
  • Simultanément l’impôt sur les sociétés s’est fortement alourdi (limitation de la déductibilité des charges financières et de l’imputation des déficits, réforme du cinquième acompte, nouvelle contribution additionnelle portant sur les montants de dividendes distribués, etc.)
  • Le solde des revenus financiers  (versés-reçus) est plus favorable qu’en 2012 : allègement de la charge nette d’intérêt (baisse des taux),  recul des dividendes versés plus marqué que celui des dividendes  reçus.
  • Au total, l’autofinancement diminue de nouveau. Parallèlement, les investissements reculent légèrement en valeur, ce qui limite la baisse du taux d’autofinancement (-0,8 point à 75,5%), pour la troisième année consécutive.

L’évolution 2007-2013 appelle deux remarques:

  • entreprises mises à mal par 6 années de crise : progression des salaires versés (+12,1%) et des PO (+10,8%) très supérieure à celle de la valeur ajoutée (+7,2%), baisse des marges  de -4,9% et du profit distribuable avant impôt de -9,1%. D’où une baisse du taux de marge de 33,5% à 29,7% en 6 ans, et du taux d’autofinancement de 85,8% à 75,5%.
  • discours sur l’excès des dividendes  contredit par les chiffres : forte diminution des revenus distribués, avec  notamment une chute de -36% des dividendes nets (versés – perçus) depuis 2007.

Finances publiques en 2013 : +1,1  point de recettes, +0,5 point de dépenses, -0,6 point de déficit 

  • Hausse de la dépense moins rapide qu’en 2012 (+1,9% contre +2,9%), mais nettement plus que celle du PIB en valeur (+1,1%) pour atteindre 1 208 milliards d’euros en 2013 ; 
  • Alourdissement des PO de 1 point (44,7% PIB), résultant principalement des nouvelles mesures fiscales et sociales votées dans la LFR d’août 2012 (+0,3 point) et dans  les LFI et LFSS pour 2013 (+0,9 point). Hors ces mesures, le taux de PO aurait baissé de 0,5 point ;
  • Réduction du déficit de -4,8% à -4,2% du PIB, soit -12,2 milliards d’euros  imputables aux administrations centrales (-17,2 milliards) et aux organismes de protection sociale (-0,5 milliard) ; le déficit des collectivités locales s’est creusé de 5,5 milliards (« cycle électoral » municipal);
  • Alourdissement de la dette de +3,1 points (91,8% PIB), pour atteindre 1 940 milliards d’euros.

Ménages : stabilité du pouvoir d’achat global, baisse du pouvoir d’achat individuel

  • En 2013, progression du revenu disponible brut des ménages (RDB)  de +0,6% en valeur, rythme analogue à celui de 2012 (+0,5%). Parallèlement, décélération du prix de la dépense de consommation finale (+0,6% après +1,4%), d’où une stabilité du pouvoir d’achat du RDB en 2013 après un net recul en 2012 (-0,9%). Compte tenu de la croissance de la population, nouveau repli du pouvoir d’achat individuel (pouvoir d’achat par unité de consommation) de -0,6%, pour la 3ème année consécutive.
  • Par type de revenus, la contribution principale à la hausse du RDB en valeur en 2013 est celle des prestations sociales, même si elles décélèrent (+2,8%), portées par la branche vieillesse et les prestations de l’UNEDIC.  La masse salariale nette reçue par les ménages ralentit (+0,5% après +1,6% en 2012) : moindre progression des salaires et traitements (+1,0% après +1,8%) sous le double effet du recul de l’emploi et de la modération du salaire moyen net par tête (+1,2% après +1,9%), accélération des cotisations sociales versées par les salariés (+5,0% après +3,3%) en lien avec la fin de l’exonération des heures supplémentaires depuis septembre 2012, et la hausse des taux de cotisation vieillesse. 
  • Quasi stabilité du taux d’épargne des ménages (-0,1 point) à 15,1% du RDB, après trois années successives de baisse.

 


Selon l’enquête AFTE / Coe-Rexecode, réalisée début mai 2014 auprès des trésoriers des ETI et des grandes entreprises (500 salariés ou plus) :

  • Normalisation de la situation de trésorerie d’exploitation ;
  • Accélération de la détente des délais de paiements des clients. Le solde d’opinion est inférieur à sa moyenne 2005-2013 ;
  • Confirmation de la réduction des marges sur les crédits bancaires, le solde d’opinion étant toujours négatif ;
  • Recherche de financement jugée plutôt facile.

 


Selon les dernières enquêtes de conjoncture publiées par l’INSEE, le climat des affaires en France est resté stable en mai 2014. Cependant, l’indicateur synthétique est toujours nettement inférieur à sa moyenne de longue période (2000-2013) et est empreint de lourdeurs depuis la rentrée 2013.

Cette stagnation du climat des affaires recouvre des évolutions contrastées selon les secteurs :

  • Dégradation dans l’industrie manufacturière (perspectives personnelles de production moins bien orientées, dégradation des carnets de commandes, quasi-stabilité des stocks de produits finis) et dans les services (anticipations pessimistes d’activité, de demande et d’emploi pour les prochains mois) ;
  • Stagnation dans le commerce de gros (perspectives générales d’activité légèrement mieux orientées, intentions de commandes quasi-stables, perspectives d’emploi plus optimistes) et dans le commerce de détail (stabilité des perspectives générales d’activité, stagnation des soldes relatifs aux intentions de commandes et à l’emploi, légère dégradation du solde relatif aux ventes prévues) ;
  • Toujours défavorable dans l’industrie du bâtiment, malgré un léger redressement de l’indice (pessimisme persistant sur l’activité des prochains mois, carnets de commandes toujours jugés inférieurs à la normale, emploi toujours en berne).

 


L’indice des prix à la consommation est, en données brutes, resté stable en avril 2014, après avoir progressé de +0,4% en mars. En données corrigées des variations saisonnières, il s’est replié de -0,2%, après -0,1% en mars.
Ce repli est général (-0,1% dans l’énergie, l’alimentaire et les produits manufacturés), sauf pour les services, dont les prix ont stagné.
Sur un an, l’inflation reste faible : l’indice a progressé de +0,7% entre avril 2013 et avril 2014.

Entre janvier et avril 2014, les prix se sont repliés de -0,2% l’an, après +0,7% l’an entre octobre 2013 et janvier 2014.

Cette baisse est principalement imputable au repli des prix des produits alimentaires (-2,2% l’an, après -0,1%), dont -15,4% pour les seuls produits frais, et, plus encore, à celui des prix des produits énergétiques (-6,9% l’an, après -2,1%), avec une baisse de -13,3% des prix des produits pétroliers. En revanche, les prix ont progressé dans les services (+1,3% l’an, après +2,3%) et pour les produits manufacturés (+2,6% l’an, après -3,9%).

L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie, produits frais) s’est accélérée en fin de période : l’indice correspondant s’est accru de +1,3% l’an entre janvier et avril 2014. Sur un an, il a augmenté de +0,5%.


Les créations d’entreprise (y compris auto-entrepreneurs) ont progressé de +2,5% en avril 2014 en données CVS-CJO, après deux mois consécutifs de baisse. Hors auto-entrepreneurs, elles ont progressé de +3%, après une baisse de -1,1% en mars.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (février, mars, avril 2014), les créations totales ont progressé de +2,1% (+956), par rapport aux trois mêmes mois de l’année précédente, toujours en données CVS-CJO. Elles ont ainsi atteint le nombre de 46 029 unités. Hors auto-entrepreneurs, elles ont progressé de +3,8% (+828) sur la même période. Elles sont désormais au nombre de 22 774. La progression des créations d’auto-entreprise a été beaucoup plus faible (+0,6%). Elles représentent une création sur deux.

Cette progression se retrouve dans tous les grands secteurs mais à des degrés divers : +0,1% dans le commerce (20% du total), +1,8% dans la construction (14,9% du total), +2,9% dans les services marchands (48,8% du total), +7,5% dans l’industrie (5,4% du total). Au sein des services marchands, les évolutions sont également contrastées, de -5,8% dans l’information et la communication à +25,4% dans les transports et l’entreposage.


En mars 2014, le déficit commercial FAB-FAB s’est creusé de 1,1 milliard d’euros, passant de -3,8 milliards d’euros en février 2014 à -4,9 milliards d’euros. Cette détérioration de la balance commerciale provient d’une progression des importations (+3,4%) plus importante que celle des exportations (+0,6%). Ce rebond des importations  résulte notamment, selon les Douanes, « d’une reprise des achats énergétiques et d’une poussée exceptionnelle des approvisionnements de l’industrie pharmaceutique ».

Néanmoins, sur l’ensemble du 1er trimestre 2014, le déficit commercial s’est réduit de 1,3 milliard d’euros, à -14,4 milliards d’euros, contre -15,7 milliards au 4ème trimestre 2013. Ce redressement du déficit commercial est imputable au recul de -1,1% des importations (-0,5% au 4ème trimestre 2013). « Cette baisse plus marquée provient notamment du repli des achats aéronautiques et automobiles, et de la chute des achats énergétiques ». Les exportations ont, quant à elles, stagné, après deux trimestres consécutifs de baisse : « les ventes de machines industrielles, de produits des IAA et de produits chimiques repartent à la hausse ». Par ailleurs, « les exportations automobiles reprennent des couleurs depuis deux trimestres ».

En cumul sur un an, le déficit FAB-FAB s’est réduit de 4,4 milliards d’euros, passant de -64,7 milliards d’euros au 1er trimestre 2013 à -60,3 milliards au 1er trimestre 2014. En données FAB-CAF, il est passé de -81,7 à -78,1 milliards d’euros, soit une réduction de 3,6 milliards d’euros.

Sur le plan sectoriel, point positif : la facture énergétique s’est allégée de 5 milliards d’euros, le déficit passant de -68,7 milliards d’euros à -63,7 milliards d’euros. En revanche, l’excédent agroalimentaire s’est réduit de 1,4 milliard d’euros à +10,8 milliards d’euros. Le déficit des échanges industriels est resté stable à -25,5 milliards d’euros.

Sur le plan géographique, le déficit de nos échanges avec la zone euro s’est réduit de 3 milliards d’euros, repassant sous la barre des -40 milliards d’euros, pour la première fois depuis fin 2011. A noter en particulier la réduction de 2,9 milliards d’euros du déficit avec l’Allemagne à -15,2 milliards d’euros. Le déficit s’est également réduit, mais moins fortement, pour nos échanges avec l’Europe hors UE et l’Amérique. En revanche, le déficit avec l’Asie s’est creusé de 2,5 milliards d’euros à -25,2 milliards d’euros.



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